Dans le désert de la vie, dans la désillusion du savoir, les interrogations naissent et croissent, aliénant l’âme, s’entrechoquant les unes aux autres. Parfois on semble comprendre, et puis tout se dérobe plus tard, lorsqu’un lien s’établit entre plusieurs pensées ou que l’on repense aux angoisses oubliées ; alors nos certitudes s’envolent, laissant place à d’autres qui seront éphémères elles aussi, et qui sait, peut-être plus que les précédentes. On tourne en rond, on perd le fil, on pleure on rit, on espère, sombre. Et la peur de vivre l’emporte, jusqu’au prochain instant de bonheur, s’il arrive. Un brouillon brouillant destructeur, on est hantés. Alors on pleure encore et on fait face si l’on peut, illusion, le temps de n’être plus seul, et l’on retombe dans ce morne abrutissement, en espérant ne jamais atteindre la folie qui nous regarde et nous embrasse. On verra bien, peut-être, je ne sais pas. Mais ça n’a pas de fin, même pas la mort, pas de solution, ni la vengeance ni la haine, on est seuls de toute manière et on y revient toujours. Toujours. Et on ne se demande plus pourquoi, ça nous ramène au point de départ. Il n’y a rien à faire, surtout pas envier ceux qui font face, ou semblent le faire, peut-être même que dans nos moments d’illusionnistes, on fait envie nous aussi. L’envie tue à petits feux. Alors on mélange tout, et tout semble cohérent, et on pleure encore, avec fierté, et on crache notre mépris macéré tout ce temps, on le hurle et on souligne le nonsens
Nonstop qui nous enfonce, le surréalisme des situations que l’on rencontre. Tu crois qu’on se sent mieux ? Jamais, on cherche tous quelque chose et si on le trouve, on cherche autre chose. Et plus on cherche, plus on s’aigrit, et plus on creuse et plus on pleure. Dehors c’est laid, dedans c’est enlaidi par le dehors. Tant qu’on pourra on tiendra, on nagera dans la spirale du vent qui ne tourne pas, on naitra chaque jour plus froid que la veille, et ça nous aidera peut-être à faire face, être un dur, un aigri, au fond jaloux des gens heureux, de ceux qui font face grâce à leur médiocrité. Alors on pleurera, on crachera des explosions de connaissances, on suivra des rêves, le surréalisme et nos connaissances nous serviront. Et même si le désert est toujours le plus fort, même s’il pleut des pierres, notre unicité est une force, notre folie modeste une unicité. Les réalités ne nous choquent plus, l’improbable ne nous atteint plus, et c’est notre force. C’est notre force. On contrôle notre monde, on s’en sert parce qu’on le connait, et on n’espère plus rien. L’espoir c’est pour les lâches. Et on se fait péter la tête, c’est bon, c’est douloureux mais c’est bon, et on maitrise autant qu’on patauge. Rien n’a de queue, rien n’a de tête, âne et coq c’est la même chose, de la violence et de la banalité, et tout ça c’est parce que la nature de l’homme est comme ça, banale, cruelle, riche, étrange, absurde. Et l’art te l’apprend, les sonorités forment un vecteur tellement spécial, et
Nonstop te crache tout ça, cette nécrose textuelle agressive, cette avalanche de banalités qui se cognent les unes aux autres et t’embrouillent la tronche tellement elles nous engloutissent accolées les unes aux autres. Et quand on ressent tout ça, les angoisses reviennent, c’est l’âme qui l’entend et ressort tous ces doutes et cette haine du tout et du rien qui est là depuis toujours. On est seul, au milieu de ce
Road Movie en Béquilles, on a beau entendre tout ça, on glisse un peu plus vers nos démons et nos certitudes qui nous construisent. Rien ne va, et tout va, parce qu’on est fort. Et on envie la mort autant qu’on aime la vie. Alors on pleure.