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Biographie

YOB

La ville d’Eugene, Oregon est le berceau de ce trio Heavy / Doom rugueux. L’histoire de YOB débute en 1996 sous l’impulsion de Mike Scheidt (Guitare / Chant), Isamu Sato (Basse) et Gabe Morley (Batterie) avec le désir de s’inscrire dans la lignée des pionniers que sont Sleep, Electric Wizard, ou encore Burning Witch et High On Fire. Une première démo verra le jour en 2000 et suscitera déjà l’intérêt des critiques spécialisés. Il faut toutefois passer la vitesse supérieure, et c’est chez 12th Records que cette étape est franchie, avec la sortie en 2002 du premier album des américains, Elaborations Of Carbon. L’année suivante, YOB enregistre l’arrivée décisive de Travis Foster derrière les fûts afin de pallier le départ de Gabe Morley, mais le groupe va également effectuer un transfert chez Abstractsounds pour la sortie de Catharsis en 2003. Aidé d’une production plus forte et d’un style qui s’affine, ce disque va propulser de facto les américains parmi les ténors de la scène.
Mais Mike Scheidt est prolixe en matière de composition. Il ne faut attendre en effet qu’une année avant de pouvoir écouter la nouvelle livraison du groupe, The Illusion Of Motion. Metal Blade Records remarque alors le phénomène grandissant autour du groupe et s’empresse de signer YOB. Quelques mois suffiront toutefois pour mettre en boîte The Unreal Never Lived, leur quatrième opus. Sorti au cours de l’été 2005, l’album est annonciateur d’une mauvaise nouvelle puisque Travis Foster et Isamu Sato décident de quitter le navire. Le futur de YOB est désormais incertain, mais Mike Scheidt déclare néanmoins que le groupe ne reviendra qu’à la seule condition d’être à 200% de ses moyens. Mais voilà que la nouvelle tombe le 12 janvier 2006, le groupe jette définitivement l'éponge. Mike Scheidt annonce alors se diriger vers un autre projet, nommé Middian, qu'il décrit dans la continuité de YOB.

2009 marque contre toute attente le retour de YOB aux affaires et au complet puisque le cinquième album du groupe sort cette année-là. The Great Cessation emboîte en effet le pas digne de ses prédécesseurs, suivit deux ans plus tard par Atma, signé chez Profound Lore Records. Le trio se produit deux fois au Roadburn en 2010 et 2012 qui seront enregistrés et sortiront sur le label du festival. En 2014, YOB signe chez Relapse Records et Neurot Recordings pour la sortie de Clearing The Path To Ascend.

Chronique

17 / 20
13 commentaires (16.77/20).
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Clearing The Path To Ascend ( 2014 )

Time to Wake Up...

Ces quelques mots, suivis d'une longue ascension instrumentale étouffante en guise d'introduction, sonnent le retour, et même le réveil disons le franchement, d'une formation qui a fait un bien fou au genre. Si The Great Cessation de 2009 avait fait honneur au milieu doom, empruntant un chemin plus sombre pour délaisser quelque peu le côté "psychédélique" des débuts du groupe, beaucoup avaient été plus que déçus par un Atma trop heavy où fougue instrumentale et mysticisme ambiant avaient été un peu oubliés. Sans être mauvais, loin de là, on sentait Yob s'endormir et perdre ce qu'ils avaient mis tant de temps à ériger : un doom progressif au combien classieux, captivant et hypnotique.

Rien n'aurait pu présager un tel retour aux sources pour ce groupe si précieux. On les avait cru perdus, noyés au milieu des remous doom heavy et des vagues stoner que la scène métal moderne semble produire de plus en plus facilement, c'était bien entendu sous estimer Mike Scheidt et son groupe, et cataloguer un peu trop facilement et rapidement Yob au rang des groupes sur le déclin. Merci à toi dieu de la musique crasseuse, merci de ne pas avoir laissé tomber Yob, merci pour toute cette inspiration qui fait froid dans le dos et merci d'avoir contribué à cet album qui laissera une trace dans la carrière tumultueuse de ce groupe atypique.

What is Reality ? Obviously, noone can say, because it is'nt a word
It isn't material, it is just an idea !

De cette voix funeste et un brin menaçante, Yob ouvre les portes de son Clearing the Path to Ascend, et synthétise en seulement quelques litanies aériennes l'esprit et les perspectives de ce nouvel album. En permanence sur la brèche séparant réalité heavy crasseuse et volutes psychédéliques intangibles, le trio de l'Oregon prend le temps de développer ses structures sinueuses et n'hésite pas à passer non sans ambages de cavalcades doom mémorables à de magnifiques temporisations instrumentales, que ce soit à la basse (Nothing to Win) ou à la guitare (les arpèges magnifiques de Marrow). L'effet est immédiat : c'est beau, puissant, et le rendu une fois la prod vieillote assimilée est particulièrement agréable. 
Au programme rien de nouveau ou de singulièrement osé musicalement parlant, mais un réalisme indécent. Quatre compositions massives d'une moyenne de quinze minutes, pour un doom rugueux, sale, souvent à la limite du prog' ou du sludge, évoluant aussi bien au sein d'un bouillon d'incantations mystiques (le début d'Unmask the Spectre) qu'au beau milieu d'un véritable enfer hurlé (Nothing to Win) voilà ce qui vous attend pendant cette petite heure de doom plus qu'imposant. 

Vocalement capable le sieur Sheidt ? Quelque chose comme ça... Rarement Yob n'avait été aussi équilibré... en tout ! Que ce soit hurlées ou délicieusement plaintives, c'est un des rares albums de Yob où l'on ne peut rien reprocher aux différentes parties vocales, jamais l'une ne prend le dessus sur l'autre, et jamais l'ennui ne se fait ressentir. Le frontman réussit toujours à relancer de l'intérêt, même après quinze minutes de doom pesant et oppressant. Et puis le chant ne fait pas tout, on parlait d'intérêt à renouveller, et c'est important pour ce genre de prestation musicale : ce n'est pas tout de faire tourner un riff ou une ligne de basse pendant cinq minutes, il faut aussi réussir à captiver, à propulser l'auditeur et peu de groupes savent le faire aussi bien. Une petite démonstration ? La pièce maîtresse de ce disque, la conclusion dramatique de ce disque épique : Marrow, et ses dix huit minutes de folie instrumentale, un match de ping pong atmosphérique où les musiciens se renvoient le propos sans jamais s'arrêter : les guitares dessinent un écran de fumée improbable, tantôt compact, tantôt aéré et coloré, la basse prend aux trippes tandis que batterie et voix cisèlent et cadrent cet enchantement pour les sens. Dix huit minutes qui n'en paraissent que cinq ou six, tellement l'effet d'apesanteur est présent. Hallucinant !

Comme souvent dans la carrière du groupe, Yob réussit à sortir des carcans doom, à se hisser au dessus du lot et nous propose un album torturé qui possède quelque chose d'incroyablement captivant. A la fois brute de décoffrage et mélancolique, Clearing The Path To Ascend réussit à allier tout ce qui a fait les beaux jours du groupe : contemplation quasi mystique, sauvagerie maîtrisée, le tout porté par une belle production et un songwriting monstrueux d'efficacité. On commençait à trouver le groupe un peu limite, moins inspiré, et bien cette nouvelle gifle doom nous prouve une fois de plus que ces américains là ont une façon bien personnelle de faire de la musique, et qu'il va falloir compter sur eux et cette renaissance inespérée.

A écouter : Parce que c'est bon...