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Alestorm / Aether Realm / Troldhaugen Toulouse (@ Le Bikini)

Histoire de commencer la saison 2017-2018 dans la bonne humeur, le premier concert de votre serviteur pour cette période a été placé sous le signe de la convivialité et du watzeufeuque : SPM Prod faisait venir Alestorm à Toulouse le lundi 9 octobre. D'entrée de jeu, on peut saluer un énorme succès autant pour le groupe que pour l'orga : le Bikini annonce complet (avec 1400 places vendues), et les balcons sont ouverts pour que tout le monde rentre. Quand on se rappelle avoir vu le même groupe quatre ans plus tôt au Saint Des Seins (un bar qui accueille grand maximum 350 personnes)...
 
Sur cette tournée, les Ecossais sont accompagnés d'abord de Troldhaugen, et quand j'évoquais la convivialité et le côté chelou de la soirée, je ne parlais pas que de la tête d'affiche. Ne connaissant pas du tout ce groupe, je m'attend à un truc d'Epic Metal à la Blind Guardian en reconnaissant un sample du Seigneur Des Anneaux en guise d'intro... et puis le sample transite sur YMCA des Village People. Le temps que je réalise dans quoi Troldhaugen essaye de nous embarquer, les membres du groupes débarquent sur scène en dansant en mode disco-funk, dans des costumes en lycra argentés, le sample devient du gros Dubstep et les danseurs se mettent à convulser. Côté public, on ne comprend tout simplement pas. Et puis le groupe commence à jouer, révélant une musique somme toute assez proche de l'avant-goût donné par leur intro. Disons une sorte de mélange de Igorrr, de Psykup, de Twelve Foot Ninja, et de Pryapisme, mais avec plus d'influences Dance/Electro, du twerk, des dabs, et un hommage à Mambo Number Five de Lou Bega sur un passage. Alors, à la lecture ça doit être bizarre à encaisser, mais débrouillez-vous avec ça, après tout moi j'ai eu à le vivre dans la vraie vie et c'était pas une expérience tout à fait sereine non plus.
Blague à part, on pourra retenir (outre le groupe en lui-même et son concept expérimentalo-barré, qui restera ancré dans les mémoires) la prestation du chanteur, qui ne ménage pas sa peine. Avoisinant les 100 kilos de charme et de subtilité tout en grimaces, le vocaliste a un jeu de scène épileptique à base de marionnette ventriloque, de chorégraphies désarticulées, et de claquages répétés de son propre séant, sans oublier son sac-banane fluo.
 
À peine ai-je le temps de me demander si j'ai assisté à une démonstration de génie incompris (et surement incompréhensible) ou bien à la preuve qu'on peut dissimuler sous le terme "art" n'importe quelle parodie grotesque et fantasque si on l'assume suffisamment ; que le second groupe de la soirée entre en scène. Aether Realm offre un Death Mélodique quelque part entre l'efficacité des vieux Children Of Bodom et le côté épique d'Ensiferum. Autant dire que même si on s'est marré tout à l'heure, c'est quand même reposant d'avoir affaire à quelque chose d'un minimum sérieux. Enfin, "un minimum", c'est le mot, puisque le chanteur d'Alestorm s'invite déguisé en tranche de bacon frit pendant King Of Cups, et que le frontman d'Aether Realm prend les choses assez à la légère pour proposer un triangle-pit au lieu d'un traditionel circle-pit.
Si les deux guitaristes offrent des leads et des riffs d'assez bonne facture (Death Melo oblige), parfois avec des harmonies bien pensées, les chansons jouées semblent néanmoins toutes un peu uniformes, prévisibles. Peut-être est-ce le contrecoup de leurs prédécesseurs sur scène qui ont redéfini le mot "aléatoire" ? Peut-être est-ce aussi la faute d'une The Sun, The Moon, The Stars en fin de set, amputée de trois-quarts de sa longueur et qui perd sa dimension magique et épique. Au final, la prestation d'Aether Realm fut moins remarquable bien que globalement bonne.
 
Une majorité du public présent semble s'électriser à l'approche de l'heure fatidique, on note même une dizaine de slammeurs sur Eye Of The Tiger ou We Will Rock You, diffusés entre les groupes. Enfin, Alestorm prend possession de la scène, à la plus grande joie d'une grande partie des présents, qui ne se privent pas de le manifester à coups de pogos sautillants et autres divagations (on assistera notamment à deux "paquitos" géants, sur Magnetic North et Nancy The Tavern Wench, où tout le monde s'assoit et mime des mouvements de rameur).
Pour ma part, je reste mitigé, et me fait la réflexion qu'Alestorm devient une sorte de Sabaton à sa façon : des morceaux efficaces, faits pour le live, et qui font réagir le public, certes, mais... qui sont tous bâtis de la même façons, sans surprise, ce qui nuit à l'intérêt qu'on peut porter au groupe en concert après les avoir vus trois ou quatre fois, comme c'est mon cas. A l’instar de Sabaton, les Ecossais aussi ont trouvé un thème, une niche que peu exploitent, et misent tout dessus pour se créer une originalité artificielle, qui peine à dissimuler une certaine redondance au sein de leur concept dans lequel il est normal de se sentir à l'étroit après quelques albums. C'est exactement comme ça que je vivrai le set d'Alestorm, à tous les plans, jusqu'au t-shirt du frontman affichant "I got lost in the gay dolphin" : marrant, mais c'est la troisième fois que je te vois avec, mec.
Les tubes se succèdent donc, de Mexico à Drink en passant par That Famous Ol' Spiced, Shipwrecked, ou encore la fameuse reprise de Hangover (pour laquelle est invité sur scène le guitar-tech à la gratte folk, ainsi que "Beef Man" qui fera un cul-sec de deux bières en même temps avant de s'approprier le couplet rapé). Alestorm déroule son live plein de gags et de bonne humeur, formule trop bien huilée pour un public conquis d'avance qui semble très satisfait de l'ambiance indéniablement bon-enfant : levers de jambes suscitant l'interrogation "slip ou pas slip, sous le kilt de Chris Bowes ?", énorme canard gonflable sur scène (et canards de bain à l’image du groupe en vente au merch !), couplet "for the dogs !" dans Wenches And Mead (oui oui, il a vraiment chanté des aboiements sur l’air de la ligne de chant habituelle), organisation d'un wall of death, demandes loufoques ("everybody say 'sausages' !" au milieu de Captain Morgan's Revenge)... Efficaces comme jaja, les pirates du Metal ne quittent la scène qu'après leur dernier tube, Fucked With An Anchor, qu'ils n'ont pas manqué de nous adresser personnellement à coup de majeurs levés vers la foule (qui les leur rend).
 
Malgré l'interrogation évoquée quant à l'intérêt de la démarche artistique de la tête d'affiche (et à l'existence d'une démarche artistique de la part de la première partie !), impossible de nier que la soirée fut drôle et réussie, autant pour Alestorm que pour SPM Prod. Au final, si on continue le parallèle avec Sabaton, ça veut dire que je continuerai d'aller voir Alestorm régulièrement malgré tout ce que je peux en dire...

Zbrlah (Octobre 2017)

Merci à SPM Prod pour cette soirée !

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