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Kill The Thrill / Dirge / Cage Apotheek Paris, Petit Bain, le 14-03-2012
La dernière fois que Dirge et Kill The Thrill paratageaient la même affiche, cela remonte à 2006. Dirge n'avait pas encore pondu son oeuvre référence (Wings of Lead over Dormant Seas) quand Kill The Thrill venait de sortir la sienne (Tellurique). Depuis, KTT s'est mis en sommeil et les seconds ont tracé leur route. Leurs routes se sont récemment de nouveau croisées, Nicolas Dick ayant notamment participé à quelques morceaux issus des sessions du très bon Elysian Magnetic Fields, paru l'an dernier.
Les premiers à ouvrir le bal, ce sont néanmoins les Parisiens de Cage Apotheek, inconnus au bataillon par chez nous. Dans une ambiance glaciale, les quatre gaillards vont livrer une prestation glauque, parsemée de cris, étouffée par des nappes de clavier pesantes, éventrée par des instruments déglingués (basse lourde répétitive, guitare distordue, agrémentées ici un harmonica, là une trompette), sur fond d'une boite à rythme martiale. Clairement, on n'est pas ici pour rigoler. Le set multiplie les références aux ambiances punk décrépies des années 80 avec sa dose de haine industrielle et d'atmosphère malade. On parle de références comme Throbbing Gristle et Psychic TV pour ses aspects tribaux. Quelques quarante minutes plus tard, les Parisiens repartiront comme ils sont venus : en silence.
Les seconds à se présenter sur scène sont les Marseillais de Kill The Thrill. Il me sera difficile d'écrire sur leur set sans répéter ce qu'on a pu écrire par ailleurs (ici au Metalorgie Fest 2010, là à la maison avec Aluk Todolo la même année). Le constat est le même : ces gens sont adorables, débordent de sincérité et de puissance. Ils se font trop rares depuis la sortie de Tellurique (2005 quand même). On a beau dire toujours la même chose, le sentiment perdure. Kill The Thrill chauffe le chaud et le froid, alterne des envolées au riffing impeccable et des passages moins cléments où le chant granuleux vient percuter en pleine face. Le trio s'amuse, la machine est huilée et n'a rien perdu de son efficacité malgré les années. Au contraire, elle semble s'être remise en marche le temps d'un concert. Pour les retardataires, mieux vaut tard que jamais. Toujours heureux, Nicolas s'exclame, tout sourire, "il y a du monde ce soir, ça fait plaisir". Tu peux parier qu'on serait restés encore plus longtemps pour vous entendre.
Si la salle se vide après le set du trio marseillais, on s'excusera, éhonté, de faire partie de cette vague de départs. Malgré l'envie de plonger avec Dirge, la fatigue l'emporte et on n'est pas sûr de pouvoir apprécier la performance à sa juste valeur. Les premières notes auguraient du bon. C'est manqué pour cette fois, mais je prends date pour la prochaine occasion. Croix de bois, croix de fer.
Merci à Delphine (Petit Bain) et à Djou.
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