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OM est le stoner. Le stoner est OM. Il est la semi-reformation de Sleep vu qu'il contient sa base rythmique (Al Cisneros et Chris Hakius) , le dernier tiers officiant dans High On Fire. OM continue Ă  chercher l'idĂ©al Sabbathien Ă  travers Variations On A Theme en 2005 un thème divisĂ© en trois pĂ©riodes, typĂ©e Jerusalem de Sleep, puis Conference Of The Birds en 2006, les deux enregistrĂ©s par le fameux Billy Anderson (Sleep, Melvins, Neurosis...).
En 2007, OM enregistre Pilgrimage avec Steve Albini (Neurosis, Nirvana...) et se produit à Jerusalem pour plus de cinq heures de concert. Une partie du show y est enregistré en vinyl, intitulé Live At Jerusalem.

Pourtant, dĂ©but 2008, Chris Hakius quitte le groupe remplacĂ© peu après par Emil Amos batteur de Grails. Le nouveau duo enregistre rapidement un single, Gebel Barkal qui sort chez Sub Pop la mĂŞme annĂ©e. Un nouveau live, Live Conference, voit le jour en 2009 chez Important Records suivit peu de temps après par God Is Good, le nouvel opus d 'OM.



:: Site Officiel :: www.holymountain.com/om/
:: Second Site :: www.myspace.com/variationsontheme

photo OM


:: Chroniques ::

God Is Good
Note : 15.5 / 20
Année : 2009
A Ecouter : En entier!
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- 5 Commentaires (Moyenne : 15.5/20) -

Quatrième album studio de OM, God Is Good est aussi la première production de la nouvelle mouture que revêt le duo. Chris Hakius parti, c'est Emil Amos (Grails) qui a pris, depuis 2008, sa place derrière les fûts. Un changement de line-up qui coincidait avec le question de savoir ce qu'allait faire le groupe de sa musique. Concept suicidaire, basé sur la répétition et une dimension spirituelle prévalente, le dialogue basse / batterie ne pouvait manquer, un jour ou l'autre, de tourner en rond. Et, malgré ses invitations au voyage enivrantes, de se voir limiter par les possibilités musicales qu'induit forcément la forme d'un duo. Les premières réponses ne tardèrent pas à apparaître, que ce soit avec un premier 7" à la sortie confidentielle (sorti en 2008, Gebel Barkal présentait un premier aperçu de ce qu'allait être la collaboration Cisneros / Amos - la diversification des instruments (orgues, tambûr) et une ambiance plus nomade et orientale) ou bien par le Live Conference (2009 - qui reprend l'intégralité de Conference of The Birds à la sauce Amos soit avec un son de batterie plus dense et diffus).

MalgrĂ© ces indices, God Is Good s'annonçait Ă©nigmatique. D'emblĂ©e, Thebes nous replonge dans l'atmosphère enfumĂ©e Ă  laquelle nous avait habituĂ©s le groupe. 19 minutes en forme de parfaite continuitĂ© de Conference of The Birds. La basse s'y rĂ©fère en permanence, empruntant mĂŞme quelques lignes de At Giza, Emil Amos au mĂ©tronome, distillant sagement ses coups de cymbales. Thebes prĂ©sente un OM rassurant, le morceau est solide, la batterie s'autorisant quelques Ă©carts en diversifiant son jeu en fin de parcours; rien de grave, finalement, on n'est pas loin de se rassoir sur le tapis, narguilĂ© au bec. Non, ce qui fait que Thebes se dĂ©marque du reste du disque (outre sa durĂ©e) est qu'il s'agit du dernier morceau de OM en tant que tel. Car le virage est ensuite amorcĂ© progressivement. De petites touches de tambĂ»r, de guitare claire apparaissent sur Meditation Is The Practice of Death, alors que la basse s'efface au profit des percussions, complexes, denses et qui confèrent au combo une rythmique nouvelle, fusionnĂ©e Ă  une outro Ă  la flĂ»te, hypnotisante, qu'on croirait sortie des mille et une nuits.

La fin de l'album n'est qu'une variation sur ce mĂŞme nouveau thème. Spectacle sous la tente, danseuses du ventre: la nuit des bĂ©douins a quelque chose de rafraichissant comparĂ© Ă  la chaleur Ă©touffante du dĂ©sert. VellĂ©itĂ©s artistiques propres ou influences extĂ©rieures, difficile de dĂ©partager mais il est clair que l'arrivĂ©e de Emil Amos a apportĂ© un nouveau souffle indĂ©niable. Par son style d'une part, plus variĂ©, plus inspirĂ© que celui de son prĂ©dĂ©cesseur, qui ne sert pas uniquement de support Ă  la basse mais agit comme catalyseur d'ambiances; d'autre part, car les sonoritĂ©s dĂ©gagĂ©es par les deux segments de Cremation Ghat se sont dĂ©jĂ  faites entendre chez Grails, dont Amos est le principal moteur. Qu'importe, le batteur rĂ©gale par sa prĂ©sence et Cisneros peut se permettre d'accentuer son groove dans une discrĂ©tion toute efficace, la distorsion qui faisait la personnalitĂ© de Pilgrimage n'Ă©tant ici utilisĂ©e qu'avec parcimonie sur Thebes.
NĂ©anmoins, on ne peut s'empĂŞcher d'ĂŞtre frustrĂ© Ă  l'Ă©coute de ce nouvel opus. God Is Good semble rĂ©ellement ĂŞtre un nouveau point de dĂ©part pour OM, l'album fourmille d'idĂ©es, de sonoritĂ©s variĂ©es. Malheureusement, les trois derniers morceaux sont bien trop courts pour pouvoir toutes les exploiter. Alors que le groupe posait ses ambiances sur des morceaux jamais moins longs que le quart d'heure, ce qui contribuait grandement Ă  leur pouvoir hypnotique, il faut ici se contenter de quelques minutes oĂą Cisneros et Amos esquissent Ă  peine leur future direction. Il y a pourtant un rĂ©el potentiel (Cremation Ghat I, jouissif avec ses clappements de main et son tambourin flamenco) qui ne va pas jusqu'au bout de ses idĂ©es. De la mĂŞme manière, l'impression que Cisneros n'y est pas totalement confortable rejaillit lorsque ses lignes de basse disparaissent peu Ă  peu au profit de la dynamique des percussions. Sa voix semble Ă©galement moins percutante qu'auparavant, comme une incantation usĂ©e.

C'est sans doute le prix à payer lorsque le contenu est d'une telle qualité: riche dans son ensemble, God Is Good ne prend pas le luxe de s'asseoir avec nous pour contempler le spectacle proposé. A peine arrivé, il s'enfuit dans la nuit laissant en écho les bribes d'une représentation au parfum capiteux avec comme seul espoir, celui que le meilleur est encore à venir. GOD IS GOOD. OM IS GOOD. OM IS GOD.



Live At Jerusalem
Note : 10 / 20
Année : 2008
A Ecouter : pas vraiment
- 1 Commentaires (Moyenne : 8/20) -

OM en live? On se dit que compte tenu de la qualitĂ© de leurs prĂ©cĂ©dents efforts et de la forte teneur en substances illicites dans leur musique, le duo doit ĂŞtre une vĂ©ritable expĂ©rience Ă  vivre sur scène. Malheureusement, ce Live At Jerusalem n'est pas Ă  la hauteur de nos attentes.

DĂ©cembre 2007, les deux compères se rendent en terre sacrĂ©e de JĂ©rusalem, dans le club Uganda pour jouer plus de cinq heures de leur Stoner / Doom hallucinatoire. Problème : sur cinq heures de show, seuls deux titres pour un peu plus d'une demi-heure totale ont Ă©tĂ© retenus lors de la crĂ©ation du disque. On a dĂ©jĂ  l'impression de se faire avoir sur la marchandise. Deux titres donc, Flight Of The Eagle et Bhima's Theme issus respectivement des albums Conference Of The Birds et Pilgrimage.
Le premier est bien plus lent que l'enregistrement studio, mais avance pĂ©niblement vers une fin qui ne semble jamais venir. On croit pourtant que le break en milieu de morceau va relever le tout mais c'est Ă  peine si l'on ne se rendort pas aussitĂ´t. Le second titre quant Ă  lui est nettement plus apprĂ©ciable, car moins poussif et relève un peu l'intĂ©rĂŞt de l'Ă©coute.
Le point faible principal de ce live et qui se dégage nettement dès les premières minutes, c'est l'ennui; l'ennui comme l'écoute d'une musique relativement plate, sans variations, bien loin du voyage que procure les albums studio, hélas.
La production y est surement pour quelque chose car le son est de mauvaise qualitĂ©, demeure mĂŞme sourd, comme emprisonnĂ© dans une boĂ®te durant toute la durĂ©e de l'enregistrement. La musique du groupe s'en trouve donc noyĂ©e dans un son uniforme, ou les instruments se dĂ©marquent peu et oĂą chaque ensemble de notes n'Ă©volue pas et manque d'intensitĂ©. La voix d'Al Cisneros est par exemple trop en retrait par rapport Ă  la batterie sur les deux titres.

Ce live d'OM est de qualité très moyenne, à peine plus qu'un quelconque bootleg du groupe qu'on aurait trouvé sur le net, et donc forcément décevant vu leurs précédents albums studio. On attendra donc cette année avec la sortie d'un nouvel enregistrement live, pour avoir cette fois, on l'espère, un meilleur aperçu de ce qu'est capable le duo en concert.



Pilgrimage
Note : 18 / 20
Année : 2007
A Ecouter : en entier…comme d’habitude
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- 3 Commentaires (Moyenne : 18.83/20) -

Après l’excellent « Conference of the birds Â» sorti en 2006, OM remet le couvert rapidement, en cette annĂ©e 2007 finissante, avec «Pilgrimage Â». Nouvel album qui amène, de la part DU groupe de stoner simplifiĂ© Ă  l’extrĂŞme, quelques changements.

D’abord l’artwork. Exit les photographies ornithophiles Ă  la beautĂ© statique et glaçante, la nouvelle pochette nous montre l’icĂ´ne polychromique d’un anonyme archange catholique (on reste dans la « crĂ©ature Â» ailĂ©e, je vous l’accorde) qui Ă©tonne au dĂ©but.
Puis le label. OM quitte l’obscure Holy Mountain pour venir grossir les rangs du cultissime et très prisé label américain Southern Lord Records, fondé par Greg Anderson et Stephen O’malley (Sunn O))), Khanate, Goatsnake, Pentagram…)
Enfin, et c’est bien lĂ  le grand changement : la production. Billy Anderson, leur ingĂ©nieur-son datant de la periode de Sleep, qui avait rĂ©alisĂ© les deux premiers opus, cède la place au lĂ©gendaire Steve Albini, producteur « overbookĂ© Â» (Nirvana, Neurosis, Pixies, Mogwai, GYBE…), critique musical, mais surtout, guitariste/chanteur du groupe noise/rock Shellac.
Et cet homme de toutes les situations va venir sublimer le travail déjà bien entrepris par Anderson.
A savoir, décomplexer pour de bon la simplicité séminale du groupe.

Pilgrimage, premier morceau éponyme, démarre en douceur. Al Cisneros délaye ses notes de basse avec délicatesse dans la rythmique cotonneuse d’Hakius, la mélodie aux couleurs orientales qui s’en dégage semble être la bande-son d’un rituel incantatoire séculaire, où la voix chamanique, plane, rappelant Roger Waters de Pink Floyd sur Set the Control from the Heart of the Sun. Une expérience aux relents opiacés s’étirant sur plus de dix minutes.
Mais c’est le retour du groove pachydermique mâtinĂ© de fuzz de Unitive Knowledge of the Godhead qui rĂ©vèle au grand jour le travail d’Albini. Le son est Ă©norme. Le thème du morceau prĂ©cĂ©dent est repris et hurlĂ© par l’ampli Green, ne faisant plus qu’un avec le jeu de batterie Ă  l’inventivitĂ© dĂ©routante, tant elle semble Ă©vidente, de Chris Hakius. Batterie qui semble inĂ©branlable, tel un mur de pierre sonique, grâce Ă  une technique d’enregistrement dont seul le producteur stakhanoviste a le secret. Mais ce titre apporte une nouveautĂ© chez OM : il est court, moins de six minutes.
Bihma’s Theme confirme quant à lui une chose. Rien ne pourra arrêter nos deux duettistes dans cette quête de la liberté qui leur est si chère. Avec sa rythmique sabbathienne simplifiée, ce morceau décomplexé envoie se faire foutre tous les détracteurs du groupe. Lent,monolithique, le groove absurde porte la voix nonchalante de Cisneros jusqu’au pont décharné, où ce dernier, en grand prêtre sous psychotrope, réveillera par ses incantations hallucinées les dieux depuis longtemps oubliés.
L’album se termine par une reprise du thème de Pilgrimage. Comme si  tout ce qui c’était passĂ© entre-temps n’était que le fruit de notre imagination. Certaines portes se sont ouvertes, laissant pĂ©nĂ©trer notre conscience, ou plutĂ´t notre subconscient, dans des endroits jusqu’alors impensables. Une fois de plus OM nous offre un voyage. Un voyage sous le signe de l’ubiquitĂ©, les Ă©poques et les lieux se mĂ©langeant pour se rassembler et renaĂ®tre lors d’un ultime pèlerinage. Mais la musique aux allures mystiques semble s’évanouir, et il est temps pour vous de redescendre. Sur la terre ferme. A votre Ă©poque.

Vous ĂŞtes parti une demi-heure.



Conference Of The Birds
Note : 18.5 / 20
Année : 2006
A Ecouter : En entier
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- 4 Commentaires (Moyenne : 18.13/20) -
A été album du moment

2006 marque le retour d'OM, avec deux morceaux et des nouveaux concepts dans sa besace. Vu les annĂ©es passĂ©es sous silence par les deux membres du groupe, le fait d'ĂŞtre si peu prolifique est bon signe car le groupe ne sort pas pour rien. Conference Of The Birds pousse encore plus loin le voyage entamĂ© avec Variations On A Theme.

Deux morceaux, deux faces et deux objectifs diffĂ©rents. LĂ  oĂą l'effort prĂ©cĂ©dent divisait une idĂ©e en trois pièces, Conference Of The Birds opte pour confonter la dualitĂ© marquante du groupe dans une sorte de combat entre deux morceaux. At Giza serait la rencontre entre les Pink Floyd et Black Sabbath en en poussant leurs caractĂ©ristiques Ă  leur paroxysme. Exit le fuzz de Variations On A Theme durant les 13 premières minutes, la batterie monte peu Ă  peu en puissance en accompagnant une rythmique lĂ©gère. Chanson très volatile, At Giza est emmenĂ©e par une voix typĂ©e Waters beaucoup plus variĂ©e que sur Variations On A Theme. On suit avec Al Cisneros, ses dĂ©ceptions, ses rages et ses envies d'ĂŞtre pĂ©dant, de cracher sur ceux qui n'aspirent pas Ă  son bonheur libertaire ou ceux qui posent des obstacles. Ainsi, la voix est beaucoup plus expressive et atteint diffĂ©rentes contrĂ©es que l'itĂ©ration de Variations On A Theme ne permettait pas. La montĂ©e en puissance aboutit sur un retour du fuzz groovy caractĂ©ristique d'OM, et sur un final classieux et libĂ©rĂ©.

Flight Of The Eagle suit dans la voie entamĂ©e par Variations On A Theme avec beaucoup plus de groove et de complexitĂ©. Le thème s'entrelace tout seul, se mord la queue et fait la nique Ă  une batterie infernale. Tel un jam sous drogues, Flight Of The Eagle livre un stoner Ă  la pĂŞche rock'n'roll endiablĂ©e, donnant l'envie de danser de façon complètement absurde, gagnĂ© par la sĂ©rĂ©nitĂ© qu'inspire le son.

Gros hymne hippisant , hypnotique et chamanique, Conference Of The Birds s'impose comme le chef d'oeuvre attendu depuis très longtemps, depuis A Saucerful Of Secrets et Paranoid.



Variations On A Theme
Note : 18 / 20
Année : 2005
A Ecouter : Vivi
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- 5 Commentaires (Moyenne : 18.1/20) -

Le phoenix Sleep vient de renaĂ®tre en perdant quelques plumes. OM est la resurrection de sa base rythmique (basse et batterie). Variations On A Theme pose en trois morceaux la continuitĂ© du dernier Sleep (Jerusalem/Dopesmoker selon la version du riff stoner rĂ©pĂ©tĂ© Ă  l'infini que vous possĂ©dez). Toujours aussi fans de Black Sabbath, les deux membres d'OM s'Ă©garent dans la recherche de la quintessence Ă  laquelle ces derniers aspiraient.

Ces trois morceaux dissĂ©quent un riff, Ă  base de basse fuzzĂ©e d'un groove impressionnant, en le surmontant de variations de batterie Ă©poustouflantes. Ce mĂ©lange est ornĂ© d'une voix hypnotique, scandant des paroles incantatoires, sur un ton aspirant Ă  la libertĂ©. Les grands espaces s'offrent Ă  nous, dans une envie de s'Ă©chapper au rythme endiablĂ© et grave. Evidemment, le cd se transforme rapidement en messe incantatoire aux drogues, très aromatisĂ©e aux herbes. Un peu comme un hymne aux annĂ©es 70, sans aucun souci, aucune frustration et aucune limite, OM se livre en prenant le temps d'atteindre son objectif, appelĂ© "absolution" par le chanteur. La clĂ© du disque rĂ©side dans le fait que l'on ne peut pas arriver Ă  comprendre si rĂ©ellement il y a des variations oĂą si elles sont le produit de nos propres hallucinations.

En crĂ©ant toutes sortes de fantasmes, le voyage en devient psychĂ© et hallucinatoire. Tant de libertĂ© octroyĂ©e par l'Ă©coute d'un seul CD reste troublante. Comment ne pas succomber Ă  un voyage unique provoquĂ© par l'alchimie de deux instruments et d'une voix? Indispensable.