Après la venue des Hushpuppies la semaine dernière, Toulon et sa région continuent de briller sous les feux de la musique pop, avec le passage cette fois-ci du Sir Von Balthazar, accompagné des Marseillais de Kid Francescoli. Un concert qui prend place à l’espace Malraux, plus précisément dans la petite salle Daudet où sont habituellement projetés des films ; c’est pourquoi les quelques 180 personnes présentes assisteront au spectacle assises, renforçant l’aspect intimiste de cette soirée.
Claviers, basse, xylophone, guitare sèche se tiennent sur une scène balayée par des projecteurs à la lumière brumeuse. Des guirlandes lumineuses recouvrent les micros, tout comme le xylo’ en prolongement du clavier (photos 1 - 2 - 3). 21h15, les quatre musiciens de Kid Francescoli se positionnent sur scène: Mathieu (chant/guitare), Laetitia (chant/xylophone), David (claviers/chant), et Olivier (basse/chant) qui effectue quelques escapades au clavier. Derrière eux, et par la même occasion sur eux, sont projetés des extraits de films (Buffalo’66) et de dessins animés (Superman). Une mise en image que l’on doit au collectif Double Zero et qui habille chacune des mélodies electro-pop de Kid Francescoli. Durant 45 minutes, le quatuor propose une dizaine de titres sur lesquelles viennent se déposer les voix délicates de Laetitia (Vincent un Attore) et de Matthieu, très discret, qui use parfois d’un effet mégaphone, pour un rendu non sans rappeler Mark Linkous. Autre assimilation possible avec les œuvres de Monsieur E ou des Flaming Lips, qui semblent être des sources d’inspiration pour KF. Quand ce n’est pas Villa Borghese qui revêt des allures roudoudouiennes. Une musique bourrée de sonorités sucrées, de rythmiques dansantes, difficile de rester en place. Une boite à rythme au niveau sonore un peu fort pour le coup, au même titre que le xylophone, voilà pour le bémol. My Favorite Comics, 25 complètent le tableau, alors qu’In My Bed met la touche finale à ce set prompt à la rêverie. A découvrir tout au long du mois de mai à travers toute la France (tournée), sur CD le même mois avec la sortie d’une premier effort longue durée, et par chance via MySpace.
S’ensuit un petit quart d’heure de répit, le temps pour les Marseillais de désinstaller leur matériel, et pour Troy Von Balthazar, et Adeline Fargier qui l’accompagne sur quelques pistes, de mettre en place le leur. Pause café côté spectateurs, puis dernière gorgée ‘cause the show must go one’…
TVB débarque seul sur la scène de la salle Daudet, sous des éclairages minimalistes puisque le ’sieur est loin d’être friand d'effets à outrance. Entame de concert sur un In Limited Light résolument noise, rayé par un chant saccadé, décalé, de quoi faire grincer les spectateurs les moins avertis. Un premier rencart qui prouve que l’Hawaiien n’a clairement pas renié ses délires dissonants, marque de fabrique de Chokebore, ni sa prestation d’aliéné qui le rend si attachant. A cet instant, une chose est sûre, c’est de plus en plus difficile de rester le cul assis sur un fauteuil, aussi confortable soit-il. Mais tout le monde apprécie largement le spectacle, surtout lorsque les premiers beat de I Block the Sunlight se font entendre, ainsi que le chant déchiré de son interprète totalement habité par sa musique. Ce qu’il ne cache pas d’ailleurs durant les nombreux interludes, communiquant beaucoup avec son public, au milieu de ses fou rires eux aussi communicatifs ; un homme d’une grande simplicité, qui se voit comme un clown, seul, sur scène, impressionné par ce public, statique, en face de lui, un public qui compte bien rendre ce qu’on lui donne au centuple. Des jeux de regards, des confessions, et des titres qui s’entremêlent durant 1h10 ; Perfect, Playground et l’apparition virtuelle de Megumi Kakumoto, Magnified très accélérée, Heroic Little Sisters, petit crochet par le Sweet Receiver, jusqu’à l’arrivée de cette déflagration de mélancolie qu’est Rainbow. Interlude à nouveau durant lequel TVB annonce une love-song à propos de sa première et unique relation sexuelle (rires) : Real Strong Love. Il est ensuite rejoint par Adeline, avec laquelle il échange quelques mots, lui expliquant qu’il est ‘plus musclé qu’elle’, unique phrase qu’il sait dire en français, exception faite de ‘j’ai faim’ et ‘donne moi ta nourriture’. Le duo magique enchaînera alors trois titres, à savoir CATT, Dogs et bien évidement Took Some $$, le second climax de cette soirée. Adeline quitte furtivement la scène sous les applaudissements, Troy Von Balthazar poursuivant seul le concert, une pensée pour sa mère à Hawaii, un hommage en lui dédiant Ain’t No Sunshine de Bill Withers. Le concert touche à sa fin avec Bad Controller, une voix d’ogre, et un chaos sonore qui vient frapper le public de plein fouet, et clouer son interprète à terre. Des spectateurs sonnés tout en étant absorbés, applaudissant ; ce qui ne manque pas d’inciter l’homme de la soirée à effectuer un rappel sur deux titres, calme tout d’abord avec About Being Hurt, et plus ‘chaud bouillant’ avec Big Crazy Balls. Troisième climax inattendu et surprenant. Fin de concert, et un Troy Von Balthazar qui descend dans la salle de façon naturelle, partager ses impressions, tout simplement.
Ainsi qu’annoncé dans les news, un DVD édition limitée du concert de TVB au point FMR à Paris en novembre 2005 était en vente pour la modique somme de 12 euros (extraits: Took Some $$; Rainbow). Galette accompagnée d’une signature et dédicace, carte postale, sticker et numérotation, qui retranscrit à merveille l’univers d’un homme. Un univers à découvrir lors de nombreuses dates en France, les indécis n’auront désormais plus d’excuses.
A voir sur le site :
3 photos live sont à voir.