
Formation durant l'automne '98 dans la région d'Annecy; une première démo Give Me A Grammy enregistrée en janvier '01 leur permet de se faire remarquer par les "grands frères" d'Against You qui ont entre temps monté le label Youth Way Records. Le groupe est donc cordialement invité à rejoindre la fondation et peu de temps après, Alex (guitariste d'Against You) rempile au sein du groupe à la guitare lead. Après avoir enregistré 3 titres au NSR en '02 pour la compil' Makes Real Punk Rock 1, ils y retournent l'année suivante afin de délivrer un maxi 9 titres intitulé Ambitions & Disillusions (sortie novembre '03).
En 2005, ils rejoignent le Vans Zone Punk Tour au Brésil pour 16 dates avec Street Bulldogs, Garage Fuzz et Atrack. Cette tournée leur permet de signer sur le label Oba Records qui projette une édition d'Ambitions & Disillusions au Brésil avec 4 titres bonus.
Eté 2006, c'est enfin l'enregistrement de leur premier album, aux Snapcut Studios avec Rémi Mayot (de Freygolo), mastering Alan Douches. Après quelques mois de voyages et divers pépins qui repoussent la sortie, Neo Dogmas est dans les bacs en avril '07 (via Youth Way / European Label Group, distribution Mosaïc Music) et voit le quatuor tourner avec The Reaction au printemps. Une mini tournée française avec M-Sixteen est programmée, avant un passage à l'étranger.

Attendus au tournant pour confirmation, The Twisted Minds reviennent avec leur premier album, Neo Dogmas. Plus calmes et lucides (aussi bien musicalement que lyriquement), les musiciens militants s’ouvrent de nouveaux horizons et font place à d’autres sensibilités. Alors qu’Ambitions… tirait à boulets rouges sur les Etats-Unis principalement, l’approche est ici plus constructive et pluraliste, les textes plus réfléchis (on pourrait, entre autres, citer "Shadows from the Past are Lights in the Future" et son génial ‘Our governments created their own enemies / And buried them under a Zidanistic populist fever’)
Si le cocktail d’influences punk/hxc mélo façon Propagandhi + rock ‘n roll à la RKL + heavy est toujours en toile de fond, les baroudeurs s’affranchissent de leurs mentors en couchant des titres racés à la personnalité marquée, à base de complexités madrées et de technicité débridée. A un point tel d’ailleurs que l’harmonisation des côtés technique et mélodique en devient parfois compromise. En multipliant les plans et autres pirouettes arythmiques, les Anneciens peuvent casser l’intensité et entamer épisodiquement leur fort potentiel mélodique.
Car en mettant de côté la maîtrise technique, là où The Twisted Minds font réellement la différence c’est sur l’intensité émotionnelle qu’ils peuvent dégager en un instant, comme par exemple sur ces fins de morceaux à reprendre en chœur, la rage au ventre ("Apologies from a 21st Century Western Man", "Weekly Urban Walks", "Feed the Masses", "Kids in an Open Jail"…) Débordants d’humanité, ces accès mélodiques n’en sont que plus saisissants.
A cet égard, on pourra du reste citer la triplette finale ("Shadows from the Past…" - "Apologies from a 21st Century Western Man" - "Feed the Masses") de haute volée : dans des variantes stylistiques pas toutes proches, le quatuor fait un étalage impressionnant de ses qualités de composition en posant des ambiances plus approfondies (l’intégration du speech d’Edward Burrow sur la pièce finale est plus qu’inspirée, les mots faisant littéralement corps avec la musique).
Neo Dogmas est donc une galette truffée de bonnes idées et de subtilités, tartinée de riffs béton et de mélodies exaltantes. Inspirée et créative, elle cherche peut être même à l’être trop parfois, au détriment des autres capacités indéniables du combo. Et en guise de cerise sur le gâteau, elle est moulée dans un joli digipack bien fourni.
EP assez conceptuel que cet Ambitions & Disillusions dont pas mal de chansons tournent autour du système (politique et sociale) Etats Unien. Le côté politique (parfois avec une véhémence peut être un peu démesurée) se mêle aux sentiments plus personnels...
Côté musique, Twisted Minds présente un punk rock mélodique permutant à intervales peu réguliers avec un punk rock plus corrosif faisant intervenir des éléments punk/hardcore (deuxième chant sec et crié, guitares en puissance abandonnant la mélodie au profit de rythmiques carrées, rythme appuyé... le titre d'ouverture "Dear Lie" en est un parfait exemple), sans oublier des côtés rock n' roll ou heavy metal moins remarquables et dont la présence est plus irrégulière ("Wave Of despair", "Naive Times" et son intro à la Iron Maiden...)
De même, il n'est pas toujours facile de cerner et de suivre la musique de TM qui peut passer de la quasi balade au quasi punk/hardcore en peu de temps, d'autant plus que l'instrumentation tend également vers la complexité et l'instabilité avec de nombreux mini-breaks/accélérations, ryhtmes étriqués, alternances rythmique/harmonies ou solos ainsi que des structures allant parfois jusqu'à renier les notions de couplets et de refrains, leur préférant une évolution plus singulière.
Bref, ce sont justement ces structures parfois étranges et ces influences diverses qui font que le quatuor arrive à surprendre et à mettre en avant le caractère personnel de sa musique. (A noter que les 2 anciens titres "Puke on USA" et "Odell Barnes" ont été rajoutés à la fin, surmeent pour ne pas interférer avec la logique du EP car ces 2 derniers sont plus directs, ptète plus énergiques aussi).
Pour conclure, le terme "conceptuel" prend donc une sigification légitime et il parait assez évident que nos 4 gars ont essayé (avec succès) de se démarquer des autres productions du genre. Celà étant dit, rassurez vous, on parle toujours bel et bien de punk rock ici, et l'influence conséquente que Propagandhi par exemple ("Open Fire On The Rifles") peut avoir sur les savoyards est là pour vous le rappeler.