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logo In Flames

Précurseur du Death Mélodique In Flames s’est imposé depuis sa formation au début des années 90 comme le fer de lance de la mouvance extrême et mélodique nord européenne. 5 CD (+ quelques MCD, live) auront permis au groupe suédois de bâtir une réputation et le respect de beaucoup. En 2002 avec Reroute To Remain le groupe change de direction musicale et sort des terrains battus, certains crient au scandale d’autre suivent et certains découvrent un groupe qui n’a pas finis d’innover. En 2004 sort Soundtrack To Your Escape, nouvel opus critiqué par beaucoup de fan de la première heure, le groupe oriente alors sa musique vers des sonorités métalcore tout en gardant la hargne des débuts. Certes In Flames n’est plus celui des débuts mais un groupe innovant et qui ose changer de style peut rappeler certains grands noms du métal (Metallica en tête) ; au grand dame de certain mais pour le bonheur d’autres. En 2006 In Flames revient avec Come Clarity.

:: Site Officiel :: www.inflames.com

photo In Flames


:: Chroniques ::

A Sense Of Purpose
Note : 15 / 20
Année : 2008
A Ecouter : Alias, I Am The Highway, Delight And Angers, Sleepless Again, The Chosen Pessimist
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- 44 Commentaires (Moyenne : 14.45/20) -

In Flames est actuellement LE groupe Ă  abattre, LE groupe Ă  critiquer. C’est comme ça. Ca l’a toujours Ă©tĂ©. Il y a eu Korn, Slipknot, System Of A Down, … La tribu des metalleux a toujours eu besoin de se trouver des tĂŞtes de turcs Ă  critiquer. Walzer l’a très bien montrĂ© dans sa thèse de sociologie sur le metal extrĂŞme. Il y a tout d’abord la volontĂ© du metalleux de se marginaliser sur certains points. Et il y a surtout l’influence surpuissante de la tribu : « si la communautĂ© metal condamne un groupe, je me dois de le condamner aussi, sous peine de m’exclure du groupe ».
Il est vrai qu’In Flames n’est plus le petit groupe de death metal mélodique suédois qu’il était il y a 15 ans. Le groupe a grandit, a évolué, ses concerts deviennent des shows (celui du Hellfest par exemple)… Tout semble décrire un groupe rencontrant un certain succès. Et ça, ça pose problème dans la petite tribu des metalleux.
Tel est le contexte en entourant la sortie de ce nouvel album des scandinaves ; intéressons-nous à cet opus plus en profondeur.

Premier constat : la pochette ainsi que le livret sont très réussis, s’éloignant par une ligne graphique originale de tous les clichés les plus putassiers du metal. Un premier point positif.
Continuons dans les choses périphériques : comme toujours depuis pas mal de disques, le son d’In Flames est excellent, plus « chaud » cette fois-ci que par le passé.
Quid des compositions ? Je dois avouer que j’avais trouvé le précédent disque d’In Flames, Come Clarity, un ton en dessous de ses deux prédeccesseurs (Reroute To Remain et Soundtrack To Your Escape). J’attendais donc celui-ci avec une certaine crainte. Des craintes qui se sont dans un premier temps confirmées… pour ensuite se dissipées ! En effet, les compositions de ce nouvel opus m’ont, à la première écoute, paru assez fades mais au fur et à mesure des écoutes, elles se révèlent à l’auditeur et montrent leur potentiel. C’est d’ailleurs un phénomène assez paradoxal : les chansons d’In Flames sont de plus en plus mélodiques (certains diraient commerciales) et pourtant il faut de plus en plus de temps pour les assimiler.
Ce disque regorge donc de petites pépites : le refrain speedé de I Am The Highway, le tubesque Alias, le mélodique Sleepless Again.
Je m’étonne chaque fois des choix de la maison de disques pour le premier single. Tout comme Take This Life était un des moins bons titres de Come Clarity (voire probablement le pire), The Mirror’s Truth n’est en aucun cas le meilleur titre de ce nouvel opus.
Certaines choses restent immuables. Le travail d’Anders Friden sur les mélodies vocales est toujours aussi impressionnant. De même, ses paroles sont souvent très fouillées et d’une grande justesse. En outre, les arrangements (les « cosmétiques » comme les appellent les membres du groupe) sont comme depuis longtemps un gros point fort d’In Flames et le soin qui y est apporté prouve le métier des cinq musiciens.
Mais le groupe apporte également quelques nouveautés comme par exemple ce morceau fleuve de plus de 8 minutes : The Chosen Pessimist. Ce titre, calme au début puis qui s’emballe au fil des minutes (mais en restant très mélancolique), est une bonne surprise et laisse augurer de très bonnes choses pour l’avenir. Espérons que le groupe osera s’engouffrer dans cette voie plus sombre et épique à l’avenir. Notons également la présence d’une édition limitée agrémentée d’un DVD montrant l’enregistrement du disque du début à la fin ; un DVD qui dure quand même plus de 2H !!!

 
A Sense Of Purpose n’est pas au niveau des meilleurs albums du groupe (se reporter aux autres chroniques du groupe présentes sur le site) mais un bon disque néanmoins. Moi j’adhère à ce groupe, à sa volonté de grandir et de franchir des paliers… quitte à bousculer certaines réticences de la tribu…



Used and abused: in live we trust
Note : 16 / 20
Année : 2005
A Ecouter : et Ă  regarder
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- 7 Commentaires (Moyenne : 17.5/20) -

Lorsqu'un groupe commence à rencontrer un certain succès après quelques albums studio, l'étape du DVD live devient un passage imposé (notamment par la maison de disque...). In Flames (et son écurie allemande Nuclear Blast) n'échappe pas à cette règle. C'est en outre souvent l'occasion pour un groupe de garder une trace d'une période importante de son histoire et de porter un regard sur sa carrière. Et en regardant derrière eux, les cinq musiciens d'In Flames peuvent être fiers d'eux : d'un statut de petit groupe de death-metal mélodique suédois, ils sont devenus une véritable référence du genre, maintes fois copiés mais jamais égalés. Des petits bars enfumés de Goteborg à la grande scène de la Ozzfest, en passant par les premières parties de Metallica et de Judas Priest, le chemin parcouru par le groupe est considérable. Il était donc temps pour le combo de passer par la case DVD live. Et là où In Flames a bien fait les choses, c'est qu'il ne propose pas un mais deux DVD comprenant, entre autres, deux concerts aux ambiances bien différentes.

Le premier de ces deux concerts, enregistrĂ© dans la mythique salle londonienne Hammersmith, est une sorte d'instantanĂ©e, de photographie du groupe en 2005. On y voit un groupe sĂ»r de lui, un show parfaitement rodĂ©, une salle de taille importante archi-comble, de multiples effets pyrotechniques, des flammes, des panneaux lumineux, ... In Flames joue dĂ©sormais dans la cour des grands. ExceptĂ© Behind Space, la set-list, relativement courte,  est uniquement axĂ©e sur les trois derniers albums : Clayman, Reroute To Remain et surtout Soundtrack To Your Escape, (et son single-tubesque The Quiet Place). On notera Ă©galement l'hommage Ă  Dimebag Darell (ainsi qu'aux victimes du tsunami en Asie) lors de la reprise du Fucking Hostile de Pantera, jouĂ© encore plus rapidement que la version originale !!! Le son allie Ă  merveille puissance et clartĂ©, traduisant fidèlement l'atmosphère des concerts du groupe et les lights sont en parfaite adĂ©quation avec les morceaux jouĂ©s.

Le second concert ressemble à un retour aux sources pour In Flames puisqu'il s'agit d'un concert filmé chez eux, en Suède, dans une salle de 200 personnes. Ici pas d'artifice, juste le groupe et son public. In Flames nous prouve ainsi qu'il n'a pas oublié d'où il vient. Le show est en fait divisé en deux parties : durant la première partie, le combo interprète dans l'ordre l'intégralité de son dernier album Soundtrack To Your Escape, démontrant une fois de plus la qualité et la richesse de celui-ci ; l'occasion également de voir live d'excellents titres comme Superhero Of The Computer Rage ou Evil In A Closet, rarement intégré à la set-list traditionnelle. Après un rapide entracte, les Suédois reviennent sur scène et entame la seconde partie du concert. Le groupe passe cette fois chronologiquement en revue ses anciens albums desquels ils interprètent quelques titres. On arrive même à se surprendre devant la quantité de classiques composés par le groupe : Moonshield, Jotun, Embody The Invisible, Only For The Weak, Trigger, etc. La liste est longue et elle permet de se rendre compte de la manière dont les Suédois ont fait évolué leur style, passant d'un death mélodique caractéristique de l'école scandinave à un metal moderne au carrefour des influences.

Le DVD contient également un documentaire, tourné à la manière d'un reportage télé (Jester TV) sur les deux dernières années vécues par le groupe. S'entremêlent ainsi des scènes backstages, des interviews des membres du groupe (excepté Jesper Stromblad, toujours aussi discret et mal à l'aise face à une caméra, et que l'on ne voit quasiment pas), etc. Le tout est un peu téléphoné mais n'est pas dénué d'intérêt pas autant. Notons en plus la présence de six clips, de deux morceaux enregistrés lors d'une balance (d'où un intérêt limité) et de deux autres morceaux live capturés lors de la dernière tournée du groupe. Deux formats sont proposés : un format simple ne contenant " que " les deux DVD et un format deluxe dans lequel a été rajouté les versions audio des deux concerts. Cette seconde version est d'autant plus intéressante que le premier CD live du groupe, The Tokyo Showdown sorti en 2001, manquait cruellement d'énergie (notamment de la part du public nippon...). Le public de ce Used And Abused est cette fois bien présent et sait se faire entendre en reprenant en choeur les refrains du groupe (Clayman, Cloud Connected, ...)

Additionner tous ces éléments, rajouter une pochette en forme de clin d'oeil aux dessins de Pushead pour Metallica (période And justice For All) et vous obtiendrez un objet riche et varié qui ravira l'ensemble du public des Suédois, du fan puriste à l'amateur des derniers albums. Mais il s'adresse également aux novices, en leur offrant une porte d'entrée à l'univers d'In Flames puisqu'il montre d'une part le groupe tel qu'il est aujourd'hui (le DVD est en effet très axé sur Soundtrack To Your Escape) et d'autre part parce qu'il constitue un excellent résumé de la carrière du groupe.

Après avoir visionné ce double DVD, deux envies viennent à l'esprit : la première est de se replonger dans la discographie du groupe pour ré-écouter les versions studio de ces brûlots live. La seconde est de s'incliner devant In Flames et de se dire que l'on tient là un groupe à part: un groupe intelligent ayant évolué judicieusement sans brûler les étapes et doté d'une solide fan-base, un groupe compact composé de musiciens talentueux et d'un chanteur hors norme, frontman de talent, capable d'hurler comme de chanter, un groupe aux prestations scéniques d'une précision et d'une énergie imparable, etc. Si les cinq musiciens arrivent à rester ensemble, on ne voit pas ce qui pourrait arrêter leur progression. La formule peut paraître bateau mais elle saute aux yeux avec In Flames : l'avenir leur appartient.

"In IN FLAMES we trust"



Soundtrack To Your Escape
Note : 16 / 20
Année : 2004
A Ecouter : The Quiet Place, Dial 595-Escape, My Sweet Shadow, Touch Of Red, Superhero Of The Computer Rage, Evil In A Closet
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- 40 Commentaires (Moyenne : 15.73/20) -

Deux ans après Reroute To Remain, qui marquait un tournant dans la carrière du groupe, délaissant par la même une partie de ses racines death mélodique, In Flames persiste et signe dans la même veine et nous propose ce Soundtrack To Your Escape ; littéralement la bande-son de votre évasion. Prétentieux ? Pas tant que ça...
... Parce qu'avec cet album, In Flames nous fait voyager de part la diversité des impressions qu'il suscite. En effet, cet album est un condensé d'émotions, parfaitement mis en évidence par la production massive, presque clinique signé encore une fois Daniel Bergstrand.

L'album dĂ©bute sur une note particulièrement noire et oppressante et on sait d'entrĂ©e que le voyage dans lequel nous embarque In Flames ne sera pas calme et paisible. F(r)iend est en effet sombre et puissant et Daniel Svensson, le batteur, en profite pour nous montrer sa capacitĂ© Ă  saccader Ă  la double grosse caisse. In Search For I  (morceau thrashisant au refrain catchy) ou encore Dead Alone sont eux aussi particulièrement rageur et remue indĂ©niablement la colère enfouie chez chacun de nous.
Le groupe nous amène également sur des sentiers moins violents mais empreint d'une certaine mélancolie : Evil In A Closet qui commence comme une ballade épurée avant l'arrivée salvatrice des guitares saturées sur le refrain, le mid-tempo Borders And Shading d'apparence très simpliste mais qui devient vite entêtant ou encore le dernier morceau Bottled, assez surprenant, basé sur un faux rythme.
Et même si on ne navigue pas encore dans un océan de bonheur, certaines chansons apportent également une note moins négative, plus énergique à l'album. L'exemple le plus flagrant est The Quiet Place, le single en force de l'album, avec sa sublime mélodie de guitare et son refrain en chant clair, particulièrement efficace. Dial 595-Escape, basé sur un magnifique riff de guitare que Anders Friden suit sur le refrain, est également du même acabit : énergie et mélodie entêtante ; ce titre rappelle immanquablement certains vieux morceaux du groupe (Embody The Invisible), eux aussi composés sur la base d'un riff de guitare.
Les samples, boucles électroniques et autres arrangements sont de toute beauté et apportent une certaine profondeur aux morceaux : ceux apparaissant au milieu et terminant My Sweet Shadow illuminent littéralement le titre et les arrangements sur les deux lignes de voix superposées (un chant clair et un chant hurlé) sur le refrain de Superhero Of The Computer Rage portent le morceau à un niveau supérieur. Le chant d'Anders Friden est d'ailleurs un autre point fort de cet album, capable de passer d'un style à un autre en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

Ce qui est particulièrement frappant avec In Flames, c'est la capacité du groupe à écrire des " singles ", des chansons entêtantes (The Quiet Place, Touch Of Red, My Sweet Shadow, Dial 595-Escape, etc) mais sans jamais se compromettre, ni sans tomber dans la facilité. Néanmoins, et c'est paradoxal, en dépit de ses nombreux tubes, ce Soundtrack To Your Escape n'en reste pas moins un album qui ne dévoilera tous ses secrets qu'après un certain laps de temps. Il regorge en effet d'une multitude de petits arrangements impossibles à assimiler après seulement quelques écoutes, ce qui lui donne un coté expérimental : s'agirait-il seulement d'un album de transition, destiné à poser les bases du futur In Flames? Vite, le prochain voyage !



Reroute To Remain
Note : 17 / 20
Année : 2002
A Ecouter : Trigger, Metaphor, Free Fall, Cloud Connected
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- 33 Commentaires (Moyenne : 15.92/20) -

Sorti en 2002, ce disque est probablement la livraison discographique la plus cruciale des suédois d'In Flames. Bien que décrié par la fanbase du groupe pour son éloignement du style death mélodique des débuts, cet album s'inscrit pourtant dans la droite lignée de Clayman, le précédent opus qui orientait déjà le groupe vers un style plus moderne. Reroute To Remain achève définitivement cette mue vers d'autres cieux.

Car ce Reroute To Remain permet effectivement Ă  In Flames de franchir un vrai pallier. Un pallier commercial certes avec des titres tubesques comme Cloud Connected le premier single ou encore le titre d'ouverture Ă©ponyme Reroute To Remain. Mais Ă©galement un pallier artistique tant ce disque est complet, variĂ©, Ă©quilibrĂ©.

Equilibré, le mot est lâché. In Flames vient de trouver un équilibre, SON équilibre. Un équilibre qui transpire de cet album ; un disque parsemé de moments époustouflants, de ces instants qui vous foutent le frisson. Les énumérer tous prendraient beaucoup de temps, mais on peut citer le fabuleux refrain de Trigger, les samples à la fin de System, le solo/break ultra mélodique de Minus, les imparables refrains de Free Fall et Black And White, la douce mélancolie de Metaphor... Tous ces moments s'imbriquent parfaitement dans ce disque, cohérent de bout en bout, et qui forment un tout supérieur à la simple somme de ces éléments.

Les paroles d'Anders Friden sont à la fois personnelles et universelles et n'ont jamais été aussi bonnes. Il convient également d'insister sur la qualité de ses refrains. Il poursuit son travail amorcé sur Clayman pour livrer ici un résultat étonnant mais sans jamais tomber dans la facilité, ni dans le mielleux et le putassier (le risque est pourtant bien présent : Cf. toute la vague metalcore). Il pousse des gueulantes, il chante mais en plus il se permet d'assurer comme un chef sur des chansons plus douces (certains les appelleront des ballades) comme Dawn Of A New Day ou le superbe Metaphor.

Reroute to Remain est un disque bâtard. Pour les puristes du death mĂ©lodique, ceux ayant connu In Flames lors de sa pĂ©riode initiale, ce disque très moderne est une trahison. Pour les adaptes de la dĂ©ferlante metalcore, ce disque n'est pas assez standardisĂ© et ne rentre donc pas dans les critères stricts du style. Mais pour les autres, ceux qui ont rĂ©ussi Ă  percer le mystère, qui ont rĂ©ussi Ă  briser la glace, cet album est un petit bijou.