Biographie

Threshold

Threshold est formé en 1988 au Royaume-Uni par Karl Groom (guitares), Nick Midson (guitares), et Jon Jeary (Chant). Avant même la sortie d’un premier album, ce dernier devient chanteur-bassiste, puis bassiste lors de l’arrivée de Damian Wilson (chants) et de Richard West (claviers). Le batteur de la formation va souvent changer pendant les premières années du groupe. Wounded Land sort en 1993, et l’année suivante est publié Psychedelicatessen avec un nouveau batteur mais aussi un nouveau chanteur : Glynn Morgan. Damian Wilson reprendra le micro de 1996 à 1998, le temps de sortir un troisième album (avec un troisième batteur).
En 1998, Threshold publie son quatrième disque, Clone, pour une fois avec le même batteur que le précédent, mais change encore de chanteur en la personne de Andrew « Mac » MacDermott, qui incarnera enfin la stabilité derrière le micro pendant dix ans et cinq albums. Juste après la sortie de Clone, le groupe recrute Johanne James à la batterie, qui lui aussi va rester durablement chez Threshold.
Hypothetical et Critical Mass sortent via leur nouveau label Inside Out Music, avant que le bassiste Jon Jeary, l’un des membres fondateurs, ne se retire du groupe en 2003. Steve Anderson le remplace, et Subsurface sort en 2004. Après une signature chez Nuclear Blast, les Anglais publient Dead Reckoning en quintet, Nick Midson (autre membre fondateur) ayant quitté le groupe peu avant l’enregistrement. Pete Morten est embauché pour le remplacer, Threshold redevient un sextet. Mac quitte le groupe et c’est à nouveau Damian Wilson qui endosse le rôle de chanteur, pour la troisième fois. Mac quittera ce monde quelques années après, d’une insuffisance rénale.
En 2012, le groupe signe March Of Progress, puis For The Journey deux ans plus tard.
Pour la troisième fois, Damian Wilson quitte l’aventure, ainsi que Pete Morten. Le chanteur est remplacé par Glynn Morgan, qui officiait sur le deuxième album du groupe plus de vingt ans auparavant. Quant au guitariste, il n’est pas remplacé (Morgan pouvant assurer les guitares rythmiques), et Threshold publie en quintet son premier double album, Legends Of The Shires, toujours chez Nuclear Blast, en 2017.
 
Threshold a en plus publié cinq lives (dont un DVD, Critical Energy), un album de réinterprétations de leurs titres en acoustique (Wireless), deux disques de remixes, raretés, versions inédites, etc (Decadent et Replica), un double best-of retraçant l’histoire du groupe de ses début à 2007, ainsi qu’un coffret rassemblant huit singles.
 
Line-up actuel :
Karl Groom – guitares
Richard West – claviers
Glynn Morgan – chant et guitares rythmiques
Steve Anderson – basse
Johanne James – batterie

Chronique

15.5 / 20
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Legends Of The Shires ( 2017 )

Nous assistons à des semaines bien chargées en terme de Metal Progressif mélodique (vous savez, l’école Dream Theater plutôt que la team Meshuggah). Après quelques sorties attendues comme le messie (Adagio, Wintersun…) mais aussi nombre de productions par des plus « réguliers » (Anubis Gate, Caligula’s Horse, Leprous, The Contortionist, Mastodon…), c’est au tour des britanniques de Threshold de tirer leur épingle du jeu et de tenter de se démarquer au milieu de cette concurrence soudaine. Dans le game depuis largement plus longtemps que les autres groupes mentionnés, les vétérans ont à prouver qu’on peut encore susciter un intérêt quand on publie un onzième méfait, tout en relevant le double défi d’un nouveau changement de line-up ainsi que d’un format double-album inhabituel.
 
Qu’importe ces challenges, l’essence même de la musique des Anglais est toujours aussi présente dans cette cuvée 2017 : un Metal accessible, dont l’aspect Prog est très éloigné de l’ennuyante virtuosité démonstrative que certains reprochent au genre, truffé de riffs et de mélodies efficaces (Superior Machine, Small Dark Lines), de refrains bâtis comme des tubes presque Pop mais en version plus couillue (Small Dark Lines, Trust The Process, Subliminal Freeways), d’ambiances tantôt aériennes et légères (The Shire, Stars And Satellites, State Of Independence, Swallowed) tantôt lourdes et telluriques (Superior Machine, les intros de Snowblind, de Subliminal Freeways ou de On The Edge) mais sans être jamais trop mièvres ni trop sombres, et de lignes de chant pleines d’émotion (presque tous les refrains, mais citons ceux de Small Dark Lines, de Snowblind, de Lost In Translation, ou de State Of Independence, ou la fin de On The Edge).
Comme souvent, Threshold a parfaitement compris où et comment un titre doit emmener l’auditeur, et adapte les structures de ses compositions en fonction. Ainsi, il suffit de moins d’une minute trente à The Shire (Part III) quand The Man Who Saw Through Time réclame presque 12 minutes. Les titres semblent vraiment « pensés », et pas simplement proposés à la va-comme-je-te-pousse, et l’ensemble est d’une grande cohérence tout en offrant une diversité et une fraîcheur bienvenue. Ainsi, à aucun moment la durée de cet album ne semble un handicap, malgré ses 85 minutes bien tassées.
Glynn Morgan n’a rien perdu de sa superbe et le temps à même bonifié sa voix, la rendant à la fois plus chaleureuse mais aussi un peu plus éraillée que la dernière fois qu’il a chanté pour Threshold, en 1994. Plus proche de la voix de Mac que de celle de Damian Wilson, le nouveau frontman apporte un énorme dynamisme dans ses intentions et son interprétation. Quant à l’absence de Pete Morten, elle est transparente, son implication dans la composition n’ayant été que minime pendant son temps chez les Britanniques.
 
Threshold livre un disque d’excellente facture. Toutes les pistes semblent maîtrisées, sous contrôle, pour que chaque riff, chaque retour sur un pont déjà entendu, chaque nouvelle section, tout soit exactement au maximum de son efficacité. En l’écrivant, je me rends compte que cela peut sembler artificiel, calibré, optimisé jusqu’au formatage, comme si Legends Of The Shires était composé comme un disque Pop ou commercial. Peut-être. Mais est-ce un tort ? Force est de constater que le résultat est là : Threshold arrive à faire des tubes avec du Metal Prog, à l’instar de l’énorme single Small Dark Lines, à la fois simple, puissant, mélodique et technique. Et croyez-moi, on écouterait tous bien plus souvent Fun Radio si les hits commerciaux étaient vraiment comme ça.

A écouter : Small Dark Lines, Trust The Process, Subliminal Freeways, Lost In Translation