
Mastodon se forme en 1999 à l’initiative de Brann Dailor (batterie) et Bill Kelliher (guitare). Après un déménagement vers la ville d’Atlanta, ils font la rencontre de Troy Sanders (basse/chant) et de Brent Hinds durant un concert. Le quatuor dispose déjà de quelques années d’expérience scénique facilitant ainsi le processus d’écriture, ce qui aboutit à la parution d’une première démo en 2000. Le groupe part ensuite sur la route aux côtés de Eyehategod et Burnt By The Sun, puis enregistre son premier album Remission en 2002. Le succès étant au rendez-vous, leur deuxième opus Leviathan est attendu au tournant.
Blood Moutain sort en 2006.

Mastodon fait partie de ces rares groupes à se renouveler à chaque album en enrichissant toujours plus sa musique. En 2006, Blood Mountain avait dès lors exploré avec brio les sphères progressives en montrant une facette plus douce, voire même planante, du groupe. Trois ans plus tard Crack the Skye développe ces traits, et ce bien au delà de ce que l'on pouvait attendre. Les atlantiens sont effet devenus un monstre progressif complètement à part dans le Metal.
Le premier changement radical est le chant, ou plutôt les chants. L'agressivité de ces derniers qui s'était déjà estompée sur le précédent opus a maintenant complètement disparu en laissant la place à un chant clair aux mélodies envoûtantes, très mystiques. Troy Sanders s'efface encore un peu plus avec l'arrivée du batteur Brann Dailor dans ce registre. Celui-ci apporte une dimension incroyable sur Oblivion. Du coup il est beaucoup moins démonstratif avec son instrument, même s'il reste néanmoins épatant de par la richesse de son jeu couplée à une sacré vitesse d'exécution.
La superposition des chants des différents membres offre une palette on ne peut plus variée, contribuant grandement à l'ambiance déjantée et mystique qui se dégage du disque tant ceux-ci semblent parfois venir « d'ailleurs ». Entre complaintes et mélodies « pop » tout y passe, mais plus particulièrement l'ineffable. Cet aspect de la musique de Mastodon est en effet tellement riche qu'il est souvent dur de poser des mots dessus, et c'est mieux comme ça.
Le groupe a fait également énormément évoluer sa musique. Les passages Sludge très lourds de Remission sont beaucoup plus rares qu'auparavant, tout comme les riffs Stoner à tendance Psyché présents dans Blood Mountain, et si l'on retrouve quand bien même les arpèges tordus et infinis propres à Mastodon tout ceci a fait place à une musique extrêmement réfléchie aux structures longues et aux riffs bourrés d'inventivité. Les deux « titans » progressifs que sont The Czar (en cinq parties) et The Last Baron illustrent parfaitement le travail réalisé à ce niveau là .
Qui dit progressif dit parfois chiant, or Mastodon a su bien faire les choses à travers une multitudes de passages accrocheurs disséminés entre de lourdes et oppressantes ambiances. La seconde partie de The Czar (Escape) ou bien le passage dopé aux amphétamines par Dailor sur The Last Baron sont catchy à souhait tandis que leurs thèmes principaux sont tout simplement beaux.
Quelques mots de plus sur The Last Baron qui est d'une folie ahurissante et jouissive. Tout, mais alors vraiment tout, y passe dans cette chanson. Un véritable trip sous champi avec ses montées, descentes, moments tristes, de joie, ou tordus (ce passage mathy ou les voix psychés en stéréo, waouh). Tout bonnement épatant.
Crack the Skye n'est pas qu'un album d'une densité rare mais est aussi un concept pour le moins étrange qui raconte l'histoire d'un paraplégique qui ne voyage qu'au delà de son corps. Il atterrira trop près du soleil et finira ensuite dans le corps de Raspoutine, rien que ça. Très brièvement racontée ici, le récit complet vaut le coup d'œil et rarement un thème n'aura autant collé à l'esprit de sa musique. Bien sûr ce récit peu trivial ne fait renforcer le fait que Crack the Skye est un disque définitivement unique qui fera date dans l'histoire du Rock.
Le moins que l'on puisse dire c'est que ce nouvel album des barbus d'Atlanta était attendu au virage, dans la ligne droite et même dans le mur pour certains. Mais, entre "l'attente" et le "rendu final", entre ce qu'on voudrait que soit un album et ce qu'il est réellement, il y a souvent un long chemin à parcourir (parfois même à contresens). Le rôle du chroniqueur, dans ce cas là , est d'être votre chauffeur. Alors attachez vos ceintures et en voiture si vous le voulez bien.
Blood Mountain déboule d'entrée sur une courte ligne droite (oubliez les préliminaires, ici on cause de baises sauvages) ou l'on retrouve la musique du groupe telle qu'on l'a connu auparavant, directe (The Wolf Is Loose), efficace (Crystal Skull), mais plus ambitieuse que jamais (The Sleeping Giant). On retrouve aussi, comme sur le précédent opus du groupe, un concept (ici l'histoire d'un homme gravissant une montagne à la recherche du Crystal Skull) qui donne cette dimension épique aux compositions du groupe.
On freine à l'entrée du virage, parler d'épingle serait d'ailleurs plus juste. Oh, je vous connais, vous attendiez tous LA suite de Leviathan, ce Blood Mountain ce devait d'être un album de power métal plus burné qu'un yak de Mongolie… Raté! Tout (ou presque) dans cet album transpire l'originalité, l'inventivité, l'audace et l'envie surtout. Alors le Mastodon cuvée 2006 c'est quoi? En réalité le choix des intervenants (Scott Kelly de Neurosis, Josh Homme (Queens Of The Stone Age), Cédric Blixler-Zavala et Isaiah Owens de The Mars Volta) résume a lui seul - et pour une fois très bien - les intentions du groupe. Ce Mastodon là est un monstre progressif qui aime le désert (le très stoner Crystal Skull) les marécages (The Colony Of Birchmen) et les paysages exotiques en général (The Sleeping Giant, This mortal soil). Oui, forcément, Blood Mountain n'est pas un album évident, pas de hits (mais l'album en lui-même en est un), beaucoup d'expérimentations (les lignes de chant de Brent Hinds et Troy Sanders sont plutôt déstabilisantes pour ceux qui connaissent déjà le groupe), et il va vous demander de nombreuses et attentives écoutes pour l'apprivoiser dans sa globalité mais entre nous, n'est-ce pas justement la marque des grands albums?
Bien entendu comme tout bolide lancé à grande vitesse Mastodon frôle de peu l'accident. A cause de compositions qui s'éparpillent parfois (Bladecatcher, The Siberian Divide) ou d'autres de factures trop classiques (le plutôt bon Hunters Of The Sky - qui aurait mérité sa place sur Leviathan - précédent le bien trop convenu Hand Of Stone). A cause aussi d'un manque de synthèse : une heure de métal aussi aventureux et dense, c'est tout simplement trop! Mastodon a néanmoins le potentiel pour être LE groupe métal référence de cette décennie, encore un petit effort de concision et nous pourrons enfin tourner la page Metallica sans regrets… à moins bien entendu que le groupe ne se perde en cours de route.
Mastodon. Voici un groupe qui annonce la couleur. Après un impressionnant Remission sorti en 2002, le quatuor d'Atlanta revient en force avec Leviathan et son univers fortement imprégné de métal, de stoner, mais aussi de heavy tendances 70's. Le groupe fait également preuve d'une certaine complexité technique, notamment au niveau rythmique sous l'égide de Brann Dailor, qui officiait auparavant au sein de Today Is The Day.
A l'image de sa pachydermique pochette, Mastodon nous emmène dès les premières secondes de Blood & Thunder dans un véritable maëlstrom sonique,et ne laisse aucun répit. Le refrain pilonne l'auditeur pour enchaîner sur un passage des plus technique que ne renierait pas Coalesce, le tout agrémenté de la voix puissante de Troy Sanders. Difficile de ne pas être emballé après un tel morceau, d'autant plus que I Am Achab confirme la teneur en riffs dévastateurs de cet album. La visite des profondeurs abyssales se poursuit sur Seabeast, dans lequel Troy Sanders fait état de sa capacité à explorer des aspects plus mélodiques de son chant, tout comme sur le sublime Naked Burn.
Mastodon gère incroyablement la diversité de ses influences pour en restituer un résultat homogène, à l'instar de titres comme Megalodon et son intro hypnotique, ou encore le très Dillinger Island. Le single Iron Tusk, heavy à souhait, montre que Mastodon n'a pas volé sa place sur le Unholly Alliance Tour tant ce titre prédispose au headbang de masse. En poursuivant sur la thématique de l'horreur maritime Lovecraftienne, Aqua Dementia est sans conteste un titre phare (sans jeux de mot) de Leviathan. Les guitares stridentes cavalent sur un rythme de batterie décousu, pour ensuite se déchainer à l'arrivée des cris de Sanders.
Visiblement, le quatuor voulait déchaîner les éléments avant de laisser place à l'accalmie de Hearts Alive, morceau épique s'étalant sur près de 13 minutes. Un enchainement vraiment réussi de plans calmes et d'autres plus énervés, digne d'un Kyuss dopé à Slayer. Mais Mastodon n'en finit pas de surprendre en livrant un superbe titre acoustique aux confluents du grunge, rappelant les tourments du personnage mythique Joseph Merrick plus connu sous le nom d'Elephant Man.
Inutile de dire que Mastodon, à l'issue de ces deux albums, dispose d'ores et déjà du statut de groupe culte tant le contenu est riche en ambiances et en puissance. Leviathan peut toutefois s'avérer difficile d'accès pour des oreilles non averties, mais une fois les subtilités dégagées, on ne peut qu'être conquis par la bête.