logo Whitechapel

Biographie

Whitechapel

Le nom Whitechapel fait référence au fameux quartier de Londres où Jack l'éventreur a commis une série de crimes sanglants sur des prostituées. Formé en février 2006 par Phil Bozeman (Chant), Gabe Crisp (Basse), Derek Martin (Batterie) et ses trois guitaristes (Brandon Cagle, Ben Savage et Alex Wade), Whitechapel sort deux démos la première année jouant un Deathcore brutal inspiré de groupes de Brutal Death Metal comme Devourment, Impaled ou Aborted.

Tout va très vite pour le groupe qui signe avec Siege Of Amida Records et Candlelight Records pour la distribution de leur premier album : The Somatic Defilement en 2007. Entre temps, Zach Householder et Kevin Lane sont les nouveaux venus au sein du groupe aux postes de guitariste et batteur. Fin 2007, les américains signent avec Metal Blade Records pour leur second disque intitulé This Is Exile qui verra la renommée du groupe s'accroitre. Whitechapel tourne avec Impending Doom, Through The Eyes Of The Dead, puis des groupes de plus en plus connus comme Parkway Drive, Unearth, Cannibal Corpse, Behemoth ou The Black Dahlia Murder. Leur troisième effort, A New Era Of Corruption paraît courant de l'été 2010.
En 2011 suite au départ de Kevin Lane, c'est désormais Benjamain Harclerode qui officie au poste de batteur. S'en suivent deux démos qui redéfinissent un peu l'identité du groupe et qui donneront l'album éponyme Whitechapel. Cette redéfinition identitaire aboutira à l'abandon de leur racine brutal death pour évoluer progressivement via Our Endless War en 2014 puis Mark of the Blade en 2016 vers un style plus progressif et mélodique.

Chronique

16 / 20
4 commentaires (18/20).
logo amazon

This Is Exile ( 2008 )

Une grosse voix, des guitares accordées très bas et une batterie rapide, c'est ça Whitechapel. A mi-chemin entre le deathcore et le death plus classique, This is Exile réserve quelques pépites musicales. Retour sur cet album de 2008 qui a révélé le groupe au grand public

Rappelons avant toute chose qu'à cette époque nous ne sommes pas inondés d'une pléthore de groupe deathcore et metalcore, aussi quand This is Exile est sorti il s'agissait d'une petite révolution que de traiter un morceau de la sorte. Les breakdowns en palm muting sont bien sûr là mais ne sont pas omniprésents et avec une perspective de ce qu'est devenu le deathcore, c'est une bouffée d'air que de se repencher sur un album qui a contribué à la définition du genre. Une autre marque de fabrique étant la double pédale en dessin rythmique sur les passages syncopés est présente, elle  également. Ont-ils été les premiers à instaurer cette pratique qui deviendra un incontournable du style ? Celui qui apporte la réponse gagnera un bouquet garni. Ainsi l'opus qui hier paraissait teigneux et massif dans sa composition, parait aujourd'hui comme sobre et redoutable d'efficacité. Autre preuve s'il en est de la marque que les Tennesséens laisse dans le paysage musical extrême.

Un autre élément essentiel qui démarque Whitechapel des autres est l'ambiance oppressive qu'ils parviennent à mettre en place sur This is Exile et pour y arriver ils emploient plusieurs moyens. Premièrement on trouve les effets studios qui sont toujours judicieux comme sur le début du titre éponyme, ou de la fin de possession ou exalt. Ces petits détails peuvent sembler anodins mais apportent une immersion plus intense. Viennent ensuite la diversité des influences. Même si c'est lié, il y a de nombreuses parties death assumées ce qui créé encore une fois une profondeur dans la démarche créative. On pourra noter également l'influence progressive sur Death Becomes Him et l'excellent passage black sur Daemon. En termes d'oppression enfin, on ne peut passer à coté des textes et de la voix hargneuse et haineuse qui les vocifère.

La plupart des thèmes abordés tournent autour de la mort et de la déchéance humaine, le tout sur une toile anticléricale. Il faut y voir ici un rappel de l'échéance qui nous attend tous et de la bêtise inhérente aux humains et à la race humaine que de se pourrir la vie avec des concepts sans valeurs et qui finit par croire à des fables pour oublier qu'ils n'ont pas vécu. Plutôt classique vous me direz, mais ce qui distingue réellement Whitechapel est la voix sans pitié ni concession de Phil Bozeman. Le phrasé est toujours agressif, souvent rapide et emmène la musique vers l'avant, les growls quant à eux sont d'une rare intensité, de la trempe des meilleurs vocalistes. Il est rare de trouver une voix qui dit autant "ferme ta gueule" rien qu'en intention orale, ce qui, vous en conviendrez, est bien un comble en soi.

Outre le plaisir de trouver enfin un album moderne qui dure plus de quarante minutes, la qualité des morceaux est au rendez-vous. Amis de musique extrême, de mosh et de sensations fortes, faites-vous plaisir. De par son impact auditif ou par les milliers de petits détails qui le compose, This is Exile fait partie du haut du panier en matière de Deathcore.

A écouter : This Exile, Father of Lies