Anathema, Alcest le 03/10/17 - Rennes (Etage)

Anathema est déjà passé par deux fois à Rennes en 2011 et 2012 dans la salle de l'Antipode. Autant la première fois j'avais trouvé le concert du combo anglais touchant, beau et sincère, autant la seconde fois bien trop mollasson et donc assez décevant. Rendez-vous et revanche prise ce soir avec une première partie toute trouvée pour ce plateau en la musique atmosphérique d'Alcest en ouverture.

Après deux excellents concerts en open air cet été (Hellfest et Dour), il me tardait de revoir le groupe en salle dans une configuration plus intimiste. Alcest débute avec Kodama et Là Où Naissent Les Couleurs Nouvelles. Les lumières son tamisées, l'ombre des musiciens apparaît derrière un fond bleuté. Tout de suite, l'ambiance est installée, comme un moment d'ailleurs, dans un autre monde à la fois enchanteur et menaçant. Le son s'améliore par la suite. Le quatuor, comme à son habitude, se montre discret et ne parle que peu entre les morceaux pour ne pas perdre la magie de leur musique. Neige est à la fois dans sa posture, sa manière de chanter et de remercier les gens, d'une timidité et sincérité émouvante. Comme s'il était sa musique. Oiseaux De Proie (avec son ouverture en rythmique tribale fort bien trouvé) et le magnifique Eclosion sont d'autres morceaux de Kodama joués ce soir là. On ne va pas s'en plaindre, l'album offre un magnifique retour à Alcest après le trop lumineux et un peu mou Shelter. Seul Delivrance issu de cet album sera joué ce soir car c'est l'unique titre adapté à la setlist plus rentre dedans (ce final à pleurer, parfaite conclusion de set) également composé d'Autre Temps et de Percées De Lumière. De la voix de Neige dans ses hurlements comme en chant clair, jusqu'aux arpèges mélancoliques ou trémolos et blasts agressifs, Alcest a livré un set intense et captivant. On aurait bien voulu que ça dure quelques titres supplémentaires, avec par exemples des morceaux issus d'Ecailles De Lune et de Souvenirs D'Un Autre Monde. Pour cela, il faudra sans doute les revoir en tête d'affiche.

L'entrée d'Anathema sur scène se fait sur une introduction Electro. Derrière les musiciens, un écran diffuse des images d'un habitacle de voiture et d'un trajets sur une grande route proche d'une ville illuminée. Prêts pour le voyage. Le concert débute vraiment avec la superbe doublette Untouchable Part 1&2. L'harmonique de la guitare, la voix de Vincent Cavanagh qui se marie à la perfection à celle de Lee Douglas, la montée progressive, les paroles... Je retrouve le Anathema qui me fait frissonner, me donne la boule au ventre. La suite va néanmoins me faire déchanter. Beaucoup de titres des derniers albums donc des bouts de The Optimist ainsi que Lightning Song, Dreaming Light ou The Beginning And The End par exemple vont être exécutés. Ce qui va pêcher ce soir c'est leur interprétation. Sur scène d'une part, les musiciens jouent bien, soit, mais semblent enchaîner les compositions de manière presque détachée. C'est mou et ça manque de conviction. Bon, c'est un peu la faute leur évolution musicale qui ne se prête pas du tout à cramer des guitares et s'éclater des canettes de bière sur la tronche, mais il y a comme un blocage. Et ce n'est pas Daniel Cavanagh se cachant derrière ses lunettes noires ou qui répond à une demande dans le public de jouer un morceau précis qu'il l'a déjà joué plein de fois et que le type peux bien se le réécouter chez lui sur son Ipod, qui va aider. Certes, c'est un peu marrant, mais en décalage à ce que veut faire passer le groupe. Qu'Anathema soit groupe de Rock atmosphérique avec beaucoup de sensibilité dans leur musique / paroles, ça demande aussi d'aller dans ce sens. Et ce n'est pas non plus les « chantez » réclamés par Daniel qui vont dans ce sens, tellement on se croirait à la foire. Ajoutez à cela la voix de Lee Douglas et ses mimiques successives qui rendent les morceaux insupportables et clichesques. Ca dégueule tellement de bons sentiments qu'on a l'impression d'écouter des chansons Disney. Ca sonne faux, forcé, lisse. Même la fin de la première partie sur Closer, super titre issu d'A Natural Disaster, est totalement saboté par un vocodeur au imondes sonorités (alors que la version album est géniale) et un aspect Disco dansant du plus mauvais effet. Les gens sautent et frappent dans leurs mains sur du Anathema ? Je me demande vraiment ce que je fais là.

La seconde partie, ou rappel selon comment on voit le truc, feront s'éterniser un concert qui dure déjà depuis presque 1h30 avec également d'autres morceaux de The Optimist. Heureusement la fin m'empêchera de partir de la soirée totalement fâché avec le groupe avec trois titres issus de leur période Rock Progressif et de mon album préféré, Alternative 4 : Lost Control, Destiny et Fragile Dreams, même si celui-ci sera envoyé de manière expéditive. Empty, manque à l'appel, donc dommage, mais on se consolera avec des bouts de Shine On You Crazy Diamond de Pink Floyd intégré dans le set. En vérité ce concert aura été finalement symptomatique de ce qui peut m'énerver chez Anathema depuis plusieurs albums : cette impression d'avoir un groupe boursouflé dans sa quête de la lumière, de trop en faire dans son attitude ou l'interprétation de sa musique et de demander des sentiments sur commande. Très peu pour moi.

Pentacle (Novembre 2017)

Merci à Garmonbozia pour l'invitation.

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