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Metalorgie Monthly #08 Mai 2016

Ce mois de mai a été pluvieux et deux jours fériés sont tombés des dimanches. Mais pas question de laisser entamer nos bonnes humeurs respectives, l'équipe de votre webzine préféré s'est donc réfugiée dans la confection d'une playlist dont vous commencez à avoir l'habitude. Voici donc notre MM#08, à nouveau rempli de choses plus que variées, définissant notre quotidien musical. Comme chaque mois, n'hésitez pas à nous laisser un aperçu du votre en commentaire !

Le mois de mai de...

... Euka (ses chroniques) :

29/09La violence thérapeutique (2007)
Presque 9 ans après sa sortie, l’album tourne encore. Défouloire ou exutoire, ce disque peut se vanter d’offrir un grindcore noir, malsain et définitivement humain dans ses sentiments. Egoïste dans sa démarche, le musicien ne lâche rien, jusqu’aux derniers cris de Je vais mieux (pour l’instant). On pourra regretter (ou être soulagé) qu’il n’y aie qu’un seul opus, mais il se suffit à lui-même pour s’imposer régulièrement dans les enceintes.

Baron NoirL’époque exige de bons gestionnaires (2006)
La France a une tradition d’un screamo de haute volée, mais également aux multiples facettes. L’une de celles-ci est celle de Baron Noir qui aura, en deux ans, sorti un split et un EP. Bien au-delà des six titres ici proposés, le combo se glisse dans les noms milles fois cités, dans les groupes noyés malheureusement dans la masse alors que des titres comme Au Feu! et Rien N’est Vrai. Et pourtant, le résultat est là : intrépide, impétueux, sous-estimé et presque oublié. Pour les curieux, et les autres.

SleeppersInteraction (2003)
Le groupe de Noise / Post-Hardcore français, celui qui ne dit rien pendant des années et puis ressort avec une pépite. Interaction, au-delà d’être ma première découverte du groupe, est aussi le disque qui possède Mâdhârât-Nation, soit le summum du disque : chant féminin, une délicatesse dans des riffs de plomb, quelques choeurs, … Rien qu’avec ce titre, les compétences de Sleeppers ne sont pas à remettre en cause.

Failed Mutation - See You Tomorrow (2015)
Au travers d’un artwork assez épuré, Failed Mutation joue un Punk Hardcore qui fleurera bon les 80’s, avec une prod toutefois assez étouffée. Le chant féminin est tout sauf clair, on a l’impression qu’un coussin a été posé sur les enceintes pour atténuer la violence et l’urgence du disque, mais pourtant la recette est bien l’originelle : compos de moins de deux minutes, une basse bien audible et un riff peu varié mais sans fioritures.
Pour écouter, c'est ici.


... Zbrlah (ses chroniques) :

Auvernia - Afraid Of Me (2010)
Duo argentin trop peu connu, Auvernia a donc probablement besoin d'être décrit : globalement, ça donne dans le grand n'importe-quoi. Si on devait le rapprocher de groupes existants, on pourrait penser à Persefone qui aurait mangé Pryapisme au petit-dej'. Les Sud-Americains passent de parties Deathcore à des passages très mélodiques, ça blaste et ça groove, et souvent le tout s'articule autour de transitions what-the-f*ck (le passage du solo au second refrain de And So It Starts donne vraiment l'impression qu'ils ont mis un peu de tout, au pif, sans se soucier de la métrique ni des harmonies... Et ça sonne bien !). Mention spéciale à Interludio Porteño qui commence par de la samba et qui devient de plus en plus metallisé. A l'image de l'album, la construction du titre est géniale et très travaillée.

AmarantheThe Nexus (2013)
Un copain qui ne jure que par le Black Metal m'a dit il y a quelques semaines qu'écouter Amaranthe, c'était, je cite, "perdre sa crédibilité en tant que métalleux", et que si j'écoutais Britney Spears ça aurait été pareil à ses yeux. Du coup, la seule réponse logique qui me soit venue à l'esprit, c'est de persévérer à écouter The Nexus, afin d'éviter qu'un jour je ne devienne aussi obtus que mon pote. Bon, parfois c'est pas très facile, Amaranthe donne vraiment dans le Soupe-Metal et tout se ressemble vraiment, au point que cet album est le seul que j'ai vraiment écouté. J'ai mes limites.

Cain's Offering - Stormcrow (2015)
Cain's Offering a tout pour plaire (pour me plaire, en tout cas). Sur le papier, on m'a vendu un super-groupe avec l'ex-gratteux de Sonata Arctica et le chanteur de Stratovarius aux commandes, entourés par d'autres pointures du genre (le bassiste de Wintersun et Jens Johansson (Stratovarius) aux claviers) ; avec l'assurance que ce Power Metal frais et moderne est ce que Sonata Arctica aurait dû devenir, au lieu de partir dans des délires progressifs mal ficelés. Et en effet, Cain's Offering semble être un vrai fils spirituel des groupes pré-cités, et le résultat est plus qu'efficace. I Will Build You A Rome et Stormcrow resteront dans vos crânes pendant des heures, même après une seule écoute.

Arnie Roth & Nobuo Uematsu - Distant Worlds : Music From Final Fantasy (2007)
J'ai anticipé l'achat d'un billet avec huit mois d'avance, mais j'ai enfin eu la chance d'assister à un concert Distant Worlds, fin avril à Paris. Pour faire simple, j'ai passé deux des meilleures heures de ma vie de geek mélomane, mais ce qui nous intéresse surtout, c'est l'album que j'ai pu acheter sur place, celui qui reprend les thèmes joués lors de la première tournée Distant Worlds, en 2007. On y retrouve énormément de thèmes emblématiques de FF7, mon premier Final Fantasy, qui a donc une saveur particulière pour moi. One Winged Angel, Opening (Bombing Mission), et surtout Aerith's Theme sont parfaites. La version swing du thème des Chocobos est aussi très bien arrangée et reste en tête.


... Raikage (ses chroniques) :

Whirr - Sway (2014)
Parce que le Shogeaze connaît un revival mais il est mort, tué dans l’œuf par ce groupe au talent hallucinant qui livre ici un album incroyable. Les compositions sont à tomber par terre tant elles sont belles et immédiates et l'ambiance est tout aussi éclatante que sur Souvlaki, les guitares super soniques en plus.... dur de faire mieux. Attitude nonchalante et "I don't give a fuck" sont au programme de ce second album qu'on ne saurait trop vous conseiller, aux côtés du premier EP du groupe, Distressor

Amenra - Alive (2016)
Amenra a toujours eu une importance particulière pour moi. Les voir jouer en configuration acoustique est un excellent souvenir et ce live, très fidèle à l'ambiance de leur concert, est véritablement parfait pour se replonger dans cette atmosphère. Le groupe livre de sublimes réinterprétations de leurs titres ainsi que deux reprises, dont une de Tool, particulièrement touchantes. Reste que le sommet est atteint pour la conclusion, avec le morceau de Zjef Vanuytsel, Het Dorp Amenra réussit à s'emparer d'une oeuvre à l'opposé de son style pour la magnifier et lui donner une force rarement atteinte, le tout à l'aide d'une voix et de quelques guitares. 

GriefCome To Grief (1994)
Grief est le meilleur groupe de Sludge qui a foulé le sol de cette planète qu'ils ont toujours espéré voir brûler. Ils n'y sont (pour l'instant) pas encore parvenus mais leur discographie est un testament que toute la scène ferait bien de lire et d'intégrer. Une musique lourde, lente, haineuse et boueuse : tout ce qu'il faut pour passer une éventuelle canicule à ramper sur le sol dans sa pisse. Trouver mauvais un disque de Grief est possible, il suffit de ne pas aimer le genre. Pour l'amateur en revanche, ce n'est qu'un buffet à volonté qui se déroule sous nos yeux et nos oreilles : aucun met à jeter pour un concentré 100% barbarie et nihilisme.

Corrupted - Dios Injusto (1999)
Corrupted propose l'une des versions les plus immondes, sombres, monolithiques, pachydermiques et lourdes du Sludge. Si vous vous demandez pourquoi je charge autant la barque des adjectifs qualificatifs, c'est dans le but, vain il faut bien le reconnaître, de vous préparer à la claque que représente ce morceau de dix minutes découpés en deux parties. Proposer un single n'est pas vraiment dans mes habitudes mais soyons honnête, si nous n'aimez pas ce 7 pouces, inutile de poursuivre votre chemin. Les compositions des Japonais s'étirent bien souvent sur des durées aussi déraisonnables que longues (on pense à El Mundo Frio et son heure dix au chronomètre) et Dios Injusto constitue, à n'en pas douter, non seulement l'un de leur meilleur EP mais aussi une porte d'entrée fort pratique pour entrer dans une discographie qu'il n'est pas facile d'approcher. 


... theunknownskater (ses chroniques) :

Serge Gainsbourg - Du Jazz dans le Ravin (1964)
Alors qu’en mars dernier, la France commémorait les 25 ans de la mort de Gainsbourg, la compilation jazz du maître incontesté de la chanson française tourne quant à elle, inlassablement sur les platines. Comprenant des morceaux comme Requiem pour un Twisteur, le fameux Black Trombone ou encore l’exquis Ce Mortel Ennui, le disque n’en finit plus de subjuguer les oreilles attentives à la prose poétique de l’illustre parolier. 

Nas - Illmatic (1994)
Autre classique, cette fois-ci d’un tout autre genre : le tout premier album du rappeur US Nas : Illmatic. Pochette emblématique, lyrics ayant marqué les débuts du rap de la côte Est et instrumentaux tantôt lourds tantôt jazzy : tout y était pour le propulser en haut des charts américains et lui conférer l’aura qu’on lui connaît aujourd’hui. A écouter en voiture surbaissée, la nuit, à 20 km/h. "Just cruise".

DétroitHorizons (2013)
Alors que l’on croyait l’aventure Noir Désir définitivement terminée, le meneur du groupe phare du rock français renaissait discrètement de ses cendres en 2013 avec Détroit et l’album Horizons. Moins politiques, plus apaisées et toujours aussi poétiques sont les paroles du fiévreux rockeur qui, avec ce disque, réalise une belle prouesse en signant son retour sur le devant de la musique française, la vraie.

Jazzy Bazz - P-Town (2016)
Gravitant autour de collectifs tels que l’Entourage, le rappeur parisien Jazzy Bazz a récemment sorti son premier album solo, dans lequel il chante avec persuasion son amour pour la ville lumière. Une heure de paroles inspirées par la fraternité et la vie nocturne, remplies de métaphores et d’allitérations, bercées par des prods old-school ou résolument modernes selon le thème de la piste. Un régal pour les oreilles.

Other Lives - Other Lives (2009)
Découverte underground de l’année, les américains d’Other Lives naviguent entre pop, folk et rock indie, avec une aisance et une patte remarquable. Sont mis à l’honneur les instruments acoustiques et les ambiances mélancoliques et prenantes. Un indispensable pour vos longues soirées d’été passées à méditer seul face aux vents.


... Chris (ses chroniques) :

Year Of No LightNord (2006)
L’album qui m’a fait découvrir et aimer le groupe. Le Year Of No Light « d’avant », celui avec du chant, vous attrapait directement aux tripes et tirait fort, très fort. Les compos sont brillantes et le chant habité. Les ambiances annonciatrices de l’évolution instrumentale à venir sont là et éclairent un disque d’une intensité et d’une richesse remarquables. Grand.

Jeremy Saulnier - Green Room (2015)
J’attendais avec une grande impatience la sortie en France de ce film qui faisait parler de lui depuis déjà quelques mois. Un groupe de Punk-Rock en galère se retrouve à jouer dans un petit club du fin fond de l’Oregon tenu par une bande de néo-nazis. La situation va vite dégénérer et le film virer au « survival » raconté par la caméra inspirée de Jeremy Saulnier, qui n’oublie jamais de mettre en valeur une certaine esthétique et même un lyrisme inattendu. A voir. (Bande annonce.)

Mono / The OceanTranscendental (2015)
Je passerai rapidement sur le morceau proposé par les Japonais de Mono, un titre Post-Rock tout à fait correct mais sans génie, pour aborder la pièce de résistance, le fantastique The Quiet Observer de The Ocean. Les Allemands nous offrent presque treize minutes de toute beauté évoquant autant la musique progressive que le Post-Metal, où un violoncelle poignant vient se faire une place au milieu des guitares pour emmener le titre vers des sommets qu’un chant magnifique finit de sublimer.


... de rwn (ses chroniques) :

Minuala - III (2015)
C’est la lecture du mini-cycle Scream/Post Russe et Biélorusse d’Euka qui me donna l’envie de me replonger dans la discographie de Minuala, découverts ici-même il y a quelques années. Comme c’était déjà le cas avec leur précédent effort, The Screams of the Black Birds, l’influence du Crust US, qui lorgne plus vers le Hardcore que vers le Métal, est toujours aussi présente sur ce nouvel album. Encore une fois, difficile de ne pas penser à From Ashes Rise. Ce mélange de Crust’n Roll (Untitled) et de morceaux plus sombres aurait pu rendre ce disque parfait mais voilà, III comporte également deux accidents industriels : The One, reprise d’Amebix (la version originale ne vaut pas mieux) et Belial. Chantés pratiquement en voix claire, ces deux titres de mauvais Metal FM gâchent quelque peu les retrouvailles… (Bandcamp.)

The Saddest LandscapeDarkness Forgives (2015)
Depuis près de quinze ans, le Hardcore à fleur de peau de The Saddest Landscape revient régulièrement imposer son intensité émotionnelle sur nos platines. Dès les premières secondes de Darkness Forgives, sorti à l’automne dernier, une ambivalence s’impose. Tout est là mais pourtant tout semble différent. Bien que toujours présente, la tension qui se dégageait des précédents albums ne semble plus aussi générale. Abandonnant quasiment les aigus stridents qui caractérisaient sa signature vocale, Andy Maddox semble désormais plus apaisé, moins meurtri. Du côté des points positifs, de nouvelles influences émergent, tel Trimmed and Burning dont la guitare sonne terriblement comme du Suis La Lune. En revanche, on frôle l’ennui sur certains titres, comme Archival. Si l’ensemble reste plaisant à écouter, quelque peu sadiques, on ne peut s’empêcher de penser que l’on préférait quand même lorsque The Saddest Landscape était plus torturé. (Bandcamp.)


... Pentacle (ses chroniques), en mode "Spécial K" :

KylesaTime Will Fuse Its Worth (2006)
Comme Baroness ou Taint, cet album a permis de redéfinir les contours du Sludge car violent, sec et tendu sur ses 40 minutes de pilonnage à la croisée du Hardcore, du Crust, du Stoner et du Doom. L'album est poussé par une basse énorme, une pointe de mélodies suffocantes, mais surtout un concassage de nuque de presque chaque instant. Un pilier dans la discographie du groupe. 

KylesaSpiral Shadows (2010)
Ce disque se place dans la continuité de l'excellent Static Tensions, même pas un an après sa sortie. Des riffs qui en imposent, une double batterie qui tabasse et toujours plus de mélodies de tueur (To ForgetSpiral Shadow). Simple, efficace, et même un peu plus que ça.

KylesaUltraviolet (2013)
Exit les "pop songs" des deux albums précédents, Kylesa prend une tournure plus psyché, mais nourri d'une sorte de froideur Coldwave qui leur sied plutôt bien comme sur Steady Beakdown. Après tout n'est pas forcément passionnant, mais la prise de risque pour faire autre chose que Spiral Shadow et Static Tension est louable.

KylesaExhausting Fire (2015)
Un disque bien fade qui montre clairement le manque d'inspiration du combo. Si Ultraviolet avait au moins le mérite de proposer de nouvelles choses. Ici, l'ensemble est beaucoup plus linéaire, forgé de riffs souvent vides et de morceaux qui entrent par une oreille et ressortent par l'autre à part peut-être Lost And Confused et Falling et son aspect psyché. Pourvu que leur split (temporaire ?) leurs soient bénéfique et qu'ils reviennent en forme !

Metalorgie Team (Mai 2016)

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