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Biographie

Tragedy

Todd Burdette - guitare/chant
Yannick  - guitare
Billy Davis - basse/chant
Paul Burdette - batterie

Originaire de Memphis (Tennesse) mais actuellement basé à Portland, comme ses collègues de From Ashes Rise, Tragedy voit le jour en 2000 de l'association de Todd Burdette, Paul Burdette et Yannick, tous trois anciens de His Hero Is Gone, et de Billy Davis, vieille connaissance, que les frangins ont déjà croisé au sein de Deathreat.

Fidèle à l'esprit DIY, le groupe se fait fort de sortir ses skeuds en autoproduction. A ce jour trois albums ont vu le jour. Bien qu'acclamé par la critique et reconnu dans le milieu underground, Tragedy refuse toute notoriété, comme en témoigne son attitude méfiante à l'égard d'Internet et le peu d'infos qui circule, préférant mettre le paquet dans ses productions. Le dernier album, Nerve Damage, est sorti en 2006.

16 / 20
1 commentaire (16/20).
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Darker Days Ahead ( 2012 )

Le patron est de retour. Auteur d'une discographie absolument sans faute Tragedy n'a plus rien à prouver aussi cette nouvelle sortie pourrait tout à fait s'apparenter à un bonus. Le retour tranquille d'une formation qui n'a de toute façon pas à forcer son talent pour avoiner un neo-crust féroce avec lequel bien peu dans cette scène dont le groupe reste une des incarnations les plus abouties depuis plus d'une décennie sont capable de rivaliser. Il suffira pourtant de jeter un œil à la jaquette une fois n'est pas coutume plutôt dans l'ère du temps pour y déchiffrer noir sur blanc: Darker Days Ahead. Le ton est donné d'emblé. Les longues années de silence studio n'ont visiblement en rien fait reculer la posture vindicative du combo.

Ni altéré son intelligence musicale. Le constat n'est en soit pas une véritable surprise, pas d'avantage que ce Darker Days Ahead ne révolutionne absolument l'identité sonore de ses auteurs ou du courant auquel il se rattache, non. Mais ce quatrième opus des gaziers vient clairement et brutalement remettre compteurs à zéro et pendules à l'heure des ses premiers balbutiements, son "No cemetaries here" brandi en étendard. La production maison dantesque, la noirceur midtempo écrasante, le pont acoustique, le synthé qui s'invite autour du bucher... Voilà, vous y êtes.

Autant éviter de tourner autour du pot: derrière cet habillage quelque peu inédit chez les gaziers ce n'est ni plus ni moins qu'Amebix, l'autre Big Boss (re)venu d'une autre époque, qui est là, omniprésent, à infuser chaque parcelle de cette nouvelle déclaration de guerre de son mélange inégalable de révolte primaire, de désespoir abyssal et de lourdeur sur fond de décadence généralisée ("Darker days ahead"). Tragedy remise pour partie ses cavalcades D-Beat afin de nous (re)faire le coup du Crust Punk apocalyptique, épique et velu des origines couvert d'une épaisse doublure metallique tricotée au clou rouillé, à la force de la conviction et à l'huile de coude. Darker Days Ahead traine sa bile comme un forçat, creuse son sillon en semant la dévastation mais n'explose plus qu'en de rares occasions ("The grim infinite"; le morceau titre) et, quand bien même, le plus souvent en privilégiant le pachydermique au véloce ("Black against night", "Close at hand") au point que l'archétype du morceau Tragedyien virulent et ultra mélodique fait ici presque office de respitration ("Power Fades"). Moins de riffing furieux et moins de tronçonnage assassin, peut être, mais la noirceur larvée déversée en continu à des doses affolantes par ce nouvel effort martelé au ralenti dans la sueur et le sang, sans la moindre retenue, à de quoi faire froid dans le dos.

Les frères Burdette et le père Lorrain nous ont déjà plus ou moins fait le coup du lever de pied - par intermittence seulement - mais n'avaient jamais poussé le vice aussi loin. Tragedy restait jusqu'alors avant tout un groupe certes racé mais explosif et sans concessions, prompt à l'embrasement, direct et dur (au mal). Au milieu d'une œuvre globalement incendiaire et d'une scène toujours d'avantage remplie de clones plus ou moins inspirés et concernés, Darker Days Ahead fait terriblement mal par son inspiration, son abnégation, son art du contrepied, son exécution sans faille et pardessus tout en raison de son évidence.

Les bases musicales sont là; elles l'ont toujours été. Le contexte, dans une moindre mesure, également. Le noyau dur, les ingrédients qui firent entre autres de MonolithArise! ou encore Winter des références indéboulonnables au même titre que le Discharge de 1980-82 juste trop élémentaires pour accuser durement le poids des ans. Il n'y avait qu'à foutre le nez dans la cendre pendant que d'autres s'échinaient à jouer à la révolte de luxe pour en exhumer les restes fumants. Loin de virer dans le simple hommage, Tragedy, en dépit de l'héritage musical aussi imposant que déterminant qui accompagne son nom ne l'avait semble-t-il jamais perdu de vue et l'empoigne aujourd'hui à pleines mains. Pas de round d'observation ni de théorisation. Pas d'édulcoration ni de demi-mesure. Juste un disque Punk as fuck et hargneux de son premier larsen à son dernier souffle. Sans billet retour. Pas une surprise dans le fond, une fois encore, mais la leçon est sévère.
Punitif, nécessaire, salvateur et magistral.


Darker Days Ahead est en écoute via Spotify.

A écouter : Afin de ne plus pouvoir dire que vous ne saviez pas
15 / 20
3 commentaires (17.83/20).

Nerve Damage ( 2006 )

Il se sera écoulé quatre années entre Vengeance, considéré par beaucoup comme l'oeuvre majeure du combo de Portland, et Nerve Damage son dernier méfait. Une chose est certaine, cette attente n'aura pas été vaine. Tragedy est en passe de nous avoir pondu l'album le plus explosif de l'année. Et ce n'est pas une image.

Onze titres. Onze raids. Nanti d'une production pachydermique, c'est l'équivalent d'un troupeau de rhinocéros qui nous arrivent dans le nez, directement, sans aucune sommation exceptée la sirène introductive de "Eyes of Madness" dont on se rend compte, après coup, qu'elle était un avertissement dont le classicisme ne nous a peut-être pas permis d'évaluer toute la portée. Auparavant plus soucieux des fioritures, Lorrain et les frères Burdette sont revenus au style des premiers âges. Tragedy trouve son salut dans une tonalité plus rustique, sans rupture, n'excédant pas quatre accords ("Rabid Panic", "Deaf & Disbelieving", "The Hunger") mais sublimés par une section rythmique qui, sans se casser le bol, fait preuve d'une puissance de feu hors du commun.
Aussi simple et convenu que celà puisse paraître, il est étonnant de voir la facilité avec laquelle celà fonctionne, les parties s'emboîtant les unes aux autres le plus naturellement du monde pour un effet des plus cataclysmiques ("Crucifier", "Under the Radar"). Certes Tragedy n'oublie pas d'apporter une légère touche mélodique lorsque le rythme perd en intensité ("Force of Law", "Eyes of Madness") mais Nerve Damage est toute de même assez loin de la finesse de ses prédecesseurs et de l'atmosphère de brûlots tel que "The Intolerable Weight ".

Retour aux choses essentielles pour Tragedy avec un album brutal et sans concession, peut-être moins inspiré, mais qui possède tout de même son efficacité.

Tracklist: 1) Eyes Of Madness,  2) Force Of Law, 3) Rabid Panic, 4) Deaf And Disbelieving, 5) The Hunger, 6) Total Vision, 7) In Formation, 8) Incendiary, 9) Crucifier, 10) Under The Radar, 11) Plan Of Execution.

A écouter : Crucifier, Plan of Execution, Force of Law