
Riekus: Batterie
Willem: Chant et Guitare
Yvo: Basse et chant
Inspirés par la vague punk rock mélodique des années 90, Bob, Willem et Yvo ont monté Antillectual en Septembre 2000 dans leur province de Nijmegen aux Pays Bas. Ils enregistrent leur premier EP, Penetrating the Industry en 2001. Comme les noms du groupe et de cet EP l'indiquent, les trois Hollandais ont choisi la politique comme ennemi. Un terrain sur lequel excelle leur principal influence, Propagandhi. Par la suite, tout va très vite pour Antillectual qui enregistrent leur premier album Facts, opinions and Between (toujours en DIY) en novembre 2002 avant de partir en tournée sur le continent Européen (croisant les routes d'Ignite, Against Me!, Fabulous Disaster, Section 8...) puis sur le sol Américain pendant trois semaines en Août 2004. A l'occasion de cette tournée aux USA le trio va confier le mastering de leur second album enregistré par Menno Bakker (Undeclinable, NRA...) à Alan Douches (Sick Of It All, Thrice, Sepultura...) du West Side Music Studio (New Jersey, USA). En 2005, l'opus Silencing Civilization sort sur Angry Youth Records (NL).
Depuis, Riekus a remplacé Bob à la batterie en 2006, les tournées (européennes) s'enchainent, avec entre autres quelques dates françaises en janvier '07. Au printemps, de nouvelles démos sont dévoilées au fur et à mesure que le trio compose et enregistre son second album, Testimony. Une fois cette étape terminée, ils partent en juillet pour 2 semaines de tournée aux Etats Unis. Une nouvelle invasion des routes européennes est programmée pour fin septembre / mi octobre, avec de nombreux arrêts en France.
Puis vient le temps de préparer la sortie du disque. Le trio cherche donc des labels et sort Testimony sur plusieurs labels européens (dont Youth Way Records pour la France) le 03 mars. Ils enchaînent directement avec quelques dates en France et au Portugal.

On les avait quittés en pleine lutte sociale, on les retrouve dans un combat moral. Toujours aussi engagés pour les causes humanitaires et environnementales, les Néerlandais nous livrent leur vision du monde actuel sous forme d’un Témoignage.
Le trio a troqué son batteur sa verve et ses convictions ne sont en rien entamées. Musicalement aussi, on reste globalement en terrain connu. Entre pessimisme préoccupant ("Testimony") et optimisme exalté ("Sponsorship for Life"), le doublet de départ amorce une alternance en passe de devenir une marque de fabrique.
Sur des riffs et des mélodies qu’on leur reconnaît sans grande peine, Antillectual tentent néanmoins d’exacerber leurs émotions, de doubler leur spontanéité d’ambiances plus travaillées. En résulte davantage d’acoustique, de piano, de passages calmes livrés avec finesse… aussitôt contrebalancés par des brûlots directs, enflammés de chœurs criards ("On Its Own", "Waves"…)
Une approche d’ailleurs récemment développée par leurs cousins français de Twisted Minds dont les Hollandais se rapprochent un peu plus, même sur des titres Antillectual pur jus comme "Benefit of the Doubt", "The Dog Ate it!" ou "Waste = Food" ; on pourrait également relever en bout de disque la piste qui consiste à mêler speech et musique en fading out ("I Hope You Got My Letter"), ou encore la ballade à mi-course ("I Hate Myself When I Shave Myself")…
En guise d’équation bilan, avançons qu'en comparaison de son opus précédent, Antillectual n’a rien perdu de son engagement (aussi bien humain que musical) ou de son sens de la mélodie (le trio aimerait toutefois remercier Maiden pour l’intro de "Waste = Food" et diverses autres interventions) ; il a gagné en profondeur, mais l’effet de surprise n’est pas aussi marquant, tout comme la générosité du groupe qui livre moins de 29 minutes sur 10 titres. Testimony n'en demeurre pas moins une oeuvre aboutie des plus probantes dans le genre, en Europe et au-delà ...
La Hollande est connue pour être un pays éponge s'étant forgé une identité à partir de plusieurs cultures (germanique, anglo-saxonne...), et Antillectual ne déroge pas à la règle nationale.
En effet, le trio livre un mélange étonnement homogène à base de 3 principaux ingrédients que sont: d'une part le punk rock aux accents post hardcore britannique/américain de Leatherface/Hot Water Music (la voix solidement rocailleuse, presque enrouée, facilite grandement le rapprochement) ; d'autre part un punk rock résolument mélo à la sauce européenne pas loin de But Alive ou Snitch (notamment sur "Raisedfistfuckyou" qui voit par ailleurs la participation prenante d'une demoiselle qui ne va pas sans rappeler les quelques apparitions de Karina Denike (Dance Hall Crashers) sur des albums punk rock majeurs de No Use, NOFX ou Me First) ; et enfin un punk/hardcore mélodique à la Rise Against, Propagandhi ("Yes, I Truly Am Naive") ou, plus étrangement, proche de Twisted Minds ("Another Guide (To Comprehensive Capitalism"), les backs vocals énervés rappellent ceux de Toki pour les frenchies).
A priori, difficile de ne pas patauger dans cette mixture; et pourtant l'album est divinement digeste: Antillectual soigne ses transitions, use tantôt d'envolées harmoniques et mélodieuses, tantôt d'accords en puissance énergiques (ou mélange les deux), joue de ses 2 voix complémentaires (une rocailleuse mais plutôt apaisante et emplie d'émotions, et l'autre bien plus énervée et tranchante), pratique habilement l'art des accélérations/breaks ("Originator"), et surtout celui des refrains forts en mélodie et en énergie. Le rythme est lui aussi plutôt subtilement changeant, allant du mid tempo qui tire du côté lent sur certains passages, à la rapidité empruntée au punk/hardcore.
Ajoutez à cela la prod'/mixage de Menno Bunt et le mastering d'Alan Douches (2 ténors ayant respectivement travaillé avec Undeclinable, NRA, Heideroosjes, Bambix... et Strike Anywhere, Converge, Thrice, Hot Water Music etc etc), et vous obtenez une potion parfaitement équilibrée.
Antillectual sonne donc comme un groupe honnête et engagé, mature et prometteur, qui s'est forgé son propre son au sein d'une scène européenne talentueuse qui ne demande qu'à être mondialement reconnue...