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Yoshiki de X Japan Paris, 2017

A l'occasion de la sortie du film-documentaire sur X Japan intitulé We Are X, nous avons eu la chance de nous entretenir avec Yoshiki, multi-instrumentiste et leader du groupe depuis sa formation en 1982. Il est revenu sur sa longue carrière, ses multiples collaborations et ses doutes, et bien sûr le nouvel album de X Japan qui doit, selon ses dires, sortir l'année prochaine.



Ma première question concerne le prochain album. J’ai appris que les paroles étaient essentiellement en anglais. Avez-vous apporté d’autres changements à votre musique pour assurer un succès mondial?


Yoshiki : Le prochain album sera presque entièrement en anglais parce que j’ai commencé à vivre à Los Angeles il y a environ 20 ans et depuis, je pense et je rêve en anglais. Ca m’est donc venu naturellement. Je n’ai pas pensé tant que ça à la réussite mondiale donc je n’ai pas changé grand chose. Je voulais juste créer le prochain album en le rendant plus novateur. C’est juste une version évoluée de X Japan. Si ça devient un succès ce serait génial, mais on ne peut jamais le prévoir.

Dans le film We Are X, Gene Simmons dit que si vous étiez nés en Angleterre ou aux Etats-Unis, vous seriez peut-être le plus grand groupe du monde. Quelle est votre opinion? Pensez-vous qu’il est plus facile de nos jours pour les groupes japonais de réussir sur la scène internationale?

Y : Oui, je ne dirais pas facile mais plus facile qu’avant. Je veux dire, il y a 20 ou 30 ans, c’était presque impossible pour des artistes japonais ou d’autres pays de devenir célèbres ou même tout simplement d’être découvert, mais grâce à internet n’importe quelle musique venant de n’importe où peut se répandre à travers le monde. Ce que Gene Simmons a dit est le meilleur compliment qu’on m’ait jamais fait. On a toujours sorti nos disques au Japon, pour le public japonais, mais cette fois-ci, pour la première fois, nous allons sortir le nouvel album dans le monde entier. On ne l’a jamais fait auparavant. Cela va contredire ce j’ai dit juste avant mais après toutes ces années, on pourrait devenir... je ne dirais pas le meilleur groupe du monde, mais un assez grand groupe.

Parfois les gens pensent que le Visual Kei joue essentiellement sur l’apparence physique ou qu’il est similaire au Glam occidental. Vous avez abandonné le style flamboyant il y a longtemps, mais avez-vous gardé l’esprit Visual Kei? Comment pouvez vous expliquer le mouvement Visual Kei à ceux qui ne le connaissent pas bien?

Y : Certaines personnes confondent le Visual Kei avec le Heavy Hair Metal américain des années 80 ou le Hair Rock. Je n’ai rien contre les groupes de ces genres musicaux, je les adore! Mais X Japan vient du Punk Rock et de la New Wave, donc le Visual Kei n’est pas juste un genre musical, c’est plus un esprit, un mouvement. Par exemple, X Japan ne pouvait pas appartenir à un genre précis, parce qu’on jouait de la musique "heavy" avec notre look fou et androgyne. Les gens en général et les critiques ne pouvaient pas nous mettre dans une catégorie alors on a dû créer un nouveau genre nous-mêmes. Ce qu’on voulait montrer était la liberté de pouvoir exprimer tout ce qu’on voulait, en gros l’idée que le Rock devrait permettre plus de liberté. Finalement, beaucoup de groupes ont pris la même direction que nous et c’est devenu un mouvement. Donc en somme, le mouvement Visual Kei est très Punk Rock, il s’agit de se rebeller contre tout ce qui nous limite.



Vous dites souvent que le moment où vous avez composé pour l’Empereur du Japon a été un tournant décisif de votre carrière et de votre vie, que cela vous a permis d’avancer quand vous étiez en dépression. Pouvez-vous décrire la nouvelle approche que vous avez eu pour la composition de ce morceau?

Y : C’était juste après la séparation de X Japan et la mort de Hide (le guitariste), donc presque tout ce que j’avais construit s’est effondré, dont ma confiance. J’ai commencé à me poser des questions existentielles. Environ un an plus tard, on m’a demandé de composer un morceau pour le dixième anniversaire du règne de l’Empereur. Je me suis demandé si j’en étais capable. J’avais peur, mais j’ai fini par composer un concerto pour piano. Puis, j’ai joué au Palais Impérial. J’étais impressionné et je me suis dit que j’avais réussi à composer un beau morceau. Aussi, quand j’ai entendu l’acclamation du public je me suis dit "Wow, je devrais être sur scène en tant que musicien". Ca m’a redonné confiance en moi donc oui, cette expérience a été un tournant décisif dans ma vie.

Une photo de vous avec David Bowie apparaît dans le film. A quelle occasion l’aviez vous rencontré? Comment vous a-t-il influencé?

Y : Je pense qu’il était venu au Japon pour la promotion d’un de ses concerts, donc on m’a demandé de faire une interview avec lui, pour la radio je pense. J’ai toujours aimé David Bowie parce qu’il n’avait pas peur d’expérimenter, de créer de nouveaux personnages intéressants. Ca m’a beaucoup influencé. Aussi, quand je lui ai posé la question "Où mettez-vous la limite entre votre vie sur et hors de scène?", il ne pouvait pas me répondre. A ce moment-là, j’ai senti qu’il ne vivait pas vraiment hors de la scène. C’est comme si on disait "Tant que je suis en vie, je dois vivre comme si j’étais toujours sur scène, même quand je suis seul ou en train de composer."
Donc il m’a beaucoup fait réfléchir sur ce que l’Art devrait être.

Avez-vous encore des enregistrements inédits de Hide que vous voudriez utiliser?

: Oui, je pense que j’en ai beaucoup, mais on a toujours l’impression de jouer avec lui dans notre coeur, c’est presque comme si Hide était dans le nouvel album (qu’on va bientôt terminer), que ses enregistrements soient réellement utilisés ou non. Quand je composais les titres, je me disais "Hide aurait joué la guitare dans ce style", donc j’ai juste utilisé mon imagination, j’ai adapté sa vision pour l’intégrer dans l’album. Donc la réponse est oui, je possède beaucoup d’enregistrements inédits de Hide mais je n’ai pas besoin de les utiliser.

Vous vivez à Los Angeles depuis 20 ans. Est-ce que le Japon vous semble un peu étranger maintenant?

Y : Non, pas vraiment. Je vais au Japon presque tous les mois donc je peux dire que j’y vis encore. Je voyage beaucoup donc je me considère plutôt comme un citoyen du monde.

Depuis peu, vous enregistrez de la musique avec Marilyn Manson. Pouvez-vous nous donner plus de détails sur ce projet?

Y : Oui, Marilyn Manson est un bon ami. Il vient dans mon studio parfois et on parle de nos vies. Au lieu de simplement bavarder en s’enivrant, on a décidé de créer de la musique ensemble. Donc oui, on a déjà enregistré quelques titres.

Je pense que beaucoup de personnes seront surpris de voir David Lynch dans le film. Je sais qu’il a réalisé le clip de Longing. Est-ce que c’était Lynch qui a voulu collaborer avec vous? Vous souvenez-vous comment c’était de travailler avec lui?

Y : Je pense que c’était l’idée de mon manager à l’époque et David Lynch avait accepté. En fait je l’ai vu il y a quelques semaines à Los Angeles. C’était inspirant de travailler avec lui, mais aussi George Martin par exemple. J’ai été assez chanceux de collaborer avec ces formidables réalisateurs / producteurs.

Neredude (Novembre 2017)

Interview par Liyah pour Metalorgie.
Photos : We Are X.com © 2017
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