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Converge, Havok, Gorguts et Revocation le 25 août 2017 Le Trabendo

La période estivale que nous venons de traverser n'a pas été très clémente, tout au moins en ce qui concerne la météo. Mais est ce bien important quand vous avez la chance de voir, le même soir, Revocation, Gorguts, Havok et Converge ? Absolument pas. C'est donc sans l'ombre d'un regret que tous les chanceux qui ont réussi à décrocher leur sésame se sont dirigés vers le Trabendo ce 25 août. 


Quand on met Revocation en première partie, il faut savoir en assumer les conséquences. Le groupe est populaire, hyper carré sur scène et fait figure d'incontournable sur la scène Thrash depuis leur première sortie, c'était en 2008 avec Empire of the Obscene, rappelez-vous. Depuis, les voisins de Converge ont continué leur route et ont sorti réussite sur réussite en laissant une traînée de spectateurs satisfaits de leurs prestations scéniques. Pourtant, malgré une setlist assez intéressante, le groupe ne va pas nous impressionner outre mesure : le son manque de puissance et sur scène on semble accuser la fatigue accumulée de la tournée qui se termine ce soir. Mettons à leur crédit que les compositions ne sont pas à la portée de tous et que, s'ils ne gesticulent pas dans tous les sens, au moins les musiciens sont excellents et exécutent à la perfection ce que l'on attend d'eux, à l'image de leur leader David Davidson et de ses solis. On reste donc un peu sur notre faim, la faute toujours à ce son qui ne met pas assez en valeur la sauvagerie dont le groupe est capable mais aussi à cet immobilisme un peu pesant sur la fin. Un jeu technique à n'en point douter mais qui manque cruellement de spectacle donc.



Gorguts, c'est certes une discographie en béton armée et une volonté d'aller explorer les parties les plus reculées de la musique extrême, mais c'est aussi une ambiance dont l'accent de leur leader, l’inénarrable et très sympathique Luc Lemay, est en grande partie responsable. Assez inexplicablement, le groupe le plus impressionnant de la scène Death Metal en live va faire en grande partie ce qu'a fait Revocation juste avant eux pendant toute leur prestation : se concentrer sur leurs compositions et ne pas développer un jeu de scène outrancier. Oui mais voilà, le soupçon de vie que l'on attend tous d'un concert se retrouve là, dans ces petites discussions que le francophone tisse avec son public et cela suffit à rapprocher les deux parties. Et il faut bien avouer que cela est profitable, tant Gorguts va essayer de nous achever dès la première moitié de la soirée. Au programme, du classique bien évidemment avec des extraits de Obscura qui sont définitivement des merveilles de composition et de puissance, mais aussi beaucoup de morceaux issus de leur dernier album en date, Colored Sands. Il faut d'ailleurs une fois encore montrer tout le respect que l'on a pour ces musiciens qui réussissent à composer une musique aussi extrême et étouffante, si difficile d'accès également, et qui pourtant parviennent toujours à placer l'instant de respiration nécessaire pour accueillir un nouveau déluge d'ombre et de flamme avec sérénité. Devant nos yeux, ce ne sont plus de simples musiciens mais bien des maîtres du zen qui semblent méditer au milieu d'un chaos divin et permanent qui nous offrent une entrevue de leurs méthodes de travail. Gorguts conjugue le talent, la grâce et la puissance et ils sont bien partis pour rester les vrais locataires du toit du monde.



Entre la puissance brute de Converge et la méditation métaphysique de Gorguts, il fallait bien une transition, et c'est fort de ce rôle un peu bâtard que Havok monte sur scène. N'allez pas croire pour autant que c'est faire preuve d'un quelconque irrespect de notre part, bien au contraire. Réussir à se positionner entre deux monstres de la musique extrême, ce n'est pas donné à n'importe qui et Havok va bien s'en sortir. Le Thrash de la formation ne fait pas franchement dans la subtilité, au contraire de Revocation, mais peu importe. Un batteur qui a probablement trop bu de vitamines et des guitaristes en mode pyromanes fous, voilà tout ce que l'on attendait. Un excellent échauffement pour la suite, une très bonne manière de séparer deux mondes qui nous aura cependant moins convaincu que ce qui a précédé et ce qui va suivre. 



Il semble bien qu'à chaque passage de Converge à Paris, le public n'attende que cela. Les discussions entre amis, les éclats de rire et les petits échauffements pour certains pointent tous vers cet instant de suspension qui survient avant chaque concert. Car elle se fait désirer, cette explosion de sensibilité, de rage et de force qui est le propre de chaque prestation du groupe et que l'on retrouve à inévitablement. Les quatre compères ne sont pas encore installés que déjà, la tension qui grouille dans le parterre s'électrise et se répand dans toute la salle. Peu importe que vous ayez déjà vu le groupe ou non, un concert de Converge reste un événement en soi, tant leur réputation les précède, à grands coups de vidéos mises en ligne qui ne font que la faire grandir. Et une fois de plus, nous aurons le droit à la totale : Jacob Bannon et son footing improvisé sur scène qu'il parcourt comme un lion en cage, Kurt Ballou et son imposante carrure qui porte le groupe sur ses épaules, Nate Newton et ses hurlements déchaînés et, pour finir, l'inévitable sourire de Ben Koller qui semble prendre un malin plaisir à sortir roulement sur roulement avec une décontraction à toute épreuve. Le groupe va jouer environ une heure et va surtout se concentrer sur les deux derniers albums sortis, à savoir Axe To Fall et All We Love We Leave Behind, peut être les plus « metal » de leur discographie, un choix logique mais que l'on regrette un peu. Exit les classiques comme « First Light/Last Light » ou même « Eagles Become Vultures » et bonjour le tabassage en règle de Trespasses, assez jouissive sur scène il faut bien l'avouer. Un final avec « Concubine » pour mettre tout le monde d'accord puis un silence et un retour sur « Jane Doe » qui conclura un set de la meilleure des manières possible. Si on regrette vraiment que certains morceaux soient passés à la trappe, on leur pardonne tout sans problème, à ces quarantenaires qui jouent avec la même fougue que les ados qu'ils étaient quand ils ont débuté. Converge, c'est un peu comme un repas de famille au final, on est parfois déçu de ce qui est proposé mais on ne peut pas s'empêcher de passer un bon moment et de repartir avec le sourire. 




Résumons-nous donc, car après tant d'émotions, il faut bien se recentrer. Ce 25 août, nous avons eu la chance de voir, en quelques heures, Revocation, Gorguts, Havok et Converge. Chanceux, nous l'étions, mais il faut bien dire qu'il y avait un peu plus que ça encore. La prestation de Gorguts aurait à elle seule suffit tant les légendes d'outre Atlantique semblent ne pas s'être décidées à calmer le jeu, bien au contraire. Si Revocation et Havok ne nous ont pas autant convaincu que d'autres fois, Converge a pris le parti de s'attarder sur ses derniers albums. Un choix payant pour pas mal de monde dans l'assistance, un peu moins pour nous mais, avec un final aussi apocalyptique, tout est pardonné. Les vieux singes ont encore de quoi nous faire grimacer de plaisir. Gageons que cela durera encore un certain temps.

Raikage (Septembre 2017)

Un immense merci à Kongfuzi Booking pour leur incroyable travail! Merci à Thib, aux groupes, au Trabendo et à tous les autres. 

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Commentaires

Kowa666Le Jeudi 14 septembre 2017 à 00H23

"Eagles become vultures" faisait parti de la setlist il me semble...