Kreator + Sepultura + Soilwork + Aborted le Bataclan, Paris, le 26/02/2017

Ce concert avait beau avoir lieu un dimanche, on se laisse toujours avoir, à se dire qu'on a le temps. Sauf qu'on n'imagine pas qu'il puisse y avoir un si grand nombre de Metalleux prêts à headbanger à l'heure du thé. C'est donc après la fin du set d'Aborted que réussissons à pénétrer dans le Bataclan, déjà noir de monde.



Cette tournée est l’occasion de découvrir Soilwork à l’oeuvre avec son nouveau batteur, suite à l’officialisation de Dirk Verbeuren au sein de Megadeth l’été dernier. Même si Bastian Thusgaard ne fait pas encore officiellement partie de Soilwork, ce concert sera la preuve de sa bonne maîtrise du répertoire des Suédois ainsi que d’une belle intégration au sein du groupe. Drappés de lights bleus, les six musiciens délivrent une prestation sans faille composée d’incontournables, tel Stabbing The Drama, jouée en conclusion de leur set, court mais bigrement efficace.



Au moment de l’entrée sur scène de Sepultura, on sent que le Bataclan est prêt à éclater, plein comme un oeuf. Et si le public parisien s’était surtout déplacé pour voir les Brésiliens ? Fort d’un accueil chaleureux de son dernier album, Machine Messiah, et d’un statut prestigieux, Sepultura allait dérouler en terrain conquis. Les nouveaux titres claquent en live et notamment Sworn Oath et son riff massif qui sonnera à la perfection. Les Brésiliens n’oublient pas en chemin les fans de la première heure avec des extraits de Beneath the Remains (Inner Self) et Arise (Desperate Cry) sans oublier Refuse/Resist histoire pour toute la salle d'eructer un puissant "chaos AD". Derrick Green impressionne non seulement par sa carrure mais aussi par son coffre, cependant on déplorera un Ratamahatah quelque peu raté niveau chant (confus sur le refrain) et percussions (n’est pas Carlinhos Brown qui veut). On se rend également compte qu'un deuxième guitariste ne serait vraiment pas du luxe pour meubler pendant les solos, les anciennes compos n’ayant pas été conçues pour sonner aussi bien dans cette configuration à guitariste unique, la basse étant également très en retrain. Le set se terminera bien évidemment sur un Roots Bloody Roots repris en choeur par le public, telle une madeleine de Proust rappelant à bon nombre de spectateurs leur jeunesse.



Il aura fallu attendre cinq ans avant ce nouvel album, Gods Of War, et donc pour enfin voir les Allemands interpréter quelques nouveautés en live, car même si la qualité de Phantom Antichrist n’est pas à mettre en cause, les setlists devenaient un peu redondantes. Aussi, on sera étonné d’entrée que Kreator démarre avec Hordes Of Chaos et pas avec un titre issu du dernier album ; on le sera également de ne pas entendre le “single” Totalitarian Terror alors que le groupe interprètera la moitié de ce nouvel album. Côté bonne surprise, on pourra noter Total Death, issue de l’album Endless Pain, que le groupe n’avait plus joué en live depuis des lustres. Pour ce qui est des nouvelles chansons, on sera agréablement surpris par la version très “heavy” de Satan Is Real, dont le tempo est ralenti pour l’occasion et qui devient dévastatrice. Les titres Gods of Violence et World War Now feront la part belle aux solos harmonisés entre Mille et Sami, parfaitement exécutés, et sur Fallen Brothers, on versera presque une larmiche devant la vidéo projetée sur les écrans géants, présentant un montage de différents portraits de rockstars disparues, n’oubliant presque personne, et ne se cantonnant pas qu’au Metal (David Bowie, Prince, Bon Scott, Chuck Schuldiner, Lemmy, Dio, Jeff Hanneman…). On saluera aussi la belle initiative sur Hail To The Hordes de jouer toutes les mélodies aux guitares et de ne pas avoir recours à une bande pour les parties jouées à la cornemuse sur l'album, et de proposer ainsi un vrai live intégral. Durant cette chanson, on aura droit à la projection d’un montage de photos de membres du fanclub, à qui cette chanson est dédiée. Si côté musique le groupe assure à la hauteur de sa réputation, le show n’est pas en reste (peut-être un peu trop cependant) puisque le public parisien se prendra successivement confettis et serpentins dans les cheveux. Le moment le plus impressionnant visuellement restera sûrement l’intro de World War Now avec les deux percussionnistes additionnels qui prendront place sur les côtés de la scène.

Trois ans après son dernier passage au Bataclan, Kreator aura frappé à nouveau un grand coup, même si, à en juger par l'atmosphère plus respirable qui régnait dans la salle, un bon nombre de spectateurs avaient dû quitter les lieux après le passage de Sepultura. Des pantouflards qui ne souhaitaient pas rater le film du dimanche ? Dommage pour eux.

Grum (Mars 2017)


Remerciements à Garmonbozia et À Jeter Prom pour l'accréditation.
Merci à Marc pour les photos.

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Commentaires

pyofanLe Mercredi 22 mars 2017 à 14H16

Joli report !
Par contre vu au z-7 à Pratteln, Sepultura c'était vraiment pas terrible. L'ami Derrick, depuis le temps qu'il est là, n'est vraiment pas à la hauteur, notamment sur le vieux répertoire. Les refrains sont parfois juste reconnaissables, c'est très très triste. Il n'a aucun coffre, limite ce n'est pas un chanteur. Après, ça n'engage que moi. Et les nouvelles compos désolé, mais c'est le vide intersidéral. Ce groupe est devenu comme le "H" de Hawaii, inutile ! Salutations et bonne continuation, Pierre
PS: oui suis vieux, oui suis ptet con, mais bon dieu, c'était mieux avant Sepultura.