Microfilm / Tang / Robot Orchestra / Lost in Kiev Paris, Glazart, le 27-09-2012

C'est un beau plateau, 100% du cru hexagonal, qui a été convié au Glazart ce jeudi 27 septembre. D'autant plus que la concurrence était rude ce soir-là : pendant que Woven Hand mystifiait son public au Trabendo, Dead Can Dance ensorcelait le sien à L'Olympia. Malgré tout, le public a répondu présent du côté de La Villette pour voir se succéder Lost in Kiev, Robot OrchestraTang, et Microfilm en dessert.

Planning chargé oblige, les hostilités commenceront tôt, pour Paris s'entend. Mise en bouche appréciable, quoique avec un goût de déjà vu, Lost in Kiev assure un set carré, entrecoupé de projections et de samples alors que se bâtit en arrière-plan une collection de riffs solides renvoyant souvent aux aînés tels que Cult of Luna, période Somewhere along The Highway,pour les passages plus mélodiques, ou Lvmen pour l'aspect cinématographique. Une approche connue qui rappellera également, forcément, les compatriotes de Microfilm à un autre niveau. On apprécie le clin d'œil.

Le premier vrai coup de la soirée viendra pourtant avec la découverte de Robot Orchestra dont nous avions déjà parlé dans nos pages avec ... Now We Can Walk (2011), duo rochelais dont les influences s'orientent clairement vers le Post-Hardcore des années 90, Fugazi en tête de pont. Écriture simple, double chant enragé, énergie à revendre et riffing efficace au programme : Robot Orchestra enchaîne les 40 minutes sans temps mort, suant sang et eau pour animer la salle qui ne s'y trompe pas et réserve un bel accueil au duo. Ce dernier ne manque pas de rappeler, avant un dernier baroud d'honneur, qu'il a débarqué dans les bagages de Tang et la transition est toute trouvée.

Prolongeant cette dynamique furieuse, les Lillois défendent leur dernier album, Dynamite Drug Diamond, sorti en janvier, qui a vu le quatuor franchir un nouveau palier dans leur discographie, du haut de ses 15 ans d'existence. La dernière fois que j'avais eu l'occasion de voir Tang, c'était en 2006 à Tourcoing en première partie de Envy. Et si les Japonais avaient avalé l'affiche, le combo nordiste n'avait pas démérité pour autant. 6 ans plus tard, la fougue est toujours là et le plaisir se répand rapidement, dès l'entame sur "Highway Encounter". Le set, serré, est homogène, qui pioche joyeusement dans toute la discographie en faisant néanmoins la part belle aux nouveaux titres comme "Run&Run & Die" ou "Lost in Prayers". Séquence émotion lorsque résonnent les premières notes de "Fistful of Twice", le plus vieux morceau joué ce soir et pas le moins ravageur. Un vrai bonheur.

La boucle se boucle finalement près de 20 minutes après le départ de Tang, lorsque Microfilm installe son impressionnant dispositif, entre pédaliers par milliers et caméras. Car les Poitevins, au-dessus de la masse sur la scène instrumentale (oui), ont pris le pari de faire des images un accompagnement vivant de leurs shows. AF127, dernier disque sorti cette année, n'a fait que confirmer l'originalité et la créativité qui foisonne au sein d'une groupe.
Reflet vivant du studio et riche en arrangements en tout genre, la prestation de Microfilm se classe dans haut de gamme de la scène. Prenant son spectateur par la main, le groupe sait faire subtilement voyager dans le méandres des pellicules qui défilent. On imagine aisément le groupe revisiter les bandes sons de la Nouvelle Vague, nous refaire les 400 coups. A force d'électrochocs sonores sur des trames solidement construites, tour à tour lancinantes, mystérieuses et captivantes, ou Microfilm enivre sans lasser. 

Le set est court, trop court bien entendu, mais il est déjà minuit. Dans d'autres circonstances, avec cette musique au fond de moi, mon métro se serait déjà transformé en citrouille.

Chorizo (Octobre 2012)

Merci à Annabelle (Glazart), à Djou et à Merry pour les photos.

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