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Biographie

Tombs

Mike Hill - guitare, chant
Andrew Hernandez - batterie
Carson Daniel James - basse

Groupe new yorkais formé durant l'hiver 2007 par Mike Hill (Anodyne, Versoma) et Justin Ennis (The Heuristic) après le split de Versoma. Avec Dominic Seita (Speedloader), Tombs enregistre un premier ep sept titres ahurissant chez Level Plane (Aussitôt Mort, Envy...) qui ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Alléché par le potentiel, Relapse passe un deal avec les new yorkais en juin, après le départ de Dominic Seita, pour un album intitulé Winter Hours qui devrait voir le jour en février 2009. L'aventure se continuera sans Ennis qui quitte le groupe durant les séances d'enregistrement.

15 / 20
3 commentaires (15.33/20).
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Winter Hours ( 2009 )

Le synopsis était prometteur, la perspective alléchante. Encore fallait-il parvenir à confirmer ces bonnes intentions sur du long terme. Une entrée magistrale, un son sépulchral, envahissant, résonnant, Tombs donne à Winter Hours une aura mystique que ne viendra pas contester son artwork messianique. Un univers ténébreux et toxique à l'intérieur duquel le trio pousse sa gueulante, impose une teneur puissante et massive, l'impression d'une accumulation de couches plus épaisses les unes que les autres. Déploie une force digne des mastodontes du pléistocène inférieur de Géorgie où s'égrennent également quelques bribes évoquant plus clairement (?) le black metal ambient de formations comme Deathspell Omega ou Wolves in the Throne Room. Renversant et ambitieux.
Car Tombs n'est pas le rustre que sa carapace voudrait laisser supposer. Winter Hours est une oeuvre marquée par le sceau de l'épopée. Avec ses gros doigts le trio pratique l'incision la plus fine, offrant un visage où se décline la tristesse, le vide, l'absence de perspective, mais aussi la méditation, la réflexion voire l'introspection. Barré par un horizon musical froid en noir et blanc duquel s'échappent d'étranges nuées provenant de la vague cold british des Cure ou de The Sisters Of Mercy, le tout passé à la lessiveuse shoegaze, l'univers de Tombs suscite effroi, mal-être, mélancolie. Alors on écoute la plainte, on veille la lente agonie, on se laisse noyer lorsque "Story of a Room" nous étreint, lorsque "Merrimack" nous saisit l'air de rien.

Incontestablement réussi. Reste que, après l'énorme premier ep éponyme et le split avec Planks la surprise est bien évidemment moindre. Pis, à côté des émanations dantesques du triptyque introductif "Gossamer"/"Golden Eyes"/"Beneath the Toxic Jungle", tout ne paraîtra pas du même tonneau aux tatillons. Qu'importe Tombs a, dans l'ensemble, bien gagné ses galons dans une écurie où les places sont chères.

Tracklist : 01. Gossamer, 02. Golden Eyes, 03. Beneath The Toxic Jungle, 04. The Great Silence, 05. Story Of A Room, 06. The Divide, 07. Merrimack, 08. Filled With Secrets, 09. Seven Stars, 10. Old Dominion

A écouter : Gossamer, Merrimack, Golden Eyes

Split avec Planks ( 2008 )

Au petit jeu des comparaisons capillotractées, on pourrait dire que Tombs est l'équivalent musical de Sarlacc, aberration géologique créée par Lucas dans le dernier volet de la trilogie Star Wars. A la différence que le trio new yorkais vomit les proies qu'il a ingurgitées. Tantôt black metal, crust ou shoegaze, Tombs expérimente avec succès une équation à plusieurs inconnues sur laquelle bon nombre de formations se sont cassé les dents : assimilation/digestion. Un potentiel  taillé au burin dans un granit gabarit Baroness ou Torche (le coté pouet-pouet en moins) offrant un profil surpuissant ("Gods of Love and Suicide"). Mais une carapace présentant parfois quelques faiblesses, s'effritant doucement laissant le champs à des impulsions plus mélancoliques où la sensibilité qui se dégage apporte une dimension monumentale, presque cathédrale,  (l'hybride "Cheval Noir"). Chez Tombs rien n'est figé. Tout est à faire. Tombs détruit pour reconstruire derrière.
La marge  de manoeuvre semble plus étroite pour Planks, récemment découvert au détour d'un album épique dont les trois titres de ce split sont issus des sessions d'enregistrement. Trois morceaux abrupts, quasi punk, possédant également un curieux coté groovy ("Of Tides and Bearing")qui ne font que confirmer les bonnes impressions que l'on avait eues.

Les splits de qualité homogène sont rares. Pour Planks et Tombs les chantiers futurs s'annoncent croustillants.

Tracklist : 1. Gods of Love and Suicide*, 2. Cypress, 3. Cheval Noir, 4. A Sunken City*, 5. Of Tides and Bearing*, 6. Sirens*

A écouter : Gods of Love and Suicide, Of Tides and Bearing