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Biographie

Thursday

Le quintet de New Brunswick se fait un petit nom en tournant ça et là dans leur New Jersey natal, parfois aux côtés de Boy Sets Fire, At The Drive-In ou Hot Water Music. Waiting, premier CD du groupe, sur Eyeball Records (NY), ne se fait pas attendre... et la reconnaissance vient bien assez tôt notamment grâce à la signature du combo sur Victory Records et le chef d'oeuvre qui en découle Full Collapse. Suite à des différents avec Tony Brummel (boss de Victory) à propos de l'orientation musicale du groupe en particulier, Thursday prend le large et signe sur la major Island Records, non sans avoir au préalable sorti un EP live Five Stories Falling, sous la contrainte du contrat les liant au label de Chicago. Prenant son temps, Thursday attend 2003 pour pondre War All The Time. Bénéficiant alors des grosses structures de distribution et promotion, l'album est un succès et propulse le groupe sur bon nombres de tournées nationales; la première européenne elle se déroule en mai '04...
En 2005 des MP3 sont volés de l'iPod de leur tour manager, 5 titres démos dont le groupe n'est pas satisfait. 4 se retrouveront (modifées) sur leur album de 2006 A City by the Light Divided, et une sur celui de 2008 sorti chez Epitath : Common Existence. Entre temps le groupe aura eut le temps de sortir un split avec les japonais d'Envy.
En 2011 le groupe sort un nouvel album sur Epitath : No Devolución. Le groupe profitera de la tournée pour faire quelques dates dédiées à leur premier album sortis 10 ans plus tôt.

15.5 / 20
4 commentaires (15.38/20).

Common Existence ( 2009 )

On parle moins de Thursday. Peut-être parce qu’on est humains et que comme les autres, à force de s’habituer aux bonnes choses, on finit par les snober. On a tort.
Common Existence appartient à ces œuvres qui font sens. Car le quintet de New Brunswick à de l’art dans les veines et ne se prive par de le rappeler en intégrant une mini-expo photo au cœur de son livret et une ode du poète chilien Roberto Bolano. What are we ? La question hante Geoff Rickly depuis ses débuts et nourrit son song writting fait de questionnements et de doutes existentiels. "Breathe it in. Resuscitate".


Car Thursday ne serait pas Thursday sans cette capacité surnaturelle à s’époumoner et à rugir de façon si carnassière (la voix, les voix...). "Rescucitation of A Dead Man", "Last Call", "As He Climbed The Dark Mountain" (dans une version légèrement différente de celle présente dans le split avec Envy) posent donc les jalons d’entrée et placent l’auditeur entre le cartilage cricoïde et la glotte. Là où tout résonne. L’intensité, la force et l’explosivité du jeu thursdayien fait ainsi toujours merveille. Et comme la maturité a désormais fait son oeuvre, le combo ajoute à cette rage emocore de feu une pléiade d’arrangements (noïsy, electro, effets sur les instruments ou sur la voie typée Circa Survive), de breaks semi a capella ailés ("Love Has Led Us Astray") et d’ajouts stylistiques de bons goûts (des envolées post rock de "Beyond The Visible Spectrum" à l’acoustique fabuleuse de "Time’s arrow", en passant par la quasi pop – mais moins séduisante - "Circuits Of Fever").


Common Existence est en soi une nouvelle claque qui n’a que pour défaut/fardeau de survenir après les légendes du genre que sont War All The Time ou Full Collapse. De là vient le relatif désintérêt du public qui à l'impression que Thursday a déjà atteint son apogée et que le meilleur est passé. Pourtant. En intégrant son gout prononcé pour le "post whatever", en ornant ses compositions comme peu et en abattant un travail énorme de studio, Thursday parvient à nouveau à fabriquer quelque chose qui défie les lois du genre et qui s’impose par sa cohérence dans ce dyptique artistique classique mais oh combien difficile qu’est "rester soi même sans faire la même chose".  En réalité, you know what ? - et la formule du Mhu résume tout - "l’emocore, c’est eux".

En écoute sur myspace.

A écouter : "As He Climbed The Dark Mountain", "Beyond The Visible Spectrum", "Time's Arrow"
15.5 / 20
1 commentaire (18/20).
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Split avec Envy ( 2008 )

On dit que les tornades se forment à la base par la réunion de vents contraires. L’artwork est ici annonciateur de cette rencontre. Thursday meets Envy. Dans le même vortex.

L’emocore est mort ? Probablement. Si on excepte Thursday.
Avec "As He Climbed The Dark Mountain", Thursday ressuscite le cadavre et lui donne la rage animal qui sied aux morts-vivants. Guitares rasantes, éboulements de batteries, échos possédés, le titre ravage et embrase. Retour de/aux flammes, barillet bien rempli, gâchette retenu par les molaires, les américains livrent un refrain complètement furieux et place sa monture sur une des plus hautes marches de leur panthéon personnel. Mise au point salutaire: Thursday a sorti le costume taille patron. C’en est fait de nous. Geoff Rickly vole définitivement au-dessus de la nuée. La suite est la conséquence de l’homme désagrégé par le morceau inaugural. Des particules et des flottements. Avec "In Silence", le groupe du New Jersey montre ainsi sa fibre post-rock, "de luxe" comme dirait Senti, et se lance dans 4m42 d’expérimentation avec envolées reverb' et dénudements au piano. De quoi laisser "An Absurd And Unrealistic Dream Of Peace" exposer ses souhaits au retour, dans un mix entre emocore de tradition et nappes de clavier au goût du moment. Epique.

Mais ce split n’a pas pour vocation d’exposer simplement des morceaux ou de les juxtaposer. Ce split les unit. L’âme d’Envy pénètre un peu dans le corps de Thursday et réciproquement. Le moment clef de cette union ? "Appeared and Was Gone". Quand l’un apparaît dans le départ de l’autre. Une même ornière pour deux, et au bout du compte, un brouillard electro-post rock qui donne le tournis et la sensation d’écouter les deux formations à la fois.

Pour le reste, c’est Envy - du Envy - c’est la came qu’on connaît. Un certain influx, indéniable, un emportement, quelque chose de beau aussi. C’est mélodique, ça se diffuse un peu partout, c’est proche de l'onirisme, puis ça explose de façon inéxorable. Right. On savait que ça allait arriver. On connaît désormais la recette. Un peu trop même pour tout dire. Jolis spoken word toutefois et des notes qui s’écoulent et qui susurrent dans "An Umbrella Fallen Into Fiction", des scream au chant sur fond harmonique/évolutif pour "Isolation Of  A Light Source" et une reprise des thématiques musicales dernièrement apparues dans les efforts des japonais pour "Pure Birth and Loneliness" (à mi-chemin entre Insomniac Doze et d’Abyssal).
Il faut apprécier l’esthétisme à défaut de la nouveauté.

S’appuyant ainsi sur une des plus belles spécificités du Hardcore – le split – Thursday et Envy trouvent donc le moyen d’élaborer une oeuvre commune et de donner voix à une estime manifestement réciproque. L’aspect unitaire et continu de ces 7 titres – qui est la force de cet effort –  dénotent ainsi d’une vraie envie d’agir au cœur d’un même écrin.
C’est l’histoire d’une rencontre...

A écouter : dans toute son unit
16 / 20
9 commentaires (17.39/20).
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A City By the Light Divided ( 2006 )

Lors de la sortie de War All the Time en 2003, nos amis nippons eurent la chance de bénéficier d’une douzième piste cachée, succédant ainsi à "Tomorrow I’ll Be You". Un titre également disponible ici, qui contentera les possesseurs de l’édition ‘de base’. Le morceau en question n’est autre qu’une reprise des Islandais de Sigur Ros : "Ny Batteri" (Agaetis Byrjun); une démarche qui démontrait l’intérêt notable de Thursday pour une scène en pleine expansion. Ces derniers prévoyaient même de réaliser, en guise de prochaine production, un double album, plus précisément un diptyque emocore/post-rock, pour satisfaire leur base de fans d’une part, tout en ayant la possibilité de poursuivre leurs explorations musicales d’autre part. Trois années passèrent, et virent ainsi l’arrivée d’A City by the Light Divided. Alors qu’en est il au final ?

A dire vrai, les excursions post-rock au sein de ce quatrième effort demeurent réservées, même si réussies. Les guitares, légèrement noisy, ficellent ainsi l’interlude "Arc-Lamps, Signal Flares, A Shower Of White (The Light)". Lumineuses, elles apparaissent à nouveau sur "Running From The Rain", pour mieux disparaître durant "Autumn Leaves Revisited". Trois pistes, des plus mélancoliques, qui s’adressent clairement aux auditeurs de War All the Time, plutôt qu'à ceux de Full Collapse. Un constat que l’on peu étendre à la quasi-totalité de l’album, Fridmann suivant les derniers sillons tracés par Villanueva à la production. Il met de ce fait davantage l’accent sur la cohérence, le mixage, la programmation, créant probablement l’œuvre la plus aboutie du groupe. Très élaboré, comme en témoigne "The Other Side Of The Crash/Over And Out (Of Control)", A City By the Light Divided met en exergue le talent, la musicalité d’Andrew Everding, qui justifie pleinement sa place au sein du groupe. Ses prestations s’intègrent bien mieux aux compositions, faisant parfois office de transitions, et dénotant moins avec le reste des instruments ; pour s'en convaincre, il n’y a qu’à écouter les premières notes de "Sugar in the Sacrament", "Telegraph Avenue Kiss", ou bien encore les touches étincelantes de "The Other Side Of The Crash...", et de "Telegraph Avenue Kiss", évocatrices des projets de David Lehnberg (Ariel Kill Him, Ikaros). Une évolution qui se veut dans la continuité de celle opérée sur War All the Time. Progression que l’on retrouve dans les vocalises, bien plus nuancées, de Geoff Rickly, à l’image de "The Lovesong Writer", et qui résulte certainement de son travail avec Melissa Cross, sa ‘vocal coach’. On remarquera malgré tout, au même titre que la timidité post-rock du disque, que le chant du frontman se veut beaucoup moins virulent, et risque fort de ne pas être apprécié par les inconditionnels de Full Collapse.

L’ombre de cette œuvre majeure plane cependant sur quelques uns des titres présents sur A City By the Light Divided. On peut citer la déferlante punk hxc du double-titre d’ouverture, "The Other Side Of The Crash/Over And Out (Of Control)", de son successeur "Counting 5-4-3-2-1", ou bien encore de "Into the Blinding Light" ; des morceaux qui risquent de marquer les auditeurs qui se passent encore en boucle "Understanding in a Car Crash" ou "Cross Out the Eyes". Sans oublier le titre phare de cet album, chaotique au possible, et laissant transparaître la haine d’un homme que l’on avait pu qu’entrapercevoir sur "Jet Black New Year" : "At This Velocity". D’une violence inouïe, mais somme toute relative,  voici un titre qui fera à coup sûr l’unanimité. Enfin un coup de chapeau aux lignes de basse de Tucker Rule, rudes, puissantes, au groove imparable, et qui réalise un sans faute quelle que soit la nature du morceau, et du style pratiqué.

A City By the Light Divided: élaboré, cohérent, abouti...mais toujours autant diviseur.

A écouter : At This Velocity; Into The Blinding Light; Autumn Leaves Revisited;The Other Side Of The Crash/Over And Out (Of Control); Counting 5-4-3-2-1
16.5 / 20
5 commentaires (17.8/20).
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War All The Time ( 2003 )

2003 Retour en arrière sur le lyrisme sombre et personnel, d’un groupe que l’on n'a plus besoin de présenter : Thursday. La vérité c'est que personne ne savait à quoi s’attendre suite à  l’engouement généré autour de  Full Collapse. Les critiques ne tarissaient pas d'éloges face à ceux qui étaient en passe de devenir la nouvelle sensation emo. Mais c'était sans compter sur les opinions subversives du groupe quant à la nature des étiquettes.

War All The Time ré-expose cette angoisse dont le groupe avait fait preuve, en la teintant d'un engagement politique, n'utilisant plus du même coup les choeurs entraînants propre à la scène punk hxc. Une haine évidente est présente sur le disque; une haine envers le manque de paix et de respect  confortablement installé au sein de la société contemporaine. Haine qui se change au cours de l'album en un message plaintif qui laisse entrevoir le plus grand désespoir de son interprète.

Fin des  ouvertures chuchotées à vos oreilles,  "For The Workforce, Drowning" nous plonge directement dans un post hardcore  virulent qui ne vous laissera que quelques secondes de répit.  Le son se veut saturé, les cymbales pour le moins omniprésentes, quant  aux  guitares, celles-ci ne cessent de se faire stridentes. Un morceau suffoquant véritable appel à l'aide,  soutenu de façon efficace par une batterie administrant une rythmique sans temps mort, même durant ces breaks incontournables. 30 secondes, voilà le temps que nous laisse le groupe pour nous installer au cœur de "Between Rupture And Rapture". Le ton est donné, la haine se fait à nouveau sentir, notamment via le guitariste Steve Pedulla, qui donne la réplique "hurlée" à Geoff Rickly, tous deux nous laissant que de brefs moments de répit: quelques arpèges emballés par une basse haletante.

War All The Time donne dans l’énervement, dans l’impatience, mais le groupe se fait tout autant plaisir à nous surprendre par cet opus se veut résolument mélodique.
"Signals Over The Air", premier morceau extrait de l'album, laisse en partie place à un rock expressif et enivrant dû au clavier de Andrew Everding.  Et ce n’est pas la mélodie de "Asleep In The Chapel" qui nous contredira.  Thursday s’est clairement imprégné de la vague emorock actuelle. Cet aspect pop rock alternative atteint son apogée avec une balade plaintive accompagnée exclusivement au piano : "This Song Brought To You By A Falling Bomb".

Tandis que l’on voit fleurir bon nombre d'ersatz au sein de la scène post-hardcore impliquant une musique parfois que trop formatée, voire étouffante par son manque de fraîcheur,  Thursday a su mûrir, s'améliorer et développer ainsi l'empathie grandissante de son public.  Thursday a sans conteste influencé bon nombre de ses successeurs, ceci tout en restant à l’écoute d’une scène hardcore de plus en plus médiatisée. Enfin, au regard des derniers albums de BoysetsFire, ou Waterdown, il se peut que War All The Time ne ralie pas les inconditionnels de la scène emo au sens strictement hardcore du terme, mais plutôt dans sa nouvelle enveloppe plus rock. 

For The Workforce, Drowning

N'hésitez pas à en débattre sur le forum.

A écouter : Asleep In The Chapel, War All The Time, Signals Over The Air
18 / 20
2 commentaires (18.5/20).
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Full Collapse ( 2001 )

Dès la 1ère écoute de Full Collapse on comprend pourquoi la bande s'est faite remarquée par Victory et le public friand d'emocore! Thursday séduit par la fraîcheur et l'honneteté de sa jeunesse (21 ans en moyenne). En effet,le groupe joue ce qu'il ressent sur le vif; et ce qui en ressort c'est de l'emocore magnifique et recherché. Ils allient parfaitement et superposent la douceur et le mélodique de l'emo et les phases + violentes empruntées au hardcore.

Après une courte intro qui se fond avec la piste 2, on rentre dans le vif du sujet avec ce Understanding in a car crash au cours duquel on aperçoit le caractère de Thursday: tantôt les harmonies légères, mélodiques et les breaks lents marqués par le groove d'1 basse puissante qui résonne, tantôt les 2 guitares tranchantes et plus sèches; les 2 'cotés' se mélangeant en une parfaite osmose. Tout cela bien sûr mené par le sublime maestro et chanteur de la bande Geoff Rickly. Une voie exceptionnelle, bourrée d'émotion, le calme succède à la rage, Geoff chante avec ses tripes et il est aussi impressionant dans ses parties claires et douces que dans ses gueulantes (bien épaulé dans ces dernières par ses comparses), le tout superposé et mis en place par une production irréprochable.

Bref, 1 album au ton assez mélancolique mais marqué d'une énergie et d'1 émotion débordantes. Cette ambiance un peu particulière et séduisante trouve son explication dans les lyrics: des paroles qui traitent de ruptures et de sentiments profonds mais avec un certain espoir qui se manifeste par 1 explosion d'énergie.

Les 12 morceaux de l'album forment un ensemble homogène sans pour autant se ressembler avec 1 partie centrale (de la chanson 4 à la 8 incluse) particulièrement bien pensée,personnelle et bien exécutée. La fin est moins saisissante mais reste d'1 qualité remarquable.

Si vous aimez Thursday, vous serez susceptible d'aimer Waterdown, Grade ou encore Boy Sets Fire et Keepsake (album: The things i would say)...

A écouter : Cross out the eyes ; I am the killer; Paris in flames; Autobiography of a nation...