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Que dire de Tool, si ce n'est qu'il apparait comme l'un des groupes essentiels du metal.

ComposĂ© de 4 membres aussi talentueux les uns que les autres, chacun apportant un "+" au groupe, Tool livre une vision novatrice, une approche plus personnelle en soignant aussi bien la musique que l'aspect visuel des clips, rĂ©alisĂ©s en totalitĂ© par Adam Jones lui-mĂŞme, le guitariste du groupe.

Tool surprend, dĂ©vaste les prĂ©jugĂ©s sur le metal Ă  chaque sortie d'album. Opiate en 1992, Undertow en 1993, Aenima en 1996, le CD/DVD live Salival en 2000 ainsi que Lateralus en 2001 et l'incroyable 10,000 Days en 2006. Une longue attente entre chaque sortie, souvent largement rĂ©compensĂ©e par des albums saturĂ©s de dĂ©tails et d'informations. Si bien que les (nombreux) fans inventeront les thĂ©ories les plus farfelues pour interprĂŞter chaque dĂ©tail, chaque parole.

Le groupe s'impose comme un incontournable, tant par son talent et sa crĂ©ativitĂ© que son imagination.

:: Site Officiel :: www.toolband.com

photo Tool


:: Chroniques ::

10,000 Days
Note : 19 / 20
Année : 2006
A Ecouter : 10 000 fois
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- 120 Commentaires (Moyenne : 18.23/20) -
A été album du moment

5 ans ! Il aura fallu 5 ans pour que Tool nous délivre un nouvel album, Lateralus a marqué les esprits tout comme l’avait fait Salival et Aenima, la suite était plus qu’attendue. Les escapades de Maynard James Keenan au sein du populaire A Perfect Circle ou celles plus discrètes de ses acolytes avec les Melvins, Lustmord, Pigmy Love Circus et divers projets, pas forcément musicaux, laissaient planer le doute sur la possible suite de Lateralus. La horde de fan, prête à décortiquer dans les moindres détails la bête, n’en pouvait plus d’attendre, Tool nous a habitués à patienter, mais de plus en plus le manque se fait sentir du côté des fanatiques quasi religieux des 4 musiciens. Heureusement, Tool vient satisfaire ses fidèles avec 10,000 days : 11 titres pour 1H15 d’une transe quasi chamanique.

Tout comme réduire la Bible à une feuille A4, résumer cet album en une chronique est chose impossible, il sera nécessaire de passer outre moults détails, digressions, influences et théories. Dire que la musique de Tool est complexe est un doux euphémisme, les morceaux sont tous fignolés dans les moindres détails, chaque titre regorge de dizaines de facettes travaillées avec le plus grand soin ; ici rien ne semble laissé au hasard. C’est subjugué que l’on se laisse emporter dans le flot mélodieux et très souvent tumultueux de ces compositions.
Le monde que créé Tool sur ce 10,000 days ne nous est pas inconnu, on retrouve en effet bon nombre de passages qui nous rappellerons les précédents opus du groupe, et plus particulièrement Lateralus. Pourtant, au fil des écoutes (et il en faudra pour tout assimiler !), la véritable teneur de l’œuvre se dévoile ; plus tribal que Lateralus, moins aérien et parfois même quasi haineux, chaque piste est un appel à un voyage de sensation, chaque minute de cet album est un siècle d’histoire dans un monde fantastique.
Les ambiances créées transcendent les compositions déjà exceptionnelles, comme elles l’étaient sur Lateralus ; chaque membre semble uni pour créer une ode inoubliable. Et sur ce point, sur 11 de leurs créations, il n’y en a peut être qu’une (Vicarious) qui ne mérite pas toutes ces louanges, elle est juste très bonne et non exceptionnelle.
Les 4 musiciens se surpassent, chacun excelle dans sa discipline, Maynard a encore progressĂ© (comment est ce possible ?), l’intro A Cappella de The Pot est tout simplement parfaite. Mais celui qui marquera le plus sur ces  titres est l’inĂ©vitable  Danny Carey (batteur) impressionnant sur l’ensemble des titres ; l’incursion de plus en plus prĂ©sente de percussion (sur Roseta Stoned ou Right In Two en particulier) amène Tool dans des contrĂ©es tribales (d’ailleurs Lipan Conjuring appuie les comparaisons dans ce sens) et l’aidera Ă  exacerber son agressivitĂ©. Evidement Adam Jones et Justin Chancellor ne sont pas en reste et se livrent Ă  un duo oĂą chacun semble se fondre dans les compositions de l’autre.
Tool semble former une véritable unité sur cet album ; l’alchimie parfaite ; la fusion de chaque note pour un résultat divin, le tout habillé de sons et ambiances prenantes.

Chaque titre mériterait à lui seul une chronique afin de tenter de décortiquer sa structure, parler des 1000 détails le composant ; pour ensuite pouvoir se plonger dans les paroles ; établir des théories les plus abracadabrantes les unes que les autres, en espérant peut être, au milieu de se brouhaha théosophique, s’approcher de la volonté du groupe. Mais bien plus que les autres groupes Tool amène ici avec ce 10,000 days le billet pour un voyage spirituel dont seul l’auditeur connaît la destination ; bien plus qu’une icône Tool est un guide ou, moins subtilement, l’outil pour accéder à nos rêves. En un mot : indispensable.



Lateralus
Note : 18 / 20
Année : 2001
A Ecouter : lateralus, schism, eon blue apocalyspe
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- 60 Commentaires (Moyenne : 18.35/20) -

Lateralus. Au premier abord ça peut sembler Ă©trange, on peut se poser de nombreuses questions sur le pourquoi du comment de ce titre, mais on oublie vite notre perplexitĂ© Ă  l’écoute d’un disque aussi empreint de matière, d'effet et d’originalitĂ© que celui que notre cher groupe Tool nous prĂ©sente en cette annĂ©e 2001. Alliant des mĂ©lodies bouleversantes aux parties instrumentales dĂ©mentielles, ce disque nous ouvre les portes de sensations inconnues jusqu’alors. Les titres s’enchaĂ®nent Ă  la suite, aucune coupure, sans qu’on s’en rende compte. Un rythme ensorceleur soutenu par une voix incroyable. On aime Lateralus par la passion qu’il dĂ©gage, les Ă©motions qu’il incite.

A la fois bouleversĂ©, enchantĂ© et fascinĂ© par tant de talent, de savoir-faire, on reste scotchĂ© sur Eon Blue Apocalypse, courte intro qui nous envoie valser sur une autre planète, mais restons sur Terre et apprĂ©cions Parabola ou Ticks and leeches avec sa cadence frĂ©nĂ©tique qui part en vrille, et bien sur Schism qui illustre Ă  elle seule la virtuositĂ© de l’album… on est tiraillĂ© entre plusieurs envies : bouger, oublier, partir loin et planer ou simplement s’allonger, et ressentir. Chaque molĂ©cule rĂ©agit, on se sent vivant Ă  la moindre note. Les pensĂ©es fusent, les rĂŞvent Ă©mergent.

C’est un don que Tool nous dévoile, avec retenue, pudeur, passion, le don de nous effleurer, de nous toucher au plus profond de notre être sans que jamais on s’en lasse. Ce disque est un hommage à l’art, un hommage à l’émotion. On reste à fleur de peau, troublé.

Lateralus marque à jamais nos esprits de son encre indélébile.

Aenima
Note : 19 / 20
Année : 1996
A Ecouter : Aenema – Third Eye - Pushit
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- 37 Commentaires (Moyenne : 19.26/20) -

Difficile de parler d'un album de Tool sans rentrer pleinement dans l'univers du groupe. Que ce soit avec Lateralus, Undertow, Aenima ou le plus rĂ©cent 10,000 Days, chaque Ă©coute est une expĂ©rience. Aenima, combinaison de Anima (Ă‚me en latin) et Enema (procĂ©dure mĂ©dicale qui consiste Ă  introduire du liquide par l'anus) est Ă  l'image de son artwork : sombre, mais au cĹ“ur lumineux.

Anima, parce que cet album possède sa propre âme : les sentiments captĂ©s Ă  chaque Ă©coute varient selon l'Ă©tat d'esprit, comme si l'album avait une personnalitĂ©. Enema car il nettoie l'esprit de toute impuretĂ©. De longs morceaux, entrecoupĂ©s de brèves interludes. Un album Ă  part, prenant, entourĂ© d’un halo brumeux qu’il faut traverser pour en saisir les subtilitĂ©s. Maynard possède dĂ©jĂ  cette voix si caractĂ©ristique, coulante, avec ses envolĂ©es (Third Eye) et ses passages mĂ©lancoliques (Aenema). Les lignes de basse, dĂ©jĂ  omniprĂ©sentes, fondent avec la guitare une base inĂ©branlable, mĂ©lodique, une ambiance particulière, Ă  la fois dĂ©sespĂ©rĂ©e et avec une lueur d’espoir. La batterie, avec Danny Carey, reconnaissable par cette aptitude Ă  changer de rythme aussi souvent que possible. Et finalement, c'est cela Tool : 4 musiciens qui crĂ©ent des morceaux envoutants, grâce Ă  cette alchimie qui se dĂ©gage des 80 minutes de Aenima. Des morceaux comme Eulogy, Aenema ou encore Jimmy sont l’exemple parfait de ce que reprĂ©sente Tool : des compositions fouillĂ©es, tantĂ´t planantes, tantĂ´t agressives, dont une Ă©coute superficielle ne permet pas de saisir l’ampleur et le travail sur le moindre passage… Et lorsque les dernières notes de Third Eye retentissent, c'est vĂ©ritablement un 3ème Ĺ“il qui s'est ouvert, une autre perception. Les 4 Acolytes sont les outils de la musique, un intermĂ©diaire entre l’auditeur et les sons.

Quant aux interludes, elles peuvent sembler en total dĂ©saccord avec le disque, Ă©trangères, dĂ©cousues. Useful Idiot et ce bruit grandissant, emplissant l'espace jusqu'Ă  devenir Ă©crasant, ou encore  (-) Ions, plaque de mĂ©tal secouĂ©e, malmenĂ©e pour s'effacer face Ă  l'orage et ce bruit d'Ă©lectricitĂ©. Autant de compositions dĂ©concertantes, mais au final elles ne coupent en rien l'Ă©coute de Aenima.

Comme toujours, les paroles sont des énigmes. Maynard refuse généralement d’en parler lors des interviews, mais quelques exceptions permettent d’apprendre que H. parle de la difficulté de faire des choix, Pushit de relations interpersonnelles violentes, et Third Eye de l’évolution de l’être humain à travers ce 3ème œil. A travers leur lecture transparaissent cependant les thèmes principaux : Eulogy, éloge funèbre d’un Christ Moderne, dont les paroles tendent à en faire un imposteur (“You had alot to say / You had alot of nothing to say”) tandis que celles de Forty Six & 2 parlent du changement d’un être, de sa mutation à travers son ombre… Hooker With A Penis, réponse de Maynard à un fan qui aurait estimé que le groupe aurait vendu son âme aux maisons de disques où le leader lâche sa haine (“All you read and / Wear or see and / Hear on TV / Is a product / Begging for your / Fatass dirty / Dollar”).

Aenima est, au final, comme tous les autres albums de Tool : complexe, mystĂ©rieux et contenant une foule de dĂ©tails que chaque Ă©coute tente de rĂ©vĂ©ler. Mais Aenima est aussi complètement diffĂ©rent : variĂ©, sans fil conducteur discernable aux premières Ă©coutes, grâce Ă  ces interludes très prĂ©sentes. Avec Aenima, Tool devient Tool, un groupe aux ambiances marquĂ©es, aux compositions parfois si Ă©tranges que le sens en reste cachĂ©. On ne ressort pas intact d'une Ă©coute de Tool, Aenima en est la preuve la plus Ă©vidente, impression confirmĂ©e par Lateralus et 10,000 Days.