
Milgram : Si vous vous intéressez un minimum à la psychologie, vous devriez sans aucun doute connaître le principe général de "L'expérience de Milgram" sur le bout des doigts. Pour les cancres, sachez que le processus que Stanley Milgram a voulu modéliser via cette expérience relève de la manipulation et plus précisément de l'obéissance à une autorité reconnue comme légitime et juste. Les résultats sont comment dire ... surprenants ! (Précisions).
Another one buys the dust : L'intitulé du nouvel album des dunkerquois fait forcement penser à Queen et leur "Another one bites the dust". Non, sans rire !
Ces quelques détails formels ont sérieusement de quoi attirer l'attention, ou du moins titiller l'esprit des plus endormis des synapses. Puis ce bel artwork fourmillant de détails, énigmatique du premier abord, interpelle fortement. Même constat pour les titres des compositions tout en jeux de mots qui font doucement sourire ("Hulk Organ", "Cream son", "Van Alfred", "Stairway to Starwars" ...).
En résumé, Milgram voudrait de manière sous-jacente, en nous mettant sous le nez une ribambelle de références, nous forcer la main, ou plutôt l'oreille... Peut-être, mais quoi qu'il en soit, Milgram est bien loin d'avoir un caractère en carton-pâte.
Le rock de ces drôles de messieurs représente un bel univers construit à base de sonorités limpides et directes, de structures alambiquées et bouclées aux allures progressives puis de plein d'autres choses encore, à l'image de ces formidables démarrages en côte qui donnent le tournis.
Bien sur, si vous n'êtes pas sensibles aux musiques instrumentales, qui plus est, à base de boucles conférant un aspect répétitif, la pilule risque de vous rester en travers. Pour les autres, une musique personnelle coulant de source s'offre à vous.
Sur les 10 morceaux Milgram ne laisse finalement que peu de répit, on en voit de toutes les couleurs et toutes les formes. Oubliez ici les envolées célestes et désormais classiques du Post-Rock, mais pensez plutôt à des guirlandes luminescentes et multicolores crépitant comme un stroboscope. Ouh Yeah ! Ca rock et ça balance vraiment ! L'équilibrage des compositions est minutieux et conviendra sans aucun doute aux moins patients d'entre nous comme à ceux qui recherchent variété et originalité.
Si la tronche de Milgram, peinturlurée de quelques traits de clavier et de cuivre un tantinet Kitch, ne fera sans doute pas l'unanimité, on ne pourra pas lui reprocher d'avoir de trop gros airs de famille avec qui que ce soit. Dans le genre, on ne fait pas beaucoup mieux par chez nous, qu'on se le dise.