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Biographie

Xibalba

Xibalba est un groupe de Beatdown Hardcore / Sludge formé en 2010 à Pomona en Californie par Jason Brunes (Batterie), Jensen Hude (Guitare), Brian Ortiz (Guitare), Bryan Valdivia (Basse) et Nate Rebolledo (Chant). Le groupe fait ses premières armes avec Madre Mia Gracias Por Los Dias et un split avec Earthquake en 2010, soit douze titres au total qui seront repressés par A398 Recordings l'année suivante sous forme de compilation éponyme. Inspirés de groupes comme Disembodied, Morbid Angel, Obituary, SepulturaCrowbar ou Earth Crisis, Xibalba revient en 2012 avec Hasta La Muerte qui sort chez Southern Lord Recordings.

Chronique

16 / 20
1 commentaire (13.5/20).
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Tierra y Libertad ( 2015 )

Depuis quelques années déjà, les cinq gaziers de Xibalba ont réussi à faire leur trou dans la très exiguë scène du Hardcore Beatdown mondiale en prenant au pied de la lettre l'adjectif lourd. Mais contrairement à 90 % de leurs collègues qui misent sur un trop plein de Deathcore aseptisé, eux lorgnent plutôt vers des genres Metal moins touchés par une certaine standardisation sonore, même si ils s'accordent tout de même une production d'une propreté à faire pâlir les services d'hygiène suisses. A l'instar des derniers efforts de Pulling Teeth, Xibalba s'inspirait plus du doom ou du sludge. Mais là, ils ont décidé de jeter tous leurs disques à la poubelle pour ne garder que le meilleur du Death Metal européen du début des années 90, Asphyx et Bolt Thrower en tête.
Très étrange situation où l'une des têtes de file de l'une des ultimes évolutions du Hardcore décide d'innover en se débarrassant des derniers reliquats de Hardcore de sa musique pour les troquer contre une inspiration Death Old School...elle-même déjà à l'origine de 90 % des riffs du beatdown. La boucle est bouclée. Du hardcore, donc, il ne reste plus que quelques gimmicks dont pas mal de fameux breakdown typiques, mais c'est surtout dans la façon d'éructer le chant que subsiste l'attitude « ghetto » typique des coreux, bagarreuse et basse du front, soi-disant célébrant les classes populaires, le clan, la famille ect...Bref la démagogie habituelle dans laquelle Xibalba se jette à pieds joints à sa façon, en reprenant à son compte le célèbre slogan du mouvement zapatiste « tierra y libertad », mais qu'on ne prendra pas au sérieux (j'ai des doutes concernant leur réelle volonté d'adhérer à une réorganisation de la société américaine suivant une redistribution équitable des terres agricoles au sein de la population, mais bref..).

La mise en avant constante de leurs origines hispaniques, qui finalement ne constitue qu'un argument marketing pour se différencier de la concurrence, est une des grosses faiblesses de l'album tant elle confine à la caricature. L'utilisation de l'espagnol (dont les sonorités peuvent être vraiment evil) reste la seule vraie bonne idée de cette pose, dommage que la langue de Cervantès ne sert que sur quelques pistes.

Passés ces détails, on a affaire à un pur album de baston générale où les riffs sombres et épiques se répandent en avalanche dès la première piste, Enemigo, qui ne dépareillerait pas sur un album de Bolt Thrower. Blast, d-beat et mid-tempo se succèdent afin de permettre au groove ravageur de mieux prendre son ampleur sur les trois premières pistes qui sonnent comme autant de déclarations de guerre. 
Les hostilités sont calmées au milieu du disque par un interlude (une technique qui se répand de plus en plus, évitant à l'auditeur un trop-plein de violence parfois lassant). La deuxième partie du disque témoigne tout de même que leur amour de la lenteur ne s'est pas enfui. Ils balancent quelques gros breakdown bien sentis, plus présents sur la première partie, qui ne manqueront pas de mettre le feu aux pits du monde entier et se lancent sur la deuxième partie de En Paz Descence dans un ralentissement généralisé et poisseux, évoquant de loin Hooded Menace. Sur El Vecio, lente piste conclusive de douze minutes, les américains prennent à bras un Death Doom à la Loss pour construire de sanglantes ambiances autant mystiques et dramatiques que musclées.

Tierra Y Libertad
est un véritable coup de poing dans la gueule bien particulier. Peu de disques ont aussi bien mêlé Hardcore Beatdown et Death Old School en respectant l’intégrité de ces genres. Cette galette aura probablement du mal à trouver son public. Probablement trop Beatdown pour les puristes du Metal et bien trop Death pour le public Hardcore. A aucun moment Xibalba ne prend parti et se balade à sa guise dans chacun des univers en mêlant le meilleur, livrant des compositions racées et sincères qui montrent une véritable amour de ces deux styles et non pas une banale tentative de faire les originaux. 

A écouter : Enemigo, Guerrilla, Tierra Y Libertad, El Vecio