
Jacob Bannon (Chant)
Nate Newton (Basse)
Kurt Ballou (Guitare)
Ben Koller (Batterie)
Formé en 91, Converge mélange metal, hardcore et punk old school pour aboutir à un style à la fois violent, technique et malsain mais non dénué d’émotion. Le groupe sort une première démo cette même année. Suivront Halo In A Haystack et surtout Caring And Killing.
Converge attirent l’attention de EqualVision Records avec Petitioning the Empty Sky (qui sera d'ailleurs réédité). En 98 sort When Forever Comes Crashing suivi par deux splits avec Agoraphobic Nosebleed et Hellchild. Le chef d’œuvre Jane Doe les propulse hors de la sphère underground du milieu hardcore. L'opus suivant sur Deathwish est un album de raretés & b-sides : Unloved And Weeded Out. Le premier DVD du combo (The Long Road Home) sort en juillet '04, quelques mois après l'annonce de leur surprenante signature sur Epitaph. You Fail Me, premier album pour la nouvelle structure, est un réel succès qui n'est pas démenti avec l'opus suivant, No Heroes, deux ans plus tard.

Axe To Fall est un parpaing en pleine gueule, un passage à tabac hardcore, au sens littéral du terme. Exactement ce que Converge a toujours su livrer, ni plus, ni moins. De l'introduction catchy as fuck jusqu'à "Wretched World", long final stratifié et céleste, les Bostoniens affligent, écrasent, griffent, terrassent avec l'intensité et la puissance de feu qui les caractérisent. Du viscéral jusqu'au bout des ongles, avec ce qu'il faut de fluctuations de régime, de rythmiques chirurgicales, d'aboiements venimeux et de guitares syncopées. Les featurings - Cave In, Steve Von Till, Genghis Tron - n'y font rien, le mélange subsiste dense et âpre.
Dans cette nouvelle cavalcade trippes et boyaux dehors, Converge entache son riffing d'une couleur salement thrashy, old school, limite kitsch lorsque ça va tailler dans les suraigües ("Reap What You Sow", "Cutter"). Remember Whiplash. Pour le reste, c'est du straight to the motherfuckin'point comme on connait (trop) bien, jusqu'à recaler une dégringolade early emo-hardcore sur "Slave Driver", qui calque l'excellent "Lonewolves" de No Heroes. Sans être un album plié en dilettante, loin de là , en témoigne un effort de variations sur les guitares tout bonnement exceptionnel, Axe To Fall porte en lui les germes définitivement inaltérables que les Bostoniens ont eux même plantés et cultivés. Converge conforte encore et toujours son statut, sur les hautes marches d'une scène qui a les yeux braqués sur eux à chacun de leurs mouvements. Quant à la production, au millimètre, elle est à l'image du travail vidéo du clip Tetsuo-like de "Axe To Fall". Pas non plus déshumanisée au possible, mais ne laissant qu'un espace réduit aux broussailles et autres parasites relatifs aux instants LIVE. Ca coupe sec et droit dans les chairs sans trop s’écarter du viseur.
Axe To Fall regorge de moments à se damner, d'accélérations fulgurantes à se briser le crâne, de riffs accrocheurs et d'envolées terrifiantes. Du Converge pur jus qu'on aurait aimé voir perturbé par le grain de folie qui fait la différence, celui qui fait d'un très bon disque, celui qu'on a immédiatement envie d'écouter lorsqu'on pense au groupe.
Attendu au tournant, Converge l'est à chaque instant. Seulement, il ne s'agit plus vraiment aujourd'hui de souligner (ou pas) la qualité de la chose, qui fait l'unanimité depuis un bout de temps, mais plutôt de mettre en exergue l'orientation musicale que le groupe a décidé de prendre. Car il faut bien avouer qu'à chaque album, Converge surprend son monde et ce n'est ni Jane Doe ni You Fail Me qui feront dire le contraire. No Heroes ne fait pas exception à la règle. Ce nouveau brûlot possède une agressivité toute particulière qui pourrait hâtivement se résumer à une sorte de synthèse de tout ce que Converge a pu nous balancer en pleine gueule ces dernières années. En passant par la noirceur pesante de You Fail me, l'émotion sauvage de Jane Doe, la haine brute du split album avec Agoraphobic Nosebleed, No Heroes nous remémore à quel point Converge a pu nous rouler dans la boue. En ce sens, No Heroes ne s'aborde sans doute pas de la même manière que ses prédécesseurs et risque fort d'entraîner une sorte d'incompréhension sur les premiers contacts, voire une indifférence inquiétante. Toutefois, on ne peut s'empêcher de soupçonner la présence d'une force animale (remember You Fail Me), tapie dans l'ombre, qui sournoisement, attend le moment opportun pour innoculer son venin. Sans doute les discrètes mais imposantes ailes d'un Phoenix (In Flight) planant sur nos têtes, se doutant du danger, mais bien trop curieuses pour fuir. Puis à force de rester planter là , il fallait bien que la claque arrive et qu'on se rende compte que No Heroes, servi par un jeu d'une précision chirurgicale et d'une puissance pachydermique, est à l'évidence bien plus qu'un pale éventail rétrospectif.
Converge a pondu un album tout en nuances et variations qui exploite divers chemins tout en restant cohérent dans sa progression. On trouve une sorte de pivot central, à mi chemin, en la personne de "Grim Heart / Black Rose", morceau de plus de 9 minutes de rock galopant, angoissant et angoissé. Partant de vocalises claires et désespérées (made in Jonah Jenkins), Bannon finie par altérer sa voix de toxines maladives et obscures. Captivant. Pour parvenir à ce point d'orgue, Converge passe par un chemin de croix, une série de morceaux d'une violence viscérale dont la durée va crescendo. On y trouve le tube hardcore "No Heroes" mais aussi une poignée de courtes invectives qui ravivent en nous l'hystérie de l'excellent "Concubine" (Jane Doe). Outre cet aspect sans concession, viennent se greffer des titres surprenant comme "Ophaned", "Lonewolves" ou "Trophy Scars", groovy, nous tirant de la mare saumâtre dans laquelle on a été plongé. Les vocalises urgentes de "Lonewolves", façon emotional-hardcore old school, redonnent un peu d'espoir. Pour quelques minutes, on se sentirait presque en sécurité, mais Converge est décidément sans pitié et nous jette en pâture via "To the Lions", morceau à l'intitulé plus qu'explicite sur l'effet recherché. No Heroes se présente donc comme album double-face, prenant le risque de n'être que partiellement apprécié. Techniquement parlant, la production de Kurt Ballou est irréprochable, à l'opposé du rustique Jane Doe, et permet de pleinement restituer les moments de pure violence ("To the Lions") comme les moments plus rock ("Lonewolves"). Quant à l'artwork, on peut certainement rester dubitatif à son égard, à l'image de celui de You Fail Me, mais il illustre bien le décalquage que l'on subit par le Phoenix in Flames.
No Heroes confirme que le hardcore EST la vie de Converge et que ces derniers le lui rendent plus que bien. Evidement, on attend impatiemment de voir sur scène ce qui est aujourd'hui un des plus passionnés et passionnants hardcore-band en activité.
Cela fait déjà 3 ans que Jane Doe nous a agressivement contaminé de ses accords venimeux et de ses râles félins. Véritable consécration pour Converge, dont on était déjà largement convaincu du potentiel, cette pierre angulaire du hardcore moderne est devenue une véritable source d'inspiration. Classe. Mais... Quid de l'après Jane Doe, surtout après la signature chez Epitaph ? Quitte ou double.
"First Light". Premier élément de réponse. Converge est encore et toujours ce groupe malade et tourmenté, en proie à la souffrance et régurgitant sa haine. "Last Light", le doute ; Le Phoenix plane, ou plutôt rode, et fait monter la tension jusqu'à rompre. Inéxorablement. Dans un fracas à des kilomètres de la violence Jane Doe. Le doute, toujours. Quelque chose à changé. Le chant, usé, se résigne, comme usé par trop de batailles. Converge se montre vulnérable et arbore des lignes dépouillées, comme un rapace bredouille et affamé. Foutaises ! L'animal a fait le mort. Plante les serres dans la jugulaire. "Black Cloud", "Drop Out", "Hope Street", "Heartless". Autant d'attaques décisives qui ceuille à chaud. L'étau se ressère dans une cacophonie sauvage, sale et poisseuse. You Fail Me... et la punition est sévère. Les gaziers nous balancent au cachot et joue la carte de l'atmosphère pesante et malsaine. Think early Neurosis, surtout quand Converge mise sur le progressif ("In Her Shadows") pour finalement dégringoler dans une rixe dense et ultra violente aux attaques chirurgicales ("In Her Blood" , "Hanging Moon").
You Fail Me est le rebound parfait et montre Converge sous un autre visage, moins à vif et plus obscur. Jacob Bannon communique l'abbatement en plus de la rage. Converge propage son atmosphère malsaine avec moins d'artifices qu'auparavant. On ne peut nier que ce nouveau disque est moins novateur et audacieux que son prédécesseur, on ne peut nier que Jane Doe est meilleur. You Fail Me est tout simplement un excellent disque de hardcore chaotique. Jane doe, quant à lui, trace sa route dans le domaine des dieux, pour l'éternité sans doute.
Avec maintenant quatre albums à son compteur, Converge s’est imposé comme une référence et a atteint le statut de groupe mythique pour bon nombre d’amateurs de musiques extrêmes. En effet, Converge pratique un style empruntant aussi bien au hardcore, au death-metal, au punk, à l’émo ou à la noise.
Comme à son habitude, Converge nous offre un artwork de toute beauté et en parfaite adéquation avec la musique du groupe.
Venons-en à la musique justement. A peine le temps de mettre le disque dans le lecteur et l’album débute en trombe avec deux morceaux rapides qui feront pâlir d’envie pas mal de groupes de grind et de death. Toutes les caractéristiques qui font que l’on aime (ou que l’on déteste chez le quatuor) sont présentes sur ces deux tueries et on est tout de suite rassuré quant à la qualité de l’album (si toutefois certains avaient des doutes).
Plus généralement, la voix s’est faite encore plus malsaine (!) que sur When forever comes crashing et les quelques passages chantés ajoutent à l’ambiance oppressante et sombre.
Ce Jane Doe apparaît en fait comme un accomplissement dans la carrière du groupe et relègue When forever comes crashing (qui était pourtant déjà un excellent album) au rang de simple brouillon. Converge nous livre ici un album violent et malsain mais qui reste cependant extrèmement varié. Et si les morceaux ont en commun cette profondeur sombre, ceux-ci se suivent mais ne se ressemblent pas.
On passe allègrement d’un "Homewrecker" aux influences punks (toutes proportionns gardées) à "The broken vow" et ses riffs métal tendance rouleau compresseur ou à "Phoenix in Flames" qui n’inclut que batterie et voix. De plus, le groupe entrecoupe ses titres de morceaux plus calmes mais toujours aussi oppressants et malsains.
Enfin, le dernier titre, "Jane Doe", est un long morceau de plus de 11 minutes durant lequel le groupe ralentit le tempo et nous captive avec des sonorités à la fois dissonantes et chargées d’émotion. Le travail éffectué tant au niveau des guitares que de la voix avec des passages chantés superbes est vraiment magnifique. On tient bel et bien là le morceau le plus abouti et le plus réussi de Converge jusqu’à présent, un véritable chef d’œuvre qui conclut de la plus belle des façons qui soient cet album.
Bref, Converge frappe très très fort avec ce Jane Doe et confirme son statut de groupe hors du commun. Un vrai régal pour tous les amateurs de musiques extrêmes.