Albums du moment
Pochette Echo Street
Pochette Ultima Necat Pochette Oddfellows

logo Uneven Structure

Biographie

Uneven Structure

Uneven Structure est un groupe de Metal-Progressif originaire de Metz et formé en 2008 par Jérôme Colombelli (Guitare), Benoît Friedrich (Basse), Igor Omodei (Guitare / Clavier), Aurélien Pereira (Guitare / Clavier), Ingemar Schubnel (Batterie) et Xavier Lorrans (Chant). Le groupe s'inspire de groupes comme Meshuggah ou Devin Townsend et livre un premier ep en 2009 intitulé sobrement 8. En 2010, quelques changements de line-up ont lieu et Matthieu Romarin (Chant) ainsi que Christian Schreil (Batterie) rejoignent Uneven Structure. Téléchargé plus de 10000 fois le premier mois et acclamé sur internet, le succès de 8 permet au groupe de venir à bout de leur premier album, Februus, prévu pour le 31 octobre 2011. L'ensemble européen dispersé entre la France et la Suède y repousse l'approche rythmique lourde et intriquée à un nouveau niveau, mêlant singulièrement un Metal sophistiqué à de larges ambiances apaisantes en vue d'un voyage sonore.

Chronique

16 / 20
19 commentaires (16/20).
logo album du moment logo amazon

Februus ( 2011 )

Un groupe de métal français qui sort son premier album un peu partout en Europe, qui se veut un rejeton post-metal progressif de Meshuggah, et qui semble sortir de nulle part (un seul Ep sorti en 2009, acclamé par la critique, mais passé presque inaperçu), ça n'arrive pas tous les jours dans la métalosphère. C'est pourtant bien ce que veulent nous faire comprendre les membres d'Uneven Structure, la cour des grands c'est pour maintenant, et ce premier album intitulé Februus va rester un moment sur vos playlists, c'est aussi sûr que le PS sera élu en 2012. C'est dire.

Passé la contemplation de cet artwork pour le moins étrange, vous embarquerez pour une grosse heure de compositions extrêmement léchées, tantôt mélodiques, tantôt techniques et sauvages, avec comme constante la maîtrise du son, et une capacité à faire coexister les émotions et la fureur musicale au service d'un album pour le moins réussi.
Un voyage, voilà la première impression qui ressort des premières écoutes, un album qui se veut monolithique, articulé autour de morceaux charnières, reliés par des ponts musicaux époustouflants, sortes de "pit stops" pour l'auditeur, qui n'aura de cesse de naviguer de titres en titres avec cette formidable impression de flotter, flotter au milieu de paysages sonores violents, cette "belle" violence qui clôture ou parfois introduit les compositions, souvent précédée de montées de tension presque palpables, qui annoncent l'explosion imminente puis nous retournent dans tous les sens, provoquant un petit plaisir non dissimulable. 
C'est le cas de la première partie de Februus, les trois premiers titres qui ouvrent de façon magistrale cet album (Awaken, Frost et Hail, qui auraient pu ne former qu'une seule et même chanson) et donnent la direction du voyage qui s'offre à nous. Ces trois premières compositions sont vraiment réussies, tant d'un point de vue mélodique (vous reviendrez souvent sur Frost et vous ébahirez devant tant de brio mélodique) que technique.
Première pause avec Exmersion avant de rempiler avec Buds et son introduction jouissive : quatre minutes planantes qui laisseront le temps à votre cerveau de partir loin, très loin, les nuances complexes de la voix du chanteur vous hypnotiseront et laisseront une marque indélébile de plaisir musical dans votre inconscient. Un moment clé de l'album avec ce morceau hallucinant, où la tension est à son comble, avant d'exploser sur le morceau suivant "Awe", où riffs imposants et batterie énervée ont la part belle. Viendront Quittance, un peu moins réussie, puis une autre pause musicale (Limbo) avant d'entamer le dernier quart d'heure en apothéose, avec Plentitude, qui lorgne un peu avec l'indus au tout début, puis bascule sur ce que sait faire de mieux le groupe : un titre complexe avec montée d'adrénaline, surcharges d'émotions à la pelle, et une fin dévastatrice, un ouragan de riffs et de breaks que vous prendrez en pleine tronche. Encore ! Un dernier titre pour la route, sobrement intitulé "Finale", qui s'effacera au fur et à mesure pour ne laisser qu'un sentiment de plénitude et de contentement, une sorte d'atterrissage en douceur, le voyage se termine ici, réveillez vous, vous vous sentirez bien pour le reste de la journée !

Voyage onirique ? A vous d'en juger, mais c'est dans tous les cas une piste pour mieux aborder cet album, car ici rien ne sera facile d'accès, les structures rythmiques sont complexes, les mélodies semblent surgir au moment où l'on s'y attend le moins, la succession de passages planants et sauvages pas facile à suivre, et les pauses "atmosphériques" nombreuses pourront ennuyer certains. Malgré tout l'essayer c'est l'adopter, et vous ne tarderez pas à apprécier cette expérience musicale enrichissante.

Uneven Structure signe ici ce que l'on pourrait presque décrire comme un coup de maître, un album riche en émotions, qui n'a presque rien à envier aux groupes auxquels ils s'assimilent. Parlons en d'ailleurs. La formation se dit beaucoup influencée par Meshuggah, Textures et d'autres groupes de métal progressif/expérimental, et certains doivent se demander si l'on tient là une pâle copie de Meshuggah, ou un groupe/album qui se veulent novateurs. Et bien rien de tout cela, Uneven Structure n'est pas une simple copie de Meshuggah, et encore moins de Textures, certes les passages techniques s'apparentent fortement à la formation suédoise, on y retrouve les caractéristiques de ce son percutant, à base de breaks chaotiques mêlés à une certaine lourdeur (dans le bon sens du terme) au niveau des guitares, un groove omniprésent, et un sens particulier de la composition. C'est technique mais le son est terriblement accrocheur, voilà pour la ressemblance avec Meshuggah, ça s'arrête là, les différences sont notoires, au niveau du chant et des mélodies surtout, bien plus mises en avant ici, tout comme le niveau de technicité, qui est, force est de l'admettre, plus élevé chez Meshuggah. Niveau mélodie, ambiances et parties chantées, on s'apparente plutôt à du Textures, mais la ressemblance n'est que très infime, on va retrouver une certaine esthétique prononcée au niveau des refrains et des lignes directrices des morceaux, mais encore une fois Uneven Structure se démarque, cette fois ci par un song writing beaucoup plus complexe, allant plutôt lorgner du côté de Tesseract. Vous l'aurez compris, ici point de plagiat ou de copies ratées, cet album est une synthèse de beaucoup de choses (Meshuggah et Textures ppour les plus évidents) mais qui saura trouver sans problèmes sa place au sein de votre discothèque, tant l'effort est réussi.

Au final, on a entre les mains un album excellent, et si l'on fait abstraction du cd 2 où vous vous lasserez très vite de ces 35 minutes de musique planante laxative, le seul bémol (et c'est vraiment subjectif) est que l'on reste parfois sur sa faim sur certains titres où la pression monte mais retombe trop vite, ou n'explose pas assez violemment. On pourra retenir de ce Februus un album techniquement impressionnant, un song writing complexe, et un sens de la mélodie brillant, mentions particulières au chant et aux choeurs vraiment très bien rendus. Si vous aimez sortir un peu des sentiers battus du métal, si vous aimez les émotions fortes, alors cet album est pour vous.
C'est en tout cas un album très réussi, et on ne souhaite que la réussite à nos frenchys sur lesquels il faudra désormais compter.

Vous pourrez trouver ici le premier clip de l'album. Et l'album en écoute sur soundcloud.
UNEVEN STRUCTURE - Februus by basickrecords

A écouter : En se droguant ou nu dans un champ...
Uneven Structure

Style : Metal Progressif
Tags : -
Origine : France
Site Officiel : unevenstructure.net
Second site : soundcloud.com/unevenstructure
Amateurs : 37 amateurs Facebook :