Cattle Decapitation, Impureza, Devoid le 02/08/16 Nantes (Le Ferrailleur)

Quelques semaines après un passage plutôt remarqué au Hellfest, Cattle Decapitation revient nous servir tripes et boyaux au Ferrailleur accompagnés d'Impureza sur cette petite tournée française et de Devoid pour l'ouverture ici même à Nantes.

Devoid joue son dernier titre quand j'arrive à la salle, donc difficile de juger de la prestation dans son entier, mais la récente formation nantaise a déjà bien mis le pied à l'étrier en matière de technicité et de brutalité. En somme c'est sale, c'est gras et ça tabasse, preuve que le groupe en veux avec ses, pour le moment, cinq titres en écoute sur bandcamp. Je suis surtout bien content de voir Impureza en live pour la première fois, alors que, même si les mecs ne sont pas les plus prolifiques du monde sur la production discographique, La Iglesia Del Odio reste un petit chef d’œuvre de Brutal Death / Flamenco tout à fait original. Les débuts sont accueillis un peu timidement par le public, mais le chanteur ne lâche rien pour motiver la foule et faire monter la chaleur dans le Ferrailleur en faisant claquer des mains sur les parties acoustiques ou en lançant quelques pogos sur les parties brutales. Sans trop savoir à quoi m'attendre sur le rendu scénique du mélange des genres, je constate surtout que le chanteur passe avec facilité du growl au chant clair hispanique et que les parties en guitare acoustique sont bien rendues. Bon, certains passages sont samplés parce que Lionel - pourtant d'un niveau technique proprement balaise - ne peut humainement pas jouer sur deux guitares à la fois. Il est toutefois dommage qu'on n'entende pas suffisamment la guitare électrique, alors que celle acoustique est parfaitement mixée. En résulte des compositions mis en avant sur la basse (cette rondeur et ce groove qu'on sortirait d'un album de Cynic ou d'Obscura) et la batterie qui prennent clairement tout l'espace sonore. Alors clairement, niveau efficacité ça fait le taff, surtout sur la fin de set où le public est chauffé à blanc, mais pour reconnaître les compositions il faut d'avantage s'accrocher. Sauf à la fin sur l'énorme El Gitano Maldito, tube du groupe et moment fortement épique d'un concert bon, mais qu'on aurait aimé encore plus profitable dans ses ambiances.



Après un concert au Hellfest convainquant, mais gâché par un son franchement pas à la hauteur, j'attendais de voir comment rendent les américains sur une plus petite scène et avec une proximité avec le public bienvenue pour les concerts de Death / Grind. Ca démarre sur les chapeaux de roue. Le Ferrailleur s'est désormais très nettement rempli et il devient donc difficile d'approcher devant la scène. Le public est déjà au taquet sur l'ouverture Manufactured Extinct. Le chanteur Travis Ryan, comme possédé, s'égosille et s'enroule dans le câble de son micro. Sorte de mélange entre Barney Greenway de Napalm Death et de Jacob Bannon de Converge en tout aussi épileptique. Le son est surpuissant. Bien trop fort même et très peu équilibré avec une assise rythmique clairement sur le devant du spectre sonore. Mais ça, c'est pour les détails. Et la fosse ne s'en embarrasse pas. Ca mouline à tour de bras et ça slamme dans tous les sens. Il est presque rare de ne pas voir quelqu'un soulevé au dessus de ses frères de Metal. Heureusement le son s'améliore après deux / trois titres. Cattle Decapitation donne tout, axant principalement sa setlist sur leur dernier album, The Anthropocene Extinction, sorti en 2015. The Prophets Of Loss, Circo Inhumanitas ou Pacific Grim ne font pas de quartier et seuls quelques samples et pauses entre les titres permettent de ne pas être "trop" pris à la gorge. Malheureusement, peu de vieilleries seront jouées, mais l'on compte néanmoins trois morceaux de Monolith Of Inhumanity pour mon plus grand plaisir et notamment l'énorme Your Disposal ou l'on constate la faculté de Travis à rendre avec autant de justesse son chant clair strident et si particulier sur scène. Kingdom Of Tyrant quand à lui vient conclure un set d'une petite heure, laissant une fosse bouillante qui en aurait bien demandé d'avantage.

Pentacle (Août 2016)

Merci à Jérémy de Blue Wave Production pour l'invitation.

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Commentaires

bing666Le Samedi 13 août 2016 à 00H47

Marrant j'ai vu Cattle Decapitation ici au Canada et j'ai eu exactement le même feeling que Pentacle en France, le chant monstreux, la puissance dégagée, mais set trop court et peut-être trop axé sur le dernier album (que j'apprécie bcp celà dit)...