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Biographie

When Icarus Falls

La Suisse, terreau fertile pour les groupes affiliés à la scène Postcore tels que Kehlvin, Impure Wilhelmina ou Shora, voit un nouveau venu pousser sur son sol du nom de When Icarus Falls. Formés en 2007, le quintet composé de Diego (Chant), Yann (Guitare), Luis (Guitare), Claude (Basse) et Xavier (Batterie / Clavier), propose avec son premier opus intitulé Over The Frozen Seas sorti en 2009, accalmies Post-Rock couplées à des parties Postcore. Après quelques tournées européennes, un second effort, plus sombre qu'avant, nommé Aegean, sort en 2012.

14.5 / 20
1 commentaire (15/20).
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Circles ( 2014 )

Icare poursuit sa chute avec Circles, ce qui en fait déjà la troisième réalisation du quintet suisse en l'espace de cinq ans. Si l'on a parfois reproché au groupe de rester un peu trop collé dans les sillons de ses aînés car il n'est pas évident de proposer quelque chose d'entièrement neuf dans un genre aussi encombré, il faut au moins leur reconnaître d'avoir progressé et évolué entre chaque disque.

Ainsi, Circles est du même acabit et montre lui aussi une nouvelle facette du groupe. Le Postcore  lourd et écorché à la Amenra de Aegean fait donc place à une musique plus aérienne et mélodique en témoigne d'entrée de jeu le premier morceau Erechtheion. Les guitares de Yann et Luis prédominent, tissent leur toile avec une approche consistante et progressive, soulignées par les claviers de Xavier. Comme auparavant, les nappes de synthé viennent enrichir les ambiances soignées de When Icarus Falls tout comme la partie rythmique évolutive et parfois quasiment tribale pouvant rappeler celle de Year Of No Light, apporte une belle dynamique à l'ensemble. Diego, quant à lui, hurle toujours sa rancœur (le chant éraillé au début de The Great North, brrr), mais de manière plus nuancée, plus aussi abrasive que sur Aegean. Le feu brûle toujours, mais ses flammes rougeoient d'une couleur différente. Les références s'imposent a fortiori avec évidence (Cult Of Luna toujours en tête), mais c'est grâce aux éléments cités plus haut que When Icarus Falls s'éloigne de la case copie conforme qu'on pouvait éventuellement lui reprocher sur ses sorties précédentes.

Le reste fini définitivement par convaincre sur la longueur. Le reste, c'est le talent d'écriture de When Icarus Falls, les émotions qu'ils véhiculent dans leur musique. Ca passe par la grandeur de pièces comme The Great North dont on saluera le travail des arrangements qui sonnent de manière aussi impressionnante qu'une cathédrale, l'étouffant Erechtheion malgré ses lignes mélodiques bienvenues et surtout son final beau à se damner, les contrastes entre passages contemplatif et digressions qui viennent peu à peu nous étreindre (Celestial Bodies)... Tout cela participe bien évidemment à rendre les morceaux habités et à les suivre dans leur chute. Nyx est quant à lui considéré comme un bonus (car déjà présent dans la compilation Falling Down II), mais retravaillé pour l'occasion, d'aspect plus massif que les autres titres, mais s'intégrant pourtant logiquement dans l'enchaînement des pistes.

Plus subtile que par le passé, Circles est une nouvelle étape dans le processus de création de When Icarus Falls. A la fois différent dans son ensemble discographique et dans l'émancipation des références, les suisses sont désormais à considérer bien plus sérieusement que comme le petit groupe de Postcore suisse qui monte. Malheureusement, après la tournée qui se terminera fin juin, les suisses annoncent une longue pause afin de proposer de nouvelles choses dans le futur. On reste attentif.

15 / 20
3 commentaires (15.67/20).
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Aegean ( 2012 )

Over The Frozen Seas était un aperçu du potentiel de When Icarus FallsAegean en est la confirmation. Cette fois-ci, la chute est bien réelle et la réception n'en sera que plus douloureuse.

Il semble que les ailes du fils de Dédale aient été lesté de plomb. Du plomb en fusion tout bien considéré. Le groupe n'a plus grand chose à voir avec celui que je  connaissais il y a trois ans. Fondamentalement la base est la même, mais en plus noir, en plus massif et désespéré que ce qu'ils avaient pu atteindre avec Over The Frozen Seas. Pas trop étonnant puisque le concept d'Aegean est axé sur les recherches de la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross qui décrit les cinq phases des derniers instants de la vie (déni, colère, marchandage, dépression, acceptation). A Step Further, le premier morceau, parle pour moi avec ces quelques notes de claviers qui sonnent le glas bientôt étouffées par des guitares lourdes et des hurlements déchirants. Je regrettais un lyrisme pas forcément très abouti sur l'ep, mais ici, sur Aegean, il faut avouer que les suisses sont parvenus à instaurer des atmosphères tendues et angoissantes. Cela tient dans les nuances, autant dans les mélodies fuselées et épiques (What We Know Thus Far (An Inner Journey)) que le riffing brut aux tempos quasi Doom (Acheron - Eumenides). Mais ce qui tire le groupe vers le haut (antinomique pour un groupe qui parle de la dégénérescence d'Icare), c'est sans doute ces cordes vocales en feu. Dans un registre typiquement Hardcore et exclusivement hurlé, voire régurgité, Diego crache sa lave, fait passer les émotions sur la corde raide avec intensité et passion. Les passages au clavier se font désormais assez rare, mais ceux-ci ont gagné en profondeur et sont nettement plus convaincants que par le passé avec par exemple Tears Of Daedalus qui vous provoquera quelques serrements au cœur. Cet album est aussi mieux composé, même si Cult Of Luna ou Amenra guettent toujours dans l'ombre, surtout ces derniers pour des bourrasques hostiles et ténébreuses, où les rares éclats lumineux ont tôt fait de se faire engloutir sans autre forme de procès comme sur la dernière et colossale pièce homérique intitulée Hadès. Un petit mot également sur la très belle pochette et l'intérieur du digisleeve en trois volets absolument splendide. Quitte à faire de la bonne musique, autant la proposer dans un écrin de qualité.

Pas besoin d'y aller par quatre chemins, When Icarus Falls a réussi à (me) surprendre avec cet album. Pas parce qu'il réinvente la scène Postcore, qu'il se montre original par bien des aspects, ou s'éloigne des références bien souvent citées. Non, c'est parce qu'il dégage ce quelque chose de fort, d'intense et de beau à la fois. Et c'est déjà beaucoup.

13 / 20
3 commentaires (15.17/20).
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Over The Frozen Seas ( 2009 )

Le Postcore vous ennuie? Vous passerez probablement votre chemin sur ce premier essai de When Icarus Falls car autant le dire tout de suite, les Suisses ne révolutionnent rien dans le genre. Toutefois, si vous vous intéressez un tant soit peu au style, Over The Frozen Seas devrait laisser filtrer quelques bons moments à son écoute.

Ils sont jeunes, ils sont Suisses et ils font du Postcore. Jusque là, tout va bien. When Icarus Falls connait bien ses gammes et les exécute sans faux pas, sans trop sortir de la masse comme l'ont pu faire Year Of No Light, Amen Ra, Impure Wilhelmina ou (remplacez par le nom que vous souhaitez). On se retrouve donc en terrain connu, avec des nappes et arpèges Post-Rock assez classiques et quelques éclats Postcore avec voix écorchées et guitares lourdes lorsque celles-ci font leur entrée, avec par exemple la montée en puissance sur Black Tree, qui est d'ailleurs un des plus beaux moments de l'album.
When Icarus Falls provoque quelques climats nébuleux, mêlés à d'autres passages calmes, émotionellement plutôt convainquants. Notons l'appui d'un synthé dont l'emploi quasi systématique notamment lorsque la musique se fait apaisante rappelle un peu My Own Private Alaska tout particulièrement sur Over The Frozen Seas qui offre une musique contemplative, toute en retenue. Avec trois titres d'environ dix minutes en moyenne chacun, When Icarus Falls fait évoluer progressivement au fil des minutes sa musique de façon assez lente, parcourue d'instants légers, de nappes assourdissantes et d'arpèges lumineux (They Created Lies Which Everyone Uses).
Sur ce premier album on sent que les Suisses ont essayé d'insuffler un certain lyrisme dans leurs compositions, mais celui-ci manque peut-être encore d'un peu de vie pour convaincre d'avantage l'auditeur. Une chose est sûre, c'est que When Icarus Falls est un combo mature, qui s'applique, où chacun des trois titres livrés amènent quelque chose de différent dans le paysage musical des Suisses ce qui fait que, même si le résultat n'est pas le plus original du monde, il mérite qu'on s'attarde un peu dessus.

When Icarus Falls livre un premier essai correct, qui a la malchance de tomber après la vague Postcore et qui risque malheureusement de finir noyé dans le torrent des groupes pratiquant la même musique. Pourtant la formation suisse a un potentiel certain et l'idée de faire quelque chose de très bon, c'est pourquoi l'on espère une suite un peu plus personnelle et folle que Over The Frozen Seas. Mais comme disait une tortue célèbre, rien ne sert de courir, il faut partir à point.

A écouter : Black Tree