Parmi les labels européens, GSR Music n'est pas le moindre. Comptant dans ses rangs des groupes aussi confirmés que Born From Pain, Knuckledust ou Liar, il constitue un formidable écrin propice à l'éclosion de jeunes talents tels que Bridge To Solace, Zero Mentality ou The Setup. Ces derniers notamment, après un ep plus qu'encourageant, franchissent le pas en sortant leur premier album.
On ne peut être qu'agréablement surpris par le son de The Pretense of Normality, résultat de l'association entre Ace Zec, Dirk Miers (Agnostic Front, Discipline, No Turning Back) et Vincent Tetaert (Amen Ra, Rise And Fall), excusez du peu. Propre mais non aseptisé, il est l'atout numéro un d'un groupe dont on peine quelque peu à cerner la véritable personnalité. A en juger par les premiers titres de l'album ("Out of Sync", "Impaired Judgement"), on pouvait s'attendre à évoluer en terrain connu, The Setup démontrant sa maîtrise d'un modern hardcore old school dans la veine de Give up The Ghost, Go it Alone, The Hope Conspiracy. Aux parties rapides et énergiques succèdent des breaks très classiques mais bien enchaînés, le tout étant merveilleusement mis en relief par Dries dont le timbre arraché et la puissance aurait aisément pu se passer du renfort de Bjorn (Rise And Fall) sur "Bloodlust".
Pourtant, bien que classique dans sa conception, The Pretense of Normality propose un autre aspect moins prévisible. The Setup met à profit son inspiration dans la recherche de mélodies plus fouillées que la moyenne, dissonnantes, et davantage orientées vers un hardcore new school s'inscrivant dans la mouvance Modern Life is War. A ce titre "Judas Kiss" et "Bloodlust" offrent une tonalité beaucoup plus déchirante, prolongée par le mélancolique "Degrees of Separation", dont le paroxysme est atteint sur l'instrumental "Black Water" clotûrant l'album de fort belle manière.
Bref, sans provoquer l'extase, The Setup nous dispense un hardcore inspiré et ambitieux, doté d'une maturité à laquelle on n'est pas habitué à ce stade et augurant d'un potentiel dont on est impatient de connaître le développement.
A écouter : "Black Water", "Bloodlust", "Out of Sync"