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Deftones est l’un des pionniers du nĂ©o mĂ©tal, Ă  l’instar de Korn ils ont Ă©tĂ© les premiers Ă  vraiment donner forme au mix entre mĂ©tal lourd et chant hurlĂ© et passage plus calme avec chant clair (parfois rappĂ©). FormĂ© Ă  la fin des annĂ©es 80 Ă  Sacramento le groupe est alors composĂ© de Stephen Carpenter (guitare), Abe Cunningham (batterie), et Chino Moreno (chant), Chi Cheng ne les rejoindra qu’après quelques concerts. AidĂ© par l’argent rĂ©coltĂ© par Stephen Carpenter après qu’il se soit fait renversĂ© par un conducteur ivre le groupe commence Ă  tourner et Ă  se former son identitĂ©.
Petit Ă  petit et grâce Ă  des influences tels que Faith No More, Rage Against The Machine, Tool, …le groupe trouve sa voie et signe sur Maverick (le label de Madonna) grâce Ă  une dĂ©mo 4 titres. Le groupe entre alors avec Terry Date (qui a dĂ©jĂ  produit des albums de Soundgarden, Pantera, …) et sort son premier album Adrenaline en octobre 1995. L’album n’explose pas dans les charts mais grâce Ă  un bon bouche Ă  oreille et Ă  des premières parties Ă©clectiques (de Ozzy Osbourne Ă  L7 et bien sur Korn) le groupe arrive Ă  en vendre près de 200 000 copies. La sortie de leur second opus (Around The Fur), qui lui surfera sur la vague du succès, se fait en 1997, un nouveau membre Ă  alors rejoint le groupe : Frank Delgado (platine).
En 1999 sort un EP live de 7 titres qui sera suivi et 1an plus tard Deftones sort White Pony, un de leur album les plus travaillĂ© (et avec des influences nouvelles comme The Cure) et Ă©galement un album qui tranche avec le reste de la discographie du groupe, chef d’œuvre pour certains il sera cependant dĂ©criĂ© par beaucoup. Cela n’empĂŞche pas le succès de l’album qui dĂ©bute alors en 3ème position des charts amĂ©ricain.
Chino Moreno monte après cela un side project : Team Sleep qui mettra plusieurs années à sortir son premier CD.
En 2003 le groupe revient avec un album Ă©ponyme qui revient vers les racines du groupe. Après la sortie d'un album de RaretĂ©s, Deftones revient avec Saturday Night Wrist en 2006, puis annonce Eros pour 2009. Malheureusement, le destin modifie les prĂ©visions des AmĂ©ricains car Chi Cheng entre dans le coma suite Ă  un accident de voiture. Après de nombreux mois d'attente, Deftones repousse Eros jusqu'Ă  une date indeterminĂ©e et enregistre un nouvel opus avec l'ancien bassiste de Quicksand, Diamond Eyes, qui voit le jour en mai 2010. Durant cette pĂ©riode, Chi Cheng montre des signes de vie et se rĂ©tablit doucement, tandis que le reste des musiciens continue Ă  donner quelques concerts...

:: Site Officiel :: www.deftones.com
:: Second Site :: www.deftnz.net

photo Deftones


:: Chroniques ::

Diamond Eyes
Note : 16 / 20
Année : 2010
A Ecouter : CMND/CTRL - Beauty School - Prince - Sextape
- 23 Commentaires (Moyenne : 15.46/20) -

En nous regardant avec ses yeux de diamants, Deftones implose. scintille. explose. souffre. pleure. brille de mille feux. Tout d'abord physiquement, Chi Cheng remplacĂ© au pied levĂ© et Chino ayant fait une bonne cure de jouvence, puis musicalement, Diamond Eyes s'offrant le luxe de revenir sur ces annĂ©es qui virent l'arrivĂ©e de riffs incisifs, de dĂ©hanchĂ©s et de plans syncopĂ©s. Oubliez Eros, album dĂ©sormais maudit qui ne reflète plus l'actuel Deftones, et qui, si proche de l'aboutissement, s'est vu relĂ©guĂ© au simple statut d'album fantĂ´me en attendant le retour de Chi : Faites place nette pour Diamond Eyes. Force est de constater que le groupe de Sacramento semble avoir mis les petits plats dans les grands, mĂŞme si l'album a filtrĂ© mi-mars sur quelques plateformes de tĂ©lĂ©chargement : sortie repoussĂ©e, avancĂ©e, artwork lâchĂ© entre quelques extraits youtube, Rocket Skates lâchĂ© en concert puis en single, ... Pour ce disque, Deftones s'entoure de Nick Raskulinecz (Foo Fighters, Velvet Revolver, ...), bien loin de Terry Date (qui s'occupait de Eros), recrute Sergio Vega Ă  la basse (Quicksand) et se tourne finalement vers un style moins agressif que prĂ©vu... Les amĂ©ricains dĂ©cident donc de faire table rase, recrĂ©er pour mieux supporter le contrecoup, esquiver l'Ă©ternel tourbillon de misère qui aurait pu se former. Diamond Eyes est prĂŞt Ă  faire parler de lui.

En premier lieu, Deftones se dĂ©cide Ă  remonter lĂ©gèrement le temps, s'inspirant allègrement de sa pĂ©riode Around The Fur sur les compos les plus directes. L'Ă©poustouflant CMND/CTRL possède un punch qui ne perd en force lorsque le refrain s'enclenche tandis que Prince laisse deviner un Chino en sueur, hurlant sans relâche face aux instruments plus posĂ©s. Heureusement, via ce regard vers le passĂ©, Deftones ne se livre pas Ă  une vaste mascarade visant Ă  reposer le son des 90's. Chino et sa bande actualisent le tout, dĂ©cuplent la sensation de malaise de Prince via quelques sons en retrait tandis que Rocket Skates permet Ă  Abe Cunningham de se lâcher Ă  la manière de Needles & Pins (Deftones). Le frontman tente mĂŞme le parti de prendre de la distance face aux textes, prĂ©fĂ©rant user d'images que de faits personnels.
Loin de n'ĂŞtre qu'un vulgaire retour en arrière manquĂ© comme avait su le faire Korn avec Take A Look In The Mirror, Diamond Eyes s'engage sur les parties mĂ©lodiques vers une dimension plus mĂ©lancolique, Ă  l'instar d'un Saturday Night Wrist. Sextape, This Place Is Death ou le sombre You've Seen The Butcher et son riff d'intro typĂ© Adrenaline reprĂ©sentent parfaitement cette sensation de perdition, aux allures parfois lointaines de Team Sleep. Ce nouveau disque oscille encore entre de nombreuses atmosphères et Ă©tats d'esprit, sans jamais baisser sa garde pour une quelconque faiblesse : Deftones reste fidèle Ă  son histoire, continuant le chemin empruntĂ© depuis le culte White Pony.

MalgrĂ© l'Ă©volution, Deftones reste reconnaissable entre mille. Tout d'abord grâce Ă  un frontman dont l'assurance grandit sur les parties les plus mĂ©lodiques, un son direct, des compos old school cĂ´toyant les dernières productions du quintet, et surtout par des textes toujours aussi mystĂ©rieux. La discographie prend encore du poids, et mĂŞme si les alĂ©as de la vie d'un groupe parviennent Ă  dĂ©stabiliser son existence, Deftones reste maĂ®tre de lui mĂŞme. Comme chaque autre opus, Diamond Eyes possède son charme, ses futurs classiques et une qualitĂ© indĂ©niable.



Saturday Night Wrist
Note : 16.5 / 20
Année : 2006
A Ecouter : Kimdracula, Combat, Xerces, U,U,D,D,L,R,A,B
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- 94 Commentaires (Moyenne : 16.7/20) -

Une Ă©volution s'est toujours faite sentir dans la discographie des Deftones. En arriver jusqu'Ă  l'Ă©ponyme a Ă©tĂ© une preuve de maturitĂ© et de maitrise inconditionelle de la part du groupe de son identitĂ©, de la digestion de ses influences et de l'affirmation de ses tendances artistiques. Aujourd'hui, en 2006, la question reste toujours entière. Deftones sert il encore Ă  quelque chose, aprĂ©s une compilation de faces b faisant office de mise en bouche, d'attente aux fans qui en redemandent toujours plus, et toujours plus rapidement. Deftones prend son temps, et chaque album parait de plus en plus accouchĂ© difficilement : entre fausses sorties, retards et tensions entre les membres du groupe.

Pourtant, contre toute espérance, ce cd est enfin là, et contre toute autre espérance, il n'est pas une deuxième façade des goûts prononcés de Chino Moreno pour le trip hop et la new wave. Soyons rassurés, cet album n'est pas un Team Sleep caché. L'évolution est encore une fois de mise. Là où l'éponyme lachait des grosses nappes de guitares samplées pour donner un effet d'une lourdeur impressionante dans les riffs, juxtasposées a une batterie aérienne et une voix complétement tordue, Saturday Night Wrist ne bouleverse pas la donne, mais change du moins quelques détails, ce qui semble suffisant et rassurant.

En effet, Saturday Night Wrist possĂ©de tous les atouts pour enchainer une autre perle sur le collier tissĂ© par le groupe depuis Adrenaline. Ce cd ne peut pas ĂŞtre plus Deftones qu'il ne l'est, car on reconnait magistralement la patte du groupe Ă  chaque moment, la force de son caractĂ©re. Alors oui, certains diront que le groupe n'avance pas, resasse depuis White Pony des plans dĂ©ja vu, voire mĂŞme depuis Around The Fur pour les plus radicaux. Ce qui donnera raison Ă  ces radicalistes musicaux, c'est que Cherry Waves, ou Rivière ne sont pas forcĂ©ment loin de morceaux comme Digital Bath ou Change, mais le bien d'entendre ce genre de morceaux classieux en est dĂ©cuplĂ© quand on voit que beaucoup d'autres groupes se cassent les dents en cherchant Ă  retrouver la formule magique qui nous avait attirĂ©. Mais ces extrĂŞmistes seront rapidement dĂ©mentis, vu le nombre de nouveautĂ©s que le groupe intĂ©gre Ă  ses morceaux.

Tout d'abord, la guitare de Carpenter se fait plus douce, moins rentre dedans, mais plus portĂ©e sur la richesse des sonoritĂ©s et des joies de la pĂ©dale, grace Ă  des sons jamais entendus chez le groupe (Xerces). Mais aussi l'intĂ©gration d'Ă©lĂ©ments post rock dignes d'un Mogwai dans U,U,D,D,L,R,L,R,A,B, oĂą la magie jazzy des guitares rencontre une batterie dominĂ©e comme jamais. D'ailleurs Abe Cuningham propose un nouveau visage de son jeu, qui se faisait de plus en plus aĂ©rien, et tape plus fort, moins en retenu, (Rapture, ou le passage quasiment coreux de Rats!, Rats!, Rats!). Bien entendu, chose normale depuis deux albums, on echappera pas Ă  la ballade new wave cette fois ci beaucoup plus fine et gratifiĂ©e de la prĂ©sence d'une voix fĂ©minine : Pink Cellphone.

Le disque culmine Ă  beaucoup de moments Ă  la perfection des mĂ©lodies, des sonoritĂ©s et des vocalises que rarement le groupe avait Ă  ce point maitrisĂ©. En effet, Beware, Combat, Xerces et Kimdracula font partie des chansons au meilleur feeling, au romantisme exacerbĂ©, aux intonations desespĂ©rĂ©s trĂ©s impressionistes, faisant parfois penser aux grands Smashing pumpkins. Alors oui, le groupe impressione a Ă©normĂ©ment de moments et le tout est sublimĂ© par la voix d'un Chino au sommet de sa forme, dans des vocaux complĂ©tement dantesque, impossible Ă  reproduire en live car tellement Ă  fleur de peau, basĂ©s sur une intonation, un soufflement, un cri, sur une gamme plus que jamais maitrisĂ©e (des cris de "Rats, rats, rats" rapellant les vocaux de When Girls Telephone Boys aux vocaux très Around The Fur de Rapture en passant par les ecarts stylistiques de Xerces et Kimdracula).

Deftones livre encore une fois un album d'une rare classe, Ă  l'identitĂ© très prononcĂ©e, prĂ©sentant deux inconvĂ©nients en la personne de Hole In The Earth, particuliĂ©rement irritante et inutile, et Mein avec son cotĂ© monotone exacerbĂ© sur un final avec un Serj Tankian (System Of A Down, Serart) se prĂŞtant au jeu du miaulement. Mis Ă  part ces deux Ă©carts de conduite, on leur donnerait le bon dieu sans confession. Chapeau.



Deftones
Note : 16.5 / 20
Année : 2003
A Ecouter : Bloody Cape ; When girls telephone boys, Hexagram, DeathBlow
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- 57 Commentaires (Moyenne : 14.82/20) -
A été album du moment

On l’attendait, il est enfin arrivé. Avec ce quatrième bijou éponyme, les Deftones nous offrent l’un des chaînons manquants de leur carrière. En effet, Deftones s’offre incontestablement comme l’album transitoire qu’il manquait entre Around the Fur et celui qui en avait dérouté certains, j’ai nommé White Pony. Ainsi, ce dernier opus surprend moins que son prédécesseur et apparaît à la fois comme un retour aux sources et un bilan de la carrière des 5 membres du groupe.
Dans cette optique là, Bloody Cape incarne et symbolise Deftones : une intro qui pourrait sortir tout droit de White Pony, immédiatement entrechoquée par la fougue que l’on trouvait sur Around the Fur. Le cocktail est saisissant, et tout bonnement délicieux : chacun y trouve son compte et pour les inconditionnels des Deftones, c’est un peu comme le gâteau au chocolat de notre grand-mère : ancestral, on connaît le goût par cœur, mais on s’étonne à chaque fois de l’épanouissement et du plaisir éprouvé par les papilles.
Et si l’on creuse bien, Deftones remonte même à l’époque d’Adrenaline, avec quelques passages de When girls telephone boys, où la voix lointaine, plaintive et furieuse de Chino essaie de s’imposer face au son destructeur. Plus que la rage d’antan, Deftones renvoie aussi aux sources du rock : c’est le son pur de la guitare de l’intro de Moana par exemple, ou encore Lucky You qui rappelle quelque peu les influences des Smashing Pumpkins et de leur Ava Adore. Et d’ailleurs, cette impression de retrouver le charisme des citrouilles d’antan en devient presque frappante lorsque nos doigts impatients ouvrent la jackette : une police d’écriture un peu gothique, des ratures, des photos d’enfants… tandis que la présentation de Deftones peut être un clin d’œil aux Cypress Hill. Bref, les influences semblent diverses et riches…
Cependant, en fin de compte, c’est bien du Deftones qu’on retrouve. Sensibilité, émotion, et gros son (dès l’entrée fracassante de Hexagram ; une grosse claque, croyez moi) agrémentés d’un zeste de mélancolie. La recette est toujours la même : les plaintes, complaintes et gémissements de la voix languissante de Chino nous transportent « I don’t care where, but Far… » comme il se plaisait à le dire sur Around the Fur…Bref, les Deftones ont beau s’être empâtés de quelques kilos, la magie reste la même, les frissons aussi : on se croirait presque un soir d’été sur une plage déserte autour d’un feu, à l’instar de Good Morning Beautiful. Et pour les gourmands insatisfaits de ces (seulement) onze titres, il y a tout de même une cerise sur le gâteau : une piste Cdrom riche et complète qui fait redécouvrir le groupe que l’on connaît déjà par cœur.
En résumé, Deftones n’est peut être pas le meilleur album de leur carrière (quoi que…) mais personne ne pourra nier que c’est un album clef, mature et posé. Il permet, de plus, de confirmer la renommée que l’on attribue depuis longtemps à Deftones : un des rares groupe qui ne déçoit pas : mêlant assez de nouveautés pour combattre la monotonie, aux racines, qui constituent les fondements et valeurs reconnues de Deftones. Ainsi, si c’est pour produire de telles galettes, on les autorise à s’ankyloser encore un peu… mais pas trop, sans quoi leur charisme et leurs prestations scéniques en pâtiraient…

White Pony
Note : 17 / 20
Année : 2000
A Ecouter : Pink maggit, Passenger,Teenager, Korea....
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- 61 Commentaires (Moyenne : 17.05/20) -

  Deftones, groupe Ă´ combien Ă©trange dans la dynastie rock...ConsidĂ©rĂ© comme prĂ©curseur d'un genre mourant et destinĂ© a mourir de par son enlisement, le groupe a su modifier sa voie et se diriger vers quelque chose de rĂ©ellement innovant et essentiel au rock. En effet ce sont la succession des groupes ne prĂ©sentant aucun intĂ©rĂŞt rĂ©el qui a rĂ©ussi Ă  tuer le genre " nĂ©o-mĂ©tal". Or, ici nous avons affaire Ă  une grosse pointure, Ă  un groupe capable de distiller une musique aussi Ă©motionelle que ravageuse. Trois ans après Around the fur, le groupe Ă©tait rĂ©ellement attendu. Leur prĂ©sence dans la BO de matrix a enthousiasmĂ© les foules au point de classer leur My own summer dans la catĂ©gorie "tubes". Pourtant le groupe se devait de surprendre, de suivre leur voie qui Ă©tait tracĂ©e dès leurs dĂ©buts : celle de groupe prodige. A la sortie de ce White pony, tout le monde partait avec des a priori qu'ils soit nĂ©gatifs ou positifs. Or l'Ă©coute de ce disque est plus que surprenante, quasi dĂ©routante.....On s'attendait Ă  tout ....sauf Ă  ca!

  Le cd commence avec Feiticera oĂą le riff de Stephen Ă©tonne, oĂą le jeu de batterie est aĂ©rien, posĂ© moins brut de dĂ©coffrage que sur les productions prĂ©cĂ©dentes. On sent tout de suite une autre patte, une Ă©volution certaine du groupe vers quelque chose de plus rock. Puis survient Digital bath...encore une fois tout est diffĂ©rent, autre....des choses sont omises d'autres rajoutĂ©s, mais rien n'est comparable....On ressent aussi une certaine Ă©volution rapport Ă  la voix de Chino beaucoup plus posĂ©e et surtout beaucoup plus chantĂ©e..Depuis ce poney blanc, elle peut se placer au panthĂ©on des grandes...au panthĂ©on de celles qui font vibrer au meme titre qu'un Maynard...Et il s'avère que cette comparaison n'est pas volĂ©e. Sur le titre Passenger la voix divine apparait ...Deux gĂ©nies pour une chanson qui ne restera pas anecdotique....un rĂ©el met qui se savoure Ă  chaque fois avec une intensitĂ© palpable, une Ă©motion Ă  fleur de peau.

  Quand Ă  l'album, il laisse la part belle aux experimentations qu'elles soient : Ă©lectroniques, au niveau des riffs et des autres instruments...En effet, Delgado prend une toute autre ampleur ici et ne se contente pas de trois sons au cours de l'album. Il pose lui mĂŞme ses ambiances et donne au tout encore plus de corps, permet aux compos de s'envoler...Ici elles s'allongent et des fois s'Ă©vadent vers une musique beaucoup plus intimiste, plus personelle comme dans Pink maggit oĂą l'Ă©motion prend petit Ă  petit son ampleur pour exploser au grĂ© des chuchotements de Chino. Mais l'album est loin d'ĂŞtre mièvre, il sait se faire puissant. Ici nous n'avons pas affaire Ă  des ballades mĂ©lancoliques, mais Ă  de rĂ©elles compos dĂ©routantes. PlacĂ©es au bon endroit, certaines chansons savent se faire incisives telles Elite ou Korea qui recèlent une violence rare.

  Cet album est donc loin d'ĂŞtre acessible... ceux pour qui White pony se rĂ©sume Ă  Change peuvent aller se rhabiller.Il est nĂ©cessaire et prĂ©fĂ©rable de s'y immerger entièrement et de l'Ă©couter d'un bout Ă  l'autre. On ne peut pas le classer au sein de la discograhie des Deftones, car il se situe complètement Ă  part...sur une autre galaxie musicale. Grâce Ă  cette galette, le groupe a pu pousser le nĂ©o dans d'autres retranchements et prouver que pendant qu'un genre meurt et s'enlise....d'autres arrivent a Ă©voluer de facon personelle et sensible...A bon entendeur salut....



Around the fur
Note : 18 / 20
Année : 1997
A Ecouter : Sans cesse...
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- 57 Commentaires (Moyenne : 18.14/20) -

Pilier de la scène nĂ©o-mĂ©tal, cet album rĂ©vèle Deftones au monde entier, de par sa hargne, son intimitĂ© et sa prestance, car malgrĂ© une pochette qui pourrait sembler racoleuse se cache un pavĂ© musical, si souvent copiĂ© mais jamais Ă©galĂ©. La pochette permet de cerner l’atmosphère de cet opus : intimiste, sensuel, voyeur et surtout Ă©nigmatique...
...Car cet album est avant tout intimiste. Les voix presque susurrées, chantées aussi près du micro que possible donnent une impression de confidence, de secret dont nos oreilles sont les coupables réceptacles. Mascara et Lhabia en sont les parfaits exemples : Chino nous livre quasiment ses secrets, avant d’exploser, sa fureur prenant le dessus… Tels des amants, l’auditeur et Chino seraient en proie à une violente dispute, où les pleurs succèdent aux accès de colère, où chaque instant pourrait basculer à nouveau dans une violence sans fin.

La guitare se veut incisive, rentre dedans et surtout complémentaire de Chino. Là où la voix d’adoucit, les guitares deviennent une sorte de complainte discrète mais présente, tandis que lors des envolées vocales, elles deviennent aussi agressives que Chino, tel des échos... Rickets est une sorte de confession de Chino, où il reconnaît ses torts (« I …. too much »). Un aveu malsain où le pardon n’est pas demandé, mais où ces torts seraient les effets de l’éternelle interlocutrice de Chino. Be Quiet And Drive (Far Away) tenterait d’éloigner cette interlocutrice, où la distance et la route seraient réparateurs.
Mais là où le groupe sait créer des ambiances intimistes, il sait aussi ne livrer que sa hargne, ses reproches et martyriser son confident avec un condensé où le mal-être et la fureur harcèlent (« I Feel Sick » répété sur Lotion). Toutes les facettes du groupe sont représentées sur cet album, plaçant l’auditeur dans le rôle de cette femme à qui Chino parle et se confesse.

2 duos sont prĂ©sents : l’un avec Max Cavalera (Soulfly) et l’autre avec la femme d’Abe Cunningham. Chacun des deux intervenants apporte un ingrĂ©dient essentiel Ă  la magie des deux chansons oĂą ils apparaissent : Max (sur Headup), bien que très peu prĂ©sent, apporte sa hargne, sorte de renfort au cas oĂą Chino dĂ©faillerait. La femme d’Abe (sur Mx et ) amène une sorte de poĂ©sie, de douceur rĂ©paratrice dont Chino tenterait d’user pour guĂ©rir après un accès de rage incontrĂ´lĂ© dĂ©livrĂ© lors des 9 pistes prĂ©cĂ©dentes ou comme si, enfin, nous pouvions entendre la fameuse personne Ă  qui Chino parlait depuis ce temps.
La piste cachée est un peu un condensé de cet album : sensuelle, mélodique, violente, hargneuse et attirante… Chino se lâche, se reprend mais ne peut se contenir. Les instruments, quant à eux, portent la voix, nous la livrent tel un présent, Abe Cunningham frappant sans relâche lorsque la rage prend le dessus et disparaissant dans les moments intimistes, quasiment privés. Stephen supportant Chino lorsque la voix de celui-ci ne parait plus assez puissante pour exprimer tout ce qu’il ressent, sa guitare telle un défouloir où les moindres riffs deviennent lourds, imposants et nous couchent au sol. Chi accompagne le tout, usant les cordes de sa basse pour nous créer cette ambiance grasse et lourde, sachant parfaitement doser ses interventions afin de créer un équilibre parfait avec les autres membres du groupe.

Cet album est, Ă  première vue, très accessible, mais après de nombreuses Ă©coutes, chaque chanson rĂ©vèle ses secrets, ses faces cachĂ©es et voilĂ©es, telle la femme de la pochette nous offrant seulement une partie de son corps. LĂ  oĂą Adrenaline nous offrait la rage et le produit d’une jeunesse dĂ©sĹ“uvrĂ©e, Around The Fur regroupe les sentiments, le confinement d’un groupe Ă  part, pilier d’une scène s’autodĂ©truisant. Un album Ă  fleur de peau, criant de douleur et de sentiments qui ne saurait laisser froid après une Ă©coute.

Adrenaline
Note : 17.5 / 20
Année : 1995
A Ecouter : Fireal – Root – Nosebleed - …
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- 54 Commentaires (Moyenne : 17.74/20) -

Second album de la vague nĂ©o-mĂ©tal après l'Ă©ponyme de Korn, Adrenaline est donc le premier disque de Deftones. Ceux qui ont engendrĂ© White Pony ou Saturday Night Wrist. Pour replacer dans le contexte, Adrenaline est le fruit de 4 jeunes qui s'ennuient dans une banlieue des USA. 4 musiciens inspirĂ©s entre autres par le mĂ©tal et la new-wave. Et quand en 1995 sort le premier album de Deftones, c'est dans l'intimitĂ© qu'il se vendra, avant que le groupe n'explose avec Around The Fur.

Adrenaline contient dĂ©jĂ  ce qui portera Deftones vers le succès : des mĂ©lodies alliĂ©es Ă  des riffs entrainants, une voix sachant naviguer entre hargne et Ă©motion, un groove maĂ®trisĂ© et des textes qui ne rĂ©vèlent leurs secrets qu'après de multiples rĂ©flexions. Le thème principal de Chino dans les albums suivants, les relations amoureuses, est dĂ©jĂ  clairement abordĂ© ici sur Lifter ou Birthmark, tandis que d'autres textes font plus office de catalyseurs (7 Words, Root). Que ce soit directement ou par sous-entendus, ces sujets sont traitĂ©s toujours avec cette Ă©tincelle de poĂ©sie que l'on retrouvera dans les albums suivants.

Comme toujours, l'atout principal de Deftones reste Chino. Sans pour autant atteindre les variations que l'on rencontrera sur White Pony ou Saturday Night Wrist, sa voix alterne parties presque sussurrĂ©es avec une sensualitĂ© dĂ©vorante (Fireal) et envolĂ©es dĂ©bordantes d'Ă©motion ou de fougue (Nosebleed, Birthmark). Presque théâtral, son chant serait Ă  l'image des masques de théâtre romains : extrĂŞmes mais rĂ©vĂ©lateurs. Pourtant, les 3 autres musiciens ne sont pas en reste. Entre les riffs hypnotisants de Fireal ou ceux psychotiques de Nosebleed, la batterie de Abe transpirante sur Bored ou dĂ©vastatrice sur Root, on ne sait plus si le groupe vit Ă  travers sa musique ou si celle-ci existe au travers de Deftones. Ainsi, sur Adrenaline, Deftones est le fruit qui deviendra mĂ»r et trouvera sa forme quasi-parfaite sur Around The Fur puis  White Pony : envoĂ»tant, ravageur et intimiste. Une relation amoureuse en quelque sorte, avec ses hauts (les parties les plus douces comme Fireal) et ses bas (l'agressivitĂ© de Root par exemple). Pourtant, mĂŞme Ă  cette Ă©poque, Deftones se trouve dĂ©jĂ  Ă  part de ce qui sera la future scène nĂ©o. D'une part du fait de leurs influences qui se ressentent au travers de leur musique, mais aussi par la manière d'aborder les thèmes. Chino se sent l'âme d'un poète, ses textes ne parlent point de souffrances Ă  la manière d'un Korn, mais s'orientent vers une approche plus imagĂ©e, couchĂ©es sur le papier comme un ressenti et non des faits. Cette diffĂ©rence se prĂ©cisera sur les albums suivants, car tandis que certains ressassent les mĂŞmes soucis d'ados (Korn, autres pionniers du mouvement, suivis par Adema ou Drowning Pool), Deftones continuera dans sa lancĂ©e crĂ©atrice, axĂ©e principalement sur des amours dĂ©chus ou des choses personnelles en rapport avec Chino.

Alors Adrenaline est le premier album de l'Ă©popĂ©e Deftones, alliant poĂ©sie, colère et rock. Un des premiers disques, pilier d'une vague qui s'Ă©puisera vite, souvent copiĂ©, rarement Ă©galĂ©, qui posera les fondations de Deftones. On pourra toujours regretter une production qui, contrairement aux autres albums du futur quintet, met l'ensemble du groupe en retrait, y compris Chino, rĂ©duisant l'impact dĂ©vastateur qu'il pourrait avoir. DĂ©sĹ“uvrĂ©, claustrophobe, Adrenaline n'a quasiment pas pris de rides, Root ou encore Bored restant sĂ©duisants comme au premier jour.


“Life before I would shine down unshy / It comes from the first one / While I watch you / I want to be much than more / While I watch you”