Le metal décalé, voyage au pays des fous.


Les origines du rock décalé, et du metal décalé par extension n'est pas un phénomène que l'on peut qualifier et déterminer avec précision. Disons simplement que de tous temps, la musique contemporaine a su se renouveler de façon plus ou moins évidente, que les genres musicaux ont souvent été pastichés, parodiés, détournés afin de servir des buts artistiques plus ou moins justifiés.
Très difficile à situer avec précision sur la frise chronologique des styles et grand courants musicaux, on peut néanmoins affirmer qu'une période décisive pour ce mouvement qui nous intéresse ici, à savoir la musique décalée, fut la fin des années 60 et l’émergence de la scène art rock en réaction aux tendances du psyché anglais. Phénomène très ancré au Royaume-Uni, que l'on appellera "Glam Rock" quelques années plus tard, celui ci connaît plus de difficultés à percer aux États-Unis, où on lui préfère le "Glitter Rock", un poil plus dark que son cousin british. Quoi qu'il en soit, cette époque est celle des strass et des paillettes, du maquillage outrancier, et de cette fameuse tendance qu'auront les groupes et artistes à nous asséner un rock plus dansant, plus marqué, plus cartoon, plus fun, en réaction à la percée du psyché et du rock progressif de la fin des 60's et du début des années 70.

Lou Reed, Iggy Pop et les New York Dolls aux USA, contre Bowie, T-Rex, Rod Stewart et plus tard The Rolling Stones et Queen en Angleterre. Sans dire que ces artistes là eurent les mêmes aspirations artistiques que des formations récentes comme Mr Bungle ou Naked City (qui nous intéresseront plus particulièrement dans ce cycle), on peut dire qu'il y a une certaine continuité dans cette volonté de vouloir faire de la musique autrement, de sortir des sentiers battus et des grands mouvements artistiques de leurs époques. C'est cette même volonté de faire différemment, de proposer une alternative moins sérieuse qui a donné l’émergence de nombreux styles et mouvements musicaux modernes. Tout depuis l'apogée du rock n' roll dans les années 70 a de près ou de loin été pastiché, copié ou servi de modèle : punk, métal, grunge et autres dérivés ont leur propre histoire qui s'inscrit presque toujours en opposition à ce qui faisait loi à leurs époques.

Deux modes d'emploi à cette tendance, l'originalité des précurseurs (T-Rex, Bowie, Roxy Music, Mott The Hoople, ...) ou le mélange de genres inédit (Kiss, Slade, Alice Cooper, King Crimson, Jethro Tull, Yes, Genesis, ...).

On retrouve toujours ces deux composantes, ces deux façons de faire de la musique décalée aujourd'hui, même pour les mouvements liés au metal/punk qui nous intéressent ici, de Naked city qui invente un style (jazz core) et s'en sert pour jouer avec nos nerfs à Anal Cunt qui surfe sur la vague grindcore et se démarque par ses paroles provocantes, les procédés n'ont pas changé, c'est juste plus compliqué d'être décalé et original ces 20 dernières années qu'au début des années 70.

Ce cycle dédié au metal décalé, de façon large, rend hommage à tous ces groupes qui ont réussi un pari très difficile : faire de la musique en opposition totale avec les tendances actuelles ou passées, au sein d'une dynamique métal plus ou moins évidente, sans se soucier d'être commercialement viables. Car si dans les années 70, les groupes et artistes décalés ont su trouver leurs publics, ça n'est pas forcément le cas pour tous les groupes que nous allons évoquer ici. Rendons donc hommage à tous ces courageux qui font de la musique sans en avoir rien à foutre de faire des ronds.

Nous allons parler ici de groupes connus pour leurs mélanges de genres, mais aussi de groupes complètement inconnus, d'artistes subversifs, d'autres complètement débiles, de formations décalées mais sérieuses dans leur démarche et d'autres n'ayant pour but que de faire ce qui passe par leur tête. Bref, nous allons ratisser large, le but n'est pas de proposer une rétrospective exhaustive du metal décalé, mais de parler de quelques groupes qui ont marqué, d'autres qui ont sorti des albums dans l'anonymat le plus complet, et de faire découvrir un maximum de choses différentes.
Une première partie sera dédiée au metal décalé et fun, une autre fera un focus sur des artistes décalés plus sérieux, pas forcément funs.

C'est parti pour une vingtaine de chroniques d'artistes décalés en tous genres, bienvenue au pays des fous !

Pochette Delirivm Cordia

Delirivm Cordia par Fantômas (2004)
Note : 15/ 20
Style : Metal experimental

Moyenne lecteurs : 16/20 (9 avis)


Pochette L'Académie du massacre

L'Académie du massacre par Mononc Serge (2003)
Note : 14/ 20
Style : Rock punk trashos


Pochette The Director's Cut

The Director's Cut par Fantômas (2001)
Note : 18/ 20
Style : Metal experimental

Moyenne lecteurs : 17.21/20 (12 avis)


Pochette Tomahawk

Tomahawk par Tomahawk (2001)
Note : 16.5/ 20
Style : Rock Expérimental


Pochette Chiropractic

Chiropractic par Faxed Head (2001)
Note : 15/ 20
Style : Death metal noisy


Pochette Vivalavida

Vivalavida par Carnival In Coal (1999)
Note : 16/ 20
Style : Inclassable

Moyenne lecteurs : 19.5/20 (3 avis)


Pochette It Just Gets Worse

It Just Gets Worse par Anal Cunt (1999)
Note : 10/ 20
Style : Grindcore

Moyenne lecteurs : 14.5/20 (4 avis)


Pochette Explizite Lyrik

Explizite Lyrik par J.B.O (1995)
Note : 15/ 20
Style : Métal parodique

Moyenne lecteurs : 2/20 (1 avis)


Pochette Disco Volante

Disco Volante par Mr Bungle (1995)
Note : 19/ 20
Style : Avant Rock

Moyenne lecteurs : 19.2/20 (5 avis)


Pochette s/t

s/t par Mr Bungle (1991)
Note : 18/ 20
Style : Avant Rock

Moyenne lecteurs : 17/20 (4 avis)


Pochette Torture Garden

Torture Garden par Naked City (1990)
Note : 16/ 20
Style : Inclassable

Moyenne lecteurs : 15/20 (1 avis)