Fredrik Åkesson (Opeth) Hellfest 2017

Hellfest 2017, nous rejoignons Fredrik Åkesson, guitariste d'Opeth dans le coin VIP afin de nous entretenir avec lui sur le dernier album du groupe notamment.

Salut Fredrik, et merci pour cette interview. Comment ça va ?
 
Fredrik Åkesson : Ca va ! On est arrivés il y a même pas deux heures, on vient de manger et nous voilà pour les interviews.
 
En 2014, votre batteur Martin Axenrot était venu un jour plus tôt pour voir Deep Purple, si j'en crois l'emploi du temps que tu viens d'évoquer, ce n'est pas le cas cette année ?
 
Malheureusement non. Mais on en a effectivement parlé, on s'est dit "merde, on va rater Deep Purple !". Je ne les ai toujours pas vu avec leur line-up actuel, avec Don Airey. La dernière fois, ce devait être à la fin des années quatre-vingt-dix, pour la tournée Purpendicular je crois ? Mais il me tarde de voir Scorpions ! Ah non, attend, c'est demain, à un autre festival où on doit aller ensuite ! C'est Aerosmith ce soir au Hellfest, c'est bien ça ?
 
Oui c'est bien ça, encore un point commun avec 2014 d'ailleurs ! Mais parlons un peu d'OpethSorceress a bientôt un an, comment vois-tu l'album avec ce recul ?
 
Quand tu as vraiment bossé sur un disque, à fond, longtemps, souvent tu ne veux plus l'écouter du tout, ensuite. Mais les chansons sont toujours très funs à jouer en live. On a d'ailleurs récemment ajouté Era à notre set, et quand on fait ça, ça "rafraîchit" la chanson, c'est agréable. J'adore vraiment jouer les nouveaux titres, en fait. Et il semble que le public aime aussi, les gens sont réceptifs, et c'est gratifiant, bien entendu. Mais ces temps-ci, on commence à réfléchir à la suite plutôt qu'à se retourner vers Sorceress. Mikael a les doigts qui le démangent, il va probablement se remettre à écrire prochainement.


 
Excellente nouvelle ! Tu peux nous en dire plus ?
 
Pas vraiment... On a encore rien écrit. Il y a bien quelques idées qui sont encore là, qu'il nous reste depuis l'écriture de Sorceress... Mais Mikael ne s'y est pas encore véritablement attelé. Pour ma part, j'ai enregistré quelques riffs pour les lui montrer, mais on parle de tous petits embryons de chansons, là, rien de concret.
 
Donc, pas pour 2017, à priori ?
 
On va encore pas mal tourner cette année, en Angleterre, puis au Japon, en Russie, en Finlande... Je pense qu'on aura le temps de commencer à écrire en 2017, en fonction de l'humeur et des disponibilités des Mikael, mais l'album ne sortira probablement pas avant 2018.
 
Vous êtes désormais sur un nouveau label, est-ce que ça impacte votre façon de travailler ?
 
Il y a quelques différences, oui. On a travaillé avec Tom Dalgety qui a produit Sorceress, on a décidé de mixer un poil plus fort la batterie. Le nouveau label était une bonne chose. Nuclear Blast Records ont été super, ils nous ont laissé faire ce qu'on voulait, et ils ont bien soutenu l'album. Ils sont amicaux, bien organisés. On a aussi créé notre propre sous-label, Moderbolaget Records, ça aussi c'est nouveau. Mais on va voir comment se passe la suite, on ne peut pas encore trop juger du résultat. Il y a différentes options qui vont se présenter, je pense. En tout cas, on contrôlera forcément mieux ce qu'on fera, et ce sera forcément une bonne chose.
 
De plus en plus de groupes jouent des albums en entier, sur scène. Vous l'avez déjà fait avec Blackwater Park et Ghost Reveries, est-ce que tu serais intéressé pour le refaire ?
 
Oui, pourquoi pas ? Ça a l'air d'être une pratique courante ces temps-ci. D'ailleurs on l'a refait, enfin en quelques sortes, avec quatre concerts spéciaux où on a joué une sélection de titres issus de Damnation et Deliverance. C'était le même état d'esprit, mais pas tout à fait. Je pense que c'était un peu plus marrant. Parce que jouer un album du début à la fin, ça rend stérile une dimension du spectacle. Surtout que les deux première fois, avec Blackwater Park et Ghost Reveries, on l'avait fait comme sur l'album, sans parler entre les titres. C'est cool, mais il y a un côté stérile. Mais c'est un vrai défi, en tout cas, ça c'est sûr. Ghost Reveries était un challenge à jouer en live, et c'était agréable de réussir à le mettre en place.
 
Tous les membres d'Opeth sont fans du groupe français Magma. Depuis que Mikael a pu les faire jouer au Roadburn, ils y ont à nouveau joué une deuxième fois cette année et ils était aussi au Hellfest l'an dernier. Ils font de plus en plus d'apparitions dans des festivals Metal. Qu'en penses-tu ?
 
Je trouve ça très bien. C'est intéressant pour les gens de voir quelque chose de différent. Ça ouvre les esprits. Et puis Magma, c'est un truc vraiment unique, et même si c'est pas foncièrement Metal, ça reste sombre et y a un côté "maléfique". Je pense que ça peut vraiment intéresser pas mal de fans de Metal. Il y a aussi plein de métalleux fans de choses qui soient progressives, et Magma est très prog.


 
Vous avez récemment tournés avec Devin Townsend et nos frenchies Gojira. Est-ce que tu as des anecdotes à ce sujet ?
 
Hmm... C'était une petite tournée, on a fait neuf concerts ensemble je crois ? Et certains étaient des festivals. Mais je pense que c'était une excellente chose d'associer ces trois groupes. Chaque groupe est différent et pourtant connecté aux autres d'une façon ou d'une autre. Gojira était super, Devin Townsend était fantastique... Mon concert préféré a été à Red Rocks, au Colorado. Un énorme amphithéâtre, beaucoup de monde... On a filmé ce concert, on va très probablement en faire un DVD.
 
Et les concerts Damnation / Deliverance dont tu parlais tout à l'heure, vous les avez filmés aussi ?
 
Ah non, pas ceux-là. On aurait dû !
 
À propos de lives, vous jouez souvent de vieux titres axés Death Metal en concert. Est-ce que c'est votre volonté de garder un équilibre entre vos anciennes compositions et les nouvelles ? Ou est-ce que vous les jouez parce que vous sentez que c'est ce que les gens attendent d'Opeth ?
 
Je pense qu'on dépend à la fois de l'énergie des anciennes et des nouvelles chansons. Selon moi, ça créé des setlists intéressantes avec de bonnes dynamiques. Donc je... Enfin, je pense pouvoir parler au nom de tous dans le groupe, on aime tous jouer nos anciens titres. On est des métalleux, on aime vraiment cette période du groupe. Mais j'aime aussi jouer nos nouvelles chansons et les mélanger fonctionne bien en live. De toutes manières, même avant Heritage, il y a toujours eu cette dynamique en concert avec des parties rapides, des parties acoustiques, des parties mélodiques... Ca a toujours été un ingrédient de la musique d'Opeth. A vrai dire, c'est assez difficile de choisir une set-list. On essaye de varier un peu, bien que certains titres reviennent souvent, comme Deliverance ou Demon Of The Fall. Ca dépend aussi du contexte, par exemple ce soir on ne peut jouer qu'une heure, on ne fera que six chansons. Et il y aura des vieux trucs. Et des chansons récentes, aussi, bien sûr, on est aussi là pour promouvoir Sorceress, deux titres sur les six de ce soir seront issus de Sorceress.
 
J'ai une question bonus un peu bizarre. En 2014, vous aviez joué au Hellfest le même jour et sur la même scène que Soilwork... Et en 2017, rebelote. Or, Mikael Åkerfeldt est un guest sur A Predator's Portrait, l'un des titres de Soilwork. Bon, pour cette année encore, c'est raté, puisque Soilwork a déjà joué et qu'il n'y a pas eu de duo. Mais penses-tu qu'un jour ça pourrait arriver ? Est-ce que vous êtes en contact avec Soilwork ?
 
Euh, je ne sais pas trop. On croise parfois Bjorn Strid en festival, on aime trainer ensemble et boire des coups, mais je ne sais pas si Mikael et lui se parlent régulièrement en dehors de ce cadre. Mais c'est quand même un bon ami et c'est un excellent chanteur. C'est pas en 2014 que le plancher de la scène avait pété pendant qu'ils jouaient ?
 
Si, et leur bassiste était tombé dans le trou. Mais je suis allé les voir jouer tout à l’heure, et la scène à tenu bon cette fois !
 
Ok, on croise les doigts pour que ça dure... On va jouer sur la même scène, donc...!
 
Le Hellfest est devenu un festival familier pour Opeth. Pour conclure cette interview, est-ce que tu as des trucs à nous raconter à ce sujet ? Comment vois-tu l'évolution de l'esthétique du festival ?
 
Si je ne me trompe pas, c'est la quatrième fois qu'on y joue. Si on compare la première fois et aujourd'hui, ça a vraiment changé, tout est plus grand. Déjà en 2014 c'était immense et aujourd'hui c'est encore plus fou. C'était tellement grand qu'ils nous avaient fait joué après Black Sabbath, tu te rends compte ? Le truc incroyable... En fait, je suis toujours assez admiratif du line-up que le Hellfest arrive à rassembler. Il y a toujours pleins de groupes très différents. D'ailleurs je voulais voir Emperor mais ils jouaient hier...
 
Non, ils jouent demain. Ils ont échangé avec Behemoth pour qu'ils puissent être au Grasspop.
 
Ah, ok ! Enfin, en tout cas, c'est chaque fois une très bonne affiche, avec plein de groupes de légende et de nouveautés.
 
Merci Fredrik !
 
Merci à vous !

Zbrlah (Novembre 2017)

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