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Neurot Recordings
Pelican
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logo Red Sparowes

  Red Sparowes est un projet que l’on doit Ă  l’initiative de Josh Graham (guitare), rĂ©alisateur de clips Ă  ses heures et responsable par ailleurs des crĂ©ations visuelles de Neurosis. DĂ©sireux de s’exprimer dĂ©sormais par le son, il va s’entourer de Bryant Clifford Meyer (guitare) qui officie chez Isis, de Greg Burns (basse/pedal steel), Andy Arahood (basse/guitare) du groupe Angel Hair, ainsi que David Clifford (batterie) connu pour marteler les fĂ»ts au sein de Pleasure Forever.
  FormĂ© en dĂ©but d’annĂ©e 2004, le groupe atterrit naturellement sur le label fondĂ© par Neurosis, Ă  savoir Neurot Recordings. Outre les relations amicales entretenues entre les diffĂ©rents groupes concernĂ©s, la musique de Red Sparowes ne s’inscrit pas moins dans la logique artistique du label : le rejet de toute forme de complaisance.
  Les musiciens pouvant se targuer d’une expĂ©rience certaine, ils mettront très rapidement sur pied ce qui va devenir At The Soundless Dawn, leur premier album. Le groupe n’a pas eu besoin d’attendre sa sortie en fĂ©vrier 2005 pour le dĂ©fendre sur scène, en compagnie de groupes tels que The Dillinger Escape Plan, Made Out Of Babies, ou encore Pelican et Breather Resist durant l’étĂ© 2005.


:: Site Officiel :: www.redsparowes.com/

photo Red Sparowes


:: Chroniques ::

The Fear Is Excruciating But Therein Lies The Answer
Note : 16 / 20
Année : 2010
A Ecouter : d'une traite
- 1 Commentaires (Moyenne : 17.5/20) -

The Fear Is Excruciating. But Therein Lies the Answer, derrière ce titre à rallonge se cache tout simplement le troisième opus des pérégrinations post-rock de Red Sparowes.

Autant évacuer tout faux suspense, ce nouvel album n'offre que peu de surprises, mais bénéficie d'un talent certain pour la ritournelle entêtante comme ces excellents prédécesseurs. Entre accalmies et envolées alambiquées, le canevas des compositions reste le même, pour un plaisir renouvelé. Dès le début, In Illusions of Order fait mouche et transporte illico l'auditeur quelque part dans les limbes nappées de brume.

La bande de Josh Graham nous offre avec ce nouveau voyage des mĂ©lopĂ©es habiles oĂą la sensation d'apesanteur demeure, contrebalancĂ©e par une Ă©nergie communicative. La musique de Red Sparowes se dĂ©ploie ainsi avec son lot d'arrangements bien troussĂ©s, comme sur le très rĂ©ussi A Hail of Bomb, plus vif et abrasif qu'Ă  l'accoutumĂ©e. Les guitares geignent ou vrombissent par instants dans un mĂŞme mouvement capricieux pour nous offrir Giving Birth To Imagined Saviors.

On retrouve par ailleurs des motifs instrumentaux connus pour A Swarm et In Every Mind, en ayant recours à la pedal steel, véritable marque de fabrique de Red Sparowes. On en ressort une nouvelle fois conquis par la justesse de ton. En clair, le groupe n'ennuie pas parce qu'il privilégie l'emballement et la recherche d'ambiances à d'interminables plages instrumentales typiques du genre post-rock, ce que vient confirmer le tonitruant As Each End Looms and Subsides.

Ce troisième album de Red Sparowes n'est sans doute pas leur meilleur, mais sĂ©duit en creusant le sillon atmosphĂ©rique dans lequel le groupe excelle.


Giving Birth To Imagined Saviors en écoute sur le myspace.

Every Red Heart Shines Toward The Red Sun
Note : 18 / 20
Année : 2006
A Ecouter : Tout, c'est une traversée sans escales
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- 10 Commentaires (Moyenne : 19.05/20) -
A été album du moment

The Great Leap Forward ou "Le Grand Bond En Avant" (en savoir plus). Nous sommes en Chine Ă  la fin des annĂ©es 50, ou peut-ĂŞtre demain ailleurs dans le monde. Le rouge est de saison, il a tuĂ© par millions, le rouge est communiste, mais pas seulement. Every Red Heart Shines Towards The Red Sun est le deuxième album de Red Sparowes. Un concept album dont la pochette (oeuvre de Josh Graham bien sĂ»r) est rouge comme le sang qui a sĂ©chĂ©. Celui d'une histoire vieille d'un demi-siècle dont les rĂ©sonnances dans les coeurs et les corps sont du domaine des brĂ»lures de l'Histoire autant qu'un avertissement pour les dĂ©cennies Ă  venir. Red Sparowes se prĂ©sente ainsi fort de ses convictions autant que de sa musique qui emprunte aussi bien au noise des 90's qu'au post-rock qui suivit, de My Bloody Valentine Ă  MogwaĂŻ en passant par Explosions In The Sky.

Tout comme sur son premier effort, Red Sparowes livre une partition cinĂ©matographique, un ocĂ©an de textures musicales vivantes, de panoramas chargĂ©s d'Ă©motion oĂą la mĂ©lancolie  le dispute Ă  la contemplation douloureuse. 8 pistes, presque toutes oscillant entre 7 et 10 minutes, dont les titres forment une nouvelle fois un court paragraphe. On y plonge dans l'âme d'humains amoureux de leur servitude, dont les coeurs empoisonnĂ©s se compriment et succombent Ă  la figure tutĂ©laire d'un soleil vivant. Mao Zedong. L'implication du groupe est sensible, Ă  travers l'Ă©vocation en filigrane de la Great Sparrow Campaign, inutile plan du gouvernement chinois pour Ă©liminer des millions de moineaux menaçant les rĂ©coltes. Ce lien nominatif est la clĂ© de voĂ»te d'une oeuvre qui interroge le culte de la personnalitĂ©, l'oubli de soi sous la coupe organisĂ© de la dictature communiste (mais pas seulement rĂ©pĂ©tons le), mais aussi la peur paralysant la pensĂ©e. Le livret cite ainsi Ă  la fois l'Ă©crivain irlandais George Bernard Shaw, grand promoteur de Staline, et Edward R. Murrow, journaliste de CBS qui fit tomber le sĂ©nateur anti-communiste Joseph McCarthy, l'homme de la terreur rouge. Un disque politique, historique et arty donc que ce Every Red Heart Shines Towards The Red Sun?

Oui, et aussi un bijou d'arrangements subtils, de guitares Ă©touffantes et dĂ©licates et de mĂ©lodies douces-amères s'insinuant en chaque auditeur dĂ©sireux de voyager. Chaque plage musicale est une strate de cet univers en mouvement, vibrant de pulsations Ă©lectriques autant que de dĂ©raillements planants, temporisant quand il le faut pour mieux s'emballer en fin de parcours. Le vent souffle mĂŞme un instant suspendu, puis de nouveau la musique charrie son lot de dĂ©solations. La pedal steel est de nouveau de sortie, mais toutes les pauses apaisantes qu'elle nourrit sont toujours rattrapĂ©es par l'emballement de guitares incisives. Lumineuse par vagues, souvent aĂ©rienne, la musique de Red Sparowes dĂ©roule pourtant le spleen des condamnĂ©s qui n'ont pas su dire non, autant d'hommes criant famine, semblables aux moineaux Ă  la merci de leaders avares et assassins. "...Millions starved and we became skinnier, and skinnier, while our leaders became fatter and fatter..." Plus que de nostalgie, il est ici question d'amertume, de mort et de noire mĂ©lancolie et c'est cette mĂŞme basse au son ample du premier album qui nous guide Ă  travers les mĂ©andres âcres de l'abandon. On croit deviner au dĂ©tour d'une phrase, l'analogie avec le prĂ©sent de nos amĂ©ricains. "...Did we know that true enemy was the voice of blind idolatry, and only then did we begin to think for ourselves". Le rouge est la couleur de l'idolatrie au pouvoir et du sang des hommes qui doivent se rĂ©inventer s'ils veulent survivre sans craindre ceux qui les gouvernent. Le rouge est un signal d'alarme, et on imagine sans peine tous les voyants qu'allume Red Sparowes sur ce disque Ă  la lecture de la citation de Albert Einstein prĂ©sente dans le livret : "We shall require a substantially new manner of thinking if mankind is to survive".

Difficile d'appréhender honnêtement cet album sans faire mention des idées qui le sous-tendent et lui donnent son atmosphère inquiétante. Elles sont partie liée d'un travail de composition généreux et évocateur qui est la marque d'artistes talentueux et réfléchis, si bien qu'une fois encore Red Sparowes propose un joyau visuel et musical. Every Red Heart Shines Towards The Red Sun est une superbe réussite artistique, une oeuvre ambitieuse et authentique d'une grande beauté.


A voir : une video explicative des intentions du groupe.

A écouter : Like The Howling... sur la page myspace du groupe.


At The Soundless Dawn
Note : 18 / 20
Année : 2005
A Ecouter : D'une traite
:: Acheter sur Amazon ::
- 7 Commentaires (Moyenne : 18.21/20) -

  AllĂ©chant. Tel est le qualificatif qui vient Ă  l’esprit lorsque l’on Ă©voque Red Sparowes. AppuyĂ© par un sĂ©duisant line-up sur le papier, le groupe fait par ailleurs partie de l’écurie Neurot Recordings. Comme chacun sait, le cĂ©lèbre label indĂ© fondĂ© par les membres de Neurosis apporte, Ă  chaque sortie, son lot de concepts et/ou de mystères.

  "At The Soundless Dawn" ne dĂ©roge effectivement pas Ă  la règle. L’objet prĂ©sente la particularitĂ© première de comporter sept longs titres de morceaux, qui mis bout Ă  bout forment au final un petit paragraphe dĂ©montrant un Ă©vident souci d’unitĂ©, d’harmonie, et mĂŞme une certaine logique de sa musique. Mais le contre-pied le plus visible est sans conteste le registre dans lequel Ă©volue Red Sparowes. A l’heure oĂą le post-rock englobe une multitude de groupes Ă  l’aide de critères plutĂ´t opaques, le groupe pratique une sorte de rĂ©surgence du noise des dĂ©buts des annĂ©es 90 Ă  l’aide de sonoritĂ©s plus modernes. Des passages post-rock, l’album en dispose quelques-uns disons-le tout de suite. Mais on se trouve davantage dans un rock instrumental remettant au goĂ»t du jour l’œuvre des premiers albums de Sonic Youth ou des piliers de My Bloody Valentine. Le cĂ´tĂ© progressif et l’esprit du post-rock sont certes conservĂ©s, mais les compositions de Red Sparowes paraissent nettement plus vivaces, plus organiques. Plus indie rock en somme.

  Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le rĂ©sultat est des plus envoĂ»tant. L’album propage en effet une sensation de profondeur tout simplement exaltante, dans lequel les guitares se superposent une Ă  une dans un voile rĂŞveur et translucide typiquement noise. Les diffĂ©rentes pistes regorgent en outre d’arpèges angĂ©liques plus beaux les uns que les autres, accompagnĂ©s par une basse loin d’être inexistante et malhabile (merveilleux "The Soundless Dawn…"). On pense naturellement au "Loveless" de My Bloody Valentine Ă  propos des murs de son dressĂ©s par les guitares, mais Red Sparowes s’en sort toujours avec finesse, Ă©vitant l’écueil critique de la caricature grâce Ă  la nature ambivalente et lunatique de ses compositions. En effet, le combo sait varier les ambiances dans ses titres, passant du splendide Ă  l’inquiĂ©tant avec une aisance remarquable. La pedal-steel, aux rĂ©sonances paradisiaques et presque hawaĂŻennes, peut s’assombrir soudain en un orage digne des mĂ©lodies malades d’Isis. Les plus stratosphĂ©riques passages sont accompagnĂ©s de leur lot de noirceurs et inversement.Tel semble ĂŞtre le message dĂ©gagĂ© par Red Sparowes sur ce disque.

  Le cursus de ses membres joue un rĂ´le dĂ©terminant, cela va sans dire. Le travail visuel de Josh Graham au sein de Neurosis prend ici toute son ampleur, dans le sens oĂą sa musique est très cinĂ©matographique et imagĂ©e. On voit, on ressent des choses Ă  l’écoute d’At The Soundless Dawn. Une musique profondĂ©ment riche et versatile, se faisant tour Ă  tour contemplative, mĂ©lancolique, aĂ©rienne, nostalgique, ou rageuse. Pour un premier essai, c’est un coup de maĂ®tre.


Télécharger : Alone And Unaware, The Landscape Was Transformed In Front Of Our Eyes et Our Happiest Days Slowly Began To Turn Into Dust.