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Metallica, comment faire une courte bio de Metallica ? Certainement l’un des groupes les plus populaire du mĂ©tal, et ceux depuis plus de 20 ans. L’aventure Ă  dĂ©marrĂ© en 1981 avec Lars Ulrich (batteur) qui monte un groupe pour enregistrer un morceau pour une compilation, il est alors rejoint par James Hetfield (chant), Ron Mc Govney (basse), et Dave Mustaine (guitare solo, que l’on reverra plus tard dans Megadeth). Quelques changements de line up plus tard (Cliff Burton prend la basse et Kirk Hammett la place de Mustaine). Le groupe sort Kill’em All en 1983 et commence les tournĂ©es et l’ascension au panthĂ©on du rock, avec Master Of Puppets (1987) le groupe signe ce qui reste pour beaucoup leur meilleur album, lors de cette tournĂ©e Cliff Burton meurt dans un accident de bus ; le groupe dĂ©cide nĂ©anmoins de continuer, Jason Newsted (ex Flotsam and Jetsam) rejoint alors le groupe. En 1991 Metallica amorce un tournant avec l’album Ă©ponyme (ou Black Album) qui reste l’album de Metallica le plus vendu Ă  ce jour (dĂ©passant les 13 millions de ventes aux USA). En 1996 le groupe continue son changement avec Load puis Reload. En 1998 le groupe sort un double album de reprise : Garage Inc.
Après un live avec l'orchestre symphonique de San Fransisco Jason Newsted quitte Metallica en 2001, Robert Trujillo (ex-Suicidal Tendencies, Ozzy Osbourne,...) prend alors le poste de bassiste et le groupe sort en 2003 St. Anger, album très controversé a cause de son son de batterie assez ignoble.

:: Site Officiel :: www.metallica.com

photo Metallica


:: Chroniques ::

Français Pour Une Nuit
Note : 14.5 / 20
Année : 2009
A Ecouter : pourquoi pas
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- 9 Commentaires (Moyenne : 18.06/20) -

Les arènes de Nimes, un lieu grandiose à la hauteur de l'évènement, un lieu idéal pour acueillir ce type d'énorme show des Four Horsemen. Metallica est une énorme machine toujours extrêmement bien huilée et le prouve une fois encore avec ce dvd Français Pour Une Nuit, de quoi nous contenter nous petits frenchies souvent oubliés du public Metal et se sentir un peu (plus) chauvin aussi.

Venons en au concert en lui-même, deux heures de musique, pas loin de vingt titres au compteur et pas des moindres pour mettre le paquet dès le départ. L'intro raisonne dans l'édifice plein à craquer qui assure une certaine classe et grandiloquence à l'ensemble, avec nos quatre gaillards qui font leur entrée à la manière de gladiateurs entrant dans l'arène près à en découdre. Ni une, ni deux, Blackned est lancé suivit de Creeping Death montrant un groupe qui balance un Thrash sur-vitaminé. Fuel et Fade To Black sont impressionnants et les derniers titres issus de Death Magnetic passent très honorablement l'épreuve du live en témoignent Cyanide ou The Day That Never Comes efficaces au possible. Une setlist au poil qui n'oublie fort heureusement pas les classiques de quoi donner des frissons sur Nothing Else Matters, d'avoir la larmichette à l'œil sur One, de hurler en chœur avec le public les inusables refrains de Master Of Puppets et de conclure avec ce final de fou sur Seek'n Destroy. Metallica se donne à fond, Robert Trujilo frôle la crise cardiaque, Lars Ulrich est hyper efficace derrière ses fûts, Kirk Hammett nous expose une panoplie faramineuse de grattes et James Hetfield est toujours aussi charismatique. Même l'âge ne semble pas atteindre les Four Horsemen, gagnants presque en classe au fur et à mesure de leur carrière, les bougres.

Parlons de la réalisation qui est quand même mi figue mi raisin. Oh, le grain de l'image est à tomber à la renverse, la version blu-ray doit être folle et la qualité sonore est bien sûr au rendez-vous. Les plans sont incroyablement nombreux avec une équipe technique qui filme chaque détails pour ne surtout pas manquer une miette de la prestation en ne prenant nullement appui sur un musicien plutôt qu'un autre ce qui est fort appréciable. Oui, mais derrière ce visuel nickel chrome, presque trop beau et trop propre, si l'on excepte cette teinte bleutée omniprésente et baveuse, le reproche que l'on peut faire c'est que l'équipe de Canal + dans sa façon de capter les scènes manque souvent de dynamisme. On a beau avoir des moyens énormes, la mise en scène est plate, avec l'impression de se laisser porter simplement pendant deux heures sans ressentir une bonne partie l'impact et l'énergie déployée durant le concert. Ou comment une équipe de télé manque le coche pour filmer un groupe de Metal.

Ce dvd aurait pu ĂŞtre Ă©norme, mais il est en partie gâchĂ© pas une rĂ©alisation bâclĂ©e qui ne fait ressentir que la moitiĂ© de ce qu'avait pu ĂŞtre le concert en terme de vigueur et de caractère. Heureusement l'objet demeure joli avec son digi cartonnĂ©, son livret photos, rempli convenablement avec cinq vidĂ©os filmĂ©es par les gagnants d'un concours et une interview effectuĂ©e par StĂ©phane Saulnier plutĂ´t attrayante, on se retrouve donc avec un dvd sympathique de Metallica entre les mains, ni plus ni moins.



Death Magnetic
Note : 15 / 20
Année : 2008
A Ecouter : The Day That Never Comes - The Judas Kiss
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- 155 Commentaires (Moyenne : 15.85/20) -

Death Magnetic Ă©tait attendu de pied ferme. Après St. Anger qui aura eu le mĂ©rite de diviser le public des Horsemen, Metallica n'avait pas droit Ă  l'Ă©chec. Après une campagne promo et diverses interviews annonçant un Ă©nième retour aux sources, le quatuor se devait de ne pas dĂ©cevoir. Un artwork discutable (les plus mesquins diront que Metallica a construit son propre cercueil), mais au final ce qui nous intĂ©resse vraiment se cache sous ce mince film de plastique : la musique.

"A peine" 74 minutes, soit 10 morceaux aux doux noms de All Nightmare Long ou The Judas Kiss. On pourra ĂŞtre surpris par la douce intro, la prod un poil trop lisse (la basse semble bien en retrait) et un son de batterie qui ne hĂ©rissera plus le dos de certains. Dès les premières notes, on reconnait Metallica, un mix entre la dernière pĂ©riode (chant, mĂ©lodies) et la première ère (solo, tempo plus soutenu). De quoi raccommoder un peu tout le monde en fait. Le sieur Hammet est par contre de retour, après une absence trop prononcĂ©e sur St Anger, sans doute pas au niveau d'un Master Of Puppets ou Hit The Light, mais ses doigts ne sont pas engourdis. Des soli comme sur The Day That Never Comes (qui est sans doute LE morceau de l'album) ou Cyanide en feront frĂ©mir plus d'un grâce Ă  une prĂ©cision chirurgicale, mĂŞme s'il faut l'avouer, on a connu mieux dans la discographie de Metallica. Que dire des autres musiciens ? Lars mène toujours son tempo maitrisĂ© mĂŞme s'il semble parfois imprĂ©cis et sans ampleur, car il faut le rappeler, le musicien n'est pas rĂ©putĂ© pour son sens du rythme en live. Hetfield tient toujours sa guitare rythmique avec toujours autant d'assurance, tandis que la basse de Trujillo voit ses moments de gloire sur Cyanide, alors que vu la capacitĂ© Ă  martyriser ses cordes, on se serait attendu Ă  une plus grande prĂ©sence sur l'ensemble de Death Magnetic. Niveau chant, Hetflied n'arrive plus Ă  pousser sa voix comme sur les premiers, mais la fait varier avec un timbre plus proche de Load & Reload.

Au niveau des compos, certaines se démarquent du lot : The Day That Never Comes (rappelant One pour sa construction en deux parties, même si ici la rupture entre les deux est plus nette) ou encore All Nightmare Long et son final explosif. Le reste est de bonne facture, agréable à l'écoute même si peu se démarquent vraiment du lot. Un morceau qui divisera sans doute est The Unforgiven III : piano, violons et cuivres, un tempo plus lent (dans la continuité des deux épisodes précédents en fait). N'ayant personnellement jamais pu supporter les deux versions précédentes, celle-ci me semble plus agréable, se laissant porter par la mélodie centrale et une voix plus maîtrisée.

Un des points faibles de Death Magnetic est la longueur des morceaux. Metallica nous avait certes habituĂ©s Ă  des compositions associant longueur et rythme (The Call Of Ktulu ou ...And Justice For All), certains passages ont le tort de trainer en longueur (sur Suicide & Redemption ou encore That Was Just Your Life), pouvant tenir en haleine mais aussi fatiguer l'auditeur. On Ă©coute certes Metallica et non un groupe de grind, mais ce qui pouvait porter dĂ©faut sur St. Anger est ici par moments reconduit.

N'en dĂ©plaise Ă  ceux qui clameront haut et fort que "c'Ă©tait mieux avant" ou "Metallica c'est juste Ride The Lightning", les musiciens ont beau avoir quelques cheveux blancs en plus, ils n'ont pourtant pas perdu leur fougue. On peut juger un musicien sur sa carrière, mais se rĂ©fĂ©rer constamment Ă  un ou deux albums n'offre au final rien d'intĂ©ressant.

Que retenir de Death Magnetic ? Si peu et pourtant tellement de choses. Qu'on se le dise une bonne fois, Metallica ne rĂ©inventera pas le Thrash, Metallica ne prend pas (Ă©normĂ©ment) de risques, mais s'offre du bon temps. Ces 5 annĂ©es n'auront pas Ă©tĂ© vaines, Death Magnetic est un bon album, avec des compos acĂ©rĂ©es, et ses quelques dĂ©fauts pourront sans doute faire hausser un sourcil, mais pour ma part, je suis dĂ©jĂ  largement comblĂ©...



St Anger
Note : 13 / 20
Année : 2003
A Ecouter : Frantic, St. Anger, My World, Sweet Amber et All Within My Hands
:: Acheter sur Amazon ::
- 147 Commentaires (Moyenne : 11.22/20) -

Même si le groupe a perdu en popularité après les Loads et surtout l'affaire Napster, dire que Metallica était attendu au tournant avec St. Anger reste un euphémisme. Le contexte de cet album est très particulier pour tout un tas de raisons, à commencer par le départ de Jason Newsted (souffrant de problème de dos), et le fait que durant toute la période de l'enregistrement le groupe était suivi par un psy en raison des relations plus que tendues au sein du groupe. Tout ceci est par ailleurs très bien expliqué dans le DVD Some Kind of Monster retraçant les deux années conflictuelles qu'a connu Metallica.
Le groupe était tout d'abord rentré dans un nouveau studio, le Presidio, le 23 Avril 2001. Metallica voulait renouveler sa musique, perdre ses marques, refuser tout confort en travaillant dans un lieu brut et terne. Mais ce studio ne servit qu'un temps, jusqu'au 19 Juillet pour être précis, puisque l'enregistrement fut vite interrompu suite au départ de James Hetfield en cure de désintoxication. Il y resta dix mois ; dix mois durant lesquels Lars Ulrich et Kirk Hammett ont dû prendre leur mal en patience et ont commencé à douter de l'avenir du groupe. Metallica n'était plus que deux.
Mais Hetfield finit par sortir, guĂ©rit et d'aplomb pour enregistrer l'album, au Plant comme auparavant. Il dĂ©cida toutefois de placer sa famille au premier plan et de ne bosser que de 11h Ă  16h, ce qui irrita fortement Ulrich qui ne voulait pas Ă  avoir Ă  subir de règles et qui bosser sans restriction aucune. Au final le groupe parvint cependant Ă  s'entendre et l'enregistrement eu lieu assez vite une fois lancĂ©. St. Anger est un disque complexe, qui a subi une gestation difficile comme on vient de le voir, et Ă´ combien dĂ©criĂ©, tellement critiquĂ© que les Loads font pâles figures Ă  cĂ´tĂ©. Explications autour de quatre points centraux...

La première chose que l'on remarque lorsqu'on Ă©coute St. Anger pour la première fois c'est que le groupe rejoue vite, aussi vite qu'en 1988 sur ...And Justice For All. Exit les mièvries des Loads et du très aseptisĂ© Black Album. Seulement voilĂ , un dĂ©tail vient vite ternir la chose : le son de la batterie. De la caisse claire plus particulièrement. Lars Ulrich, si perfectionniste autrefois, a dĂ©cidĂ© d'avoir sur ce nouvel album un son brut, garage. Du coup la batterie a Ă©tĂ© enregistrĂ©e avec des micros d'occasion ou bons marchĂ©s, et c'est Ă  peine si les rĂ©glages ont fait l'objet de plus de cinq minutes d'attention.
Même s'il a le mérite d'être original, pour beaucoup ce son est horrible, insupportable, et gâche à lui seul tout l'album. Mais le jeu de Lars est pourtant bon, quand on écoute ce qu'il joue on est obligés de constater que ses contre-temps, ses parties couplées à des parties purement rythmiques sont d'une efficacité redoutable !

Donc Metallica rejoue vite, mais a un son de batterie relativement ignoble, si ce point avait Ă©tĂ© le seul dĂ©faut de l'album cela aurait pu passer, mais un autre point fait cruellement dĂ©faut au disque : le manque de soli. Kirk Hammett ne place pas un seul solo, Lars et James trouvant le concept de solo dĂ©passĂ© pour cet album, ne collant pas avec ce qu'ils voulaient, ils ont donc prĂ©fĂ©rĂ© s'orienter vers des licks plus ou moins rĂ©ussis. Du coup on a accusĂ© Metallica de faire du « NĂĽ Metal Â» !

Mais non, Metallica ne fait pas de « NĂĽ Â», chaque titre ou presque est plus riche, et surtout mieux construit, qu'un album entier de ce genre ; et pour cause, Hetfield a retrouvĂ© son inspiration avec des riffs accrocheurs comme sur Frantic, Some Kind of Monster, All Wihtin My Hands, et j'en passe. Les breaks sont Ă©galement de retour et omniprĂ©sents, ceux de Frantic, My World et Sweet Amber sont mĂŞme tout simplement Ă©normes !
Le titre de l'album est extrêmement pertinent puisque le groupe a réussi à maîtriser sa colère, à la transformer en énergie positive comme l'a fait remarqué Lars dans une interview. Cela se ressent également dans les textes, très révélateurs sur la période tourmentée qu'ont connu les Horsemen. On se retrouve donc avec un album péchu et bourré de bonnes idées.

Il y a de bonnes choses, c'est une certitude (n'en dĂ©plaisent aux mauvaises langues), mais il y a certains points qui restent critiquables, comme notamment la longueur excessive des chansons. Ca reste moins pĂ©nible que sur les Loads, en raison de chansons moins rĂ©pĂ©titives, mais bon... la chanson la plus courte fait près de 6 minutes, c'est dire. St. Anger est un disque long de 80 minutes dont il faut forcer la digestion pour l'apprĂ©cier.

En outre, le chant est, comme le dirait Tom Araya (Slayer) : « parfois bon, parfois franchement mauvais Â». Mais une fois encore, on est loin des pĂ©rĂ©grinations country des Loads, mĂŞme si Hetfield est vraiment pĂ©nible sur des titres comme My World, Shoot Me Again et Purify. Pour le reste, pas grand chose Ă  redire, on retrouve avec plaisir une hargne qu'on pensait tombĂ©e aux oubliettes. Le chant est qui plus est relativement variĂ© puisque Hetfield murmure, hurle, change son dĂ©bit de texte, sans trop se fourvoyer. Concernant les choeurs en revanche, ce n'est pas trop ça... Hammett remplace très mal Newsted Ă  ce niveau, si bien que ceux de St. Anger resteront cultes tant ils sont mauvais.

Metallica n'ayant pas de bassiste depuis le départ de Newsted, c'est leur producteur Bob Rock et James Hetfield qui ont assuré à la basse sur cet album. Le groupe n'a pas voulu engager de nouveau bassiste tant que leurs problème relationnels n'étaient pas mis au clair, ne voulant ainsi pas entraîner un nouveau venu dans leur m*rde. St. Anger n'a donc pas bénéficié des apports d'un vrai bassiste, cela n'empêche pourtant pas certains plans d'être bien conçus, comme notamment ceux de My World, Shoot Me Again et Sweet Amber, qui bénéficient qui plus d'un son résolument plus moderne, peu ou prou similaire à celui de Frank Bello d'Anthrax avec une légère distorsion apportant une lourdeur dantesque sur bien des titres !

Une fois encore Metallica surprend avec ce nouvel album. Nouvelle direction, nouveau son, c'est forcĂ©ment dĂ©routant au dĂ©but, mais on finit par s'y faire. St. Anger est un album complexe qui mĂ©rite qu'on prenne du temps pour l'apprivoiser. Loin des Loads, cet album renoue avec l'agressivitĂ© et une certaine inspiration. L'album reste cependant hĂ©tĂ©rogène avec du bon, et du moins bon, mais cette fois le bon l'emporte, si bien que certains morceaux sont mĂŞme bien supĂ©rieurs Ă  tout ce qu'a pu faire le groupe dans les annĂ©es 1990, Black Album compris. Mais seulement voilĂ , ses Ă©normes dĂ©fauts contraignent fortement l'Ă©coute, ce qui fait que cet album restera un « mal aimĂ© Â» pour beaucoup, mais une fois les difficultĂ©s d'Ă©coute Ă©noncĂ©es dĂ©passĂ©es, St. Anger n'est pas si mauvais que ça...



Reload
Note : 10 / 20
Année : 1997
A Ecouter : Fuel, The Memory Remains, Prince Charming
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- 47 Commentaires (Moyenne : 11.1/20) -

Pour rappel, en 1996 Load avait divisĂ© les fans des Horsemen, alpaguant une gĂ©nĂ©ration Ă©tant prise en plein essor du Metal et repoussant les fans plus anciens, ceux apprĂ©ciant l'ère Thrash. Manque de bol pour ces derniers, Reload est issu des mĂŞmes sessions d'enregistrement que Load et en constitue la  « seconde moitiĂ© Â» (dixit Ulrich).

Reload entame les hostilitĂ©s avec Fuel, chanson d'ouverture idĂ©ale car plutĂ´t rapide et au chant Ă©nergique. Après Load, on ne peut que s'Ă©tonner de la qualitĂ© de cette chanson. Lars Ulrich fourni par moment une rythmique presque tribale sur laquelle les autres musiciens alternent riffs rapides et lents avec brio. Hammett renoue avec la vitesse sur son solo, et la rythmique en contretemps le suivant est une bonne trouvaille. Avec Fuel, The Memory Remains est l'autre temps fort de cet album avec son cĂ´tĂ© Bluesy mĂŞlĂ© Ă  un Metal très lent et particulièrement Heavy. Derrière les « nanana Â» de Marianne Faithfull on retrouve mĂŞme quelques consonances celtiques Ă  la guitare. A noter que l'ex-compagne de Mick Jagger a Ă©galement participĂ© aux paroles de cette chanson basĂ©e sur le film Sunset Boulevard racontant la dĂ©chĂ©ance d'une ancienne star.

Reload démarrait mieux que Load, mais malheureusement ça s'arrête là. Devil's Dance amorce la chute de part son côté poussif, et surtout répétitif. Ca avait pourtant pourtant bien commencé, notamment grâce à une introduction très lourde à la basse, suivie d'une lente montée à la guitare, ce qui laissait présager de bonnes choses pour la suite. Hélas, hélas... La chanson en est restée là...
Pour The Unforgiven II, Hetfield expliqua que cette chanson Ă©tait venue naturellement, et que ce n'est qu'une fois presque finie qu'il se rendit compte qu'elle ressemblait Ă  The Unforgiven (prĂ©sente sur le Black Album). Du coup, la chanson fut baptisĂ©e The Unforgiven II et reprend l'introduction de la première. Mais c'est presque lĂ  la seule ressemblance car cette  The Unforgiven est nettement infĂ©rieure Ă  celle du fameux album noir. Beaucoup trop longue encore une fois, et seul le solo mĂ©rite qu'on s'y attarde.

Better Than You remonte un peu le niveau avec un bon riff Ă  la Black Sabbath. Sur le « Better Than You Â», Hammett reprend le chant de Hetfield avec sa wah, et force est de constater que le rĂ©sultat est rĂ©ussi. Le seul point que l'on pourrait reprocher Ă  cette chanson serait le fait que le mĂŞme riff soit assaisonnĂ© Ă  toutes les sauces, sur les couplets, sur le refrain, sur le solo...
Sur Reload on va malheureusement de bonnes en mauvaises surprises. Slither débute bien mais ne décolle jamais. Comme pas mal de titre des Loads, c'est maladroit, peu recherché, et long... Mais long... mais long ! Le comble du mauvais goût étant tout de même l'effet mis sur le chant de James Hetfield. Ce dernier se rattrape heureusement sur Carpe Diem Baby et Bad Seed, chansons relativement moyennes mais relativement correctes si on les compare à l'ensemble de cette période peu inspirée.
Where the Wild Things est elle aussi correcte grâce Ă  un contraste entre un chant languissant et un aspect parfois Ă©touffant, parfois inquiĂ©tant. Ca traĂ®ne nĂ©anmoins en longueur, sept  minutes pour une chanson qui n'Ă©volue que trop peu c'est excessif !

A l'instar de Better Than You, Prince Charming est également digne d'un Black Sabbath avec ses riffs entraînants très orientés Stoner. Les breaks sont les bienvenus et sont propices à de bons passages instrumentaux, si bien que les six minutes de cette piste ne paraissent pour une fois pas interminables. Reload continue donc d'osciller entre le bon et le moins bon, chose d'ailleurs confirmée avec la pénible Low Man's Lyric, ballade excessivement longue ayant au moins le mérite de faire dans l'original en introduisant une cornemuse. Hetfield massacre encore une fois ce titre en tentant désespérément de mettre une once d'émotion dans ce titre.
Attitude se rapproche un chouia de Bad Seed, mais sans l'Ă©galer, et n'est au final qu'une succession de notes placĂ©es maladroitement. En revanche, le solo de Hammett est quant Ă  lui bien en place encore une fois et sauve la mise ! Fixxxer conclu plutĂ´t mal l'album malgrĂ© un passage instrumental apprĂ©ciable permettant de dĂ©compresser un peu lors de ces huit minutes... « No more, no more Â» gĂ©mit Hetfield Ă  la fin, et on ne peut ĂŞtre que d'accord avec lui !

Au final Reload fait 1h16 ! Beaucoup trop pour un album aussi faible ! Il conclu le chapitre « annĂ©es 90 Â» de Metallica, dont la seconde moitiĂ© fut dĂ©sastreuse. Presque dix ans après, on se demande toujours comment les Mets ont  pu sortir deux albums aussi faibles. Un seul, et avec une meilleure sĂ©lection des pistes aurait amplement suffit. A eux deux, Load et Reload cumulent 2h30 de musique dont on ne retiendra au final pas grand chose. Reload est cependant nettement moins mauvais que Load et dispose de titres plus accrocheurs. Les Loads constituent toutefois une mauvaise passe sur laquelle on ne reviendra que peu, voire jamais...

Load
Note : 8 / 20
Année : 1996
A Ecouter : Ain't My Bitch, The House Jack Built et Bleeding Me
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- 65 Commentaires (Moyenne : 11.73/20) -

Après le succès sans prĂ©cĂ©dent pour un album Metal du Black Album, Metallica sort cinq après, Load, album très attendu qui souleva une controverse Ă©norme entre les fans de la première heure  et les "nouveaux " dira-t-on. Il y a ceux qui adorent et ceux qui dĂ©testent. Sans rapport avec la musique en elle mĂŞme, c'est d'abord le nouveau look arborĂ© par les membres du groupe qui choqua puisque les Horsemen se sont coupĂ©s les cheveux, provoquant ainsi un tollĂ© dans le milieu des Metalheads. Affront ? Peut-ĂŞtre, mais après tout on s'en moque, vu qu'au final c'est la musique qui compte, et c'est lĂ  que le bas blesse...

Ce nouvel album sort sous la houlette de Bob Rock, le producteur très controversé accusé d'avoir ni plus ni moins détruit le groupe en formatant sa musique (à tort ou à raison, c'est au choix, je n'entrerai pas dans ce débat interminable). Là où Bob Rock met tout le monde d'accord cependant, c'est au niveau de la qualité du son, irréprochable, quel que soit les instruments. Load ne dérogue pas à la règle.
Premier constat Ă  la première Ă©coute, si on suit chronologiquement la carrière du groupe, Metallica a encore changĂ© de style. Après une pĂ©riode Thrash des plus apprĂ©ciĂ©es et une pĂ©riode plus Heavy avec le Black Album, les Mets tentent une nouvelle approche, avec des sonoritĂ©s toujours plus lourdes, plus proches du Heavy de Black Sabbath. Le son est plus gras, et la musique moins vivace que sur le Black Album. Metallica et le Speed c'est bel et bien fini, mĂŞme les soli de Kirk n'ont plus le mĂŞme panache. Kirk tente ici plusieurs approches dans son art et dans les sonoritĂ©s, tantĂ´t Bluesy, tantĂ´t Groovy, si certains sont sympatoches (The House Jack Built, Bleeding Me), d'autres sont ennuyeuses au possible (Hero of the Day, Poor Twisted Me...). Mais oĂą est donc passĂ© le guitariste qui conjuguait Ă  merveille mĂ©lodie et technique ? Aucune Ă©motion ne filtre, ou si peu... MĂŞme constat pour les breaks (minables) et pour les riffs. Hetfield Ă©tait aussi reputĂ© qu'Iommi pour sortir de petites perles, ici tout est aseptisĂ© et froid, dĂ©jĂ  entendu. C'est un peu comme si Metallica prenait le vent en poupe dans une course qui n'est pas la sienne, s'inspirant bĂŞtement (et facilement ?) des autres (Ronnie lorgne du cĂ´tĂ© d'un Red Hot, le riff de Thorn Within ressemble Ă©normĂ©ment Ă  Sex Type Thing de Stone Temple Pilots, pour le reste, cherchez du cĂ´tĂ© de Black Sabbath, c'est flagrant !). Ils sont lents, presque tout le temps Ă©touffĂ©s, sans âmes, Ă  la limite du diffĂ©rentiables pour certains...
Pour rester sur Hetfield, son chant est radicalement différent des opus précédents. Sa voix n'a plus l'aspect criard d'antan, et son chant se veut plus recherché que sur le Black Album. Seulement voilà, Hetfield n'a jamais vraiment été un chanteur, si son chant passait bien sur les albums précédents c'est parce qu'il ne s'essayait à aucune fioriture, ce qui n'est pas le cas ici. Hetfield tente, change, et se plante... Si bien qu'on croit par moment écouter un chanteur de Country, impression plus que confirmée sur la pseudo ballade Mama Said. Egalement, les fameux "Yeah" reviennent à outrance, sortant du plus profond des narines, très raffiné et définitevement agaçant. Until It Sleeps aurait pu être un bon titre, de par son aspect 'chorusé', mais voilà, les "Yeah" nasillards passent très mal. Même chose pour Hero of the Day qui a qui plus est un côté Pop et mièvre assez désespérant... Les refrains sont mauvais, on en vient à zapper carrément certains titres à cause du chant ! Les textes étaient également un des points forts de Hetfield, hélas, hélas... On est encore une fois à des lieues d'un MoP ou d'un Justice, ici on a l'impression qu'ils sont écrits parce qu'il fallait bien combler les trous d'une façon ou d'une autre.

Qu'en est-il de la section rythmique si chère au groupe ? Lars est discret mais efficace, ce qui n'est pas le cas de Newsted qui se contente une fois de plus de faire de la figuration. Le seul "solo" vraiment digne d'intĂ©rĂŞt est celui de King Nothing, un chouia pompĂ© Ă  The Lemon Song de Led Zep, mais quand bien mĂŞme. La basse est bien audible, ça s'est sĂ»r, mais elle est tout bonnement inintĂ©ressante. Soit elle suit la rythmique, soit elle est d'une pauvretĂ© affligeante ! Comme d'habitude Hetfield a mis un point d'honneur Ă  s'approprier la composition, censurant Ă  outrance l'expression artistique des autres. Si Hammett (prĂ©sent pour la première fois en tant que guitare rythmique) et Ulrich ont  eu leur mot Ă  dire sur cet album, ce n'est pas le cas de Newsted. Dommage Ă©tant donnĂ© la qualitĂ© de ses compositions au sein de Metallica (Blackned et My Friend of Misery), puis de Echo Brain.

Les Horsemen ont de nouveau tentĂ© un changement de style, malheureusement c'est cette fois-ci un Ă©chec cuisant. Ils n'ont pas rĂ©ussi Ă  rĂ©itĂ©rer le coup du Black Album. Load est mauvais. Les titres s'enchaĂ®nent et seuls quelques uns d'entre eux sont vraiment bons. Seulement voilĂ , trois bons titres sur quatorze c'est faiblard. On a du mal Ă  croire que c'est le mĂŞme groupe qui a Ă©crit Master of Puppets dix ans plus tĂ´t ! Le chant est limite exĂ©crable, et ce n'est pas la musique complètement plate qui va arranger  les choses.
Seuls points positifs, c'est tout Ă  leur honneur d'avoir faits ce qu'ils voulaient, et pas ce que les fans voulaient. Ils n'ont pas voulu rester ancrĂ©s dans un genre en reprenant la mĂŞme sauce Ă  chaque fois (Slayer, hum ?) et on ne peut pas les en blâmer pour ça.  Dernière petite chose, on a souvent parlĂ© d'un album commercial... Commercial ?! Non, juste accessible. Etant un album personnel et rĂ©solument diffĂ©rent, le terme commercial ne peut s'appliquer ici.

Load
Note : 15 / 20
Année : 1996
A Ecouter : Until it sleeps, The outlaw torn, Hero of the day, King nothing, The house jack built
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- 65 Commentaires (Moyenne : 11.73/20) -

5 ans ! Il aura fallu attendre 5 ans pour que Metallica offre une suite discographique aux multi-platinés black album sortit en 1991 (si l’on excepte le Live shit : binge and purge sortit en 1993). 5 années pendant lesquelles le groupe a beaucoup tourné (près de 3 ans), s’est reposé et a composé près de 30 nouvelles chansons. Il s’agit donc d’un doux euphémisme de dire que ce Load était particulièrement attendu et que les réactions qu’il a suscitées furent à la hauteur des attentes qu’il a générées…

Mais qu’en est-il vraiment de cet album qui a provoqué un tel tollé de critiques dans le monde du métal ? Doté d’une pochette signée du très controversé Andres Serrano (qui a mélangé du sang de bovins et son propre sperme pour réaliser la pochette), ce Load a effectivement de quoi surprendre, voire choqué les fans les plus obtus du groupe. En effet, nous sommes ici très loin du thrash de Master of puppets. Cet album est-il pour autant mauvais ? Non. Il est même particulièrement intéressant pour peu qu’on lui donne une chance. La production est toujours signée Bob Rock, l’homme qui était aux manettes pour l’album noir, et force est de constater que celle-ci colle plutôt bien avec la couleur générale de l’album. Ou plutôt les couleurs. Puisque Load est un album très varié, puisant allègrement dans différents styles mais gardant toujours une unité, une griffe unique : la griffe Metallica. Et c’est là l’un des points forts de cet album : sa diversité…

On y dĂ©couvre d’abord un groupe toujours très heavy, s’appuyant sur une rythmique très lourde et des riffs très affĂ»tĂ©s comme sur King nothing (initialement intitulĂ© Load) sur lequel Hetfield critique les groupes qui s’autoproclament roi d’un genre, sur 2x4 dotĂ© d’un riff rebondissant ( !)  ou encore sur les très Ă©nergiques Ain’t my bitch et Wasting my hate.
Mais on y découvre également d’autres facettes de Metallica : une facette presque progressive représentée par Bleeding Me et surtout par le dernier titre de l’album (The outlaw torn), superbe morceau long de plus de 9 minutes sur lequel James démontre sur le refrain ses énormes possibilités vocales.
Le groupe explore également le blues sur les morceaux Poor twisted me et Ronnie et le folk sur la ballade Mama said. Metallica se paye même le luxe de se pencher (de loin, rassurez-vous !) vers la pop notamment sur les parties claires du premier single de l’album Until it sleeps ainsi que sur certains passages de Hero of the day (le morceau est en fait basé sur le contraste entre des couplets très calmes et enjoués, presque pop et un refrain violent et sombre, un des rares passages où Ulrich utilise sa double grosse caisse… sublime !).

Outre sa diversité, Load montre également un groupe sûr de sa force : en effet, les talents de musiciens du groupe ne sont plus à démontrer et Metallica souhaite désormais axer sa musique sur le feeling, le groove, l’émotion… et ne plus entrer dans une véritable démonstration technique comme ce fut le cas pour …And justice for all. Là où il aurait posé un solo de shredder il a y quelques années, Kirk Hammett tente désormais de servir au mieux la chanson : le meilleur exemple est le génial solo à la pédale wah-wah de The house Jack built, tout en feeling…

Il serait néanmoins exagéré d’affirmer que les morceaux de Load sont meilleurs ou ne serait-ce qu’aussi bons que les monuments composés par le groupe autrefois… Disons plutôt qu’ils sont différents : ce qu’ils ont perdu en rage et en technique, ils l’ont gagné en émotion.

Il convient donc de saluer la prise de risque du groupe qui aurait pu se contenter de sortir un black album bis et ainsi capitaliser sur le succès phénoménal de son précédent disque. Au contraire, les four horsemen ont poursuivi leur évolution vers un style plus rock, proposant un album qui, s’il n’atteint pas la qualité de ses glorieux aînés (Master of puppets, Ride the lightning, …), reste un album d’une grande richesse. Que les fans de la première heure se le dise, Metallica a grandit et mûrit, Metallica n’est plus ce groupe de thrash composé de jeunes loups affamés près à dévorer la planète. Les quatre musiciens ont maintenant la trentaine, une vie de famille et un statut d’icône du metal. Bref, Metallica n’a plus rien à prouver sur ses capacités à jouer une musique rapide et il est donc tout à fait compréhensible que ses membres ait eu envie d’explorer de nouveaux horizons, de se mettre en danger… quitte à bousculer certains de ses fans ?!



Metallica (Black Album)
Note : 15 / 20
Année : 1991
A Ecouter : Enter Sandman, Sad But True, My Friend of Misery, Don't Tread On Me
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- 91 Commentaires (Moyenne : 15.98/20) -

L'album Ă©ponyme de Metallica, plus connu sous le nom de "Black Album" en raison de sa pochette noire, est l'album qui popularisa le groupe, et le Metal par la mĂŞme ocassion. Les Mets ont abandonnĂ© leur cĂ´tĂ© Thrash pour une musique bien plus Heavy.  Aujourd'hui encore, Metallica reste le disque Metal le plus vendu avec pas moins de 20 millions d'exemplaires Ă  travers le monde. Certes, on est loin des chiffres d'autres artistes, mais quand bien mĂŞme, ça reste une prouesse pour une musique de cette trempe lĂ ...

Ce cinquième album s'ouvre sur la très cĂ©lèbre Enter Sandman, ou comment faire un hit planĂ©taire Ă  partir d'un riff composĂ© sous l'emprise de la vodka ! A l'instar de Smoke On The Water (Deep Purple), un bon nombre de guitaristes dĂ©butants ont dĂ» se faire les dents sur ce riff. Pour revenir Ă  cette chanson tout de mĂŞme, on  constate que grâce Ă  l'arrivĂ©e de Bob Rock Ă  la production le son est enfin bon. Après trois albums au son moyen (bien qu'ayant leur charme !) et un autre au son bâclĂ©, Metallica dispose enfin d'une production de qualitĂ©. On aurait aimĂ© que les Mets aient une telle qualitĂ© de son auparavant ! Autre constat, la voix de Hetfield a fini de muer, eh oui, en plus il a pris des cours de chant pendant l'enregistrement après s'ĂŞtre cassĂ© la voix sur So What. Du coup, le chant est nettement supĂ©rieur Ă  ce qu'a fait le groupe prĂ©cĂ©demment, plus grave et surtout variĂ©.
Les Horsemen enchaĂ®nent ensuite sur Sad But True, tout aussi connue que Enter Sandman. La chanson Heavy par excellence de Metallica tant les riffs n'ont jamais Ă©tĂ© aussi gras et lourds. Fini les cavalcades effrĂ©nĂ©es, place au Metal sans concession. Evidemment cet album marque une rupture nette par rapport Ă  ...And Justice For All, qui en marquait dĂ©jĂ  pourtant une grande. Si cet album a conquis de nouveaux fans, beaucoup d'autres se sont arrĂŞtĂ©s Ă  'Justice'. Metallica a mĂ»ri et nous offre un album plus sombre dans ses sonoritĂ©s et moins axĂ© sur les prouesses techniques. Si Hammett reste excellent, il dĂ©laisse la technique pure pour une plus grande harmonie dans ses phrases musicales. Nothin Else Matters et My Friend of Misery Ă©tant sans doute les deux meilleurs morceaux relatant ce changement.

Les titres The Unforgiven et Wherever I May Roam sont peu ou prou similaires, introduisant habilement des passages à la guitare sèche et bénéficiant d'un chant posé au ton graveleux. Il ne reste autrement dit plus grand chose de leur musique d'avant. Et quand vient la mielleuse acoustique Nothing Else Matters, le plus gros succès du groupe, on se dit que le Metallica d'antan aux rythmiques rapides, au chant aigu et peu maîtrisé est bien mort. Mais pourtant ils restent bons les bougres ! Le disque peut décevoir, mais il reste néanmoins de grande qualité grâce à une production irréprochable sur des titres qui le sont presque tout autant. Plus court, plus lent, plus axé sur le chant et comprenant moins de passages musicaux purs à proprement parler, le Black Album a quelque chose qui fait que même en ayant connu Metallica avant cet album on accroche à leur changement.
Concernant Newsted, le petit nouveau, il faut attendre The God That Failed, et surtout My Friend of Misery pour qu'il daigne montrer un brin d'originalitĂ© dans son jeu. Il a certes Ă©tĂ© muselĂ© par Hetfield et Ulrich mais quand bien mĂŞme, il aurait dĂ» manifester un peu plus d'engouement ! C'est d'autant plus dommage qu'il est Ă  l'origine de My Friend of Misery, une des meilleures chansons de cet album, basĂ©e sur une montĂ©e mĂ©lodique tout en finesse et en puissance. Originellement prĂ©vue pour ĂŞtre une instrumentale, cette piste est par consĂ©quent  une petite merveille au niveau de sa structure, faisant la part belle Ă  de douces mĂ©lodies entrecoupĂ©es par des riffs bien lourds comme seul 'Tallica sait le faire.

Le Black Album est très bon disque marquant un virage (étonnament bien pris) dans la carrière des Horsemen. Construit différemment des autres, il a su toucher un public plus large grâce à des compositions plus accessibles car moins violentes et plus courtes. Revers de la médaille, une bonne partie des fans de la première heure ont été profondément déçus par ce disque. Comme bon nombre de groupes de Hard Rock des années 1980, les Horsemen se sont calmés au profit d'une musique plus mâture.


"'Tallica gives you Heavy Baby !" - James Hetfield

...And Justice For All
Note : 17 / 20
Année : 1988
A Ecouter : Blackened, ...And Justice For All, One, The Frayed Ends of Sanity, To Live Is To Die, Dyers Eve
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- 81 Commentaires (Moyenne : 18.28/20) -

Cliff Burton Ă©tant tragiquement disparu lors d'un accident de car Ă  Stockholm, Metallica aurait pu s'arrĂŞter lĂ . Le bassiste avait eu un influence considĂ©rable au sein du groupe, rendant le "headbang" de rigueur et faisant dĂ©couvrir aux autres toute sorte de musique, allant du classique de Bach au Metal sans concession de Venom. Les Horsemen avaient tout d'abord dĂ©cidĂ© de stopper lĂ  leur chevauchĂ©e, mais les parents de Cliff les en dissuadèrent et le lendemain de l'enterrement ils commencèrent des auditions afin de lui trouver un remplaçant. Ce remplaçant fut Jason Newsted, ancien bassiste de Flotsam & Jetsam au jeu bien diffĂ©rent puisque jouant au plectre et non aux doigts. Metallica cherchait avant tout un bassiste leur correspondant.
Après un Master of Puppets magistral et une carrière qui commence à peine à décoller, le groupe est une nouvelle fois attendu au tournant. Pour décompresser Metallica enregistra un album de reprise, Garage Days Re-Visited, avant de sortir leur quatrième album : ...And Justice For All.

Newsted a participé activement à l'écriture du titre Blackened, qui ouvre ce nouvel album et qui annonce par la même occasion un changement dans la musique des Horsemen. Leur musique est moins rapide, plus lourde, plus complexe, et la voix de Hetfield a enfin fini de muer pour devenir plus rauque. Du coup Metallica livre une musique plus agressive que jamais en privilégiant la technique plutôt que la vitesse. Les riffs sont légions et d'une lourdeur encore inédite dans ce qu'a pu faire auparavant le groupe. La chanson titre fait près de dix minutes, dix minutes d'innombrables structures graveleuses et tortueuses.
Les mélodies sont également mieux construites, dans la continuité de ce que les deux albums précédents laissaient supposer. C'est surtout au niveau des soli que c'est le plus marquant, Hammett utilise sa "wah" à outrance pour sortir de véritables perles : Blackened, ...And Justice For All, Harvester of Sorrow, The Frayed Ends of Sanity...
Les soli de "Justice" sont Ă©galement d'une technicitĂ© renversante, One et l'explosive Dyers Eve Ă©tant sans doute les exemples les plus flagrants pour tĂ©moigner que Hammett est au sommet de son art. Pour en ĂŞtre convaincu il suffit de prĂŞter une oreille sur la "power ballade" One, sur laquelle se trouve le solo le plus complexe de la discographie des Horsemen. One est par ailleurs l'une de leurs meilleures chansons ; son intro acoustique, sa rage allant toujours crescendo pour finir en apothĂ©ose sous fond de guitares saturĂ©es et autres coups de double pĂ©dale !

On retrouve une partie de Cliff sur le morceau instrumental To Live Is To Die, qui reprendrait des passages composés par le bassiste. Comme les précédents morceaux instrumentaux, celui-ci est une belle réussite. Très mélancolique avec sa guitare claire, très grave avec ses guitares lourdes, les deux parties se superposent pourtant à merveille et savent émouvoir.

Les sujets abordés sont sérieux et touchent à peu près tout ce qu'il y a de plus joyeux dans le monde : guerre, corruption, misère, souffrance... One s'inspire du film Johnny Got His Gun et est particulièrement marquante de par la gravité soulevée par les paroles. Hetfield n'est peut-être pas un chanteur remarquable, mais est pour sûr un excellent parolier !

Ce quatrième album, le premier depuis la mort de Cliff, est une nouvelle réussite. Metallica a su renouveler sa musique sans rien perdre de sa puissance. ...And Justice For All est indéniablement l'album le plus sombre et le plus abouti du groupe d'un point de vue purement technique. Les rythmiques sont saccadées, torturées et Hammett est à son meilleur niveau avec ses soli d'une complexité saisissante n'ignorant pas les vraies phrases musicales.
Seul ombre au tableau : la production. Si le son des guitares et de la voix est irréprochable, ce n'est pas le cas pour la basse et la batterie. Cette première est en effet complètement inaudible, comme effacée au mixage, et la batterie sonne trop clair, à l'opposé des guitares graves. Bien que ne contrariant que peu l'écoute, on ne peut que regretter ce mixage car sans ces défauts "Justice" aurait sans doute été un album proche de la perfection, du même acabit que Ride the Lightning et Master of Puppets.

Master Of Puppets
Note : 19 / 20
Année : 1986
A Ecouter : en intégralité
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- 141 Commentaires (Moyenne : 18.97/20) -

Deux ans après l'excellent Ride The Lightning Metallica nous sort un nouvel album, un album attendu au tournant. En effet, comment faire suite à Ride The Lightning sans décevoir ? C'est ce pari incroyable que Metallica a réussi avec Master of Puppets. Mais MoP n'est pas seulement le meilleur album du groupe, puisque s'il y a bien un album que l'on retrouve régulièrement en tête des classements hyper-subjectifs des meilleurs albums Metal, c'est bien Master of Puppets, et pour cause...

A l'instar de RtL, MoP débute sur une intro acoustique particulièrement réussie. Le ton finit bien évidemment par monter avec l'arrivée de Lars, Cliff et de la distorsion. Dès leur arrivée on ressent une sorte de contrôle, de maîtrise d'une violence musicale parfaitement maîtrisée. Ce contrôle ne dure pas longtemps et James nous sort un de ses riffs monstrueux comme il est si bien habitué à en faire. Ca fuse de partout avant l'arrivée d'un des meilleurs break du groupe au milieu de la chanson, on retrouve là une nouvelle fois une puissance maîtrisée. Tout le monde se calme, la batterie apporte une dynamisme incroyable et le riff de Burton à la basse est parfait mais trop discret. Hammett vient ensuite placé le premier solo de MoP, et quel solo une fois encore. Et que dire de la fin d'une rare puissance, un rythme haché d'une lourdeur et d'une vitesse à vous bousiller les cervicales ! Battery parle de l'énergie dévastatrice, et rarement une chanson n'a aussi bien porté à son nom...
Blam... A peine a-t-on le temps de se remettre du déluge d'énergie de Battery que vient la chanson éponyme de l'album, chanson que beaucoup considère comme la plus grande réussite du groupe, et ce n'est pas pour rien étant donné le nombre de riffs tous plus hallucinants les uns que les autres. Il y a ces montées, ces refrains, ces paroles, ces soli, cette interlude... L'interlude de MoP... Sans doute l'une des meilleures choses faites par le groupe. Après un déluge de violence le groupe casse le rythme et nous pond une magnifique interlude mélodique de 30 secondes avec un solo de basse et un solo de guitare. A la fin de ce petit passage atypique Metallica nous démontre une fois encore son aptitude à contenir son énergie avec un passage en palm mute, très pesant, on sent le ton monter d'un cran encore. Vient ensuite le solo Thrash de Hammet, indéniablement réussi une fois encore et d'une technique à toute épreuve. Quelques mots sur les paroles tout de même, puisque celle de MoP figurent parmi les meilleures du groupe. Elles dénoncent la drogue, la perte de contrôle, la domination que peut avoir cette m*rde sur nos vies, le tout est bien sûr imagé et fait de façon subtile.

The Thing That Should Not Be est la chanson la plus Heavy de l'ère Thrash de Metallica. Du coup elle peut apparaître comme l'une des plus faibles de cette période. La chanson se base sur le roman Shadow Over Innsmouth de Lovecraft et est néanmoins assez bien faite, ni tout à fait ratée, ni tout à fait réussie, cette musique trouve sans doute autant de détracteurs que de fans, contrairement au reste des chansons qui doivent faire l'unanimité.
Comme sur RtL la quatrième piste est une 'power ballad'. Welcome Home (Sanitarium) s'inspire très fortement pour ses harmoniques de la chanson Rainbow Warrior (écoutable ici) du très méconnu Bleak House (le groupe n'a jamais sorti d'album). Sanitarium est pleine de passages variés, alternant guitare claire et grosse distorsion. La basse est omniprésente et fourni une excellente rythmique sur la guitare claire de Hetfield et les nombreux soli de Hammett. Le chant de James est ravageur et je défie quiconque de ne pas reprendre le refrain en coeur, un peu comme sur Battery ou MoP d'ailleurs. Comme dans toute 'power ballad' le rythme ne peut et ne doit pas rester lent, du coup les Four Horsement se lâchent sur des passages on ne peut plus rapide. A la fin on trouve le seul duel de guitare de Hammett et Hetfield, l'un mimant l'autre comme s'il était devant un miroir (pour reprendre l'explication du groupe).
Disposable Heroes est la première chanson véritablement engagée du groupe, dénonçant de façon générale la guerre, et ses paroles très fortes ont tout pour choquer. Le début est tonitruant et Ulrich démontre ici tout son talent de batteur avec là encore une violence contenue avec maestria. Après, des riffs inhumains se succèdent, d'une vitesse et d'une violence montrant toute la haine que l'on peut trouver sur un champ de bataille. Ah qu'elle était belle l'époque où les 'Horsemen' pouvaient nous pondre des rythmiques de cette trempe !
La mère de James Hetfield est morte à cause de son endoctrinement dans une secte, Leper Messiah est une chanson qui attaque de façon virulente ces sectes, et en particulier les télé évangélistes qui amassent des fortunes sur les gens les plus crédules. Très Heavy, cette chanson comporte néanmoins quelques passages Thrash. La basse est bien présente et apporte sans conteste une ambiance pesante au titre. Le pont précédant le solo renoue plus avec les premiers titres avec une cavalcade Thrash digne de The Four Horsemen ! A noter que Dave Mustaine (Megadeth), ex-guitariste du groupe, revendique l'écriture du riff principal, mais de là à savoir si c'est vrai...

On arrive presque Ă  la fin du disque, et lĂ  on tombe sur une nouvelle instrumentale. Sachant Ă  quel point la prĂ©cĂ©dente Ă©tait rĂ©ussie on pouvait se demander si le groupe pouvait nous en sortir une autre du mĂŞme acabit. Force est de constater que oui, Orion est la plus belle instrumentale Ă©crite par le groupe, peut-ĂŞtre mĂŞme leur meilleure musique. Le titre commence lentement en crescendo avant d'exploser littĂ©ralement, Hammett a le champ libre pour s'exprimer pleinement et nous offre de beaux soli interminables. En plein milieu on change complètement de rythme, passant du Heavy Ă  du Jazz ! Cliff Burton Ă©tait le membre du groupe qui avait le plus d'influences musicales et on sentait clairement quand il composait un morceau. Dans Orion on retrouve ainsi tout son talent de compositeur et il arrive Ă  placer un solo de basse Jazzy absolument somptueux, lĂ©ger, technique, mais trop court malheureusement ! Hammett et Hetfield viennent en effet vite rejoindre le bassiste avec leur guitare au chant de baleine (sic). C'est beau, aĂ©rien, envoĂ»tant, magique... Après cette interlude de toute beautĂ© on repart dans le lourd, et Hammett se lâche sur un solo encore ahurissant ! Les membres de Metallica montrent avec Orion leur capacitĂ© Ă  changer de style, de tempo quand bon leur semble. Le mĂ©lange inattendu et surprenant fonctionne Ă  merveille, les styles se rejoignent dans une grande harmonie, une vĂ©ritable symbiose qui dure plus de huit minutes. Orion est la petite perle de ce CD culte. A savoir quand mĂŞme, c'est cette musique lĂ  que Metallica a choisie pour les funĂ©railles de Cliff, tragiquement dĂ©cĂ©dĂ© dans une accident de bus en Suède pendant la tournĂ©e de 1986.

Digne de Metal Militia ou de Fight Fire With Fire en terme de violence et vitesse, Damage Inc. clôt on ne peut mieux cet album mythique, refermant également la page Thrash des Four Horsemen. La chanson est véloce, les riffs rapides, les break sont énormes, le solo... Le solo... Une fois encore Hammett nous laisse bouche bée devant un torrent de notes impressionnant. La vitesse ne fait certes pas tout, mais quand c'est aussi bien fait, aussi bien construit, on en redemande. Damage Inc. est pleine de petites choses qui la rendent jouissive à souhait !

Master of Puppets est l'un des meilleurs CD Metal, difficile de ne pas être dithyrambique devant une telle oeuvre. Metallica a atteint une certaine forme de maturité avec ce disque. Les chansons sont construites avec subtilité, et maîtrisées de bout en bout. Les musiciens sont tous au sommet de leur art et MoP apparaît comme un disque d'une grande richesse, bourré de riffs et de breaks qui font la différence avec les autres groupes de l'époque ! Plein de musiciens de Thrash peuvent jouer aussi vite, sortir des soli du même niveau, mais peu sortent du lot autant que Metallica et son MoP !
Sur ce nouvel album, Metallica a également mis un point d'honneur à relier ses chansons à un rapport de domination nous conduisant à la mort comme le montre la pochette. Les mains de Dieu représentent la domination ; quant aux tombes, elles symbolisent les morts résultant de cette domination. La plupart des chansons se basent sur cette interaction. Master of Puppets n'est pas seulement un disque rempli de riffs tenant du génie, de soli démentiels... C'est aussi une oeuvre philosophique pleine de sens multiples, de dénonciations parfois imagées, parfois non. Ce petit plus ne fait que renforcer le fait que cet album soit une des plus belles réussites de l'histoire du Metal. Aussi culte que Machine Head (Deep Purple) ou Paranoid (Black Sabbath), Master of Puppets est un disque clairement incontournable !



Ride The Lightning
Note : 18 / 20
Année : 1984
A Ecouter : Tout, et en boucle (excepté Trapped Under Ice et Escape)
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- 71 Commentaires (Moyenne : 18.71/20) -

Un an après marquĂ© le monde de la musique avec son Kill'Em All, Metallica change dĂ©jĂ  de direction avec Ride The Lightning. Tout en conservant  une optique thrash le groupe a su apportĂ© une dimension plus "mĂ©lodique" (quel bien grand mot dans ce genre) Ă  ses compositions. Le temps des rythmiques simples et efficaces jouĂ©es Ă  toute berzingue est dĂ©jĂ  rĂ©volu. Ride The Lightning se veut plus rĂ©flĂ©chi, mais tout aussi violent...

L'album s'ouvre sur une intro du plus bel effet avec notamment l'emploi d'une guitare douze cordes et de plusieurs autres guitares acoustiques. Vient ensuite un riff dĂ©vastateur qui plonge l'auditeur dans une sorte d'armaggedon. Il n'y pas d'autre mot car lĂ  est bien le thème de Fight Fire With Fire, l'apocalypse nuclĂ©aire sous un dĂ©luge de violence. Pour faire simple, cette introduction toute en finesse est une sorte de calme avant la tempĂŞte. On retrouve ici une rythmique particulièrement complexe en raison de sa vitesse frĂ©nĂ©tique et du fait que la mĂŞme note n'est plus matraquĂ©e Ă  outrance comme sur Kill'Em All. Derrière sa batterie, les pieds en permanence sur ses doubles pĂ©dales, Lars Ulrich de dĂ©chaine et insuffle une puissance supplĂ©mentaire Ă  cette musique dĂ©jĂ  plus que ravageuse. Le gros break prĂ©cĂ©dant le solo est comme d'habitude chez Metallica une pure rĂ©ussite et introduit un solo de Kirk Hammett tout simplement magnifique oĂą le tapping en règle disparaĂ®t un tantinet au profit d'une vraie recherche musicale. Les notes ne sont plus placĂ©es n'importe comment et donnent rĂ©ellement une phrase musicale. A peine somme nous remis de nos Ă©motions que vient Ride The Lightning, l'une des rares chansons de l'ère Mustaine (Megadeth) Ă  avoir survĂ©cu Ă  Kill'Em All, et il aurait Ă©tĂ© bien dommage de nous en priver tant cette chanson est rĂ©ussie. Moins thrash, plus heavy, Ride The Lightning vaut surtout qu'on s'y attarde pour sa partie centrale. Les riffs prĂ©cedants le solo sont en effet composĂ©s de mains de maĂ®tres et accompagnent Ă  merveille un solo dont la vitesse va crescendo jusqu'aux limites du possible. La voix criarde de James Hetfield fait toujours dĂ©faut, mĂŞme si elle prend avec du recul un petit air de nostalgie. Que ceux qui pensent que cette chanson dĂ©nonce la peine de mort remettent en question cette idĂ©e, James Hetfield a simplement voulu parler de ce que pouvait ressentir un condamnĂ©e Ă  mort sur sa chaise Ă©lectrique peu avant son exĂ©cution ! Il n'y a donc nul message politique dans cette chanson contrairement aux apparences. Sur For Whom The Bell Tolls le bassiste Cliff Burton met son gĂ©nie en avant en couplant distorsion et wha-wha afin de donner un rĂ©sultat des plus impressionnants. A noter que le solo de guitare suivant celui de basse fait furieusement penser Ă  la fin de Fairies Wear Boots de Black Sabbath sur l'album Paranoid... Sinon, juste pour information, la chanson tire ses sources du roman du mĂŞme nom Ă©crit par Hemmingway et contant l'assaut d'une colline pendant la guerre civile espagnole.

Fade to Black est une première dans l'histoire des 'Horsemen' puisqu'il s'agit lĂ  de leur première "power ballad" (une ballade qui finit... bruyante on va dire). Cette chanson avait fait couler beaucoup d'encre Ă  l'Ă©poque, beaucoup considĂ©rant que Metallica s'Ă©tait calmĂ© et faisait de la "pop", ce qui est particulièrement rĂ©ducteur et absurde. Le groupe a Ă©crit cette chanson après le vol de leur Ă©quipement lors d'une tournĂ©e et les paroles qui en dĂ©coulent sont particulièrement fortes et portent sur la perte, le suicide... L'introduction est jouĂ©e par Hetfield sur une guitare acoustique et Kirk Hammett vient peu après poser une guitare des plus lyriques. Après quelques notes douces s'en suit alors un passage plus lourd après que Hetfield ait fait exploser sa haine. On retrouve cette alternance calme/violence tout au long de la chanson, jusqu'Ă  ce qu'intervienne une transition introduisant un second solo. Ce solo est une anthologie Ă  lui tout seul, deux minutes absolument magiques oĂą les notes dĂ©filent et s'enchaĂ®nent avec une grande harmonie. Une dernière (rare) petite chose qu'il convient de noter : chaque instrument a sa phrase musicale lors des passages calmes, on a trois pistes diffĂ©rentes pour une mĂŞme chanson . La basse ne se contente pas de suivre la rythmique, la guitare acoustique sert de fond sonore tandis que le soliste place la mĂ©lodie principale. Une vĂ©ritable petite merveille.

Après quatre titres tous aussi rĂ©ussis les uns que les autres les 'Horsemen' déçoivent avec Trapped Under Ice (issue de la dĂ©mo Impaler, du prĂ©cĂ©dant groupe de Hammett, Exodus) et Escape, sans doute les deux plus mauvaises chansons de la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant le Black Album. Non seulement les musiques sont poussives Ă  souhait, mais en plus James Hetfield les massacre littĂ©ralement au chant, et seuls quelques passages mĂ©ritent un peu d'attention. Le comble est  quand mĂŞme la sirène ajoutĂ©e Ă  la fin de Escape qui gâche encore plus cette chanson un peu faiblarde...

Autre chanson récupérée du temps d'Exodus (Die By The Sword) et inspirée du film Les Dix Commandements, Creeping Death nous fait vite oublier les deux chansons précédentes avec ses martèlements tonitruants et ses refrains entraînants à souhait ! Le paroxysme est à son comble après le solo de Hammett, le rythme chute brutalement et la guitare reprend le refrain sur un couple basse/batterie fonctionnant en parfaite harmonie. Hetfield intervient ensuite avec le célèbre refrain "Die, By My Hand, I Creep Across The Land, Killing First Born Man...", Burton et Hammett vociférant en choeur des "DIE !" des plus énergiques. En live le public éprouve une grande satisfaction à hurler ces "DIE !" lors de cette interlude.

L'album s'achève sur oeuvre instrumentale inspirée de l'univers de H.P Lovecraft et de son fameux Cthulhu (prononcez 'Kuh-Loo-loo'), sorte de créature ailée à la peau écailleuse et à la tête de pieuvre. Après un préambule joué en notes claires le climat ne cesse de s'obscurcir avec les arrivées progressives de la seconde guitare, de la basse, puis enfin de la batterie. La musique explose ensuite avec une rythmique riche et martelée, presque assommante, et une guitare à vous mettre des frissons dans le dos. Que dire de plus... The Call of Ktulu est une merveille d'ambiance sombre, un déluge de notes et de riffs bien calés et pensés. Indescriptible, Ktulu achève de façon magistrale cet album épique.

Avec Ride The Lightning Metallica montre qu'il est possible de faire du thrash subtile et riche en terme de crĂ©ation musicale. Les compositions sont mieux construites et indĂ©niablement plus abouties que sur Kill'Em All. Les 'Four Horsemen' Ă©vitent de sortir une pale copie de Kill'Em All et signent un disque variĂ© avec des compositions tantĂ´t thrash, tantĂ´t heavy, une ballade, et une instrumentale. On regrettera simplement une production un peu vieillote (mais ayant son charme !) et les deux pistes faibles que sont Trapped Under Ice et Escape qui n'ont pas leur place sur ce disque.



Kill'em All
Note : 18 / 20
Année : 1983
A Ecouter : The Four Horsemen, (Anesthesia) -- Pulling Teeth, No Remorse, Metal Militia
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- 75 Commentaires (Moyenne : 17.87/20) -

Nous sommes en 1983... Un groupe de jeunes de 19 ans issu de la Bay Thrash Area de San Francisco (Slayer, Megadeth, Testament, Death Angel...) s'apprète Ă  dĂ©figurer Ă  jamais le paysage musical en sortant Kill'Em All. Initialement baptisĂ© 'Metal Up Your Ass', ce CD pose tout simplement les bases du Thrash Metal oĂą les mots d'ordres sont vitesse, lourdeur et violence. La pochette aux allures d'affiche de propagande communiste est l'une des plus rĂ©ussies du groupe et colle on ne peut mieux avec la mentalitĂ© du groupe Ă  l'Ă©poque : tout dĂ©truire Ă  coup de dĂ©cibels ! 

D'emblĂ©e les 'Four Horsemen' y vont très fort sur Hit The Lights avec une introduction en crescendo d'une vitesse affolante, s'en suit alors des soli de folie sous fond de grosse rythmique. Le chant de fausset de James Hetfield peut choquer lors des premières Ă©coutes, mais au fil du temps cela passe très bien et apporte un sacrĂ© charme Ă  l'album. Les petites jeunes veulent tout dĂ©mĂ©nager et le clament bien fort :  "We are gonna kick some ass tonight, We got the metal madness". The Four Horsemen (Ă©galement surnom des membres du groupe) va d'entrĂ©e de jeu vous coller contre le mur de votre chambre avec une intro tonitruante Ă  grands coups de guitares heavy et de batterie. Vient ensuite une rythmique reproduisant une cavalcade effrĂ©nĂ©e correspondant parfaitement Ă  l'image que nous donne le titre de la chanson. Derrière sa batterie Lars Ulrich est tout simplement monstrueux et Cliff Burton se rĂ©gale derrière sa basse avec une ryhtmique toute lĂ©gère et bien groovy. En plein milieu de la musique les Horsemen font un gros break et partent tout en finesse dans des sonoritĂ©s plus jazzy. OsĂ©, mais diablement efficace. A noter que Dave Mustaine, ancien soliste du groupe et fondateur de Megadeth, en a fait une version personelle intitulĂ©e The Mechanix sur l'album Killing Is My Business. Tous les membres du groupe sont fans de Motörhead et dĂ©dient le titre Motorbreath Ă  leur groupe phare tout en conservant l'esprit du groupe culte de Lemmy Killmeister. Pas marquante aux premiers abords, Jump in the Fire impressionne de par son solo tout en tapping d'une rapiditĂ© assez ahurissante. Kirk Hammett montre ici avec brio une partie sa technicitĂ©.

Vient ensuite le titre d'anthologie de Cliff Burton, bassiste de gĂ©nie trop vite disparu. Cliff avait rejoint le groupe Ă  la seule condition de pouvoir effectuer des soli, chose rarrissime Ă  la basse dans le rock. (Anesthesia) -- Pulling Teeth est un petit bijoux d'harmoniques et d'inventivitĂ©. Le morceau est entièrement jouĂ© avec une grosse distorsion bien grasse. Les riffs sont gĂ©niaux, conçus avec finesse et diantrement efficaces. Si la première partie, sans la batterie, est plutĂ´t calme, la seconde l'est beaucoup moins et Cliff se dĂ©chaĂ®ne en se prenant pour un Guitar Hero en tappant dans les aiguĂ«s, en utilisant le tapping, en enchaintant les hammer on/pull off... Une Ă©coute de ce morceau suffit Ă  comprendre pourquoi Cliff Burton est considĂ©rĂ© par beaucoup comme l'un des meilleurs bassistes metal, et ce mĂŞme si la musique n'est pas forcĂ©ment des plus abordables. Si vous voulez voir le maĂ®tre en action, procurez-vous le DVD Cliff'Em All, tout simplement Ă©norme ! Whiplash nous fait redescendre sur terre et met particulièrement en avant Lars Ulrich, la rythmique Ă  la gratte et Ă  la basse sont du coup bien plus simples. La chanson Phantom Lord est un petit hommage au groupe prĂ©cĂ©dent de James. Le schèma est repris de The Four Horsemen : gros riffs, un passage plus calme avec un solo mĂ©lodique, re gros riffs avec un solo thrash... Avec No Remorse les Mets combinent efficacement le heavy et le speed, la fin de la chanson est explosive et vous donnera de ces mals de nuque... Après vient la cultissime Seek & Destroy qui revient quasiment systĂ©matiquement en live avec son refrain chantĂ© par le public : "Searching ! Seek & Destroy !". Eh oui, comme quoi il suffit parfois de pas grand chose pour rester dans les annales. Pour finir en beautĂ© les Mets nous offre une chanson dantesque. Metal Militia est en effet l'une des chansons les plus thrash du groupe. Les riffs sont certes simples, mais bien pensĂ©s et d'une vĂ©locitĂ© Ă  toute Ă©preuve !

Novateur, jouissif, défoulant, bien pensé, Kill'Em All reste plus de 20 ans après sa sortie une petite perle dans le milieu de la musique. Dix titres, tous aussi intéressants les uns que les autres, des morceaux cultes, ce CD est clairement un incontournable. Bien qu'un peu vieillotte sa production est suffisament correcte pour que le dique se laisse parfaitement écouter encore aujourd'hui et seule la voix criade de Hetfield pourra en rebuter quelques uns. A écouter et réécouter !