logo Vreid

Biographie

Vreid

A la mort du leader de Windir, Valfar, en février 2004, le groupe n’a plus d’autre choix que de cesser son activité tant celui-ci en était le mentor incontesté. Pourtant, les membres n’ont pas pour autant perdu l’envie de continuer dans la voie du black métal. C’est donc assez rapidement, après avoir rendu hommage à leur ami comme il se devait, qu’apparaît le nom de Vreid, composé donc de Hváll(basse), Steingrim (batterie), Sture (guitare, voix) de Windir et d’un nouveau guitariste nommé Ese, pas si éloigné que ça de leur galaxie puisqu’il avait participé à Likferd, dernier album du groupe.
C’est donc fin 2004, après à peine une année de transition, que Kraft, premier disque des norvégiens tente de prouver qu’il y a une vie après Windir. Et c'est un an et demi plus tard que son successeur, Pitch Black Brigade continue sur la même lancée.

Chroniques

Milorg Pitch Black Kraft
11.5 / 20
0 commentaire
logo amazon

Milorg ( 2009 )

On ne pourra pas reprocher à Vreid de ne pas être prolifique : quatre albums en l'espace de cinq ans, cela force le respect. Cela dit, si ces disques étaient de qualité égale à la discographie de Windir, ça serait surement mieux, parce que cette nouvelle sortie ne vient pas déroger à la règle, Vreid continue de lâcher album après album et en dehors du fait que ce petit dernier poursuive les travaux amorcés sur I Krig qui était plus fouillé que les précédents, l'amateur de Black'n'roll ne trouvera hélas que peu de choses à se mettre sous la dent.

Le soucis principal à l'écoute de ce Milorg, c'est que certains passages manquent cruellement d'accroche en dehors de quelques-uns sympathiques à l'oreille. Pas de riffing glacé et magique à la Immortal, pas non plus de riffs catchy à la Satyricon, juste une succession de plans pas franchement originaux, voir même poussifs. Speak Goddamnitt, est par exemple anecdotique une fois passé les premières secondes où la basse est nettement mise en avant. De façon générale, la batterie diversifie son jeu, mais peine à relever l'écoute et un poil d'agressivité et de punch en plus dans la voix de Sture Dingsøyr aurait été appréciable. On trouve aussi des titres moyens, dont les soli sur Alarm ou Blüecher Pt. II par exemple, manquant clairement de vigueur et d'entrain, où l'on a plus l'impression qu'ils sont posés à même le titre pour en allonger la durée. Sur la fin, Argumento Ex Silentio est plus posé, mais sa consistance frôle le néant.
Heureusement, quelques passages relèvent un peu le niveau de l'ensemble, avec des cordes rapides et péchues sur Disciplined et Blücher qui sont des titres qui permettent à ce Milorg de sortir la tête de l'eau. Le titre éponyme et son intro/interlude Folk offre également un vent de fraicheur en fin d'écoute.

Certes, Milorg n'est pas mauvais en soit et cela peut paraitre sévère car ce disque serait sorti sous un autre patronyme ou comme un premier essai, il aurait été passable, mais connaissant le passé du groupe on est en droit d'exiger mieux. On l'écoutera en se disant que quelques titres ne sont pas mauvais, mais qu'une autre moitié sont conventionnels et ne méritent pas plus que quelques écoutes au hasard. Un sentiment en demi teinte donc pour une galette qui, bien que nourrie d'idées au potentiel intéressant, comporte son lot de défauts et range malheureusement assez peu d'atouts de son côté.
C'est bien dommage parce que l'on sait que Vreid est capable de mieux, surtout vu le passé musical de leur ancien groupe, alors la prochaine fois messieurs, prenez plus de temps pour composer un album, revenez aux temps anciens ou il y avait encore la fougue et l'envie de faire des titres marquants. Sinon vous resterez toujours dans l'ombre du groupe qui est la suite de Windir, plus connu sous son appellation que pour la qualité de sa discographie. Un disque dispensable donc, qui ne devrait séduire que les amateurs de la formation norvégienne, pour ceux qui ne l'ont pas encore lâchée.

A écouter : Disciplined, Blcher

Pitch Black ( 2006 )

Un an et demi après Kraft, les Norvégiens de Vreid nous proposent leur deuxième album studio, enregistré dans leur donjon (le studio 1184, créé à l’apogée de Windir). Les doutes laissés après Kraft étaient assez palpables et les pires craintes pouvaient être formulées à l’annonce de l’arrivée de Pitch Black Brigade tant on avait dès lors une impression très mitigée du combo. Cette fois-ci, on ne pourra pas reprocher à Vreid de ne pas avoir mouillé la chemise, de ne pas avoir tenté de continuer dans une voie personnelle, mais indéniablement après avoir ingéré ce disque, la même impression d’insatisfaction subsiste.

L’embêtant avec ce Pitch Black Brigade, c’est qu’il est à la fois meilleur et moins bon que son prédécesseur. Nous voilà bien avancés…je poursuis donc. Pour illustrer cette évolution ambigüe, je n’ai rien trouvé de mieux qu’une analogie avec les artworks de ces deux derniers. Celui de Kraft n’était pas franchement glorieux, mais avait le mérite d’être simple et pas raté par rapport à la prétention à laquelle il osait aspirer. Celui de son successeur est certes bien plus recherché, avec des tentatives de prospections plus fouillées, un écusson sur fond de banquise charcutée au brise-glace, mais au final, ce n’est pas plus joli, et bien au contraire, c’est peut-être même encore pire.
Alors bien sur que Pitch Black Brigade regorge d’idées, parfois même très bonnes. Nos norvégiens ont essayé de poursuivre dans la voie entrevue sur Kraft, en se créant ce qu’ils osent appeler un Black’n’Roll, tout de même assez personnel, mélange de la puissance d’un black métal très braillard et d’un hard-rock énergique, tout ceci parsemé de loops et de samples bien agencés sous formes d’interludes très plaisantes. Le problème, c’est que tout ceci manque tout de même d’une certaine cohérence. Du coup, on se retrouve avec une musique pas assez haineuse pour se distinguer dans cette masse black métal et pas assez orgiaque pour pouvoir constamment développer des ambiances de fête efficacement comme pourrait le faire un Amon Amarth. Les transitions sont souvent bâclées, les plans s’enchaînent sans conviction, et le soufflé habilement gonflé par de superbes riffs à l’inventivité indéniable ou des ambiances remarquables, retombe quasi-systématiquement à plat, et frustre totalement l’auditeur. A force, je dois bien dire que tout cela lasse quelque peu, et la monotonie du chant de Sture couplée aux schémas de riffs somme toute très répétitif n’est pas pour arranger la chose.

Evidemment, on ne pourra pas reprocher à Vreid de ne pas avoir pris de risque, d’avoir continué à essayer de se forger sa personnalité, mais celle-ci n’est encore pas assez affirmée, et surtout sabotée par des raccourcis artistiques décidemment bien pauvres, qui gâchent littéralement les titres et les passages les plus réussis. Pitch Black Brigade est un album médiocre laissant un goût d’inachevé, techniquement parlant, et cela est somme toute assez rédhibitoire.  Soyons gentils, laissons encore une chance au groupe, mais moi, je n’en espère plus grand-chose…

A écouter : pour voir ce que devient le combo

Kraft ( 2004 )

On aurait pu croire que la mort de Valfar réduirait ses compères et amis de Windir au néant, à un deuil éternel et à l'abandon de leurs instruments. Que neni ! On n’anéantit pas un norvégien comme cela, surtout lorsque sa vie est vouée au black métal. Windir a trépassé avec Valfar, certes, mais ses autres membres ont gardé l’envie de jouer, de créer. C’est donc après avoir lavé leurs souffrances et gardé les meilleurs souvenirs de leur ancien frontman que la majorité des anciens du groupe se retrouvent dans ce nouveau projet qu’est Vreid.

Après quelques mois de composition et une signature chez Tabu Records pour 3 albums voici donc Kraft, premier album du combo qui se veut être une transition, le début du renouveau. Car toute la question est là : Vreid serait-il du Windir déguisé ? Elle est somme toute assez légitime puisque Hvàll affirme à la fois vouloir créer une entité nouvelle et continuer de composer dans la veine qu’il exploitait avec son ami Valfar.
Indéniablement, lorsque l’on écoute ce Kraft, on retrouve cette fameuse patte des montagnes du Soknalr, ces riffs très heavy au mélodies galopantes, l’esprit très viking, cette batterie martelante emmenée par Steingrim  dont on reconnaît clairement la griffe rythmique, et d’autres éléments qui nous ramènent indubitablement à …Windir. Mais passons outre voulez-vous ? Ce Kraft n’est quand même pas un décalque honteux loin de là. Vreid baigne bien plus dans le raw black, via de longs passages haineux où les guitares occupent tout le volume sonore, souvent même de façon très efficace. Et même si l’ensemble souffre d’une relative monotonie tout au long des titres, le groupe aime se perdre a contrario dans de longues transitions très ambiantes, comme sur les magnifiques Helvete et Empty, chansons vraiment à part au beau milieu de tous ces hymnes plus classiques. Vreid y intègre d’ailleurs un côté très folklorique, et même si les instruments utilisés autrefois par Valfar ne sont plus, les chants vikings résonnent mélancoliquement comme naguère dans les fjords norvégiens.
Le tout sonne pourtant peut-être légèrement bâclé. Malgré une très bonne production et bon nombre de passages très bien inspirés, on se dit que d’autres sont plutôt faciles et l’ennui peut guetter l’auditeur durant les 40 minutes de ce Kraft. A vrai dire, les touches d’originalité semblent directement découler de Windir lui même, ce qui décrédibilise l’ensemble, en tout cas dans la démarche d’obtenir une entité Vreid à part entière…

Peut-être en attend-on trop d’eux ?  La mort de Valfar n'est peut être pas si facile à avaler artistiquement parlant. Pourtant il faudra s’y faire, Windir n’est plus, Vreid est né, avec une volonté de créer sa propre personnalité artistique, et pourtant, nous appréhendons ce disque comme un nouvel opus des créateurs du soknamétal. Peut-être est-ce pourtant là l’un des éléments clés à prendre en compte pour juger ce Kraft, aussi bon soit-il. On n’efface certainement pas une période de sa vie aussi marquante en moins d’un an, et cela se ressent clairement sur ce premier disque : le deuil est affirmé, mais n’a pas l’air d’être assumé, ce qui est compréhensible. Attendons voir la suite, ils valent mieux.

A écouter : Helvete, Empty