
La biographie fournie avec le CD promo nous l'annonçait en grande pompe : " le Mass Hysteria de Contraddiction est de retour sur ce nouvel opus Une Somme De Détails ". Bien que titillé par cet effet d'annonce, votre serviteur reste de marbre. D'une part parce qu'il faut toujours se méfier de ce genre de publicité, At(h)ome cherche à vendre ses poulains et c'est bien normal. Et d'autre part parce que j'avais suivi avec intérêt et plaisir l'évolution prise par le groupe (ce n'est pas parce qu'on ne fait plus du metal qu'on fait de la merde).
La première chose qui frappe à l'écoute de ce nouveau Mass, c'est le son. Enorme, tout simplement. Ça masse de bout en bout. Du coup, les titres, déjà bien carrés à la base, en ressortent gorgés d'énergie.
Et de l'énergie, l'album en est rempli. L'envie d'headbanguer et de sauter partout nous traverse tout au long de ce disque, notamment sur les ultra groovy Killing The Hype, Nous Sommes Bien et Des Nouvelles Du Ciel.
Donc oui il y a bien un retour aux sources, un comeback vers l'album phare du groupe, Contraddiction. Pour autant, le groupe a gardé la maturité, l'attention donnée aux arrangements qu'il acquis plus récemment. Le combo n'a également pas remis en cause son soin du refrain au chant clair (Babylone, L'espoir Fou). Au final, cela illustre parfaitement ce qu'est Mass Hysteria : un groupe de furieux matures !
Outre, ce retour à un son plus metal, Mass Hysteria parvient de manière plus anecdotiques à nous surprendre, comme par exemple avec les saccades à la double pédale sur le break de Babylone (qui arrivent d'ailleurs un peu comme un cheveu sur la soupe...) ou encore avec ses choeurs d'enfants sur la fin de Nous Sommes Bien.
Les boucles et autres samples sont toujours très présents mais peut-être à peine moins pertinents que précédemment. Ceci est probablement dû au départ d'Olivier, désormais dans Aaron, qui occupait le poste de guitariste et qui se chargeait de tout ce qui était programmation.
Comme sur tous ces disques Mass Hysteria se propose de poser un regard réaliste et positif sur notre société. Si certains trouveront les paroles de Mouss abstraites par moment, elles ont le mérite d'être originales, sincères et positives (" motiver les hommes, motiver les passions " ... " délaver les couleurs de tolérance " ... " Je préfère avoir tort avec l'amour que raison avec la haine " ... " " corriger mes erreurs plus que j'en sème " ...).
Le disque se termine par l'émouvant Briller Pour Toi avec Manu de Dolly, titre dédié à la mémoire de Mickaël Chamberlain (alias Mika), bassiste de Dolly, et décédé dans un accident de voiture en 2005.
Ce Mass Hysteria 2007 est un excellent cru, réussissant à réconcilier un metal énergique et profondément positif et une maturité très en phase avec son temps.
Quand on connaît la puissance de feu du groupe sur scène, on peut sans mal imaginer les gros dégâts que peuvent causer toute cette somme de détails en live...
Mass Hysteria, c’est avant tout un des groupes pionniers du métal français. Fort d’une image et d’une notoriété plutôt intéressantes, acquises lors de nombreux concerts en France, Mass Hysteria représente avant tout l’éclectisme. En effet, quand certains groupes s’enferment dans un immobilisme musical, Mass nous offre pour chaque album une véritable petite révolution. Il n’y a qu’à jeter un œil aux trois albums pour constater la relative évolution à laquelle se sont pliés les cinq. Du premier album aux fortes connotations électro et du deuxième aux guitares saturées, il ne reste, sur ce troisième et dernier album, que très peu de choses. Le groupe a donc décidé une fois de plus d’innover, et de sortir des sentiers battus du métal français.
Ainsi, ce dernier opus peut paraître relativement déroutant pour une première écoute. Pour ceux qui connaissaient Mass avant, le changement peut paraître brutal… mais toujours aussi habile. Effectivement, si à la première écoute, on a du mal à se dire que cet album est le fruit de la production du quintet parisien, quelques éléments viennent pourtant corroborer cette thèse. Le premier indice : les paroles, toujours dans la lignée des anciens albums avec des envolées philosophiques qu’on a parfois du mal à suivre. L’idée principale que l’on retire des textes de Mouss est étroitement liée à l’homme et son comportement.Le deuxième élément qui nous permet d’affilier cet album au reste de la discothèque des Mass Hysteria est en rapport avec la musique. En effet, si dans les deux précédents albums, un (plus ou moins) mince filet d’électro était présent, le fil rouge est ici également maintenu. A cela, viennent bien entendu s’ajouter les cordes, qui avec les guitares, peuvent s’avérer relativement puissantes sur certains morceaux.
Mais si tout à l’heure, je parlais d’éclectisme musical, cette notion prend toute son envergure sur ce CD. Je m’explique, déjà au niveau du chant de Mouss, celui-ci peut aussi bien chanter de manière posée, que partir dans des envolées rageuses et parfois même, au contraire, plutôt « lyriques ». Mais ce n’est pas tout, sur quelques chansons Mouss se met dans la peau d’un rappeur, bien aidé par exemple par La brigade dans « Immixtion », ou même dans « Coup2mass ».
Vous l’aurez compris, Mass Hysteria prend tout le monde à contre-pied avec ce troisième opus. Passant de chansons plus calmes et très réussies (« Remède », « Ya-Vyemma »…), à des chansons aux fortes connotations rap (« Immixtion », « Coup2mass »), avec au passage une flopée de titres aux fortes influences rock (« La Canopée », « L’harmonie invisible », « Montherlant » ou « L’importance du sort »). On en vient au principal souci de cet album justement. Les quatre chansons que je viens de citer sont toutes issues de la deuxième partie du disque. Ce qui veut dire que même si elles sont toutes d’assez bonne facture, la seconde partie semble plus homogène, sans grand relief en quelque sorte. Mais le début est tellement prometteur qu’on zappe les défauts de la fin.
En conclusion, si vous avez envie de dépasser les clivages musicaux actuels, cet album est fait pour vous.