Cenesthesie ratisse large. Entre mĂ©tal, hardcore, un zeste de postcore et une pincĂ©e de deathcore, les bordelais vendent leur musique comme du "metal lunatique". Un peu prĂ©somptueux certes, mais il faut l'annoncer, Cenesthesie change de sonoritĂ©s toutes les minutes. De Sacrifice Ă CĂ©nesthĂ©sie, en passant par Deuil, les musiciens se lĂąchent et proposent une musique Ă l'apparence complexe et fouillĂ©e. Ne vous attendez pourtant pas au dernier Tomahawk ou Mr Bungle, mais le mix de divers Ă©lĂ©ments (chant, parties plus agressives cĂŽtoyant quelques instants plus planants) rend l'ensemble variĂ© et aĂ©rĂ©. On trouvera quelques ressemblances ave 8Control par exemple, sur les parties les plus colĂ©reuses, avec cette mĂȘme voix gutturale et la lourdeur de la base rythmique. Les passages plus lĂ©gers sonneront comme du postrock de bonne facture, et le morceau Ă©ponyme aura mĂȘme quelques airs de Nostromo sur Hysteron Proteron.
Mais à trop vouloir en faire, Cenesthesie se noie dans sa propre sueur. Les compos sont calculées et recherchées, mais ne creusent pas assez pour faire ployer la conscience de l'auditeur. Certains passages de Je semblent trop light, alors que les mots indiquent une douleur profonde.
PremiĂšre Topique s'Ă©coute et brille par son professionalisme. Pas de regrets aprĂšs plusieurs survols du skeud, Cenesthesie a mis la barre assez haut mĂȘme si quelques lĂ©gĂšres fautes de parcours viennent ponctuer cet EP. Si Cenesthesie arrive Ă peaufiner sa musique encore un peu, le groupe arrivera a vraiment atteindre l'Ă©tat qu'il porte comme nom...
Noein c'est une série d'animation de science-fiction traitant des univers parallÚles plutÎt pas mal foutue qui se déroule notamment dans un monde futuriste cyber-punk. Pourquoi l'évocation de cette série? C'est parce que c'est là qu'intervient le concept de Noein, le groupe, cette-fois-ci. The Initial Tale traite en effet de la Noein Corporation, un organisme futuriste fabriquant des humains à la chaine.
Musicalement, le groupe tient donc ce concept comme fiche de route en Ă©voluant dans un registre Death-Metal fortement empreint d'un touche d'Indus. Pensez par exemple Ă Fear Factory, Mnemic derniĂšre mouture ou Hord pour le rapprochement français. Ainsi dĂ©crit, vous pouvez facilement imaginer que les compositions de Noein vont bastonner sĂ©vĂšrement dans la cours de rĂ©crĂ©e. Les riffs sont mĂ©caniques, prĂ©cis et Ă dĂ©faut d'ĂȘtre clairement identifiables sont lĂ pour envoyer la sauce. La prĂ©cision clinique est justement de mise surtout dans les rythmiques cybernĂ©tiques et les quelques samples futuristes hypnotiques viennent nous rappeler que l'on est dans un monde dĂ©shumanisĂ© dĂšs le dĂ©part (Decreation). L'ensemble est quand mĂȘme nettement solide, avec ses synthĂ©s qui ne s'Ă©panchent pas trop sur les cordes, la construction des morceaux se laisser parfois aller dans des plans mĂ©lodiques agrĂ©ables et tout cela est justement mixĂ© par Thibault Chaumon (Trepalium). Il demeure tout de mĂȘme le dĂ©faut de ce type de productions. Le cĂŽtĂ© lisse, froid et sans Ăąme de ce genre de Death-Metal Indus peut laisser de marbre surtout parce que ces cinq titres ne laisseront pas forcĂ©ment une trace indĂ©lĂ©bile dans votre cerveau, la faute Ă des compositions certes puissantes, mais manquant de feeling. En outre, la voix claire de Jenni ne colle pas vraiment au ton gĂ©nĂ©ral de The Initial Tale en plus d'atterrir parfois comme un cheveux sur la soupe. Autant dans les growls elle se dĂ©merde aussi bien qu'une Angela Gossow (Arch Enemy) en puissance, autant le chant lyrique rappelant Eths, n'est sans doute pas la meilleure idĂ©e que le groupe ait eu (Chrysalis).
Sans ĂȘtre trop sĂ©vĂšre, ce genre de Metal aussi froid, lisse et tranchant qu'une lame de rasoir possĂšde ses amateurs et The Initial Tale, fidĂšle Ă son concept, devrait probablement trouver son public. Il reste quand mĂȘme quelques progrĂšs Ă faire pour Noein comme composer des choses un peu plus marquantes ainsi qu'Ă©viter le chant lyrique qui ne sied pas vraiment Ă ce type de productions et peut agacer certains auditeurs.
On a de quoi faire avec Rise Of Echoes : MĂ©lange entre Fusion, Post-Hardcore et Metalcore, qui propose un premier EP gratuitement, histoire de se faire dĂ©couvrir et faire partager sa musique. Le cocktail n'est pas dĂ©sagrĂ©able : pas de surabondance de scratchs ni de samples, un chant Ă©raillĂ© couplĂ© Ă un timbre plus clair, des instruments plus typĂ©s Post-Hardcore. Bref, un joli menu. L'ensemble apparait comme sincĂšre, avec sa dose de fougue habituelle et ses influences (Deftones, Devil Sold His Soul). Le potentiel est lĂ (Falling) et ne demande qu'Ă ĂȘtre pleinement exploitĂ© (4). Mais comme tout premier disque, l'ensemble n'est pas exempt de quelques dĂ©fauts. En vrac, un chant clair qui fait des siennes avec un accent français trĂšs prononcĂ©, des chĆurs trop lights, un effet un peu trop brouillon lorsque tous les instruments se superposent ou certains parties "aĂ©riennes" manquant de rythme et de stabilitĂ© (Ways, Falling). En somme, sur les 20 minutes, un bon gros tiers pourra dĂ©sarçonner en quelques riffs, le reste Ă©tant plus qu'abordable.
Rise Of Echoes peut encore peaufiner ses compos. Les bases sont lĂ , le travail ne demande qu'Ă ĂȘtre dĂ©grossi, affinĂ©. Quelques efforts ne seront pas nĂ©gligeables (l'accent frenchy et les chĆurs) pour la prochaine galette mais le premier jet est honorable.
In Trails ça commence comme un groupe de Death mélodique de plus. Une jeune formation parisienne composée de la maniÚre la plus classique qu'il soit (deux guitares / chant / basse / batterie) et un premier ep à la pochette qui ressemble à mille autres pour commencer à se faire connaßtre dans l'hexagone. Rien de particuliÚrement engageant donc.
Sauf qu'une fois l'intro passée, force est de constater qu'en trois petits morceaux, In Trails en a dans le pantalon. Alors oui, la formule est déjà connue de tous comme souvent lorsqu'il s'agit de Death mélodique, ceci à un bémol prÚs. On sent une grosse influence qui se détache du Thrash et quelques bout de Deathcore se font présents notamment sur Ashes Of Hate. Le but c'est que ça va vite, ça riffouille tranquillement dans son coin et l'ensemble sonne terriblement efficace. Finalement on ne recherche pas tellement plus de choses pour un disque du genre.
Encore que, From Ashes To... a pas mal d'atout de son cĂŽtĂ© puisque ce n'est pas juste une superposition de plans, mais avec une cohĂ©rence et une progression dans les morceaux qui semble justifiĂ©e. Et mĂȘme si l'on ne sera pas surpris par les idĂ©es d'In Trails, le groupe a surtout du potentiel pour crĂ©er des titres avec ce qu'il faut de bons gros riffs de tueur et de passages mĂ©lodiques qui accrochent l'oreille. Par contre, In Trails donne l'impression de s'ĂȘtre trop largement inspirĂ© d'Arch Enemy. En effet, les guitares sonnent comme celles des frĂšres Amott, avec les mĂȘmes lignes mĂ©lodiques bien pensĂ©es, les mĂȘmes structures et soli et quelques accents dans la voix qui rappellent les growls d'Angela Gossow. Si on leur concĂšdera l'influence marquĂ©e de tout jeune groupe, il aurait Ă©tĂ© souhaitable de s'en dĂ©tacher d'avantage.
In Trails n'a donc pas inventĂ© la poudre, mais sait quand mĂȘme bien s'en servir pour faire tout pĂ©ter. Avec des compos travaillĂ©es et puissantes, de grosses guitares qui donnent envie d'headbanguer, un chant et une batterie bien Ă leur place, From Ashes To... est un premier effort convainquant par l'Ă©nergie qu'il se dĂ©gage des compositions, plus que par son originalitĂ©. Il faudra donc surement faire mieux pour se distinguer de la plĂ©thore de groupes de Death mĂ©lodique.
Toby W. Wright est celui qui se cache derriĂšre Age of Taurus, tout jeune projet dont la premiĂšre dĂ©mo intitulĂ©e In the Days of the Taurean Empire est sortie au dĂ©but de cette annĂ©e, et sur laquelle Sam 'Shredder' Thredder sâoccupe de frapper les fĂ»ts.
A premiĂšre vue, on pourrait penser quâAge of Taurus nâest quâun Reverend Bizarre worship band de plus, ayant comme preuve le chant, calquĂ© sur celui dâAlbert Witchfinder. MĂȘme voix, mĂȘme intonation, mĂȘmes dĂ©lires evil (Unto the Hour of the Dead, The Age of Taurus) mais sans jamais tomber toutefois dans le grotesque façon The Wandering Midget. De plus, les compos suivent grosso-modo le mĂȘme schĂ©ma que celles des finlandais, Ă savoir du doom traditionnel lent comme il se doit, avec son lot de riffs incisifs et tout le bordel. Vraiment trĂšs bien fait, mais pas vraiment original, donc.
NĂ©anmoins, il serait injuste de rĂ©duire Age of Taurus au rang de simple tribute band car le groupe sait pourtant faire preuve de personnalitĂ©, comme par exemple avec ces quelles envolĂ©es explosives (Unto the Hour of the Dead, Barren). De mĂȘme avec ce chant dont lâaccent, particularitĂ© trĂšs sympa, est typĂ© vieille Angleterre (les ârâ presque roulĂ©s quoi), ce qui Ă©voque naturellement des images antiques de chasseurs de sorciĂšres complĂštement tarĂ©s (Unborn Destroyer). Plus gĂ©nĂ©ralement, le tempo lĂ©gĂšrement plus enlevĂ© que chez le Reverend rend extrĂȘmement bien, sorte dâhommage aux pionniers du doom, au premier rang desquels Witchfinder General.
Finalement, In the Days of the Taurean Empire nâest peut-ĂȘtre pas la dĂ©mo la plus originale de ces dix derniĂšres annĂ©es, mais alors quâest-ce que ça tabasse tout de mĂȘmeâŠ! Age of Taurus est vraiment un groupe Ă suivre. Vite, un EP !
En Tunisie aussi on fait du Metal. Damned Sorrow est l'un des acteurs de cette scÚne qui se développe lentement mais surement avec des groupes comme Phobia, Vielikan (le batteur est aussi celui de Damned Sorrow), ou Myrath dont Desert Call sorti cette année commence à faire parler d'eux en dehors de leurs frontiÚres.
Damned Sorrow s'oriente quant Ă eux vers un Death-Metal que l'on pourrait qualifier d'assez complexe sur ces cinq titres auto-produit d'A Natural Taste For Blood. Ce Death-Metal technique se comprend facilement lorsque l'on sait que les musiciens sont fans de Chuck Schuldiner (Death), ce qui se ressent Ă©normĂ©ment dans les guitares et dans la structure des morceaux. Cela va sans dire que techniquement le groupe assure avec des growls profonds, de bon riffs bien pensĂ©s et une batterie puissante et qui varie les rythmes. De bonnes idĂ©es se trouvent ici et lĂ avec ces cordes acoustiques (Worship Silence) et ce mĂ©lange de Death-Metal moderne ou typĂ© old-school. Par exemple Die On Your Own sonne trĂšs Hypocrisy dans la forme avec cette intro Ă©trange qu'on dirait claquĂ©e d'Eraser et ce riffing empruntĂ© Ă Peter TĂ€gtgren alors que Never Sinned, plus lent, rappelle le gras et la lourdeur d'un Cannibal Corpse. Worship Silence lorgne mĂȘme carrĂ©ment vers des parties ThrashisĂ©es. Cinq titres qui ont donc leur identitĂ© propre et sont suffisamment variĂ©s pour ne pas tomber dans un Death-Metal bateau avec notamment l'ajout de gammes orientales et de percussions tribales disposĂ©es dans les morceaux. Au niveau de la production on s'aperçoit d'une large diffĂ©rence entre Die On Your Own dont le son est nettement plus profond que celui Ă©touffĂ© des quatre autres titres, mais d'une façon gĂ©nĂ©rale pour de l'auto-production et sachant que les moyens d'enregistrement en Tunisie ne sont pas les mĂȘme qu'en occident, il est difficile de faire la fine bouche.
Damned Sorrow a la technique et les idĂ©es suffisantes pour continuer et faire parler d'eux, mais devra quand mĂȘme s'Ă©loigner de ses influences qui survolent toujours leurs compositions. En attendant, A Natural Taste For Blood, se laissera apprivoiser sans mal par les amateurs de Death-Metal, surtout s'ils veulent aller voir ce qui se passe de l'autre cĂŽtĂ© de la MĂ©diterranĂ©e.
A l'origine simple exutoire Deathcore assumé regroupant cinq d'jeuns lavallois, The Brutal Deceiver était surtout là pour cogner. Si le leitmotiv n'a toujours pas changé (du brutal, du fun et du groove), ce qui n'était à la base qu'un side project défouloir commence véritablement à prendre des airs de formation sérieuse. En témoigne cet EP quatre titres qui a tout d'un grand.
Du brutal, du fun et du groove disions nous donc. Le moins que l'on puisse dire c'est que les cinq bretons s'y connaissent plutĂŽt bien enla matiĂšre. Car derriĂšre TBD se cachent en rĂ©alitĂ© une bande de mecs bien plus civilisĂ©s qu'il n'y parait, menĂ©e entre autres par les deux tiers d'As We Draw (Quentin - basse et Amaury - batterie) qui ont dĂ©jĂ dĂ©montrĂ© leur capacitĂ© Ă savater leur monde avec intelligence. ForcĂ©ment, ici, crĂ©neau ouvertement revendiquĂ© et style obligent, il ne faudra pas chercher les envolĂ©es de guitare ou le dĂ©fouraillage Postwhatever foutrement Rock'n'Roll dĂ©jĂ entendu par ailleurs. TBD est lĂ pour dĂ©monter de la nuque. En revanche, ce qui va s'avĂ©rer aussi bienvenu qu'apprĂ©ciable c'est bien la maitrise technique du quintet et bien plus encore son sens affutĂ© de la composition et gimmick qui fait mouche. Ok, TBD est lĂ pour avoiner mais certainement pas Ă n'importe quel prix. Il n'est pas question ici de faire du remplissage Ă tout prix en allant contre le sens de la marche. Entre riffs acĂ©rĂ©s, soli et passages mĂ©lodiques qui, pour une fois, ne tombent pas comme un cheveu sur la soupe (Never ending scorn, par exemple), quelques gros plans de basse (All that scars), breakdowns mastocs et quelques tapis de double toujours prĂ©sents au moment opportun pour en rajouter une couche et maintenir la dynamique de fuite vers l'avant qui marque de son sceau cet EP, Birth of a Decline a tout ce qu'il faut pour rĂ©jouir l'amateur de brutalitĂ© catchy trigguĂ©e. The Brutal Deceiver fait le boulot et le rĂ©alise, il faut le dire, sacrĂ©ment bien. Comme quoi on peut s'amuser, envoyer du brutal et ĂȘtre carrĂ© sans la ramener outre mesure et surtout faire aussi bien si ce n'est mieux que les innombrables "spĂ©cialistes" autoproclamĂ©s du genre. Attention nĂ©anmoins: l'expĂ©rience live est d'une toute autre teneur puisquâelle doit bien ĂȘtre, au bas mot, deux fois plus porcine et crade - dans le bon sens du terme - que cet EP qui en met dĂ©jĂ un peu partout. Des amateurs pour un petit festin de gras mis Ă libre disposition?
Ils sont quatre, font du Death-Metal, viennent de Bordeaux et s'appellent Pottiin. Jusque là rien d'extraordinaire en dehors de leur nom bizarre et ce n'est probablement pas ça qui vous donnera envie d'écouter une éniÚme groupe de Death-Metal.
Sauf qu'une fois The Red Chords insĂ©rĂ© dans lecteur il se passe bien quelque chose. Quelque chose qui remue, qui bouscule et qui Ă©tonne mĂȘme puisqu'Ă la base on ne partait pas plus enchantĂ© que ça. Car oui, Pottiin est loin d'ĂȘtre un groupe de Death-Metal de plus. On y dĂ©niche au fur et Ă mesure des Ă©coutes de bons Ă©lĂ©ments dans leurs compositions qui font qu'on s'y attarde et qu'on prend plaisir Ă Ă©couter cet ep. Plusieurs choses expliquent cela. DĂ©jĂ Pottiin en a sous le capot. Quatre annĂ©es Ă Ă©cumer les salles de la rĂ©gion, quelques projets Metal avortĂ©s auparavant, cela forge le caractĂšre et donc une technique sĂ©rieuse est au rendez vous pour roder ces cinq petits brĂ»lots. Pas de branlette technique non plus, juste un Death-Metal qui ose et percute de plein fouet, mais qui ne se limite heureusement pas Ă des riffs bateaux et sans saveur.
CĂŽtĂ© influence c'est de la bonne. DĂšs La Un, (le titre des pistes sont tous du mĂȘme genre, Pottiin s'est consacrĂ© Ă l'essentiel, Ă savoir la musique) on pensera directement Ă Gojira, voir Ă Cynic Ă©galement. On a vu pire comme rĂ©fĂ©rence surtout que Pottiin se sert de ses deux mentors de façon intelligente et ne plagie pas leurs ainĂ©s. Les cinq titres Ă©voluent donc de façon progressive, sont trĂšs variĂ©s autant dans les dialogues entre les deux guitares que dans les nombreux breaks et changement de tempo. Ajoutons Ă cela une basse plus prĂ©sente que dans les Ÿ des groupes de Metal, des vocaux gutturaux de bonne facture, une technique au service de titres percutants et l'on comprendra que tout est mis en Ćuvre pour un premier ep plus que solide.
Rien à redire sur The Red Chords, Pottiin maitrise son propos, offre là un Death-Metal créatif, inspiré. Seulement 20 minutes au compteur, mais mieux vaut un court ep réussit qu'un long album inutile. En tout cas, vivement la suite!
DerriÚre ce nom étrange se dissimule cinq musiciens (sans blague?) de la région RhÎne-Alpes. Précédemment connus sous le nom de Haze qui avait sorti deux ep, The Melting Snow Quintet en est la continuation par nouvel ep éponyme, l'arrivée d'Ulysse à la batterie et quatre nouvelles compositions orientées Pop-Rock.
La musique du quintet lyonnais se fait tout en subtilité. Les instrumentations sont vraiment réussies, fourmillant de détails et loin des groupes de Pop-Rock qui se contentent d'aligner avec banalité trois lignes mélodiques de guitare sur un chant classique. The Melting Snow Quintet n'a pas choisi ici la carte de la facilité et c'est tant mieux. Les compositions se sont enrichies, avec pas mal de bonnes idées insérées ici et là ce qui demande plusieurs écoutes attentives pour en saisir chaque élément. On note par exemple les clap clap et le chant a cappella sur They Wouldn't Have Built A Door If It Wasn't For Getting Out ou l'éclat du guitariste prise à ses cordes tel un Jeff Buckley à la fin de White Russian. Pour les références on se situe toujours à mi-chemin entre Radiohead et A Silver Mt. Zion avec les croisements de notes et les relents Post-Rock de Philosophers. On pourra également penser à Sigur Ros sur Ask Me To Run pour cette piÚce délicate et tout en douceur.
Mais si les influences ne manqueront pas de se dĂ©voiler Ă travers ses quatre titres, The Melting Snow Quintet possĂšde un petit plus qui Ă©vite le plagiat et donne un charme Ă ses compositions. Philosophers en est notamment le tĂ©moin oĂč s'entrecoupent les gracieuses notes de piano, de guitare et les lignes de chant.
Il convient toutefois de signaler que cet ep pourrait en déranger certains, notamment à cause de la voix nasillarde quelque part entre celle d'Efrim Menuck d'A Silver Mt. Zion et de Thom Yorke ce qui fait que par moment on la sens trop forcée et pas tout à fait juste. CÎté production le chant domine assez clairement au détriment des instruments ce qui est un peu dommage. Rien de bien grave non plus, mais une petite déception alors que cela se ressentait moins sur Stranger.
Intéressant de par son travail sur les instruments et par un Pop-Rock pas si aisé que cela, The Melting Snow Quintet est un chouette ep qui demeure trÚs agréable à écouter grùce à ses quatre morceaux séduisant, tout simplement.
Jeune formation francilienne formĂ©e en 2008, Underflesh fait partie de cette nouvelle vague respectueuse des valeurs musicales vĂ©hiculĂ©es par des heures d'Ă©coute acharnĂ©es des ainĂ©s qui n'empĂȘchent pas pour autant une bonne modernisation.
La musique de Black & White propose un death lourd aux envolées trashy ou mélodiques bien maitrisées. Point de voix claire ou de solo ici, Underflesh s'appuie sur un son on ne peut plus lourd, construit sur des rythmes étouffants servis par un accordage bien grave, cela va de soi.
A l'instar des deux ténors du death français que sont Gojira ou Hacride Underflesh met un point d'honneur à soigner ses ambiances à travers des lignes de guitare hypnotiques. Il n'est en effet pas vraiment difficile de tomber sous le charme de la lourdeur ici proposée. Les cavalcades effrénées des excellents Gargulia ou de Thief in Authority n'en sont alors que plus jouissives. Ce dernier titre aux relans progressifs laisse d'ailleurs entrevoir de belles choses pour l'avenir.
Underflesh a particuliÚrement soigné son premier EP, du son aux compositions en passant par la volonté de proposer un univers singulier. Black & White est une solide premiÚre réalisation qui devrait permettre aux franciliens de commencer à se faire connaßtre sur une scÚne hexagonale, décidément toujours aussi intéressante.