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Freak Show Gigors et Lauzeron




L'été, c'est presque fini. Et ouais. Fini les cuites par douzaines, les petites étrangères en goguette, les décibels par tonnes, la plage, le surf, les joints, les bières (ah non c'est pas fini, ça). Direction le bureau/le chantier/l'usine/le magasin. Enfin, vous pouvez encore profiter des jours qui restent à faire autre chose que déprimer comme un gothique prépubère ou plonger dans vos factures, et vous faire encore quelques petites réjouissances comme il en existe encore.
La fête de la saucisse chez tonton José ? Non. Sache, jeune impertinent, qu'au cœur de la Drôme (de la quoi ? Va sur Google Maps, analphabète !) se déroulait le vendredi 29 et le samedi 30 août l'un des rendez-vous les plus intéressants de l'été, et probablement le dernier (avant la fête de l'huma, ahah non je déconne), le Freak Show.

« Ah nan mais il est con ce chroniqueur ! S'il croit que je vais me taper des heures de route pour aller à Bourg-en-Bresse voir des hommes à 3 jambes et des femmes à barbes, j'ai plus vite fait de zapper sur NRJ 12, ça reviendra au même».

Bon alors, déjà, Bourg-en-Bresse, c'est pas dans la Drôme, c'est dans l'Ain, petit con. Ensuite, point d'exhibition de phénomène de foire. Ce dont je te parle, c'est l'un des festivals le plus intéressants du Sud de la France (oui, la Drôme, c'est encore dans le Sud de la France, n'en déplaisent aux provençaux intégristes). Le Freak Show est organisé par l'association Gigors Electric Sound System qui se charge le reste de l'année d'animer la campagne drômoise des contreforts du Vercors. La thématique du festival est similaire à la programmation de l'asso le reste de l'année : Noise Rock, Punk, Blues Rock, Hardcore, Rock'n'roll, Noise tout court, Rock Psyché, Indie Rock, Rock Expérimental...même parfois un peu de Metal. Au fur et à mesure des éditions, l'affiche est passée d'une petite dizaine de groupes à plus d'une quinzaine de formations, capable de mêler grosses sensations du moment (Thee Oh Sees, Jessica 93), cadors undergrounds (Cortez, The Horrorist, Coilguns, Headwar) et formations confidentielles (Black Bug, Daikiri, Ten Volt Shock, His Electro Blue Voice). Enfin, là vous avez ma version de gros bourrin Crust/Death/Stoner immergé en milieu indé. Peut-être que des personnes venues d'autres horizons n'auront jamais entendu parler de Cortez ou The Horrorist et placeront Ten Volt Shock ou Black Bug en cadors de l'underground. Mais passons.

Le Freak Show est encore de taille modeste et doit accueillir un peu moins de 3000 personnes au plus fort de sa fréquentation. Il assure un peu une double fonction : à la fois rassemblement pour amateurs exigeants de rock'n'roll à la marge de toute la France, mais aussi grosse fête alternative de proximité où se retrouvent punks, teufeurs, hippies, metalleux et néo-ruraux du coin, du fait d'une affiche relativement abordable pour la majorité du public et d'un prix peu élevé (35 euros). Sa relative confidentialité et sa situation géographique (campagne isolée avec grosse composante de nature, forêts, rivière etc.) en font donc un événement agréable, presque « reposant » bien que quand même foncièrement rock'n'roll.

Jessica 93 @ Freak Show / Marie-Samantha SalvyLes concerts commencent assez tard, aux alentours de 20h30. Malgré le fait que j'habite à une heure et demi, le temps d'arriver et de planter la tente, j'aurais raté comme un con Jessica 93, qui était pourtant l'un des artistes que je voulais voir en priorité, ça m'apprendra. Je débarque sur le site du fest sous le grand chapiteau en plein set de His Electro Blue Voice, combo italien entre noise rock et rock'n'roll bluesy pas désagréable du tout, voire même très bien. Dès que les amplis sont éteints, ce sont les bordelais de Black Bug qui entament à leur tour sous le petit chapiteau. Je pars avec un a priori négatif sur le groupe car je ne suis vraiment pas fan de tout groupe garage à base de synthé et des potes les ayant vu à Marseille m'avait décrit ça comme assez chiant. Mon avis change assez rapidement après quelques morceaux intéressants, tout en équilibre entre froideur et danse, groove et rythmiques mécaniques. La batterie se charge de donner une pulsation post-punk qui agite la foule et apporte un relief aux nappes de synthés épaisses et parfois épiques, ce qui me fait venir à l'esprit que c'est presque du « John Carpentpunk » auquel nous avons droit, moins psyché et plus direct que Zombie Zombie. A engager si vous voulez faire brûler le dancefloor en soirée goth !
Retour immédiat sous le grand chapiteau (« putain ça fait chier les festivals qui enchaînent les groupes sans pauses, on fait pas un marathon ! » me souffle un camarade) pour Ten Volt Shock qui s'empresse d'envoyer la purée avec un Noise Rock très punk visiblement sous influ Mclusky qui réussit à faire presque aussi bien que feu le Black Bug @ Freak Show / DRtrio gallois. A revoir !

Une petite pause plus tard, tout le monde se retrouve sous la grande sculpture d'acier et de lumière fichée à mi-chemin de chaque chapiteau où se trouve une petite scène. C'est le duo de locaux Pistol Postol Pilots qui démarre. Vêtus de queue-de-pie et la tête enroulé de scotch, l'un commence en envoyant depuis ses machines un magma noise rythmé tandis que l'autre baragouine dans un micro saturé d'effets. Le tout rendant une sorte de « voodoo noise » où l'on sent l'influence esthétique d'artistes comme les Cramps ou Screamin'Jay Hawkins passée à la moulinette d'une vision déviante, ambiancé, planante et saturée. J'aime les influences que je devine, j'aime la démarche, j'aime le fait d'être prit au dépourvu musicalement, j'aime les procédés tordus mais j'abandonne au bout de 10 minutes parce trop plat, trop répétitif, trop chiant ? C'est peut-être pas une bonne idée d'avoir placé ce duo en plein milieu d'une soirée plutôt remuante musicalement et c'était peut-être une mauvaise idée de ma part de les avoir vu clean. C'est ensuite sous le grand chapiteau qu'on fait connaissance avec le trio suisse de Coilguns. Sans préavis, ils envoient la sauce de leur hardcore/post-hardcore/noise-hardcore qui fait peu de concessions. Brutal et sans pitié, leur musique tape dur et prend à la gorge rapidement, amenant un bordel monstre dans le public attisé par un chanteur qui ne se tient absolument pas, bondit sauvagement de droite à gauche, se déhanche à s'en faire péter les vertèbres, se jette frontalement dans le public...mais en fait dix fois trop. C'est bien ce qui m'aura gâché leur set personnellement. On sent qu'il a envie de tout casser, de se donner à fond mais on sent aussi qu'il en fait des caisses. Sa prestation finit par apparaître pas si naturelle et un peu forcée. Vraiment dommage puisque leur set partait vraiment bien. Le reste de l'audience ne partageait probablement pas mon opinion puisque ça ne les a pas empêché de mettre complètement le feu.
N'attendant pas les ultimes notes des suisses, je me dirige vers le petit chapiteau pour Headwar @ Freak show / Ra²Headwar dont je n'ai jamais entendu parler. Grand mal m'en fasse, j'aurais dû m’intéresser beaucoup plus tôt à ce groupe franchement exceptionnel, qui ne prend pas le terme « noise » au troisième degré. Headwar, c'est un chaos de noise pure où les instruments ne sont même pas utilisés de manière conventionnelle : sur les guitares, une cymbale vissé par dessus les micros, percutée avec une baguette, jouant l'accord placé sur le manche...intéressant ! En plus, un bric à brac de percus, pièces métalliques, synthés trafiqués...Le set sera brutal et désorientant, diffusant les compositions hurlantes et viscérales du groupe comme autant de vague de téléporteur pour transporter le public dans une dimension où plus rien n'a vraiment de limites définies. Punk en diable, la foule ne sera plus qu'une masse heureuse, déchaînée dans un pogo gluant et éthylique. Headwar, c'est vraiment LA découverte de ce festival, celle d'un groupe qui rappelle autant Stockhausen qu'Unsane, Pink Floyd que Merzbow, d'un groupe qui mérite d'être classé parmi les grands de ce pays mais qui échappe totalement aux radars des médias comme du public.
Pour la dernière de ce jour, retour sous le grand chapiteau pour assister au set de The Horrorist. Décrivons rapidement cet artiste : Dj seul en scène, il rassemble le plus violent des musiques electroniques : Hardtech, Gabber, Breakcore, Terrorcore ect...pour tout mélanger dans une ambiance décérébrante à coup de visuels fascistoïdes au second degré, la rencontre entre 1984 et Matrix. Écartons immédiatement les doutes : au contraire d'artiste comme NONThe Horrorist ne fait pas parti des néo-nazis infestant les scènes electro et indus extrême. Son imagerie doit plus à la galéjade, au second degré, plus proche dans l'esprit de la scène indus metal.
Inutile de vous dire que si les grosses basses matraquées à la vitesse d'une charge de tank vous ennuient profond, ce n'était pas la peine de venir. Personnellement, j'apprécie les genres electro extrêmes, mais là à cette heure-ci et sans drogue, je me lasse assez vite du spectacle pourtant bien sympathique de The Horrorist qui fait le show avec bonne volonté malgré une assistance réduite. Félicitions d'ailleurs le bonhomme qui est arrivé de New York dans la journée et qui doit repartir le lundi suivant, ne faisant aucun caprice de star jetlaggé au possible.
Pour l'after, retour sous la structure métallique centrale. Inexplicablement, un DJ de boite de province arrive pour balancer une techno minimale en tout point conforme à ce que n'importe quelle boite est en mesure d'offrir. Ça suffit, j'vais me pieuter.

Le lendemain, je suis réveillé une première fois par un hélicoptère (on y reviendra plus tard) pour me rendormir avant le vieux réveil classique à 8 heure du mat' avec ce putain de soleil à la con qui te rôti comme une merde dans ta putain de quechua. Rah, mais j'en ai plein le cul je vais faire des fest en Norvège et c'est marre, chié. Au moins, ça m'aura permit de voir une jeune nymphette locale se baquer dans le plus simple appareil dans le courant frais de la Sye, cours d'eau local que nous avons à franchir façon Indiana Jones sur un joli petit pont de bois fabriqué pour l'occasion. Glandage au point petit-dèj/café à côté de l'entrée du fest, histoire de se remettre l'estomac d'aplomb. J’apprends que cette tente n'est autre que le Freak shoff, à savoir le Off du Feak Show. Tiens, première nouvelle, rien ne l'indiquait. Visiblement, l'after a continué longtemps avec des artistes plus recommandables jusque tard, conclut par un karaoké endiablé à 6h du mat, le tout pendant que je dormais du sommeil du juste. C'est rageant. Mais bonne nouvelle, il recommence à partir de 14h jusqu'à l'ouverture des portes du Freak Show. Cool ! Je n'assisterais pas à tous les groupes pour cause d’errances et de siestes, mais saluons déjà Sans Plomb 95, de Pernes-les-Fontaine (à côté de chez moi), qui jouait un rock noise/free jazz audacieux et drôle. Anecdote sympathique : un type monte sur scène et se met à baver un propos incompréhensible dans le micro. Il est tellement raccord avec la musique du groupe que je suis persuadé que c'est leur chanteur jusqu'à ce qu'il soit jeté hors de scène et qu'il se mette à dormir par terre comme une merde quelques mètres plus loin. En fait, c'était juste un mec bourré. Bravo à lui. Autre surprise de poids, Noyades, trio lyonnais balançant un excellent mélange de stoner, rock'n'roll et post-rock qui envoyait sévèrement du bois de tout les côtés malgré le fait que personne ne les attendait ! Mention spécial aussi à l'homme cagoulé seul à la basse et son drône envoûtant. Ce Off est en tout cas une très bonne idée car permettant de patienter sans s'emmerder jusqu'au redémarrage des festivités, le tout dans une ambiance conviviale, vautré sur des vieux canapés dans l'herbe, une bière à la main ou un café de temps à autre. Le Freak Show gagne grâce à son Off la mention double plus bien.

Lorsque les hostilités reprennent, c'est Pistols Postol Pilots qui remettent le couvert en guise de mise en bouche. Moins désagréable que leur première prestation, je n'arrive toujours pas à rentrer dedans.
Les choses se corsent ensuite sous le grand chapiteau où T.I.T.S (rigolons un peu : essayez de les trouver sur google, tiens...) fait crisser les première guitares du jour. Mes aïeux, ce combo franco-belge est des plus ravissants pour les oreilles. Un garage punk'n'roll abrasif et branleur qui enflamme les amplis sans crier gare et discourt simplement en n'y allant pas par quatre chemins. Le groupe sonne comme si Sonic Youth tallait une pipe aux Cramps dans une contre-allée sordide. On est conquis direct, sans que le groupe n'ai besoin d'artifice quelconque ni de gimmick de showman.
Je ne sais plus où j'étais pour les Movie Star Junkies, je crois que je mangeais un chili con carne. Chili con carne d'ailleurs pas mauvais du tout, on sent que l'orga a mit la main à la pâte pour le faire. Ça et les frites artisanales, on peut dire qu'on se fout pas de la gueule du monde question bectance sur ce fest. Hormis les quantités bien trop limitées, ce genre d'attention renforce la mention double plus bien, il est assez rare qu'on puisse manger correctement dans ce genre d’événement, il est justifié de le mentionner. En plus, vous avez même pas remarqué que j'ai noyé le poisson sur les Movie Star Junkie, donc je passe à Thee Oh Sees.
Thee Oh Sees @ Freak Show / Ra²Ça sera un peu l'exception à la règle de l'affiche, vu que vous avez eu la possibilité de voir ce groupe dans quasiment tous les festoches de France, voir d'Europe au contraire du reste de l'affiche. J'étais d'ailleurs assez moyen chaud les concernant, ayant pour habitude de fuir comme la peste les buzz et la hype indé qui gangrène le monde du rock'n'roll actuel, Thee Oh Sees s'en rapprochant quand même pas mal. Je revois mes a-priori rapidement. Croyant avoir à faire à un combo de revival psychédélique sans grand intérêt, je me retrouve devant un power trio où garage, psyché, pop et punk font bon ménage. Beaucoup d'énergie distribuée par le groupe qui n'accumule pas tant de « pose » que ça et font le job en ayant le cœur à l'ouvrage. Finalement un vrai concert de rock, tout simplement. La réduction du line-up (ils sont 5 à l'ordinaire) a eut une influence sur la construction du set. Plus difficile d'envoyer les effets et les construction alambiquées, ils ont du revenir à l'essentiel et jouer plus sur l'énergie brute. Une bonne surprise les concernant, même si le guitariste tient sa pelle comme un Beatles et que je déteste ça.
Une pause à la mi-soirée et l’helvétique germain Urban Junior aimante soudainement la foule vers la structure métallique centrale. Son boogie rock du futur remporte les suffrages avec une aisance qui frôle le plébiscite : la ferveur gagne l'assistance qui se déhanche avec entrain tandis que l'artiste, one man band, jongle avec guitares, synthés et batterie à grand renfort de loop et d'effets. Le tout très technologique donne presque une teinte électro à sa musique. Le dancefloor s'emballe pour ce blues rock noisy moderne et positif qui ferait passer les White Stripes pour de tristes sires. Ça grimpe même sur les tables pour avoir la chance d'apercevoir ledit trublion riffer comme un diable, le sourire au lèvre, comme tout le monde ! Probablement un des meilleurs sets de la journée.
Les lozérois de Pord sont les suivant sur la liste. Sous le chapiteau, le désormais bien connu trio Noise Rock entame avec plus de qualité que dans mes souvenirs, où je me rappelle surtout de shellaqueries à la rythmique instable, presque plus math rock que Noise. Cette fois-ci, on sent que les natifs de Mende ont mit du New York dans leur sauce. Plus lourd, plus agressif, on sent qu'une fragrance d'Unsane vient muscler leur son. Un brin plus hardcore et plus simplement rock'n'roll, ils en imposent grave sur scène et confirment leur nouveau statut d'icones noise françaises !
Changement de chapiteau, quelques pas pour aller sous le petit pour assister aux déflagrations de Daikiri. N'ayant que peu entendu parler d'eux, je crains la blague lo-fi / noise intello hipsterisante qui généralement m’ennuie profond. Grave erreur, mon colonel. Duo basse/batterie tout grondement dehors, un peu punk un peu math rock, très noise et très lourd, ils jettent des paquets de magma dans la foule mais sans vraiment d'agressivité, plutôt avec une approche dadaïste teintée d'humour et de beaucoup d'absurde, où la voix criarde et aiguë du chanteur/bassiste/poil créé un décalage fendard avec la bourrinerie qui sort des amplis. Bonne surprise ! Mais ce n'est encore rien car le vrai plat de résistance de la soirée approche. Cortez, ou le meilleur Cortez @ Freak Show / Marie-Samantha Salvygroupe suisse de Noise/Hardcore du monde, avant-dernier groupe à se produire et probablement celui qui aura délivré le plus de violence musicale. Oui, plus que Coilguns, parce que là avec Cortez, ça vient du fond du fond des tripes et ça ne pardonne pas. Aux antipodes de groupes de hardcore musclés et bas du front, la sensibilité intrinsèque de leur musique se ressent toujours mieux lorsque les suisses poussent à bout leurs compositions les plus borderlines. La crème de leur deux albums est présenté ce soir à un public pas si nombreux et un peu étonné par toute cette puissance sonore sans concession et disons-le carrément plus brutal que tout ce qui est passé ici. Comme à l'habitude, Cortez ne s’embarrasse pas de fioriture et entre directement dans le vif du sujet pour un set sans temps mort. Violent, écorché, prenant. Les connaisseurs auront pu reconnaître Néant, El Vetic, I.M.T.v, Mine de rien, des classiques intemporels venus droit de leur désormais culte première galette qui font leur effet comme au premier jour. C'est la deuxième fois que je les vois et l'incroyable virtuosité du batteur n’impressionne toujours autant et le chanteur épais comme un spaghetti en impose toujours autant.  Cortez envoie toute une série de claques bien sèches qui résonnent dans l'air, émotion intacte. Ils concluent un concert de haute volée sur l'épique Borella, issue de leur dernier disque, un  deuxième guitariste venant les rejoindre, renforçant la lourdeur et l'hypnotisme des riffs. Une foule clairsemée mais impressionnée sort du grand chapiteau. Épuisé par l'intensité de Cortez, je n'assisterais pas à The Intelligence, compagnon de tournée de Thee Oh Sees, dont j'entends au loin les riffs post-punk commencer à animer le dancefloor.

Alors le freak show, 20/20 ou quoi ? N'exagérons rien, pas 20/20. Parce que honnêtement ça commence vraiment à faire tard de débuter les concerts à 20h (oui même si je suis arrivé à 21h30 le premier jour, ça va hein), c'est un peu trop long, on aurait presque le temps de se faire deux trips aux acides et un scrabble en attendant. Heureusement, le Off détourne l'attention du problème, mais tout de même. Et puis, attendez les mecs, deux chiottes pour tout le camping vers lesquelles il faut faire un kilomètre aller-retour ? Comme un artiste réactionnaire qu'on ne citera pas, je dis NON.
Plus sérieusement, ce premier Freak Show pour ma pomme aura été une excellente expérience. Ambiance au top même si je m'attendais à bien plus grave en terme de visuels déviants, équipe sympa, public varié allant du plus trash au plus gentil qui sait se mettre dans l'ambiance comme il faut (et non pas rester les bras croisés en tirant la gueule, ambiance trve black metal sous xanax, la norme en terme de comportement en concerts ces derniers temps) et surtout une programmation de qualité supérieure dont le seul vrai reproche est le DJ de la première nuit, car on attend d'un festival de cet acabit qu'il nous évite le genre d'écueil musical qu'on s'évertue au quotidien à s'épargner en fuyant les boites comme la peste. Je n'ai rien vu de mauvais, la plupart des sets étaient de très bonne qualité et quelques excellentes surprises et découvertes sont à compter, en particulier le concert totalement atomique d'Headwar ! On regrettera juste qu'il n'y ait pas assez de bouffe et qu'il fallait se taper un kilomètre à pince pour poser la traditionnelle pêche post-cuite du petit matin, ce qui met de mauvaise humeur, voilà.

Ah oui, et mes félicitations au mec drogué jusqu'aux yeux qui a été évacué en hélico parce qu'il s'est fait attaquer par des frelons, ma tente était à dix mètre et c'est probablement le réveil le plus what the fuckesque que j'ai eu en festival.

Garik (Octobre 2014)

Crédits Photos :
1 et 5, merci à Marie-Samantha Salvy pour son aimable autorisation
3 et 4, Merci à Ra² pour son aimable autorisation
2 : DR

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