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Biographie
Editée dans le but de donner leur chance à des artistes indépendants, la Compilation This Is Indie Rock, à l'image de la collection The Emo Diaries, propose, à chacun de ses volumes, 12 titres inédits d'artistes non signés dans un soucis de qualité mariée à une diversité musicale. Le résultat prend forme en une juxtaposition de groupes de tous horizons oeuvrant dans des styles bien distincts mais des plus complémentaires: Hardcore, Punk, Rock, Emo, Metal, Pop etc. Seule la musique importe, et cette formule a déjà pu faire ses preuves avec la parution de 3 volumes, la signature de formations telles Clair de Lune (Deep ELM Records) ou The Forecast (Victory Records), ou bien encore la participation de Siva à la tournée de Sparta. Quoiqu'il en soit, cette chance s'offre également à vous puisque ces portes sont ouvertes à n'importe quelle région du globe, France y compris. Toutes les infos concernant les candidatures sont disponibles à l'adresse suivante.
Six mois après la parution de son deuxième opus, Deep ELM remet le couvert avec ce troisième et dernier volet en date de la compilation This Is Indie Rock, The Best Bands You've Never Heard. Bernard, Nature Living, Clair de Lune, il y a en effet de quoi rester en admiration devant certaines de ces formations, mais qu’en est-il de cette nouvelle édition.
Le livret le prouve, l'écurie de Caroline du Nord délaisse quelque peu l'Amérique, et partage ses coups de cœur, en partie natifs de nos contrées voisines. Lumière sur la Grande Bretagne tout d'abord avec trois formations: Encyclopedia, Free Diamonds, Element. Soyons honnête, la première ne s'avère être qu’une copie conforme de Reggie And The Full Effect ; un chant à l'identique, des beats propres à cette console d'un autre temps, seule une voix féminine, à peine distinguable, prend part à deux refrains. En résumé, l'expérience My Awesome Compilation n'aura pas servi de leçon à ce duo anglo-saxon. Free Diamonds, en revanche, se révèle nettement plus intéressant, signature chez Deep ELM oblige? Le trio se paye le luxe d'ouvrir le disque avec un "Blind Boys" aux sonorités Garage/Indie Rock, où les riffs de guitare n'apparaissent que le temps d’un refrain, le grain de folie du chant saupoudrant l'ensemble. De leur côté, les Nord-Irlandais d'Element empruntent les guitares cristallines de Jimmy Eat World d’une part, ainsi qu'une interprétation vocale oscillant entre Jim Ward (Sparta) et Jared Leto (30 Seconds To Mars) d’autre part. Dès lors, on constate que l'influence nord-américaine se veut très présente Outre-Manche, même si cela n’enlève rien à la qualité des morceaux.. Et les Danois de Campsite n'échappent en rien à cette règle tant leur recette puise dans la pop indépendante de Troubled Hubble, tout y est reconnaissable. Seuls les Suisses de Popmonster tirent leur épingle du jeu avec "Salty", triste mélopée qui fait la part belle aux sonorités arabisantes, ainsi qu’à la voix chaude de Nadia
A la lecture de ce premier paragraphe, on ressent cet attrait, constant au fil des volumes, pour la diversité des styles. Les amateurs de musiques nerveuses s'en trouveront quelque peu lésés; il n'y aura guère que la performance de Broken October (le 'mois' manquant à la scène emo) sur "Just Like That" qui pourrait les satisfaire. Emule de Clair de Lune avec son Emo/Post-PianoCore, le groupe propose malgré tout un titre accrocheur...un temps. La diversité donc, avec la Pop'n'Roll de Almighty Flying Machine, l'Electro Pop grésillante de Reed KD qui ravira les fanas de The Postal Service, ou bien encore l'Electro/Hip-Hop de Konrad façon Beastie Boys ("Intergalactic"). La scène Jazz trouve également sa place dans la rythmique de batterie qui introduit "Confessions Of An Ardent Heart" (Softer), même si le tout tire lentement vers un rock percutant où le chant, quelque peu faux, n'évince en rien la sincérité du propos. Le Jazz une nouvelle fois, avec la mélodie Folk de Annuals, où le picking fait peu à peu place à une batterie, véritable métronome de ces claquements de doigts, murmures de fonds, quand ce ne sont pas les "ouh ah ah ouh" qui s’en mêlent. Une porte s'ouvre dans le paysage musical, le réconfort envahit la pièce: '[...]it'll come back. the peace, the joy, the love. it's such a nice day[...]'.
Si la qualité fait ici preuve de timidité , This Is Indie Rock Volume 3 ose la mixité des styles, se permet l'exploration de nouveaux horizons, et l'on ne peut qu'encourager cette démarche. On notera, au travers de l'ensemble de ces 12 pistes, la présence quasi-systématique du Piano, proclamé instrument incontournable de la scène rock. A l'avenir, espérons seulement que Deep ELM mette réellement en valeur l'originalité des formations étrangères, plutôt que de donner l'impression de se tirer un peu trop la couverture. Chauvinisme quand tu nous tiens.
A écouter : Blind Boys; A Way To Point The Way The Right Way; Nice Day; Seventeen
Alors que leur compilation, The New Crazy, se contentait de promouvoir des artistes signés par le label de Caroline du Nord, de son côté le premier Volume de la collection This Is Indie Rock se targuait déjà de la signature, sur divers labels, de formations telles Lakota, The Kidcrash, Seconhand Stories, et bien sûr Clair de Lune. Pour un premier essai, ce fût un succès, reste à savoir si il en va de même pour ce second volet.
Parmi ces 12 titres, suffisants pour ne pas être noyé sous un flot de découvertes, la diversité musicale reste de mise. Folk, pop, punk, hardcore, electronica, ou rock, ces styles coexistent avec plus ou moins de réussite, mais surtout selon une seule et unique directive: insuffler une émotion. Maxel Toft se lance avec brio dans cette périlleuse mission en proposant un mélange Electro-Rock/Folk très particulier, où un discours de Woodrow Wilson (28° Président des USA - 1913/1921) vient se greffer de manière accélérée. Au vue des dates d'investiture, le thème abordé n'en demeure que plus clair. Registre similaire avec Bernard qui clotûre cette seconde session avec "My Brain". De toute beauté, ce morceau rappelera aux amateurs d'animation japonaise l'OST de Cowboy Bebop, Knocking On Heaven's Door, et plus précisément un titre comme "Is It Real": piano sombre et torturé, beat Electro/Jazzy, chant voilé typé Pink Floyd. Puis les 7 minutes de la piste s'envolent littéralement vers un Rock/Post Rock non sans rappeler .thedecember drive. Disséminés entre ces deux magnifiques titres, des mélopées acoustiques se drappent en douceur, notamment Meredith Bragg et son "New York", ou prennent des tournures Country/Folk tel Sedona. Crescendo, les styles s'enchainent, passant du rock indé de The New Lows, à un EmoRock moins conventionnel, façon Gatsby's American Dream, avec "Can't You Tell" de The Silent Press. On parcourt les sentiers Pop Punk en compagnie The Call Up: Mid Tempo, voix écorchée, refrain catchy. Tout cela pour en arriver à un hardcore émotionnel avec The Forecast, signé sur Victory, et qui intègre une seconde voix féminine en la personne de Shannon Burns, en poste à la basse. Pas de quoi redorer l'écurie de Chicago. En revanche, Jena Berlin , avec "The Theif", offre une prestation poignante qui se conclut sur une fin aérienne, envoûtante, durant laquelle, le coeur léger, on se laisse emporter...encore.
Malgré tout, quelques points négatifs émanent de l'ensemble. La multiplicité des styles, dans un premier temps, qui n'accueille aucunement la scène Metal, il y aurait pourtant de quoi faire; il en va de même pour le courant Noise, tout comme l'émergence Post-Rock, sous représentée malgré la ligne assimilée par Bernard. Dans un second temps, les formations étrangères ne se font que trop rares, et c'est encore plus grisant quand on voit le niveau de celles-ci. Le hardcore insurgé des Autrichiens de Cameran, tout d'abord, qui ose l'intégration d'un couplet en français sur "Crash Course About Diamonds", mais surtout la prestation des Japonais de Nature Living avec "Nothing Of The Sort" qui comblera le vide laissé par Waterdown.
Deuxième essai réussi pour ce This Is Indie Rock qui concrétise le talent de ces artistes, et prouve qu'à l'heure actuelle, Deep ELM n'a pas son pareil pour passioner ses auditeurs. Une compilation qui mérite une écoute attentive de chacun des titres, puisque selon les affinités musicales de chaque auditeur, certaines oeuvres risquent de faire de l'ombre à leurs colocatrices.
A écouter : My Brain; Nothing Of The Sort; Band 2: Lesson 37-Formal Speech; The Thief; Brand New Life
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