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Biographie

dEUS

  C’est dans la ville belge d’Anvers que débute l’aventure dEUS. Plus précisément en 1991 et à l’initiative de Tom Barman (guitare et chant), Stef Kamil Carlens (guitare), Gino (basse), et de Kris Daans (batterie). La formation se produit alors dans les petits clubs de Flandres en réalisant des reprises acoustiques du Velvet Underground, des Pixies, ou encore Neil Young. Trouvant peu à peu ses marques, le quintet va se rôder en Espagne et en Belgique avant d’enregistrer plusieurs démos. Un accord sera finalement trouvé en 1993 avec Bang ! Records à propos de la distribution du maxi Zea, leur première véritable production. Celle-ci suscitera déjà l’intérêt des structures indépendantes anglo-saxonnes, mais ce sont les prestations londoniennes en première partie de Girls Against Boys qui vont créer le buzz autour de dEUS.
  Suite à un léger changement de line-up, l’album Worst Case Scenario sera mis en boîte au cours du mois de décembre 1993. Tout va très vite, puisqu’un contrat de licence mondiale est conclu le mois suivant avec le géant Island Records, label qui avait déjà le groupe dans ses tablettes depuis sa première escapade britannique. Le succès est alors colossal en Belgique, mais il va allègrement dépasser les frontières du plat pays. Forts de cette solide réputation nouvellement acquise au sein de la scène indé mid-90’s, l’EP My Sister = My Clock sera enregistré dans la foulée l’année suivante. Mais dEUS connaît son premier vrai départ avec le guitariste Rudy Trouve, remplacé par l’écossais Craig Ward. Ce dernier va donner une impulsion déterminante au groupe à l’orée du deuxième album In A Bar, Under The Sea en 1996. Le disque, produit par Eric Feldman (membre de Captain Beefhart Magic Band, Pj Harvey, et des Pixies), dévoile au grand jour la fibre expérimentale et accidentée de dEUS, celle qui n’hésite pas à entrechoquer les univers chers à chacun de ses membres.
  En 1999, un nouvel élément fondateur quitte le combo en la personne de Stef Kamil Carlens. Danny Mommens prendra le relais à son poste, ce qui permet l’enregistrement du troisième opus. The Ideal Crash sort en 1999, et bénéficie à nouveau d’un cador à la production en la personne de David Botrill (Tool). De nouvelles sonorités seront abordées, par l’intermédiaire de cuivres, de cordes, ou de mellotron. dEUS gagne alors en amplitude, en se produisant notamment dans les festivals les plus importants, et en remplissant toutes les salles par lesquelles il passe. Les belges obtiennent de plus l’appui de pointures telles que Radiohead ou R.E.M (excusez du peu), ces derniers ne tarissant pas d’éloges à leur sujet dans les interviews.
  Le combo fait alors table rase au sein de son line-up en 2004. Aux côtés de Tom Barman, on retrouve Klas Janzoons (violon), l’ex-Soulwax Stéfane Misseghers (batterie), Alan Gavaert (basse), et Mauro Pawlowski au poste de guitariste (en remplacement de Craig Ward). Après six ans de diète discographique, sans compter la compilation de singles No More Loud Music en 2001, dEUS revient en septembre 2005 avec le tant attendu Pocket Revolution. Il ne faudra heureusement pas attendre aussi longtemps pour voir arriver son successeur: le joli Vantage Point parait en avril 2008.

16 / 20
5 commentaires (16.9/20).
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Vantage Point ( 2008 )

La Belgique et l’amateur de Rock indé, c’est une histoire d’amour qui semble ne jamais devoir connaître de fin. De retour après un Pocket Revolution datant (déjà) d’il y a trois ans, revoilà  dEUS, groupe discret mais ô combien incontournable de la scène européenne. Quinze ans que ça dure et toujours pas le moindre signe de lassitude…

Vantage Point, ou l’histoire de dEUS. Toujours semblable, jamais similaire, chaque fois différent, adulé et anonyme à la fois. Plus indie rock que quiconque, pop, mélodique, inspiré, libre, tout en nuances,  dEUS, encore une fois charme sans artifices, fidèle à lui-même. Remuant, varié, Vantage Point est de ces « albums-bulle » qui vous réchauffent les âmes grisonnantes, s’enroulant autour de l’épine dorsale pour irrémédiablement (re)monter à la tête, offrant sa petite parenthèse de bonheur auditif.
Entêtant, passant de complaintes apaisées - voire tristouilles – faisant parfois penser à The Dears, à quelques envolées électriques sauce rock belge, relevées d’une basse subtile et ronde à souhait, d’une discrète touche de clavier par-ci, d’une voix féminine par là… dEUS fait en fin de compte du dEUS. Celui que l’on aime et qui n’a que faire de ce que peut bien avoir pondu la Grande Bretagne, Mecque fatiguée de la pop moderne, depuis cinq ans. Celui qui donnerait envie de tomber amoureux encore une fois, de partir, de ne jamais penser au lendemain qu’une fois celui-ci achevé, passant comme une caresse et nous faisant oublier le reste, comme ça l’air de rien.

Non, il n’y a définitivement pas de lassitude… dEUS est roi mais visiblement s’en fout. Vantage Point, est un nouvel album sans extravagance qui une fois de plus fait mouche et force le respect. 46 minutes d’une douce euphorie passagère, sans gueule de bois pour vous attendre au tournant. Le genre de disques qui, sans même que l’on sache pourquoi, vous arrachera forcément un sourire. Le bonheur en libre service, en somme. Que demander de plus?

A écouter : Au rveil, puis toute la journe durant
17 / 20
6 commentaires (16.67/20).
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Pocket Revolution ( 2005 )

  Revoilà le groupe à qui la scène indie rock belge doit tout. Que ce soit Girls In Hawaï, Sharko, ou Ghinzu, ils sont tous quelque part redevables à dEUS. Premier groupe à s’être réellement décomplexé de l’absence de culture rock dans les pays francophones, sa musique a rapidement conquis l’Europe par sa spontanéité, mais aussi par sa richesse. Et ce n’est pas avec Pocket Revolution que la donne va changer tant la qualité substantielle est au rendez-vous.

  En douze titres, dEUS nous expose tout le talent qu’on lui a reconnu unanimement jusqu’à présent, en déclinant son indie rock classieux au gré des tempos et des ambiances. On se ballade ainsi dans les turpitudes de Tom Borman et ses compères à grands renforts de synthé, de cordes (violon, violoncelle), d’orgue mellotron, sans oublier les guitares dont les sonorités sont sans cesse tiraillées et trafiquées. L’humeur subit, par conséquent, une perpétuelle mutation à l’écoute de Pocket Revolution. Les douces mélodies se taillent la part du lion, mais c’est sans compter sur les accès purement jouissifs de guitares distordues qui font irrémédiablement mouche (Bad Timing, Stop-Start Nature, Sun Ra). On peut ajouter à cette recette détonante le fait que la musique de dEUS ne respecte aucun schéma précis, ayant en réalité pour seul dénominateur commun la profondeur musicale et la voix limpide/grave de Tom Borman. En toute logique, le groupe mixe avec une facilité qui force le respect rock 70’s, riff plombé, et pop angélique (l’énorme Cold Sun Circumstance).

  D’autres horizons musicaux viendront illustrer par ailleurs la liberté de ton entretenue par le combo belge. Cela s’opère par l’utilisation de chœurs lumineux limite gospel sur la chanson titre Pocket Revolution, ou encore par le groove afro subtil de What We Talk About. dEUS diffuse en dernier lieu, dans des morceaux lounge délicieusement feutrés, la sensualité sud-américaine que l’on croyait définitivement enterrée avec la carrière de Sade (The Real Sugar, le titre de clôture Nothing Really Ends). Dans cette optique, Tom Borman incarne à merveille une sorte de white soulman perdu dans un cabaret de favelas, ce qui confère de fait un large panel d’émotions et de couleurs à cet album.

  Voilà ce qu’on appelle un retour fracassant. Avec Pocket Revolution, dEUS conforte incontestablement sa position de leader du rock indé européen continental en alliant élégance et efficacité. Véritable corne d’abondance de sons/ambiances intelligemment enchevêtrés, ce disque se pose tout simplement comme une des meilleures sorties rock de 2005.

A écouter : Dans son int