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Metalorgie Monthly #05 - Février 2016

Comme tous les dernier dimanche du mois, nous vous proposons un condensé des écoutes diverses (mais surtout très variées) des membres de l'équipe.
L'année commençant a être bien entamée, ce mois-ci pas mal d'albums de 2016 ont atterris sur nos platines respectives ; de Chthe'Ilist à Santigold en passant par Ulver... Mais aussi des vieilleries, comme d'habitude. On vous laisse décortiquer ça, en espérant que vous partagez nos coups de coeur (d'ailleurs n'hésitez pas à nous décrire la bande-son de votre mois de février dans les commentaires) !


Le mois de février de... 


 ... Raikage (ses chroniques) :  

Booba : Ouest Side (2006) 
Avalanches de tubes en haute montagne à cause des instrus lourdes et maîtrisées (Boulbi, Mauvais Garçon, Le Duc De Boulogne) et de la prose de Booba, toujours aussi vulgaire ("Je fais des dons d'urines pour que la France entière se désaltère") et poétique. Au croisement de Bashung et Mobb Deep, voici le Duc au sommet de son art, en légère redescente après Panthéon mais toujours bien plus haut que la concurrence, rimes et lyrics pointées vers la lune. "Je suis venu vous gifler, dédicace à Bertrand Cantat"  

Sonic Youth : Washing Machine (1995) 
Grand groupe que j'apprécie particulièrement, j'avais injustement négligé ce disque en particulier. Après un solide passage à tambour de la part d'amis, j'ai programmé une séance d'écoutes intensives et la Noise Rock plus réussie que réussie du quatuor de New York frappe fort. Le disque est construit comme un cycle, délicat à décrire rapidement si ce n'est par un terme : une réussite.  

Arkangel : Hope You Die (2004) 
Arkangel n'a pas pour habitude de décevoir et ce n'est pas leur offrande de 2004 qui a changé cela : brutaux, toujours autant inspirés par le Hardcore que par le Thrash, les Belges n'y vont pas par quatre chemins et brûlent tout sur leur passage. Les riffs sont cisaillés, les mosh parts aussi lourdes qu'humainement possible, la production moderne n'a pas vieilli d'un iota.... En somme, un groupe et un disque à mettre dans le panthéon du Hardcore, tout là haut, avec Kickback, Integrity, Converge et Botch.

Jessica93 : Who Cares (2013) 
Figure désormais emblématique de la scène indépendante hexagonale, Geoff a pondu l'un des meilleurs disques de Post-Punk je m'en foutiste de tous les temps, la faute à une hybridation bien trop rare de ces deux genres. Inspiré par la scène Indie 90's, les compositions sombres et prenantes noient l'auditeur sous une tonne de basses, de guitares tranchantes, de boites à rythmes synthétiques que n'aurait pas renié Big Black et de voix noyées sous la reverb. On prend son tuba, son masque et on va nager dans les eaux troubles de la Seine avec Jessica93, et plus vite que ça! 


 ... Pentacle (ses chroniques) :  

Agoraphobic Nosebleed - Arc (2016) 
Agoraphobic Nosebleed sort de son trou après sept années de silence et un EP qui ralentit considérablement le tempo. Exit le Grindcore de 2009, bienvenue au Sludge crasseux de 2016. Trois titres avec du riff à headbang (Deathbed), de la violence haineuse (Not A Daughter) et une Katerine au chant qui fout sans problème des tatanes au chanteur de Eyehategod. Une nouvelle mouture impressionnante.  

Chthe'ilistLe Dernier Crépuscule (2016) 
On l'aura attendu ce premier album après leur excellente démo de 2012. Les Canadiens comblent nos attentes avec un Death Metal old school qui n'a pas peur de flirter avec les plans très techniques ni le Doom / Death poisseux. Les vocalises de Philippe Tougas passent d'une registre à l'autre avec aisance (Goregrind, Slam Death) et que ce soit en terme d'écriture, de riffing et d'ambiance noirâtre ou occulte, Chthe'ilist prouve qu'il est clairement au dessus du lot dans le genre. Les amateurs de Demilich ou Disma apprécieront.  

Ignite - A War Against You (2016) Les écoutes ont beau se succéder, l'album reste d'une platitude et d'une non-pugnacité exemplaire. Les compos ne sont pas vraiment folles et la (sur)production lisse le tout dans le sens du poil de manière presque écœurante. C'est pas foncièrement mauvais, mais quelconque. Dix ans après la tuerie Our Darkest Days, le retour d'Ignite laisse un arrière goût dans la bouche, à la manière du Freedom de Refused l'an dernier.


 ... Zbrlah (ses chroniques) :  

Hiroyuki Sawano - Xenoblade Chronicles X OST (2015) 
Après avoir profité de l'univers musical de ce jeu vidéo pendant une quinzaine d'heures sur mon début de partie, je me suis décidé à jeter une oreille sur cette OST sans être diverti par le gameplay de Xenoblade Chronicles X. Habile mélange de rock assez diversifié et de musique épique à base de percussions profondes et d'arrangements d'instruments à cordes, les différents titres retranscrivent les ambiances du jeu avec fidélité. Les pistes mariant à la fois la dimension rock et l'aspect orchestré sont vraiment intéressantes. Certains titres vont au delà du rock et lorgnent même sur le terrain du metal gentillet, comme l'agréable Unbreakable.  

The Clash en bandes dessinées (2010) 
En dehors de Rock The Casbah, London Calling, The Guns of Brixton, ou Should I Stay Or Should I Go, honnêtement, je ne connais que très peu The Clash. Hérésie, dirons certains, c'est par là que tellement de choses ont commencées... Pour me rattraper, on m'a offert The Clash en bandes dessinées. Coécrit et co-dessiné par de nombreux artistes, toute l'histoire des légendaires punks est passée en revue, de l'adolescence des protagonistes jusqu'à la séparation du groupe. Les chapitres sont entrecoupés de pages de textes explicatifs, permettant une bonne immersion dans l'univers des Londoniens. Côté exhaustivité, je pense m'être remis à la page sur ce groupe culte. Par contre, au niveau purement bande dessinée, j'ai trouvé l'ensemble peu cohérent, trop haché par de longues pages de textes qui réexpliquent souvent ce que l'on vient de lire sous formes de cases.  

Chthe'Ilist - Le Dernier Crépuscule (2016) 
Parmi tous ceux qui ont écouté Le Dernier Crépuscule dans l'équipe Metalorgie, je suis le seul à l'avoir aimé. Je veux dire par là que les autres l'ont complètement adoré. Alors certes, je suis loin d'être le plus expert en Death Old School, je m'en remets donc à l'avis éclairé des pros que comporte la team. Si un novice comme moi a aimé et si des cadors comme eux ont plus qu'aimé, alors on doit vraiment être sur du très lourd. Pour ma part, j'en retiens des grooves et des parties techniques qui tirent l'ensemble vers le haut en proposant un Death Metal plus original que les standards.  

Haken - Restoration (2014) 
Seul EP de la discographie des Britanniques, joli moyen d'intégration en douceur du nouveau bassiste Connor Green, Restoration brille surtout pour la pépite qu'est Darkest Light. Le titre, selon moi un des meilleurs de Haken, propose tout ce que le groupe sait faire de mieux : de l'ambiance proggy déjantée jusqu'aux accalmies éthérées en passant par des influences allant du djent de l'intro jusqu'au rock folk du pont... Une énorme réussite. Le reste de l'EP, moins notable, se laisse néanmoins écouter avec plaisir. On notera l'intervention de Mike Portnoy (Transatlantic, The Winery Dogs, ex-Dream Theater) sur l'épique Crystallised, qui tutoie les 20 minutes.


 ... Euka (ses chroniques) :

NofxRibbed (1991)
Sans doute le meilleur avec S&M Airlines. C’est primaire, la prod a légèrement vieilli et la voix nasillarde de Fat Mike pourra érafler quelques oreilles, mais quel bonheur de réécouter I Don’t Want You Around ou The Moron Brothers. Enfantin au premier abord, il cache derrière un artwork potache auquel le nom du disque colle parfaitement des thèmes pourtant très sérieux (la chirurgie esthétique, les "bullies", ...) Pour un disque qui fête son quart de siècle, c’est toujours cool de se repencher dessus. 

Cassus - This Is Dead Art; This Is Dead Time; But We May Still Live Yet (2015) 
Du screamo anglais tout récent, entre chaos et poésie. Pourtant, loin de ne proposer qu’un ensemble sans cesse au bord de la rupture, le combo se lance sur plusieurs lignes vocales, rappelant parfois les côtés plus froids de Eight ou la folie de Orchid (We Are All Broken Circuits). Condensé plus qu'intéressant des différents héritages possibles d'une culture musicale qui parfois peine à sortir de l'ombre des anciens, ce nouvel opus de Cassus s'impose, cultive sa différence de par son mix global de tout ce qui a pu sortir, sans forcément allonger la durée des morceaux. Besoin d'être convaincu : foncez sur Proto-Post-[Axiom], vous penserez à pas mal de choses connues, sans forcément y trouver une redite. En plus, le disque est en téléchargement gratuit sur leur bandcamp

Santigold - 99 cents (2016) 
Difficile de classer Santigold, entre Indie, Electro, Synthpop… L’artiste avait marqué avec son opus précédent, notamment Disparate Youth, mais sur 99 Cents, elle remet le couvert en multipliant les ambiances et rythmes. Parfois groovy, à d’autres instants plus posée, Santigold frappe encore un grand coup avec Rendezvous Girl ou Banshee. Pour les curieux, vous y retrouverez parfois quelques airs de M.I.A.


 ... Shades Of God (ses chroniques) :  

Kyuss - Welcome To Sky Valley (1994) 
Kyuss a-t-il inventé le Stoner, ou le public a-t-il inventé le mot Stoner pour désigner la musique de Kyuss ? À vrai dire, on s’en fiche un peu. Malgré une carrière éphémère sur l’échelle historique de la musique, les Américains laissent un héritage conséquent, et ont influencé toute une scène. Welcome To Sky Valley qui est en fait un album éponyme (le panneau sur la pochette a induit tout le monde en erreur) est probablement le meilleur, pourquoi ? Riffing gras, groove mortel et une véritable ambiance de saloon nous prend à la gorge, un chef d'oeuvre.  

Iggy Pop - Beat’Em Up (2001) 
Cet album est considéré comme étant le plus mauvais jamais sorti par L'Iguane. La cause ? le changement. Les fans de Rock, Metal et Punk sont des personnes peu adeptes du changement, malgré la soi-disante ouverture d’esprit du milieu. Cet opus est une sorte de retour aux sources pour Pop, très Punk, la majorité des compositions sont teintées de Metal, voir de Hardcore / Nu Metal pour un résultat ultra surprenant. La pilule a eu du mal à passer, dommage. Le titre éponyme, Mask, Drink New Blood valent le détour. 

Queens Of The Stone Age - Songs For The Deaf (2002) 
Du QOTSA pur jus. Rock, Groove, Heavy, dur et délicat à la fois, Songs For The Deaf est génial ! Cet opus a été réalisé avec la collaboration de nombreux invités, parmi lesquels ; le multi-instrumentaliste Alain Johannes, la claviériste Natasha Schneider, Chris Goss, Paz Lenchantin (A Perfect Circle), ou encore Jeordie White (Marilyn Manson) et bien évidemment Dave Ghrol (Foo Fighters, ex-Nirvana) derrière les fûts. Jetez une oreille sur Do It Again et on en reparle. « You and me, Fit so tight, All we need, Is one more time ».  

Eagles of Death Metal - Death By Sexy (2006) 
C’est quand même du sacré bon Rock. Bien foutu et très second degré à la fois, c’est léger et jouissif. Si vous aimez le Rock’n’Roll vous allez aimer EODM. Arrêtez de regarder les infos, de lire des articles pourris, faites-vous votre propre opinion. Death By Sexy est là pour, puis vous n’aimez pas, c’est pas si grave, ce n’est que de la musique, rien d’autre. 

Them Crooked Vultures - Them Crooked Vultures (2009)
Imaginez un peu. Deux des mecs les plus hyperactifs de la scène Rock moderne, Josh Homme et Dave Ghrol qui décident de s’associer le temps d’un album ? Ça le fait franchement ? En plus c’est John Paul Jones (Led ZeppelinDonovanDiamanda GalasButthole SurfersSeasick SteveKing CrimsonR.E.M.) qui tient la basse. Je vous invite à lire la chronique complète (ici), elle a été écrite par le discret mais néanmoins talentueux Angel O. vous saurez tout sur cet album, même si, le mieux reste de l’écouter.


 ...Skaldmax (ses chroniques)

Candlemass - Epicus Doomicus Metallicus (1986)
Petit détour par un incontournable du Doom tradi, tellement incontournable d'ailleurs que je n'avais fait que survoler l'oeuvre jusque-là. Et pourtant que le voyage est prenant, porté par la voix délicieusement immersive de Johan Längqvist qui donne un véritable sens aux paroles par son timbre mystique. Candlemass c'est évidemment excellent musicalement (même 30 ans après) mais c'est aussi une atmosphère extra qui colle parfaitement à une nouvelle de Poe ou une partie de Castlevania, au choix.

Ulver - ATGCLVLSSCAP (2016)
On connaît la passion du sieur Garm pour son art et aujourd'hui Ulver pourrait aussi bien se lancer dans la Bossa-Nova que ce ne serait ni étonnant ni mauvais. Avec ATGCLVLSSCAP, les Norvégiens accouchent d'un opus majoritairement instrumental oscillant entre musique électronique, Ambient, Rock dans certains cas, et n'hésite pas revenir fouiller des titres de leurs précédents albums pour les repenser entièrement. De l'excellent D-Day Drone au Nowhere (Sweet Sixteen) qui reprend la base de Nowhere/Catastrophe, l'album aux nombreux retours vers le passé ne révolutionne pas la carrière d'Ulver mais offre tout de même une écoute plaisante et planante.

Black Fast - Terms Of Surrender (2015)
Le Thrash est un genre que je surveille d'un œil très lointain, et tout ignare que je suis en la matière, il m'arrive souvent de revenir vers des indéboulonnables (Sodom, SlayerSarcofago, Mutilator) faute de connaître mieux actuellement. Mais c'était sans compter sur Black Fast et sa petite merveille sortie l'an dernier, biberonnée au Punk et au Black, efficace et emplie de hargne. Les Américains sortent du lot pour leurs lignes de grattes ingénieuses mais surtout pour cette voix radicale qui porte le taux d'agressivité de cette sortie un cran au dessus. Terms Of Surrender file droit et ne décevra pas les plus férus de riffs tranchants et de vocaux coupe-gorge.

Metalorgie Team (Février 2016)

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Commentaires

iam_trying_to_beliveLe Dimanche 28 février 2016 à 08H48

Voila les coups de cœur de mes écoutes du mois (du moins une partie car j'écoute parfois plusieurs albums différents par jours):

Robert Johnson, The Complete Recordings, 1990:
Un des plus grands musicines de tout les temps, la base de presque tout et en tant que fan de rock, ses chansons, tous son répértoire même sont à écouter obligatoirement.

The Pogues, Hell's Ditch 1990:
Mon album préféré des Pogues, le dernier avec le légendaire Shane MacGowan au chant. Un album folk juste magnifique, qui m'accompagne depuis ma plus tendre enfance.

The Wailers, The Best of, 1971
On parle là du tout début des Wailers, leurs premiers sons. Tout à commencé avec ces trois génies que sont Robert Nesta Marley, Neville Livingston (aka Bunny Wailers) et Winston Hubert McIntosh aka Peter Tosh. Un son ska/reggae bien poussiéreux juste parfait pour un amateur de roots comme moi.

De mysteriis dom sathanas, Mayhem 1994
Plus besoin de présenter cet album mythique....

Karma To Burn, Mountain Czar, 2016
Bon album, mais beaucoup trop court (moins de 25 minutes)....

Best of Beethoven
Ses plus grandes compositions! Du pur bonheur

The Doors, The Doors, 1967
Father, yes son, I want to kill you... Mother, I want to...