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Biographie

Voïvod

L'histoire de Voïvod débute en 1982 à Jonquières, banlieue de Québec (Canada). Las d'effectuer des reprises de leurs groupes favoris, Away, Snake, Piggy et Blacky commencent à composer leurs propres morceaux cultivant le secret espoir d'imiter VenomTank ou Motörhead. De cette période datent "Voïvod", "Warriors of Ice" et "Blower", mais c'est "Condemned to the Gallows", présent sur la compilation Metal Massacre, du label Metal Blade cher à Brian Slagel, qui leur ouvre en grand les portes du Metal. Après la signature de deux albums, War&Pain et Rrroooaaarrr, le groupe s'embarque pour une tournée des Etats-Unis en compagnie de Celtic Frost. Cette exposition lui permet d'être signé par le gros label du moment, Noise Records, qui lui offre l'opportunité d'enregistrer Killing Technology à Berlin sous la direction de Harris Johns (Kreator, Coroner, Pestilence). Le succès de Dimension Hatross en 1988 attire les majors telles que MCA qui rajoute dès lors Voïvod à son catalogue. Bien leur en prend car Nothingface, cinquième album du groupe, s'avère être un succès en raison notamment de la reprise Astronomy Domine de Pink Floyd qui tourne en boucle sur toutes les radios, mais également des tournées effectuées en compagnie de Rush, Soundgarden et Faith No More. En 1991 la pression est telle que des tensions commencent à surgir entre les membres du groupe. Loins de n'être qu'un vulgaire feu de paille, celles-ci précipitent le départ de Blacky juste après l'enregistrement de Angel Rat, plongeant les fans dans l'expectative et l'inquiétude, Away ayant maintes fois déclaré que le départ d'un seul de ses membres occasionnerait irrémédiablement la fin de Voïvod. A la surprise générale, le groupe décide pourtant de poursuivre l'aventure, enregistrant The Outer Limits en compagnie de Gilles Brisebois, bassiste de Jean Leloup. Toutefois le malaise est plus profond qu'on ne le croyait entre les piliers de Voïvod. A son tour Snake quitte le groupe en 1993, laissant Away et Piggy sans chanteur ni bassiste, Brisebois s'étant avéré n'être qu'un intérimaire. Persévérant jusqu'au bout, Away recrute Eric Forrest qui cumulera les deux postes sur Negatron et Phobos. Snake refait surface dix années après son départ. Accompagné de Jason Newsted (MetallicaFlotsam&Jetsam), avec qui Away et Piggy avait effectué quelques sessions sous le nom de Tarrat, le groupe redevenu quatuor enregistre Voïvod. Mais le sort s'acharne sur les québécois. En 2006 Piggy décède des suites d'un cancer du colon laissant derrière lui une oeuvre incommensurable mais également du matériel que Away et Snake se font fort d'honorer par une série de quatre albums dont le premier, Katorz, sort la même année chez Nuclear Blast. L'année 2008 est celle d'un nouveau départ, le troisième dans l'histoire du groupe. Invités à se produire au festival Heavy MTL, ils requièrent les services du guitariste Dan Mongrain qui assume de belle façon la part de D'Amour. Puisant à nouveau aux archives sonores laissées par ce dernier, les trois survivants ajoutent leurs instruments à aux pistes initiales de leur ami. Jason se charge de coordonner l'opération et de mixer le tout. Suite à la sortie de Infini, et devant l'accueil des fans, le groupe porte ces nouvelles chansons en tournée, possiblement la dernière à se dérouler sous le nom de Voïvod, avec la participation de Mongrain. Suivront Target Earth en 2011, puis, Post Society début 2016 qui annonce vraisemblablement un nouvel album pour Voïvod dans le courant de cette même année. 

Voïvod a exercé une influence sur différentes formations de la mouvance Metal dans les années 1990. Le ton de leurs compositions, saccadé, aux limites de l'électronique par leur découpage, et l'usage d'une voix claire, parfois robotique, a notamment imprégné l'album The Cube, du groupe français Supuration (devenu Sup quelques années plus tard).

Chronique

Post Society ( 2016 )

Histoire de nous faire patienter jusque la sortie d’un nouvel album prévu pour cette année, Voïvod balance un EP, Post Society. Cet enregistrement, composé de 5 titres, comprend deux inédits, deux morceaux recyclés et une reprise. Si dans un premier temps, on peut légitimement penser à un disque sans grand intérêt, eu égard à son contenu, c’est sous-estimer les vétérans canadiens. 

Post Society, c’est du Voïvod pur et dur. Du Thrash Progressif, technique, barré, à la limite de l’OVNI musical. Ce groupe possède une faculté incroyable à épater l’auditoire avec des titres dont la structure complexe est pourtant exprimée avec une aisance déconcertante qui permet à n’importe qui, ou presque, de rentrer dans leur univers. Entre riffs agressifs et mélodiques, le titre éponyme à tout du hit. Guitares ravageuses et basse ultra présente sont surplombées par des vocaux majoritairement clairs. Le tempo est très varié, passant de rythmes soutenus à des moments plus calmes où s’intercalent de nombreux leads et soli assez fous. Même constat sur Forever Mountain et We Are Connected qui sont issus de splits EP avec Napalm Death et At The Gates, les éléments Progressifs prenant tout même plus d’importance. Le second inédit, Fall, est quant à lui, plus mi-tempo, plus aérien. Un crescendo dans l’intensité s’effectue tout au long des presque 7 minutes, Voïvod passe en revue son savoir faire, sans pour autant éclabousser de tout son potentiel technique. 
Outre le côté musical, les Canadiens excellent dans les ambiances qu’ils créent. On se sent littéralement captivé par celles-ci, elles sont à la fois pesantes, mystérieuses et futuristes. Elles sont à l’image de cet artwork énigmatique, angoissant, qui laisse croire que rien de joyeux n’est annoncé. Les bases concernant le prochain album semblent posées, visiblement Voïvod est en forme, plus de 30 ans de carrière, mais toujours aussi inventif. 

De manière générale, Post Society s’adresse tout autant aux fans, qu’au curieux. Il est un excellent moyen de découvrir Voïvod en douceur. Il n’est jamais trop tard pour s’intéresser à un groupe qui n’est pas culte pour rien. Tentez l’expérience, il y a très peu de chances que vous soyez déçus.

A écouter : Post Society et Fall. Le reste viendra tout seul