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Michael (Chant, Guitare)
Mathias (Basse)
Mario (Batterie)
Christian (Guitare)

L’aventure Impure Wilhelmina dĂ©bute Ă  Genève en 1996. Après s’être rodĂ© avec un 7" et un EP, leur premier vĂ©ritable album, Afraid, voit le jour en 2000 et concrĂ©tise les ambitions du groupe. Très bien accueilli, celui ci leur donnera l'occasion de parcourir l'Europe afin de dĂ©livrer leur post-hardcore rageur, obscur mais aussi Ă©motionnel car non dĂ©nuĂ© de mĂ©lodies prenantes. Impure Wilhelmina imposera dĂ©finitivement son style en 2003 avec I Can't Believe I Was Born in July, deuxième album, qui sort sur Waiting For An Angel. Bien plus abouti que le prĂ©cĂ©dent, il sera suivi d'une tournĂ©e aux cĂ´tĂ©s de Overmars qui permettra entre autre au groupe de se faire davantage connaĂ®tre du public français. En 2005 sort L'Amour, La Mort, l'Enfance Perdue sur le nouveau label de Tours The Space Patrol (Kraken Oxen), album aux mĂ©lodies encore plus soignĂ©es et Ă  la profondeur de composition affirmĂ©e. Fin 2008, Prayers And Arsons sort sur Get A Life Records.

 



:: Site Officiel :: www.impurenet.com
:: Second Site :: www.myspace.com/impurewilhelmina

photo Impure Wilhelmina


:: Chroniques ::

Prayers And Arsons
Note : 13.5 / 20
Année : 2008
A Ecouter : As We Kneel - Poisons And Blades
- 20 Commentaires (Moyenne : 15.08/20) -

Glaives Ă©chaudĂ©s greffĂ©s aux poings, poudre Ă  canon jusque dans les narines, Impure Wilhelmina est parti en croisade et Prayers And Arsons est leur plan de bataille.

Plus que jamais, les suisses tentent de redĂ©finir leurs frontières en dĂ©plaçant leurs pions en territoires in/connus. Leur premier mouvement, limpidement et gentiment Ă©ructĂ©, trahi immĂ©diatement leur nouveau cheval de bataille, ou plutĂ´t leur nouveau canasson de labour. Ce chant clair, dont le corps se dilue jusqu'Ă  perdre toute contenance dans un mixage Ă©dulcorĂ© et un ton maladroit est une alerte, un avertissement sonnant le glas du combo gĂ©niteur du sulfureux I Can't Believe I Was Born In July.  Enfin, pas tout Ă  fait, car au bout du compte Impure Wilhelmina parvient Ă  rĂ©gulièrement montrer les crocs au travers de leur riffing singulier, tortueux, raclant le gravât sous la croĂ»te terrestre et Ă©tĂŞtant les hauts conifères.
Au sein d'un mĂŞme titre, le quatuor ouvre des plaies bĂ©antes, mais pour finalement cautĂ©riser le tout par une salve d'accords sirupeux peu recommandables ("Hide Your Anger, Give Your Mouth"). Prayers And Arsons stimule pour endormir. Prayers And Arsons fait cohabiter l’émoussĂ© avec l’acĂ©rĂ©. Car c’est un fait, au milieu de cette mosaĂŻque en demi teinte, on trouve une poignĂ©e de flèches Ă  la pointe encore vive. Il a bien sĂ»r "As We Kneel", le tube post hardcore de l’album (Ă©coutable en pĂ´le position sur MySpace), et son break emo en fin de course qui arrive Ă  point nommĂ© (ou pas du tout, Ă  toi de voir). Rayonnent Ă©galement, quelques invectives indie rock originales comme la partie acoustique de "The End Within". Puis surtout, "Poisons And Blades", ode epico-moyen-ageuse qui traite d’architeuthis et de joutes Ă  l’arme blanche, et dont le somptueux lichen mĂ©lodique est une franche rĂ©ussite. Le reste du temps Impure Wilhelmina se disperse Ă  trop vouloir coller ses tentacules sur chaque point de la carte.

Prayers And Arsons est indubitablement un album travaillé et parfois même aventureux. Malgré cela, le combo ne parvient pas à retendre le filin dramatique qui faisait autrefois coaguler son rock-core inspiré et assez unique en son genre. La déception est bien là, car dans le peloton de tête d'un genre hybride et torturé, Impure Wilhelmina avait largement sa place.



L'Amour, la Mort, l'Enfance Perdue
Note : 16.5 / 20
Année : 2005
A Ecouter : Seeds, Sunburst et tout le reste Ă  la suite
- 16 Commentaires (Moyenne : 17.09/20) -

L’Amour, la Mort, l’Enfance Perdue est donc le titre mélancolique en français choisi par le combo suisse pour illustrer son deuxième album ; une union de sentiments différents mais homogènes comme l’est simplement la vie terrestre ; complexe aussi, tout comme l’est ce bien beau nouvel effort.

"January", qui porte bien son nom, ouvre le bal d’une bien belle manière ; petit larsen introductif et annonciatif d’un disque trés riche, puis la voix se lance, dure et grave à la fois. On peut déjà sentir que les musiciens sont à l’aise et qu’ils savent faire vivre une chanson. Le rythme est lent comme pour appuyer l’aspect douloureux de l’album. En près de 7 minutes, Impure Wilhelmina a posé les bases d’une identité plus affirmée. Car s’il est vrai que leur précédent opus tournait parfois d’avantage autour de la scène "screamo" (Envy), L’Amour, la Mort, l’Enfance Perdue s’en détache nettement de par son approche toujours plus rock.
Car sur "Tense" par exemple, les guitares s’étirent et distillent de belles mélodies perturbées. Noisy. Et quand "The Black Flame" s’ouvre sur un petit arpège à trois instruments le calme s'installe à notre insu. La tension est pourtant là, palpable, progressive avant la véritable explosion orchestrée par le mélange voix criée/saturation des instruments. Le calme revient alors pour laisser réchapper la fureur. La voix se fait claire pour la première fois et elle le fait bien. Impure Wilhelmina joue sur les cycles et les sautes d'humeur.
Pour "Bleed Alone" un nouvel arpège accélére et porte littéralement l’auditeur jusqu’aux contrées plus rudes familière du groupe. La voix est pleine d’urgence, le rythme est un peu plus rapide. La chanson d'autant plus courte.
Et là, au sein de la qualité d’écriture déjà présente, une première perle : "Seeds" et son début porté par un chant clair qui exprime, sur des notes d’ambiance, une forme de plainte avec force. Avant que les décibels ne soient totalement lâchés et remplissent pendant 2 minutes 30 les enceintes. Le contraste est saisissant, les passages durs d’autant plus appréciables. C’est aussi çà la qualité d’Impure Wilhelmina ; les sentiments se croisent et se décroisent avec délicatesse: brutalité/douceur, légèreté/noirceur.
"The Broken Wing of the Undying Bird" s’envole sur une mĂ©lodie tout en hauteur. Le chant rugueux mais prompt aux expĂ©rimentations se mĂ©tamorphose encore une fois, totalement calme. Des enfants se font entendre en fond sonore de "Before a dream", chanson d’une extrème douceur si ce n’est sa fin de plus en plus noisy, chaotique. L’enfance perdue ? Mais nous aussi on se perd, car il y a beaucoup de choses Ă  dire sur tout le reste de ce nouvel album d’Impure Wilhelmina. Je n’évoquerais donc plus que la deuxième perle de cet album, "Sunburst". Sur un tempo plus soutenu que les autres, c’est par son chant qu’elle surprend, un chant qu’on croirait surgit du cĹ“ur de l’époque New Wave. Singulier et inventif. Expressif.

Et oui, L’Amour, la Mort, l’Enfance Perdue apporte de la fraĂ®cheur Ă  son tour. Quand on trouvait I Can’t Believe I Was Born In July supĂ©rieur Ă  Afraid, c’est  bien le mĂŞme rapport hiĂ©rarchique qui s’établit entre les deux premiers citĂ©s. Le groupe progresse, les musiciens sont irrĂ©prochables entre des guitares qui prennent le temps d’asseoir les compositions, aux dĂ©veloppements longs mais jamais rĂ©pĂ©titifs et une rythmique variĂ©e qui renforce l’expression de chaque chanson et rassemble le tout. L’album ressort aussi complet que complexe, plusieurs Ă©coutes Ă©tant nĂ©cessaires avant d’apprĂ©cier pleinement le disque. Et le reste est Ă  vous. 


TĂ©lĂ©charger : Tense - Bleed Alone

I Can't Believe I Was Born In July
Note : 16 / 20
Année : 2003
A Ecouter : The River - Get Away - The Answer
- 5 Commentaires (Moyenne : 18.1/20) -

Swiss do it better. Iscariote, Nostromo, Unfold, les terribles Knut et bien entendu, Impure Wilhelmina. EnregistrĂ© et mixĂ© par l'incontournable Serge Moratel (Brazen, Knut), ce second mĂ©fait des genevois, au titre Ă©nigmatique, a toutes les cartes en mains pour devenir un incontournable du genre. Une impression palpable de prime via un visuel Ă©purĂ© Ă  la classe folle, reflet d'un contenu sans fioriture et pourtant plein de dĂ©tails.

"Today I Will Take My Knife. Kill My Daughter And My Wife". Les bases sont Ă©tablies. Sombres et dĂ©pressives. Dès les premières joutes, fracassantes et virulentes, Impure Wilhelmina insuffle une Ă©motion vive et Ă  fleur de peau. Chairs tiraillĂ©es. Poings serrĂ©s au sang. Tordant la nuque aux guitares, le combo helvète use gĂ©nĂ©reusement de la distorsion et dĂ©gringole sur les pentes escarpĂ©s d'une registre noise hardcore bien connu. Les suisses taillent cependant leur propre sentier, loin des rĂ©fĂ©rences telles que Cult Of Luna, Breach ou les inĂ©vitables Knut, grâce Ă  une propension et une obession permanente pour les mĂ©lodies entĂŞtantes et itĂ©ratives, capturĂ©es et contenues au sein d'une musique lourde et chaotique. "The River", "Get Away" ou encore le magnifique "Answer" dĂ©montrent sans dĂ©tour la capacitĂ© du groupe Ă  faire survivre une parcelle d'harmonie dans un dĂ©sordre nourrie par des riffs ultra-heavy jouĂ©s tout en cascade et tension. Une tension maintenue en Ă©quilibre instable, sur un point culminant, par un jeu de cymbales dĂ©chirant, puis ce chant, Ă©vitant le piège monocorde, qui calque son exutoire sur l'humeur changeantes des guitares. Car outre leur goĂ»t pour l'intensitĂ© et la violence, les gaziers savent aussi s'emporter dans les longues marches tortueuses et labyrinthiques ("The Game I Don't Want To Play"), Neurosiennes et introspectives, obscures et sujettes aux cassures rythmiques.

Indissociables, les 11 titres de I Can't Believe I Was Born In July, album monolithique et mĂ©andreux, vont au delĂ  des notes pour nous plonger dans une atmosphère dĂ©pressive et obscure, malsaine et cathartique, mais dĂ©finitivement attirante et touchante. Impure Wilhelmina signe un disque largement supĂ©rieur Ă  Afraid, se bonifiant avec le temps, et s'inscrivant sans difficultĂ© dans la liste des meilleures productions hardcore de cette annĂ©e.


Télécharger : Get Away