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Biographie

Witch Hunt

Nicole - guitare, chant
Janine - basse, chant
Rob - guitare, chant
Vince - batterie

Formé en 2001 dans le New Jersey, puis relocalisé à Philadelphie, Witch Hunt se compose à l'origine de Nicole (guitare), Janine (basse, chant) et de Rob (batterie). Le groupe sort son premier album As Priorities Decay en 2004 chez Profane Existence.
Un an plus tard, le groupe se transforme en quatuor avec l'arrivée de Vince à la batterie, Rob glissant à la guitare et au chant.
En 2006, Witch Hunt enregistre son deuxième album Blood-Red State mais connaît quelques problèmes avec le label. La formation de Philadelphie prend ses cliques et ses claques et, après avoir essuyé une offre de Alternatives Tentacles, le skeud ressort en co-production grâce à des labels européens.
Mais les insistances de Biafra portent leurs fruits. Witch Hunt signe un deal avec le label californien en 2008 pour le nouvel album, Burning Bridges to Nowhere

16.5 / 20
3 commentaires (16.33/20).
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Burning Bridges to Nowhere ( 2009 )

Ce n'est pas parce qu'il n'y a point de salut en dehors de la vie qu'il faut en profiter pour bâcler ce qu'il nous reste à faire. De toute façon celà n'a jamais été la philosophie de Witch Hunt. La présentation de ce troisième opus l'atteste avec cet artwork en noir et blanc et les premiers mètres d'un pont qu'on hésite à franchir. Ce n'est pas non plus parce que le groupe de Philadelphie vient de signer chez une rolls de l'underground qu'il faudra les prendre pour des vendus. Parce qu'ils ne méritent pas çà et que Alternative Tentacles est loin d'être une machine à tubes. Et que, de toute façon, Witch Hunt n'a pas d'autre explication à fournir que celle qui sort de nos enceintes.

Ainsi, que de chemin parcouru depuis As Priorities Decay. Adoptant une démarche toujours progressive, Witch Hunt a toujours intégré des données différentes sans se départir de sa vision de départ. Histoire de ne pas perturber les tenants d'un hardcore raw et rapide, le quatuor introduit Burning Bridges to Nowhere par un titre tout en fusion, fidèle à sa tradition ("Blind Eyes, Blind Lives") avant de s'abandonner à des courbures plus souples. C'est clair, ce dernier opus en déconcertera plus d'un et tant pis pour ceux qui ne feront pas l'effort de le comprendre. Witch Hunt expérimente d'autres postures, où le désappointement s'illustre désormais de manière moins agressive.
Des titres entraînants aux faux airs de Jawbreaker ("Everyday", "Silence") mais gorgées de mélancolie, unique voie pour faire ressentir l'absence (le terrible "Void"), la fin des perspectives ("A Slow Decay"), Burning Bridges to Nowhere étonne surtout par l'omniprésence de l'esprit de Hüsker Dü qui hante des mélodies dont on pensait que seul le groupe de Minneapolis avait le secret, ce son de guitare buzz ennivrant qui fait toute la différence. Witch Hunt a adouci considérablement son propos mais le fond n'en reste pas moins acerbe, la colère présente comme aux premiers jours. En résulte un album d'une finesse exemplaire, mature au bon sens du terme, d'une inspiration insoupçonnée.

Certains groupes peuvent se contenter de faire et refaire pendant des lustres le même album. Pas de risque à avoir avec Witch Hunt. Lorsque le sentiment d'avoir fait le tour fera jour Janine, Nicole, Vince et Rob seront déjà passé à autre chose. En attendant, tout laisser tomber pour écouter Burning Bridges to Nowhere ne sera pas un gros sacrifice. Et pour cause on a là l'un des meilleurs albums punk du premier semestre 2009. Enjoy.

Tracklist : 1. Blind Eyes, Blind Lives*, 2. Everyday, 3. Counting Down the Days, 4. Septa Death, 5. Silence, 6. Void, 7. Sick Industry, 8. A Slow Decay, 9. Plastic Dreams, 10. Reflections, 11. Treadmill March, 12. Burning Bridges to Nowhere.

A écouter : Void, A Slow Decay, Silence...
14.5 / 20
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Split w/ To What End ? 7" ( 2008 )

N'ayant plus eu de nouvelles depuis l'excellent Blood-Red State datant de 2006, les crocs commençaient à saigner d'autant plus que Witch Hunt ne semblait pas trop pressé d'y donner suite. On se contentera donc de ce split enregistré en 2007 pour les besoins de la cause et qui sort chez FFYM et Final Attempt. L'excellente formation de Pittsburgh nous y sert deux nouveaux titres alléchants dans son punk particulier, torride, vif et puissant, empruntant autant à Poison Idea ou Negative Approach qu'à Anti-Flag avec cette touche mélodique bien spécifique ("Punk by Numbers") à laquelle l'alternance des chants entre les riot girls Janine et Nicole et le timbre plus arraché de Vince donne une saveur unique. Witch Hunt se fend même d'une reprise de Rudimentary Peni, "Cosmetic Plague", plus classique cela dit et pas super intéressante, qui clôt un épisode 2008 constituant malgré tout un bon coup de semonce pour la suite, du moins on l'espère.
Même colère, même fougue, même esprit chez les suédois de To What End ? et quasi même schéma de jeu aussi avec cette alternance de chant masculin / féminin entre Jon et Elenor. Les titres proposés ne sont plus tout jeunes puisque datant de 2006 mais offrent tout de même un bon aperçu de ce side-project dans la veine de Totalitar ou Rajoitus. Un punk sans grand génie mais des salves inspirées, agressives, comprenant une forte dose de mélodies qui vient quelque peu sortir To What End ? des ornières ("Just the Middle"). Un split cohérent et bien fichu entre deux formations assez proches, le tout accompagné d'un bel artwork tout en ombres chinoises signé Melina C. Rutter.

Tracklist  Witch Hunt side : 1 True Colors, 2 Punk By Numbers, 3 Cosmetic Plague ; To What End ? side : 4 Low, 5 Just The Middle, 6 Common Reject.

Disponible chez Fight For Your Mind.

A écouter : Witch Hunt : Punk by Numbers; To What End ? : Just the Middle
16 / 20
3 commentaires (15.5/20).

Blood Red State ( 2006 )

Certains trouveront que l'on s'intéresse à Witch Hunt un peu tard. Ils auront raison car, le moins que l'on puisse dire, est que Blood-Red State, dernière cuvée du groupe de Philadelphie sortie en 2006 méritait bien que l'on s'y arrête plus longuement, et surtout plus tôt. Mea culpa est, donc. La réédition française chez Fight For Your Mind (Tached Out, Happy Bastards) et Folklore de la Zone Mondiale sous un format digipack concocté par Rob, guitariste du groupe (himself) nous offre l'occasion de réparer le préjudice.  

Enregistré en 2005 As Priorities Decay, premier album du groupe, nous avait fait forte impression. Aussi, les papilles auditives frétillantes, on attendait beaucoup de son successeur, curieux de savoir comment les filles allaient digérer l'arrivée en seconde guitare de Rob, l'ancien batteur. On a pas été déçu. En quelques minutes, et grâce aussi au travail de Steve Roche (Off Minor, Amateur Party), Witch Hunt s'affirme comme l'un des plus talentueux représentants de la scène indé US. Un hardcore puissant et agile à la fois, excessivement rythmé, nous prenant à la gorge d'entrée avec un "Desperation", hyper torride, qui lançe Blood-Red State dans une cavalcade effrénée au coeur de laquelle semblent résonner les sabots des plus grands, de Tragedy à From Ashes Rise. Semble seulement car, même si la musique de Witch Hunt présente toutes les caractéristiques du modern crust avec des guitares vrombissantes et tonitruantes, une basse cradingue et un chant parfois à la limite de l'éraillé, l'influence est surtout à chercher du côté du hardcore plus traditionnel des Totalitar et autres Born/Dead.
Par-delà le radicalisme évident qui sourd de sa musique, le groupe de Philadelphie fait aussi preuve d'audace dans son approche. Profitant des trois voix de Nicole, Janine et Rob, Witch Hunt alterne les timbres et les sentiments, cette rotation donnant un relief et une fraîcheur constante à l'ensemble ("Blindfold"). Mais le principal à retenir de ce Blood-Red State, la véritable force du groupe de Philadelphie, est sa capacité à se renouveler dans la composition, d'éviter la redite en n'hésitant pas à aller pêcher dans les eaux saines d'un punk plus sage et moins conforme à nos attentes. Ainsi à "War-Coma", succède un "Shades of Grey" plus nuancé, plus léger dans son exécution et aux contours moins acérés, flirtant avec le punk tout en émotion et en mélodie de Jingo de Lunch, portée par la voix poignante de Nicole qui en fait un des moments forts de l'album, avec le très Anti Flag "Wall", entièrement interprété par Rob.

Même s'il pourra apparaître un chouia moins instinctif que As Priorities Decay, Witch Hunt a réussi, avec Blood-Red State, à franchir un nouveau palier, tout en conservant son côté revendicatif. Assurément un des meilleurs albums de l'année dans le genre.

Télécharger Myspace.

A écouter : Blindfold, Shades of Grey, Twenty-Five