Après avoir marqué les esprits avec 2 démos et un album plus posé,
Eths revient avec ce
Tératologie, à l’artwork monstrueux, dénaturant la nature de l’enfant, collant si bien au nom de ce deuxième recueil sonore (la Tératologie est en effet une science qui a pour objet l'étude des anomalies et des monstruosités des êtres vivants). Entre les 2 albums,
Eths s’est séparé de sa partie rythmique pour voir l’arrivée d’un ex-
Keishah et d’un ancien
My Ruin.
Musicalement, aucune révolution majeure ne se laisse entendre, si ce n’est une basse plus discrète par moments.
Eths livre toujours ce mĂŞme mĂ©tal sombre, avec ses riffs incessants et efficaces. Le changement de batteur ne transparait pas, le son restant fidèle Ă
Eths malgré le changement de line-up (lors de l’enregistrement, la batterie était occupée par Pierre de
Lofofora, aucun batteur définitif n’ayant encore été trouvé, de même pour la basse). La production accentue ce coté lourd, envahissant et ravageur, tout en évitant de noyer le chant au milieu d’un flot de notes. Le chant, justement, toujours propre à Candice, n’en reste pas moins plus varié. Malheureusement, celle-ci s’essaie à une voix très claire, limpide, mais dérangeante. La fin de
Ileus Matricis ou
Liquide Ephémère, par exemple, reflètent un timbre mal équilibré, si proche de la chute qu’il marque trop l’album, laissant un arrière gout même après la fin du disque. Les paroles se veulent toujours mystérieuses, assemblage de mots dont le sens profond n’est véritablement connu que du groupe.
On notera le morceau faisant office d’ovni, à savoir
Rythmique de la Bête, qui n’est pas sans rappeler le remix de
Encore, présent sur
Autopsie. Electro agressive dévoilant la composition la plus malsaine de l’album.
Eths arrive de plus à créer de véritables perles, à l’image de ce
Anima Exhalare, qui prépare la conclusion de l’album d’une facon magistrale. Candice susurre et hurle ses mots, accompagnée par une musique dantesque. L’apport du violon, discret mais audible, ajoute un coté orchestral. Que dire encore que de
Hydracombustio, avec son chant par moment presque enfantin, mais avec ce coté défectueux, pantin maladroit tentant péniblement d’avancer…
On peut regretter ce sentiment, par moment de déjà entendu, par exemple lors des premières notes de Vitriol et de ses lignes de chant clair presque fausses. Cependant, même sans cette originalité que l’on pourrait rechercher sous ce long manteau noir, l’album reste plaisant à écouter. Car au final,
Eths n’est pas là pour innover mais pour marquer de sa force, utilisant ce métal en apparence si banal mais au final propre au quintet sur l’hexagone.
On peut ne pas aimer ces quelques chants clairs, ces paroles trop énigmatiques et quelques passages trop faibles, mais on ne peut nier que
Eths réussi à livrer un album au-dessus de
Sôma. Cependant, l’ambiance si glauque et détestable présente sur
Samantha et
Autopsie s’estompe encore, au profit d’une violence maitrisée, mais si linéaire, à l’image de la noirceur presque lumineuse qui s’en dégage.