Mike Portnoy's Shattered Fortress + Next To None Paris - Le Trianon - 01/07/17

C’est un concert très attendu, même s’il n’affiche pas complet, qui nous amène ce samedi soir dans un Trianon qu’il est toujours particulièrement agréable de visiter. Mike Portnoy vient en effet y faire étape pour sa tournée exceptionnelle, Shattered Fortress, lors de laquelle il s’offre le luxe d’avoir Haken comme backing band (avec l’ajout du guitariste et multi-instrumentiste Eric Gillette, membre du Neal Morse Band). Si la salle n’est pas pleine, les présents semblent clairement enthousiaste à l’idée de passer la soirée en compagnie de l’ex-batteur de Dream Theater.

C’est un autre Portnoy, Max, qui ouvre la soirée avec son groupe Next To None. Le fiston a également choisi de s’exprimer derrière les fûts et a hérité du caractère extraverti de son géniteur. Le groupe est jeune, très jeune, et ce qu’il gagne en énergie et en enthousiasme, il le perd en efficacité et en pertinence. Le Metal progressif teinté de mèche-core joué par le quatuor part dans tous les sens et manque clairement de cohérence. Une fois que l’on a compris que les garçons maîtrisent leurs instruments respectifs, la débauche de technique devient un peu stérile, même si certains passages laissent entrevoir un potentiel réel qui aura certainement besoin de temps pour aboutir à des compositions plus abouties et à une vision plus nette de la direction que veut prendre le groupe. Vous me rétorquerez que des formations beaucoup plus expérimentées tombent également régulièrement dans ces travers. Certainement, mais Next To None aurait, selon moi, tout intérêt à faire le tri et à ne garder que les idées autour desquelles sa musique serait susceptible de gagner en efficacité.

Place ensuite au plat de résistance avec la Twelve-Step Suite, raison d’être de cette tournée exceptionnelle et qui permet à Mike Portnoy d’interpréter sur scène l’intégralité de cette oeuvre livrée par épisodes sur cinq albums de Dream Theater entre 2002 et 2009 et relatant le combat du batteur face à l’alcoolisme. Avant cela, le supergroupe s’attaque à un autre monument des géant du Metal progressif, Metropolis Pt.2 : Scenes From A Memory. C’est en effet par des morceaux de ce disque mythique que Shattered Fortress va encadrer la suite tant attendue. L’occasion de se rendre compte immédiatement que les musiciens semblent particulièrement heureux de prendre part à cette aventure, livrant des versions très dynamiques d’Overture 1928 et de Strange Déjà Vu. Le fait d’avoir la quasi intégralité du groupe Haken sur scène participe évidemment à la cohésion de l’ensemble, mais c’est un lien encore plus fort qui semble relier l’ensemble des musiciens présents sur la scène du Trianon. Peut-être est-ce simplement celui qui peut lier un fan au groupe qu’il admire, et le fait de retrouver Mike Portnoy, derrière sa batterie, en train de veiller sur les « jeunes pousses » qui interprètent des morceaux leur tenant autant à coeur qu’à lui-même semble créer une énergie et une euphorie qui se transmettent rapidement au public de la salle parisienne. 

L'audience submergée laisse éclater sa joie lorsque le légendaire batteur contourne ses fûts pour s'adresser directement au public parisien, depuis le devant de la scène, pour un unique speech qui servira d'ouverture à la (aux) pièce(s) maîtresse(s) du spectacle : la fameuse Twelve-Step Suite. Un groupe peu loquace, donc, malgré le charisme de Portnoy mais aussi celui de Ross Jennings, le chanteur de Haken. D'ailleurs, ce dernier réussit l'incroyable défi de chanter avec un timbre très proche des intonations et des intentions de James LaBrie, rendant l'immersion dans les morceaux de Dream Theater vraiment impressionnante. Lorsque les premiers accords de The Mirror, introduction officieuse de la suite, s’abattent sur nous, il est évident que nous nous préparons à vivre un moment pas comme les autres. Une impression vite confirmée après un dantesque The Glass Prison, suivi d’un tout aussi jouissif This Dying Soul (extrait du très bon, et selon moi sous-estimé, Train Of Thought). Rien à dire, c’est très bon. La complexité de la musique n’empêche jamais la joie et la spontanéité de s’exprimer, le niveau technique hallucinant des ces sept mecs rendant, il est vrai, la tâche beaucoup plus simple à l’heure d’interpréter ces morceaux. Mention spéciale à Eric Gillette, qui prend en charge la grande majorité des solos avec beaucoup de feeling et de facilité, même si l’on aurait au final aimé entendre davantage les deux guitaristes de Haken à l’ouvrage en la matière. 

La Twelve-Step Suite, qui dure environ une heure, semble filer à toute vitesse, rendant caduque toute notion de temps tout en multipliant les morceaux de bravoure avec The Root Of All Evil, Repentance et The Shattered Fortress. C’est un mélange de joie sincère et d’excitation qui semble parcourir la salle, d’autant plus que le (super)groupe ne s’arrête pas en si bon chemin et revient à Metropolis Pt 2 avec un enchaînement Home/The Dance of Eternity/Finally Free en forme d’apothéose pour mettre un point final à un concert qui aura finalement autant célébré le talent et la sincérité de Mike Portnoy que le génie d’un groupe dont l’oeuvre, si elle n’est plus aussi passionnante depuis quelque années, aura quoiqu’il arrive marqué l’histoire du Metal.

Pour vous donner une petite idée du déroulement de la soirée, rendez-vous par ici.


Setlist

Overture 1928
Strange Déjà Vu
The Mirror

Twelve-Step Suite
The Glass Prison
This Dying Soul
The Root of All Evil
Repentance
The Shattered Fortress

Rappel
Home
The Dance of Eternity
Finally Free

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