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:: Palindrome ::


Le lien entre hard tech et rock … à priori aucun, pourtant un certain Manu le Malin (dj dont la renommée dépasse le local) a décidé d’établir une passerelle : Palindrome. Une palindrome se lit de gauche à droite aussi bien que de droite à gauche, métaphore d’une percée entre les genre ou chaque monde apporte sa part d’influence, véritable fantasme d’un échange parfait. La recherche d’ouverture d’esprit et de nouveaux horizons a amené Manu (chant) à s’entourer de musiciens pour mener à bien son projet : Torgull à la basse, Aphasia aux machines, Joystick aux fûts et Jeff Bock à la gratte. Produit pas des ex No one is innocent, Rions noir, bouscule quelque peu les idées reçues en terme de frontières entre les cultures et donnera sans aucun doute une leçon d’éclectisme à bon nombre d’individus formatés.

:: Site Officiel ::

photo Palindrome


:: Chroniques ::

Rions Noir
Note : 13.5 / 20
Année : 2004
A Ecouter : Brûle, Prédateur, Cujo, Oldschool ...
- 2 Commentaires (Moyenne : 15.25/20) -

Incompatibilité génétique, incohérence sonore, disfonctionnement culturel … Autant de formulations qui me sont, par réflexe, venues à l’esprit à l’annonce d’un projet rock mené par Manu le Malin. Audacieux et peut-être même inconscient semble l’idée de fusionner pulsations hard-technoïdes et guitares assassines. On pense évidemment aux expériences de Sidilarsen ou de Mass Hysteria à leurs débuts mais ces derniers bien que d’un niveau très avancé dans leurs excursion demeure essentiellement sur la rive électrique. Ici, l’assaut est véritablement orienté par les origines soniques des musiciens (dj’s pour la moitié de l’effectif). Quand des chirurgiens du beat s’attaquent au larsen et à la distorsion vocale, le résultat ne peut qu’apparaître déroutant. Car c’est bien une forme de course de désorientation que nous impose ces bidouilleurs du contre-courant. Voir surgir à la place d’un refrain classique une vague de violence binaire (Wolfen part 2, Prédateur), à base de séismes dont l’épicentre ne peut-être qu’électronique, demeure choquant pour nos tympans peu coutumiers de ce type de vibrations. On s’y fait très vite pourtant … la rééducation n’est pas si difficile après tout.
C’est cette assimilation d’une techno véritablement chaotique et violente qui offre à ce Rions noir sa force réelle. On lui retire cette composante identitaire, Sidilarsen pourrait apparaître comme un digne géniteur l’aspect électrique de Palindrome montrant de fortes similitudes avec le tire-bouchon toulousain (dans la sphère du riff efficace et répétitif, depuis Ministry les chose n’ayant pas forcément beaucoup évolué). Pour ce qui est du chant, Manu le Malin s’en démène avec succès : quelque part entre entre Oneyed Jack et No one is innocent (tiens, tiens …), les mots sont plus souvent nettement débités que franchement hurlés. Les textes, majoritairement en français, sont judicieux et efficaces … que demander de plus.

Au delà de l’aspect rapide, violent et gros beats, Palindrome se permets quelque finesses qu’on ne peut que saluer. Brûle, au tempo plus lent et guitares plus aériennes, pourrait faire office de représentant de l’élément mélodique et plus accessible du groupe. La voix chuchotantes ou criante, les mots dérangeants, les montées en puissances … tout ceci provoque l ‘alchimie et ensorcèle nos conduits auditifs. Rions noir apporte également une apparence de tendresse dans cet univers rageurs. Quoi de mieux pour conclure qu’un instrumental électro lancinant ?
Malgré tout, Palindrome reste maître dans sa vision de la violence, et y semble bien plus à l’aise. La première pièce de ce prédateur sonique est avancée, celle de la performance scénique devrait laisser de profondes marques sur les planches et même si l’originalité des compos n’est pas effrayante, le plaisir reste intact. Et puis on ne peut qu’applaudir une tentative de plus (mais peut-être plus « engagée ») de faire sombrer cloisons et miradors musicaux dans le chaos …