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Originaire de Trondheim Dominic, composĂ© d'anciens membres de Catena Collapse, fait ses dĂ©buts en 2002 sur une dĂ©mo suivie un an plus tard par un premier ep Ă©ponyme.
Après la sortie de leur premier album en 2006, les norvĂ©giens se lancent dans une tournĂ©e europĂ©enne aux cĂ´tĂ©s de Manhattan Skyline.
Pour l'annĂ©e 2007, Dominic devrait partager un split avec les français de The Third Memory 

:: Site Officiel :: www.myspace.com/dominicdgb

photo Dominic


:: Chroniques ::

Nord
Note : 14.5 / 20
Année : 2009
A Ecouter : "Get Rich And Die Trying", "Farewell Welfare", "Red Light"
- 1 Commentaires (Moyenne : 18/20) -

Dominic sera toujours ce groupe Ă  la rythmique unique et inimitable ("Loss Of Breath", "Get Rich And Die Trying") ; l’amant des orchestrations fougueuses, l’épigone des tempos obliques. Avec Dominic, il n'y a pas d'aplomb, pas de stagnation. On bouscule ; on bascule. Inexorablement. Sans boussole ; au crĂ©puscule. ProjetĂ© Ă  la conquĂŞte du Nord.

Rappelez-vous. En 2006, les norvĂ©giens avaient atomisĂ© la scène emo-post-hardcore avec un Self-Titled venu d’ailleurs. Snöras, Amber Daybreak, Andorra Atkins, We Are Monuments ont depuis prouvĂ© au combien l’hĂ©ritage de cet opus n’a pas fini de se rĂ©pandre. Mais avant d’être confinĂ© aux manuels d’Histoire, le quatuor a dĂ©cidĂ© d’en remettre une couche au prĂ©sent. Again. La main tendu vers son prĂ©dĂ©cesseur, fabriquĂ© avec les mĂŞmes ingrĂ©dients ; Nord rallume les feux septentrionaux. Rage et mĂ©ditation sombres (les paroles sont particulièrement dĂ©faitistes : "We fail to change the futur in wich all depends") dansent Ă  nouveau sous la mĂŞme coupole ("Red Light"), nĂ©gligeant les concours de vitesse ou d’intensitĂ© sonore pour s’inscrire dans une dynamique pensĂ©e, progressive et alambiquĂ©e ("Farewell Welfare"). L'expansion des compositions, l'alternance du chant et l’appel au post whatever (reverb/nappes de guitare, montĂ©e de batterie) sont perpĂ©tuĂ©s et fournissent Ă  nouveau cet Ă©quilibre entre les disciplines – emo, rock, screamo –  et ses Ă©motions ; art si particulier Ă  la formation de Trondheim. Dominic sonde, Dominic songe.

MalgrĂ© la filiation directe des travaux, quelque chose n’est cependant plus tout Ă  fait comme avant, et ce quelque chose est primordial: c'est le sentiment de gĂ©nie. Peut-ĂŞtre parce que justement, c’est le propre de ce dernier de ne pouvoir ĂŞtre reproduit et de ne se montrer qu'une fois... Peut-ĂŞtre oui. Toujours est-il que Nord, tout en Ă©tant un vrai album de qualitĂ©, ne réédite par le miracle de Dominic ; principalement, parce qu'il ne porte plus en lui cette possibilitĂ© d’ouvrir une nouvelle voie dans le screamo. Mais Ă  bien y rĂ©flĂ©chir, c’est certainement parce qu’il l’a dĂ©jĂ  fait.


A noter qu’on retrouve les deux morceaux présents sur le split avec The Third Memory: "End Of Man" et "Railroad Of Attraction".
En écoute sur myspace.

s/t
Note : 17 / 20
Année : 2006
A Ecouter : avec fièvre et exhaltation
- 2 Commentaires (Moyenne : 18/20) -
A été album du moment

Main ouverte et poing fermé, Dominic fait partie de ces rares formations capables de caresser et de tabasser en une seule et même phrase. Les ornières du cœur tournées vers l’absolu, la créativité au détour de chaque morceaux, Dominic est une des sorties screamo les plus enthousiasmantes des dernières années..

Dominic possède l’attraction de ces tunnels dont la lumière ne se découvre qu’au fil des avancements. L’ambition est pourtant déclarée dès l’entame et son titre évocateur : "Time To Change". Exit le hurlement primaire inaugural. Ici, l’ouverture est douce et progressive, coulant entre des ourlets de reverb et une batterie feutrée. Au carrefour des genres, Dominic se propulse vers des sphères d'ordinaire inexplorées en modulant son screamo comme aucun autre n’avait osé le faire auparavant ("Action Is Eloquence"). Alors que "Time Is Change" peut évoquer Alexisonfire (époque Self Titled) par sa combinaison vocale, "Stamina" fait chavirer l’œuvre dans le bain du rockin’ screamo proche de JR Ewing ou Silence The Foe avant que "The Beggining Of The End" nous démontre, si on en doutait encore, le goût qu’ont nos norvégiens pour les édifications progressives avec ce titre mélancolique et uniquement instrumentale.

Exalté, Dominic prend sa respiration dans une bassine de souffre, s’enivre de désespoir et revient au front avec une richesse musicale prodigieuse. Affranchi des carcans du genre, le quatuor multiplie les sources d’inspiration et les assemble avec une homogénéité stupéfiante. Aucune coupure ne semble rompre en effet l’établissement de l’album (la majorité des titres s’enchaînent avec des liaisons), projetant le météorite dans une même trajectoire, tout en multipliant les univers, là où le screamo, l’emo et le post hardcore se côtoient en harmonie. Passionné, habité par son sujet, Dominic crée comme il vit, entre perte et recherche, don et abandon ("What Comes Next"). En véritable moteur de cette odyssée, la batterie joue le rôle de poumon et confère une dimension un peu plus unique encore, faisant preuve d’un jeu tout en touché et en inventivité ("The March"). Reste pour les derniers incrédules, ces breaks post rock, ces structures venues d’ailleurs ("An Empty Barrel Full Of Shame"), et ces riffs qui jaillissent, pleurent et inondent l’espace ( "For Each His Own ?", "Eye For An Eye ") Hold your breath, speak from your heart comme ils disent…

Aux formations screamo qui n'usent que le cri pour s'exprimer, Dominic répond par l'hybridité d'une musicalité qui emprunte aussi bien aux chemins celestes qu'aux abîmes. Dominic est ailleurs, tout simplement.


En écoute sur myspace.