
Cedric - guitar
Vince - bass
Bjorn - vocals
Wim - drums
A l'origine side-project créé en 2002 à Genk (Belgique), l'aventure Rise And Fall prend véritablement forme à la suite du split de The Deal. Après de multiples changements de line-up, le groupe se stabilise autour de Cédric, Bjorn, Vince et Murph et enregistre son premier album Hellmouth en avril 2004.
Dès lors, l'activité de Rise And Fall est permanente. Le groupe accumule les concerts et une tournée est organisée en compagnie de 100 Demons. Juste avant l'enregistrement de Into Oblivion, en juillet 2005, Murph est remplacé par un nouveau batteur, J.P.
Après la sortie de Clawing 7" en 2007, Rise & Fall parcours les routes européennes et américaines, partageant l'affiche avec Converge, Coliseum, Ceremony etc. Deux ans plus tard, les belges signent un deal avec Deathwish sur lequel voit le jour Our Circle Is Vicious.

Une bonne dose de venin. Voilà peut-être ce qu'il manquait à Rise & Fall pour s'affirmer pleinement et donner plus de densité à son punk metal un peu fruste. Certes Into Oblivion était largement prometteur, mais l'arrivée sur Deathwish a fait prendre aux belges une dimension autre (les tournées successives avec Converge et Have Heart également). C'était peut-être risqué mais la production au cordeau signée Kurt Ballou, ainsi que le digipack bien dans la veine du label, n'ont pas complètement dénaturé le propos de RAF. Même si le groupe a peut-être perdu une part d'authenticité, il s'est paré d'autres atours pour offrir une oeuvre plus léchée, plus propre, sans trop en faire pâtir le côté frontal. Our Circle Is Vicious évoque le tortueux par ses mélodies aux accents sinueux et lancinants. L'influence de Converge se fait ici plus pregnante surtout lorsque le beat s'emballe, devient hystérique sans toutefois atteindre le degré epilleptique que l'on retrouve chez le combo de Boston.
Mais RAF prend bien garde à ne pas totalement s'engouffrer dans ce trou béant, préférant s'aménager une porte de sortie plus discrète. Ainsi, avant d'être totalement dévastés par de gros parpaings primaires, limite sludgy ("Harm's Way"), annonciateurs du chaos ("Stillborn"), bon nombre de morceaux de Our Circle Is Vicious résonnent d'accords postcore loin d'être inintéressants ("Built on Graves"), aux effets acides et mélancoliques, ponctués de petites touches mélo ("To the Bottom") parfois même catchy ("In Circles"), démontrant le gros travail de composition effectué depuis quatre années.
Une oeuvre des plus variées, un travail sérieux et appliqué, mais auquel il manque toutefois un chouia de folie, de prise de risque, pour être totalement addictif. Rise & Fall souffre toujours de ce côté lourdaud, d'une certaine retenue qui disparaît sur scène mais qui l'empêche pleinement de prendre son envol sur disque. Ambitieux mais peut-être trop pondéré. Dommage.
Tracklist : 1. Soul Slayer, 2. Built On Graves, 3. Harm's Way, 4. It's a Long Way Down, 5. To the Bottom, 6. In Circles, 7. Het Oog Van de Storm, 8. Stillborn, 9. A Present Tense, 10. Knowing
Le monde se divise en deux catégories. Il y a ceux qui ont besoin d'un minimum d'adaptation, de mise en place, et ceux qui rentrent directement dans le vif du sujet. Rise And Fall appartient à la deuxième. Autant dire que Into Oblivion, deuxième album des belges sorti fin 2005 sur Reflections Records, ne s'adresse pas spécialement aux rêvasseurs.
Produit par Vincent Tetaert (Amen Ra) et mixé par Kurt Ballou - décidément partout celui-là - Into Oblivion nous plonge dans une atmosphère brutale, rustique, imposée par une guitare grasse et une basse caterpillar qui nous assomment dès les premières notes de "Forked Tongues". Un son lourd, émanant d'une sorte de monstre hybride où les influences punk les disputent à celles du métal. En effet, même si le son et l'exécution des morceaux est indéniablement tourné vers le hardcore punk voire crust de Discharge, Doom ("Into Oblivion", "To Hell and Back"), l'inspiration est résolument à chercher du côté métal, pas uniquement à cause des soli qui parsèment quelques morceaux ("The Void", "Failure is as Failure Does"), mais également en raison d'une certaine ambiance beaucoup plus proche de Fudge Tunnel ou Doomriders.
Toutefois il est injuste de croire que l'on a uniquement affaire à des brutes épaisses. Certes il est difficile de faire admettre le contraire mais, aussi surprenant que celà puisse paraître, Rise And Fall fignole ses morceaux, sait les rendre énergiques, vifs et dynamiques par des variations de rythmes et des changements de tempo assez fréquents. De plus, le groupe fait preuve d'imagination, ne se contentant pas d'asséner des rythmiques basiques mais montrant également une propension à l'exploration, à la découverte d'autres horizons. Rise And Fall nous offre un côté obscur qui n'est pas sans rappeler Neurosis sur "Lost Among the Lost", "Stakes is High" et son refrain où Bjorn troque sa voix gutturale contre un timbre plus maladif confèrant au morceau une note plus harmonieuse et apportant une pause méritée sous cette avalanche. La tendance se poursuit sur "Ruins", instrumental lent et lourd où Rise And Fall parvient à se sortir du guêpier tendu par une intro classique à pleurer et à faire évoluer le morceau avec succès.
Afin de donner davantage de relief à cette ambiance aux antipodes du Grandguignolesque, Rise And Fall s'est adjoint les services d'un spécialiste du genre, le dénommé Jake Bannon (Converge). Fidèle à son style, le designer nous gratifie d'un artwork véritablement en accord avec Into Oblivion, proposant un livret composé d'êtres décharnés échappés d'on ne sait quelle peinture rupestre, assorti d'une représentation toute personnelle de la Passion de Jesus Christ.
Il est certain que le côté en apparence classique de Rise And Fall peut rebuter. Il est toutefois conseillé de ne pas s'arrêter à cette première impression, Into Oblivion nécessitant une immersion complète qui, à la longue, nous dévoile un groupe beaucoup plus intéressant et plus inspiré qu'il n'y paraît de prime abord. Sans être un millésime, un album qui mérite largement le détour.
Télécharger : "The Void"