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Biographie

Wardruna

Wardruna est né en 2002 en tant que side-project de Kvitrafn, alors batteur de Gorgoroth. Il ne s'agit pas là de metal, mais d'un retour musical à un paganisme proche de la nature. Par conséquent, le son du groupe est à base d'instruments traditionnels nordiques faits à la main et de bruits naturels, pour créer une musique atmosphérique et folk. Trois voix se mêlent sur les morceaux : celles de Lindy Fay Hella, de Kvitrafn et de Gaahl.
Le premier projet de Wardruna est une trilogie : Runaljod reprend l'alphabet runique. Chaque album reprend huit des runes du Futhark, sans suivre d'ordre particulier. La signification de chacune des runes est mise en scène par la musique de la ou des pistes qui lui sont consacrées.
Avec le temps, et au fur et à mesure de la sortie des trois volets de sa trilogie, Wardruna s'est imposé comme l'un des groupes les plus intéressants de ces dernières années. En 2016 sort le dernier volet intitulé Runaljod-Ragnarok

15 / 20
2 commentaires (17.25/20).
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Runaljod – Ragnarok ( 2016 )

Le concept entourant Wardruna peut sembler fou mais l'est il réellement ? On connaît depuis quelque temps déjà l'attirance qui meut les Metalleux, musiciens et fans confondus, pour la mythologie nordique, les Vikings et l'ensemble de leur culture. Une passion renforcée par la provenance géographique de multiples formations de Death et Black Metal, originaires de Scandinavie et donc marquées par cette tranche de leur histoire. Runaljod – Ragnarok est ainsi le troisième et dernier volet que le groupe norvégien consacre aux 24 runes de l'ancien alphabet Futhark. 

Ce nouveau disque ne vous fera pas changer d'avis sur Wardruna, soyons honnête. À la frontière de la musique folklorique et ambient, les dix compositions présentées ici transportent l'auditeur en des terres et des temps reculés. Usant d'instruments parfois recréés pour l'occasion à la suite de recherches, le rendu est parfaitement organique et maîtrisé. On est loin du projet de pagan ou folk metal jouant sur les mélodies à la limite des clichés, tentant vainement de rendre faussement épique chaque refrain. 

Le véritable enjeu était, une fois encore, de retranscrire des idées en musique (chaque rune a une signification précise comme « Homme », « Glace », « soleil » ou « don ») et Wardruna réussit cet exploit de manière très simple. À la manière des Vikings, ceux-ci ne cherchent pas l'intellectualisation la plus aboutie possible et chaque composition fait avant tout appel à notre imaginaire. J'en veux pour preuve « Urur » (la rune consacrée aux Aurochs, des bovidés aujourd'hui disparus) et son tempo lent et puissant. De la même manière, « Isa » (Glace) semble avoir été enregistré en plein hiver dans une grotte, tant l'écho rappelant celui d'une grotte parsemée de stalactite ainsi que la voix pure et froide de la chanteuse évoquent la puissance de son sujet lors des premiers instants du morceau. 

Difficile de généraliser dans le cas de Runaljod – Ragnarok et de décrire en quelques mots les différentes pistes qui le composent. Wardruna fait tantôt appel à des voix d'hommes, de femmes ou d'enfants lorsque la situation l'exige. De la même manière, percussions, instruments à vents et à cordes sont de la partie. Menaçante, puissante, fragile, évocatrice, mystique... de nombreux adjectifs viennent en tête lorsque nous sommes invités, grâce à la musique, à nous promener mille ans auparavant dans les territoires Scandinaves. Ce dernier volet de l'une des trilogies les plus intéressantes et originales de la musique moderne est, comme ses prédécesseurs, une véritable réussite. Il ne reste dorénavant plus qu'à spéculer sur la prochaine aventure dans laquelle le groupe nous entraînera et, surtout, à tirer notre chapeau face à un final aussi satisfaisant.

A écouter : Le cœur vers le nord
16 / 20
5 commentaires (15.2/20).
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Runaljod - Gap Var Ginnunga ( 2009 )

Gap Var Ginnunga est le premier album de la trilogie annoncée. Huit runes sont ici mises en musique au moyen d'un folk ambient et éthéré bien loin du metal dans son expression musicale, mais se trouvant aux racines spirituelles du black et du pagan.


Comme l'alphabet qu'il représente, cet album est magique et empreint de mysticisme. Il s'agit là de véritables paysages sonores, souvent lancinants, toujours évocateurs. Il faut d'ailleurs noter que plusieurs morceaux ont été enregistrés en plein air et que de nombreux bruits de la nature (cours d'eau, tonnerre, gazouillements d'oiseaux...) se mêlent aux percussions, flûtes, guimbardes et autres... Les trois voix se mêlent à merveille aux instruments et font beaucoup pour l'ambiance de l'album.


Kauna est sans doute le morceau qui marque le plus facilement l'oreille, la voix de Gaahl et le rythme des percussions hypnotisant l'auditeur. La répétition des paroles ajoute encore à cela et semble vouloir nous mener vers un état de transe.

Hormis ce morceau, l'album est relativement homogène, dans le calme et la lenteur, ce qui d'un côté permet de se plonger réellement dans l'ambiance qu'il offre, mais pourra sans doute lasser les moins réceptifs d'entre nous. Toutefois, on ne peut que conseiller de se laisser imprégner et fasciner par la richesse de cette évocation musicale de la nature et de la magie.


En résumé, c'est un retour aux temps primitifs que nous offre Wardruna, un véritable moment d'imagination, et on se prend à rêver à l'homme d'il y a bien des siècles au fond d'une forêt de pins, peu rassuré face aux craquements et souffles provenant de la pénombre aux abords de son campement. Soudainement, on le comprend.

A écouter : tout l'album, d'une traite et dans l'ordre.